» POUMON Carcinome épidermoïde (Malpighien)

Carcinome épidermoïde (Malpighien)


Carcinome malpighien (4 ;5) :
Topographie : Ce carcinome est plus fréquemment central que périphérique, ce qui explique que le diagnostic soit fait plus fréquemment par cytologie que dans les autres types de cancer. Il existe une forte prédominance masculine et une relation très étroite avec le tabagisme.
Forme précoce hilaire  : N0, limité à la paroi bronchique, polypoïde, nodulaire, superficiellement infiltrant ou mixte, OS à 5 ans > 90% si pas d'autre composante
Forme précoce périphérique tumeur < 2 cm en périphérie, N0, M0, très rare en clinique
Se manifeste par obstruction bronchique, épanchement pleural (souvent non néoplasique), syndrome paranéoplasique avec production de PTH (hypercalcémie)
Imagerie : possibilité d’atélectasie ou d’attraction du médiastin, ou d’image hilaire voire médiastinale par atteinte ganglionnaire. C’est le type de carcinome qui se cavite le plus souvent. Images : #0, #1
Macroscopie : La tumeur présente un aspect très variable, allant de la petite lésion obstructive endobronchique à la volumineuse masse cavitaire, la nécrose et l’hémorragie étant fréquentes du fait de la situation centrale et d’une symptomatologie le plus souvent obstructive, la tumeur est souvent découverte à un stade relativement précoce.
Images :  #0,#1, #3, #2, #4, #6, #7, #8, endobronchique, atteinte pleurale, forme étendue
Histologie  : Le carcinome malpighien présente les critères histologiques classiques de tout carcinome malpighien situé ailleurs dans l’organisme. On ne porte le diagnostic que si l’on met en évidence des ponts d’union ou de la kératinisation : en effet beaucoup de tumeurs non squameuses peuvent avoir un aspect squamoïde. A noter la présence fréquente d’une réaction inflammatoire aigü ou résorptive giganto-cellulaire qui prédomine dans les zones où les cellules sont peu cohésives ou acantholytiques. Quand l’acantholyse est marquée, on peut observer des pseudoglandes voire un aspect pseudovasculaire (6).
En périphérie de la tumeur, persistance d’alvéoles bordées de cellules pneumocytaires réactionnelles prenant un aspect de petits acini et qu’il ne faut pas confondre avec une composante adénocarcinomateuse associée.
A noter que la moitié des carcinomes squameux montrent focalement de la mucine intracellulaire bleu Alcian positif et 1/4 à la 1/2 un marquage focal au Grimélius. Pour parler de carcinome adénosquameux il faut exiger une proportion minimale de 5% de cellules mucineuses ou de glandes néoplasiques.
Le diagnostic différentiel peut être très difficile entre un carcinome malpighien orthoplasique (malignité prouvée par l’invasion du parenchyme pulmonaire) et une papillomatose malpighienne avec extension bronchique marquée.


Images histologiques : #1, #2, #3, #4, #5, #6, #7, #8, cas clinique, moyennement différencié, #0, #1, bien différencié, sur UIP, kératinisant, belles images, Images + texte en allemand : bis, Lames virtuelles : #1, méta oesophage ; #2
Cytologie  : #1, #2, click on next for following images
http://www.pathologyoutlines.com/topic/lungtumorSCC.html
Variantes de carcinome malpighien :
- Petites cellules : ressemble beaucoup à l’anaplasique à petites cellules (augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique, moulage nucléaire), les nids sont cependant mieux délimités avec moins de nécrose et plus de fibrose que dans l’anaplasique, les noyaux sont plus vésiculaires, nucléolés. On recherche une différenciation malpighienne focale sous forme de ponts d’union ou de kératinisation. L’immunohistochimie à la recherche de chromogranine A ou synaptophysine ou autres marqueurs neuroendocrines est négative, hormis quelques rares cellules marquées.
Le diagnostic différentiel peut être compliqué avec une carcinome neuroendocrine composite sachant qu’il n’existe pas de valeur seuil, contrairement au carcinome neuroendocrine, le malpighien peu différencié est p63+ et TTF1 - (7 ;8). NB : la plupart des malpighiens p16 + sont en fait des métastases de malpighiens ORL ou gynécologiques HPV + Arch Pathol Lab Med.2014 Dec ;138(12):1611-28.
- A cellules claires : se voit assez fréquemment, ne prédomine cependant que dans de rares cas. Il faut exclure un carcinome indifférencié à grandes cellules ou un adénocarcinome à cellules claires ainsi qu’une métastase de tumeur à cellules claires.
- Carcinome verruqueux ou squameux bien différencié papillaire
- Forme basaloïde : (9 ;10) équivaut, au niveau du poumon, au carcinome basaloïde squameux retrouvé dans d’autres localisations (ORL, anus, col). Lobules et travées anastomotiques de petites cellules cuboïdes ou fusiformes, à noyaux modérément hyperchromatiques, sans nucléole, le cytoplasme est peu abondant, palissades périphériques et mitoses nombreuses. Nécrose de coagulation de type comédonien dans la Âœ des cas, petites différenciations glandulaires mucoïdes dans 1/3, rosettes dans ÂŒ des cas, kératinisation abrupte pseudopilaire (26%). Fréquence importante de carcinome in situ de surface. Stroma réaction hyaline, mucoïde ou métaplasie chondro-osseuse. Sur petites biopsies peut être confondu avec un
neuroendocrine à petites cellules (souvent proximal, présence de rosettes (1/3 des cas), nombreuses mitoses), parfois marqueur neuroendocrine + (plus souvent le CD56 que les autres marqueurs (10% des cas < 20% des cellules), mais contrairement à celui-ci TTF1 à et 34βE12 + (8 ;11) (l’inverse pour le carcinome à petites cellules, le 34bêtaE12 est + dans 17% mais < 10% des cellules). Images histologiques : #0, #1
- Forme polymorphe : polymorphisme net, présence de cellules géantes.
Le diagnostic différentiel est difficile avec un carcinome indifférencié à grandes cellules ; celui-ci est exclu par définition si l’on retrouve une composante malpighienne typique (ponts d’union, kératinisation).
- Forme fusocellulaire : dans certaines formes, la quasi totalité des cellules est fusiforme avec une proportion variable de cellules géantes tumorales ainsi que d’ostéoclastes ; l’aspect pouvant être soit celui d’une tumeur homogène exclusivement constituée de cellules fusiformes avec focalement une différenciation squameuse, soit un aspect biphasique. Si présence d’un aspect biphasique avec des éléments hétérologues, Il faut suspecter un carcinosarcome. La forme fusocellulaire pure sans différenciation squameuse est classée avec les carcinomes indifférenciés à grandes cellules.
- forme microkystique : nids et travées de cellules basaloïdes squameuses avec espaces kystiques centraux, palissades périphériques, clarification cytoplasmique au centre de la tumeur Am J Clin Pathol. 2011 Sep ;136(3):436-41.
Immunohistochimie Mod Pathol. 2011 Oct ;24(10):1348-59 : rares cas + au TTF-1 (0 à 38%) (8 ;12), l’expression de TTF1 semble de meilleur pronostic (17), CK5/6 + (sensibilité de 53% et spécificité de 96% Arch Pathol Lab Med. 2012 Feb ;136(2):155-62), positivité de CK 14 et CK903, p63 + (sensibilité de 95% et spécificité de 86% Arch Pathol Lab Med. 2012 Feb ;136(2):155-62, à 60% (Mod Pathol.2012 Mar ;25(3):405-15) (+ dans 31% des adénocarcinomes et 54% des lymphomes)) , CK7 + < 50% des cellules tumorales. Une étude sur petites biopsies confirme que les marqueurs suivants : p63, CK5/6, TTF1, CK7, permettent de différencier l’adénocarcinome (p63 -, CK5/6 -, TTF1 +, CK7+) du carcinome malpighien bronchique (p63 +, CK5/6 +, TTF1 -, CK7 -) Am J Surg Pathol. 2010 Dec ;34(12):1805-11, l’absence de TTF1 ou napsine A est devenue un critère Arch Pathol Lab Med.2014 Dec ;138(12):1611-28. La p40 est + spécifique que la p63 Am J Surg Pathol. 2012 Jun ;36(6):895-9 (positif dans 3% des adénocarcinomes et 0% des lymphomes) avec même intensité de marquage Mod Pathol.2012 Mar ;25(3):405-15, y compris en cytologie sur blocs d’inclusion du culot Diagn Cytopathol. 2013 Oct 25 ou sur cytologies décolorées Cytopathology. 2013 Oct 16 (p40 + positive dans les formes peu différenciées que dans les formes bien différenciées). Négativité de Napsine A.
Génétique : gains de 3q24-qter (fréquent), 5p, 8q, 11q13, 12p, délétions de 3p (fréquent), 4q, 5q, 8p, 9p, 10q, 11p, 13q, 17p, 18q, 21q, en biologie moléculaire : cibles dans près de la moitié des cas amplification de FGFR1 dans 22%, de PIK3CA dans 33% de DDR2 dans 4%.
Diagnostic différentiel : en ce qui concerne les carcinomes squameux : ceux-ci incluent la métaplasie squameuse floride (après infarctus, poumon de choc, post-inflammatoire, post-radiothérapie), l’hyperplasie pseudo-épithéliomateuse qui peut survenir dans le contexte d’une tumeur à cellules granuleuses ou une affection de type blastomycose, les papillomes ou la papillomatose ainsi que les condylomes.
Pronostic : à stade égal, meilleur que celui de l’adénocarcinome, les critères pronostiques sont le stade et le Karnofski<
Image  : (ostéoarthropathie hypertrophiante pneumique).
(4) Colby TV, Koss MN, Travis WD. Tumors of the lower respiratory tract. third series ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1995.

(5) Travis WD, Brambilla E, Muller-Hermelink HK, Harris CC. Pathology and genetics of Tumours of the lung, pleura, thymus and heart. Lyon : IARC Press, 2004.

(6) Nappi O, Swanson PE, Wick MR. Pseudovascular adenoid squamous cell carcinoma of the lung : clinicopathologic study of three cases and comparison with true pleuropulmonary angiosarcoma. Hum Pathol 1994 ; 25(4):373-378.

(7) Wu M, Wang B, Gil J, Sabo E, Miller L, Gan L et al. p63 and TTF-1 immunostaining. A useful marker panel for distinguishing small cell carcinoma of lung from poorly differentiated squamous cell carcinoma of lung.
Am J Clin Pathol 2003 ; 119(5):696-702.

(8) Pelosi G, Fraggetta F, Pasini F, Maisonneuve P, Sonzogni A, Iannucci A et al. Immunoreactivity for thyroid transcription factor-1 in stage I non-small cell carcinomas of the lung. Am J Surg Pathol 2001 ; 25(3):363-372.

(9) Moro D, Brichon PY, Brambilla E, Veale D, Labat F, Brambilla C. Basaloid bronchial carcinoma. A histologic group with a poor prognosis.
Cancer 1994 ; 73(11):2734-2739.

(10) Brambilla E, Moro D, Veale D, Brichon PY, Stoebner P, Paramelle B et al. Basal cell (basaloid) carcinoma of the lung : a new morphologic and phenotypic entity with separate prognostic significance. Hum Pathol 1992 ; 23(9):993-1003.

(11) Sturm N, Lantuejoul S, Laverriere MH, Papotti M, Brichon PY, Brambilla C et al. Thyroid transcription factor 1 and cytokeratins 1, 5, 10, 14 (34betaE12) expression in basaloid and large-cell neuroendocrine carcinomas of the lung. Hum Pathol 2001 ; 32(9):918-925.

(12) Lerwill MF. Current practical applications of diagnostic immunohistochemistry in breast pathology. Am J Surg Pathol 2004 ; 28(8):1076-1091.

(13) Tan D, Li Q, Deeb G, Ramnath N, Slocum HK, Brooks J et al. Thyroid transcription factor-1 expression prevalence and its clinical implications in non-small cell lung cancer : a high-throughput tissue microarray and immunohistochemistry study. Hum Pathol 2003 ; 34(6):597-604.
http://library.med.utah.eduPath/LUNGHTML/LUNG068.html
http://library.med.utah.eduPath/LUNGHTML/LUNG137.html
http://library.med.utah.eduPath/LUNGHTML/LUNG138.html
http://library.med.utah.eduPath/LUNGHTML/LUNG139.html
http://i.cmpnet.com/cancernetwork/textbook/200701nsclc/COABSandler.pdf


http://www.pathologyoutlines.com/lungtumor.html#SCC


Imagerie


Imagerie : possibilité d’atélectasie ou d’attraction du médiastin, ou d’image hilaire voire médiastinale par atteinte ganglionnaire. C’est le type de carcinome qui se cavite le plus souvent.



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.