» GLANDES SALIVAIRES Remaniements post thérapeutiques

Remaniements post thérapeutiques


Effet Post-Irradiation : glandes salivaires (4) : Bien qu’il s’agisse de glandes à renouvellement lent, elles souffrent néanmoins de la radiothérapie avec une augmentation rapide de l’amylasémie sérique. Les séquelles sont certaines lorsqu’elles sont situées dans un champ d’irradiation de plus de 60 Gy. On note ainsi une xérostomie dans 5% avec une irradiation de 50 Gy et de 50% quand l’irradiation porte sur un champ de 7 cm de grand axe avec 70 Gy.
La radiosensibilité des glandes séreuses pures (parotide) ou mixtes (sous-maxillaire) est supérieure à celle des glandes muqueuses pures (sublinguale, glandes salivaires accessoires) : les canaux excréteurs, intra- ou extralobulaires, sont relativement radio-résistants et sont le point de départ de la régénération.
Lésions précoces :
- vasculaires exsudatives : nécrose pariétale de type fibrinoïde, microthrombi, œdème périvasculaire et interstitiel riche en protéines.
- parenchymateuses portant sur les cellules nobles (des acini ou canaux striés) avec, selon leur intensité un aspect décoloré, dégranulé, du cytoplasme, ou gonflement cellulaire + pycnose nucléaire avec nécrose cellulaire focale ou d’apoptose.
- réaction inflammatoire non spécifique et polymorphe.
Régénération. Si nécrose pas trop étendue survient, après détersion, une régénération à partir des cellules des canaux intercalaires qui prennent un aspect peu différencié, basophile : une hyperplasie ductulaire est ainsi réalisée, pouvant aboutir en plusieurs semaines (70 jours chez le rat) à une régénération +/- parfaite ou déviée, métaplasique (malpighienne et/ou glandulaire mucipare).
Conséquences anatomiques finales  : le retour à la normale, cicatrices fibreuses éparses, alternant avec secteurs normaux, fibrose collagène massive et mutilante, ne laissant persister que quelques canaux ectasiques et/ou métaplasiques et de rares acini atrophiques +/- endartérite fibreuse oblitérante.
Le 1er stade comporte une diminution initiale précoce et temporaire de la sécrétion salivaire : dès 15 Gy/ champ en une fois, diminution de 50 % du volume salivaire avec augmentation de la viscosité et diminution du contenu protéique et des enzymes.
Puis, avec la régénération, récupération progressive des fonctions salivaires qui peut s’étaler sur plusieurs mois. A distance la récupération fonctionnelle peut être complète et définitive ou être incomplète, avec xérostomie permanente d’intensité variable ; celle-ci, qui peut être obtenue pour 50 Gy, est quasi constante à 70 Gy
Histopathologie bucco-dentaire et maxillo-faciale
Le Charpentier Y, Auriol Michelle. Masson

Syndrome de Frey : séquelle post opératoire de la chirurgie parotidienne, peut se voir aussi après parotidite, traumatisme, tumeur, typhoïde et fracture de l'articulation temporomandibulaire. Sudation de la joue et de la région rétroauriculaire et temporale après manger, avec parois rougeur et chaleur, voire sensations douloureuses. Ce syndrome peut être traité par injection de toxine botulinique A (3).

(3) von Lindern JJ, Niederhagen B, Berge S, Hagler G, Reich RH. Frey syndrome : treatment with type A botulinum toxin. Cancer 2000 ; 89(8):1659-1663.
(4) Fajardo LF, Berthrong M. Radiation injury in surgical pathology. Part III. Salivary glands, pancreas and skin. Am J Surg Pathol 1981 ; 5(3):279-296.



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.