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Kyste dentigère (Folliculaire)


Le kyste dentigère ou folliculaire  : (1-4) lésion ostéolytique entourant ou s’associant à des dents incluses ou dont les racines ne sont pas encore formées chez des adultes jeunes, sur dentition permanente, rare sur dents déciduales (2ème à 4ème décennies, prédominance masculine), essentiellement 3ème molaire ou zone cuspide des maxillaires, c’est le kyste odontogène le plus fréquent et s’observe dans près de 1% d’individus (second en fréquence après le kyste radiculaire).
Clinique : Sont associés à la couronne dentaire du moins au stade initial, les symptômes tels que gonflement et douleurs surviennent tardivement lors de complications inflammatoires ou infectieuses, sinon à l’occasion de déplacements ou retards d’éruption dentaire. Quand l'évolution est prolongée, on note un amincissement cortical voire une perforation, ce processus peut s'étendre proximalement dans la mandibule et la branche ascendante. Lors d'une atteinte cuspide maxillaire cela peut simuler une sinusite voire une cellulite.
Radiologie : lésion radiotransparente entourant la couronne d’une dent incluse, parfois bordé par une fine sclérose, le plus souvent uniloculé, parfois de grande taille avec des limites irrégulières. La corticale très amincie peut simuler des cloisons osseuses (confusion possible avec kératokyste ou améloblastome (qui peuvent se greffer sur kyste dentigère ou être associés à des dents incluses)
Histologie : Bien que le kyste dentigère ait un revêtement épithélial, les remaniements inflammatoires empêchent souvent son identification histologique. Normalement, on est sensé trouver un épithélium squameux stratifié mince, non kératinisant qui peut être le siège d’hyperplasie, de dégénérescence, d’inflammation, de calcifications, de métaplasie mucineuse voire ciliée, de dysplasie voire de néoplasie (améloblastome mural, voire carcinome épidermoïde). Les portions périphériques des kystes dentigères consistent en tissu conjonctif. mature avec des remaniements inflammatoires chroniques et hémorragiques.
Traitement  :
- quand la dent est impactée et verticale et que le seul obstacle à l'éruption est le kyste non couvert par de l'os, on se contente d'une simple excision du kyste
- dans les kystes plus volumineux avec importante atteinte osseuse et amincissement du cortex, au réalise d'abord une marsupialisation pour réduire la pression intra-kystique, quand la lésion a régressé avec néo-ostéogenèse, ont réalise d'ablation de la lésion et de la dent
- lors d'une complication par un améloblastome mural ou intra-luminal, on procède à une énucléation car l'améloblastome est limité à la lumière ou à une portion de l'épaisseur de la paroi kystique. Les énucléations doivent effectuer sur un kyste, si celui-ci est rompu ou lors d'un curetage, il existe un risque important de récidive.
- possibilité de complication par carcinome épidermoïde ou muco-épidermoïde.
Diagnostic différentiel  : ressemble cliniquement à une tumeur odontogène adénomatoïde, un améloblastome, un kératokyste odontogène ou carcinome muco-épidermoïde (on y pense si récidive). Les kystes radiculaires apical / latéral se développent sur dent dévitalisée ou après soins dentaires / traumatisme, si dent extraite = kyste radiculaire résiduel (épithélium malpighien stratifié non kératinisant plexiforme / rétiforme avec spongiose et inflammation tissu de granulation résorptif, parfois structures hyaline lamellaires (corps de Rushton) +/- corps étrangers d’origine dentaire). Le kyste périodontaire latéral se développe entre 2 dents viables (prémolaires), épithélium malpighine focalement épaissi avec cellules claires riches en glycogène. Le kyste odontogène glandulaire = clarté uni- ou multiloculaire de la mandibule avec épithélium malpighien non kératinisant ou basaloïde avec cellules à mucus dispersées et cavités microkystiques bordées de cellules cubiques.

 (1) Hoffman S, Jacoway JR, Krolls SO. Intaoseous and parosteal tumors of the jaws. second ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1987.

 (2) Kramer IRH, Pindborg JJ, Shear M. Histologic typing of odontogenic tumours. second ed. Berlin : Spriger-verlag, 1992.
 (3) Rosai J. Ackerman's surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby, 1996.
 (4) Martin-Duverneuil N, Auriol M. Les tumeurs maxillo-faciales : imagerie, anatomopathologie. 2004.


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