» OS Erdheim Chester

Erdheim Chester


Maladie d'Erdheim-Chester (xanthogranulomatose lipidique normolipémique) (46 ;66-71) Hum Path 2000 ;31:734, Hum Path 1999 ;30:1093 : Pathologie rare surtout décrite par les radiologues se caractérisant par une sclérose bilatérale symétrique avec ostéocondensation des métaphyses d'os longs (épargne les épiphyses), touchant surtout le fémur et tibia puis péroné, cubitus, radius et humérus, possibilité d'atteinte des os plats ou membraneux. Atteinte possible du rétropéritoine, poumons, reins, hypothalamus / hypophyse postérieure (avec diabète insipide), espace rétro-orbitaire, cœur, peau. Dans 37% composante ostéoblastique ou lytique
Revue de 73 biopsies de 42 patients : os (16), rétropéritoine (11), peau (19), orbite (6), cerveau (5), poumon (6), coeur (2), épidural (3), bouche (2), tissu sous cutané (2), testicule (2). Néoplasme myéloïde médullaire present dans 6 cas. Anomalies génétiques cherchées dans 38 cas avec mutations somatiques de : BRAF (25/38), MAP2K1 (6/38), ARAF (2/38), MAP2K2 (1/38), KRAS (1/38), NRAS (1/38) Mod Pathol. 2017 Dec 1
Clinique : discrète prédominance masculine, âge moyen de 53 ans (7 à 84 ans), asymptomatique dans 40%, dans 30% douleurs osseuses, surtout des membres <, et particulièrement des genoux, tibias et chevilles, sans horaire particulier ni relation avec les efforts. Elles peuvent s’accompagner d’une augmentation de la chaleur locale, voire d’un gonflement et d’une rougeur. Parfois permanentes, elles peuvent aussi évoluer par poussées. Dans 30% signes systémiques (fièvre, amaigrissement, dysfonction organique ubiquitaire par atteinte du rétropéritoine (parfois hydronéphrose et douleurs abdominales), foie, cœur, reins, hypophyse etc…). Possibilité de xanthomes des paupières ou du tronc, d'exophtalmie (souvent bilatérale, symétrique et douloureuse, par dépôts xanthogranulomateux rétro-orbitaires) et/ou diabète insipide, voire une hyperprolactinémie et une insuffisance gonadotrope.
Manifestations neurologiques protéiformes (33% des cas), essentiellement à type de syndrome cérébelleux, plus rarement à type de compression médullaire. L’IRM confirme les localisations cérébrales symptomatiques, dépiste les localisations infracliniques et d’apprécier l’atteinte épidurale. Elle montre des signaux hyperintenses sur les séquences en T2 avec rehaussement après injection de gadolinium. Des dépôts le long de la dure-mère, de la faux du cerveau ainsi que de la tente du cervelet peuvent être ainsi détectés.
Le LCR est le plus souvent normal ; il existe parfois une hyperprotéinorachie.

Les manifestations pulmonaires sont de type bronchique, pulmonaire ou pleural. La radiographie standard montre un aspect de pneumopathie interstitielle prédominant aux sommets. Sur la tomodensitométrie, il existe des opacités réticulaires et centrolobulaires, et des zones avec aspect de verre dépoli. Un épaississement de la plèvre viscérale peut être associé.
La granulomatose lipidique peut toucher plus rarement le péricarde, les muscles et la glande mammaire.
Radiologie : sclérose diffuse, irrégulière, symétrique, bilatérale de la médullaire des os longs (surtout fémurs, mais aussi tibias, moins fréquente aux membres > (radius et humérus)), épargnant les épiphyses. Le squelette axial est beaucoup plus rarement atteint. Sclérose médullaire bilatérale et symétrique avec dédifférenciation corticomédullaire (épaississement des corticales, épaisseur accrue des travées, ossification périostée et endostale), surtout diaphysaire et métaphysaire, épargnant les épiphyses dans leur partie la plus proche de l’interligne. L’ostéocondensation peut être diffuse ou irrégulière en motte.
Dans un tiers des cas, elle est parsemée de lésions d’ostéolyse parfois volumineuses, surtout des os plats (crâne et côtes), plus rarement du bassin, mandibule, maxillaire, sternum. Une réaction corticopériostée est parfois visible.
La scintigraphie osseuse révèle une hyperfixation symétrique des os longs ; elle permet une évaluation de l’extension des lésions osseuses et le suivi des lésions, en particulier après traitement.
La TDM montre bien les lésions ostéolytiques au sein des zones condensées, ainsi que d’éventuelles calcifications intramédullaires et des ruptures de la corticale sans anomalie des parties molles.
L’IRM montre une diminution du signal dans les séquences pondérées en T1 correspondant au remplacement de la moelle osseuse par l’infiltration lipidique + images de rupture de la corticale sans anomalie des parties molles.
Sur les séquences pondérées en T2, il existe des zones d’hyposignal ou d’hypersignal selon l’intensité de l’ostéosclérose.
Biologie : non spécifique, syndrome inflammatoire si atteinte extra-osseuse, bilan lipidique normal, ainsi que le bilan phosphocalcique.
Macroscopie : lésions de couleur jaune orangé.
Histologie : histiocytose non-Langerhansienne systémique non-familiale, néoplasique, xanthogranulomateuse. L'os et autres organes sont le siège d'une fibrose hyaline avec de volumineux macrophages spumeux (cytoplasme pâle et vacuolaire, sans atypie), de rares cellules géantes multinucléées, des lymphoplasmocytes et histiocytes, pas de PNE, au contraire des lésions d’histiocytose langerhansiennes. Au niveau de l'os l'atteinte est surtout médullaire avec épaississement du cortex. Contenu lipidique hétérogène, non spécifique, avec des esters de cholestérol, bien mis en évidence par coloration spécifique.
Imageshistologiques
Mutation de Braf V600E dans 54%(13/24) Blood.2012 ;120(13):2700-2703
Immunohistochimie : A1ACT +, AAT +, lysozyme +, S 100 -, CD 68+, facteur XIIIa +, CD 1a -.
Localisations viscérales dans la moitié des cas. Elles sont :
– rétropéritonéales (29 %des cas) souvent asymptomatiques, parfois douleurs abdominales et hydronéphrose bien vue en TDM ;

– hépatiques, pulmonaires, pleurales, cardiaques, notamment péricardiques, médiastinales, l’ensemble de ces localisations représentant 21 % des cas ;
– rénales ou siégeant dans l’espace périrénal (16 % des cas) ;
– plus rarement (5 % des cas) spléniques, pancréatiques, surrénaliennes, aortiques, hypophysaires, péritonéales, intestinales ou coliques.
Une exophtalmie est notée dans 25%, par granulome rétro-orbitaire avec risque de cécité (évoque la maladie de Hand-Schüller-Christian, ainsi que l’occasionnel diabète insipide.
Enfin, des lésions encéphaliques hyperdenses en TDM sont parfois découvertes, notamment à l’occasion de céphalées ou de signes neurologiques.
Les localisations cutanées sont rares (xanthomes des paupières).
Les signes généraux sont également rares (20%) avec fièvre, amaigrissement et asthénie, n’existant qu’en cas d’atteinte extra-osseuse.
Diagnostic différentiel : granulomatose à cellules de Langerhans, mais lésions lytiques à la RX, S 100 +, granules de Birbeck en ME.
Association morbide : avec un granulome éosinophile ou d’autres formes d’histiocytose X. Pronostic : mauvais car atteinte pulmonaire jusque dans 35% des cas pouvant aboutir à une insuffisance cardiorespiratoire, sinon décès par infection, atteinte cardiovasculaire, rénale ou cérébrale, OS à 3 ans de 50-65%. L’atteinte osseuse, peut rester longtemps asymptomatique, puis évoluer sur plusieurs années : il est vraisemblable qu’une atteinte osseuse primitivement isolée en apparence puisse évoluer avec le temps vers une forme systémique.
Le traitement n’est pas codifié. En cas de localisations osseuses douloureuses résistant aux antalgiques usuels, la radiothérapie a été préconisée. Dans les cas avec atteintes viscérales, la corticothérapie utilisée seule s’est avérée le plus souvent inefficace.
La chimiothérapie par vinblastine, doxorubicine, étoposide ou méthotrexate a été efficace dans un faible nombre de cas. Enfin, l’intérêt du traitement par interféron alpha a été décrit

(46) Fletcher CD, Unni KK, Mertens F. Pathology and genetics of tumours of soft tissue and bone. Lyon : IARC press, 2002
(66) Fink MG, Levinson DJ, Brown NL, Sreekanth S, Sobel GW. Erdheim-Chester disease. Case report with autopsy findings. Arch Pathol Lab Med 1991 ; 115(6):619-23.
(67) Shamburek RD, Brewer HB, Jr., Gochuico BR. Erdheim-Chester disease : a rare multisystem histiocytic disorder associated with interstitial lung disease. Am J Med Sci 2001 ; 321(1):66-75.
(68) Rush WL, Andriko JA, Galateau-Salle F, Brambilla E, Brambilla C, Ziany-bey I et al. Pulmonary pathology of Erdheim-Chester disease. Mod Pathol 2000 ; 13(7):747-54.
(69) Egan AJ, Boardman LA, Tazelaar HD, Swensen SJ, Jett JR, Yousem SA et al. Erdheim-Chester disease : clinical, radiologic, and histopathologic findings in five patients with interstitial lung disease. Am J Surg Pathol 1999 ; 23(1):17-26.
(70) Miller RL, Sheeler LR, Bauer TW, Bukowski RM. Erdheim-Chester disease. Case report and review of the literature. Am J Med 1986 ; 80(6):1230-6.
(71) Klein MJ, Bonar SF, Freemont T, Vinh T, Lopez-Ben, Siegel H et al. Non-neoplastic diseases of bones and joints. American registry of pathology, Armed forces institute of pathology, 2011.



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.