» TISSU ODONTOGENE Kyste odontogène calcifié

Kyste odontogène calcifié


Les Kystes odontogènes kératinisants et calcifiants (TOKC) (1-4) AJSP 2003 ;27:372 qui se caractérisent par une palissade basale marquée et de grandes masses de cellules kératinisées fantomatiques, certaines des cellules peuvent prendre un aspect clair, d’autres, contenir du pigment mélanique, l’aspect est morphologiquement très proche du craniopharyngiome.

Lésion kystique pouvant devenir solide, pseudotumorale, considérée par certains auteurs comme un hamartome kystisé.
Clinique : se voit à tout âge, surtout les sujets < 30 ans, n'importe où (maxillaire = mandibule, surtout en antérieur (incisives et canines), les ¾ sont de localisation centrale osseuse le reste dans la muqueuse gingivale (lésion rose/rouge, limitée, à surface lisse jusqu’à 4 cm). Parfois association avec d’autres tumeurs odontogènes (odontome, améloblastome).
Radiologie : lésion radiotransparente, uni ou multiloculaire, le plus souvent bien limitée pouvant résorber les racines dentaires. Présence de calcifications de taille variable, association possible avec d'autres lésions odontogènes (odontome, fibrome améloblastique, fibrome, améloblastome, fibro-odontome améloblastique)
Histologie : couche irrégulière de revêtement squameux stratifié dont la couche basale est constituée de cellules cubocylindriques évoquant des améloblastes. À l'intérieur de ce revêtement possibilité de territoires de type réticulum étoilé et de plages de cellules épithélioïdes éosinophiles pâles qui peuvent former une transition avec des masses de cellules momifiées comme dans le pilomatrixome. Ces cellules momifiées calcifiées sont caractéristiques mais peuvent être confondues avec de la parakératose. Possibilité de dentine ou d’ostéodentine dysplasique. Focalement le revêtement kystique est détruit entraînant un contact du tissu conjonctif avec le matériel luminal kératinisant aboutissant à une réaction résorptive à cellules géantes. Parfois importante synthèse de tissus durs pouvant évoquer un odontome. Image  : #1
Traitement : exérèse complète qui s'accompagne d'un bon pronostic avec peu de récidives, en cas d'association un améloblastome le pronostic est lié à celui-ci.
Diagnostic différentiel  :
- améloblastome : La présence de produits calcifiés élimine l’améloblastome car celui-ci est constitué d’améloblastes primitifs incapables de produire une matrice calcifiée.
- tumeur épithéliale odontogène calcifiée, la présence de cellules momifiées et d'une couche de cellules basales avec des produits dentinoïdes permet le diagnostic différentiel.
 
La tumeur odontogène à cellules fantômes (TOCF) (4) est considérée tantôt comme une variété solide du kyste odontogène calcifiant, tantôt comme une néoplasie autonome. Il en existe 2 types, l’un centro-osseux dans les maxillaires, l’autre périphérique se développant dans la gencive au contact de l’os.
Répartition équilibrée entre maxillaire et mandibule, la forme extra-osseuse prédomine dans la partie antérieure des mâchoires.
Macroscopie :Il s’agit d’une massepolypoïde blanchâtre, ferme, à peu près homogène, avec quelques rares microcavités de 2 à 3 mm contenant une sérosité louche.
Histologie : La tumeur est constituée par des formations améloblastiques bordées par une assise de cellules cylindriques. Le réticulum étoilé central contient de très nombreuses « cellules fantômes », la plupart en voie de calcification, aboutissant à la formation d’amas irréguliers de substance « dentinoïde », que l’on retrouve également dans le tissu conjonctif voisin, suscitant par places une réaction macrophagique.
Il s’agit d’une tumeur odontogène très rare, dont les possibilités évolutives sont mal connues.
Forme maligne (4) : 19 cas malins, prédominance masculine (21), entre 13 et 72 ans, prédominance dans le maxillaire, gonflement, souvent paresthésies, lésion lytique, mal limitée, avec zones opaques, déplacement, impaction ou résorption des racines dentaires.
Macroscopie : composante kystique bien limitée, et partie solide.
Histologie  : aspect de tumeur odontogène calcifiée avec composante maligne sous forme d’îlots épithéliaux ronds, sans un stroma fibreux (petites cellules rondes, sombres ou plus grandes à noyaux vésiculaires). Nombre variable de cellules fantômes, isolées ou en amas.
Raubenheimer EJ, van Heerden WF, Sitzmann F, Heymer B. - Peripheral dentinogenic ghost cell tumor. J. Oral Pathol. Med., 1992, 21, 93-95.
Mc Coy BP, O Carroll MK, Hall JM - Carcinoma arising in a dentinogenic ghost cell tumor.
Oral Surg., Oral med., Oral Path., 1992, 74, 371-378.
Grodjesk JE, Dolinsky HB, Schneider LC, Dolinsky EH, Doyle JL - Odontogenic ghost cell carcinoma. Oral Surg., Oral Med., Oral Path., 1987, 63, 576-581.
 
 
Reference List
 
 (1) Hoffman S, Jacoway JR, Krolls SO. Intaoseous and parosteal tumors of the jaws. second ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1987.
 (2) Kramer IRH, Pindborg JJ, Shear M. Histologic typing of odontogenic tumours. second ed. Berlin : Spriger-verlag, 1992.
 (3) Rosai J. Ackerman's surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby, 1996.
 (4) Barnes L, Eveson JW, Reichart P, Sidransky D. Pathology and genetics of Head and neck tumours. IARC press, 2005.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.