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Orgelet/Chalazion


Le bord des paupières peut être atteint d’orgelet ou de chalazion ; ces deux affections, souvent confondues, sont en réalité différentes. L’orgelet est un furoncle frappant la racine d’un cil (infection staphylococcique d’une glande de Zeiss).
La symptomatologie commence par une simple gêne se poursuivant rapidement par une douleur franche à caractère inflammatoire associée à un gonflement palpébral localisée en regard de la glande atteinte (partie antérieure du bord libre). La palpation est douloureuse au niveau de la zone pathologique. Au bout de quelques jours apparait un point jaunâtre purulent s’évacuant spontanément le plus souvent, amenant une sédation rapide de la symptomatologie douloureuse.
Devant un tel tableau clinique, le diagnostic différentiel est quasi inexistant.
Le traitement à base de pommade antibiotique et corticoïde pendant une semaine suffit à la guérison dans l’immense majorité des cas. Lorsque cela ne suffit pas, l’ablation du cil incriminé associé éventuellement à l’incision de la glande atteinte peut être réalisée. Les récidives fréquentes doivent faire rechercher un état pré-diabétique ou diabétique sous-jacent.

Le Chalazion(1) : lésion très fréquente de la paupière correspondant à un lipogranulome au contact d’une glande de Meibomius vraisemblablement secondairement à une obstruction ou une infection non spécifique des canaux excréteurs s’accompagnant d’une très intense stroma réaction inflammatoire secondaire à l’accumulation d’acides gras. Bien que cette lésion soit essentiellement profonde, elle peut parfois faire saillie au niveau de la conjonctive palpébrale. En cas de récidives multiples après curetage, il convient de s’assurer qu’il n’existe pas une tumeur développée à partir des glandes de Meibomius. Le chalazion est le plus souvent idiopathique. Parfois une cause est retrouvée à l’origine d’une blépharite chronique telle que l’acné rosacée ou bien les conjonctivites allergiques. Les chalazions sont rares chez le nourrisson et chez le vieillard.

Clinique : tuméfaction palpébrale inflammatoire douloureuse associée +/- à une conjonctivite. Fermes et douloureux à la phase aigü, ils deviennent indolores, bien limités et plus ou moins fixés au tarse à la phase chronique.
Le chalazion externe est une rougeur palpébrale de la taille d’un petit pois ; le chalazion interne, est rouge, oedémateux à la réversion de la paupière parfois il entraîne un astigmatisme cornéen ; les chalazions multiples réalisent un tableau de tarsite diffuse ; possibilité de formes avec perte des cils au niveau du bord libre.
Non traité, le chalazion peut disparaître au bout de quelques semaines ou laisser un granulome palpébral d’importance variable. Parfois il s’infecte et suppure ; la liquéfaction purulente du granulome, avec issue vers le bord libre ou le cul-de-sac conjonctival peut marquer le début d’une résorption complète. Rarement apparaît une nécrose cutanée en regard avec extériorisation du chalazion qui se vide à la peau. Traité, l’évolution est favorable dans l’immense majorité des cas avec sédation rapide de la symptomatologie inflammatoire.
Histologie : inflammation granulomateuse résorptive centrée par un globule de tissu adipeux qui apparaît sous forme d’un espace vide rond ovoïde. chalazion : #1
Diagnostic différentiel : canaliculite à Actinomyces ; le carcinome meibomien (rare mais de pronostic globalement mauvais) ; la tumeur de Merkel ; le pilomatixome ; le lymphome palpébral ; le nodule sarcoïdosique, tuberculose, mycose.
Traitement conservateur associant des soins locaux (massages palpébraux biquotidiens à l’aide d’un gant humide), pommade corticoïde et antibiotique type Sterdex, 3 fois par jours pendant 15 jours.
Lorsque ce traitement ne suffit pas à obtenir une guérison rapide ou en cas d’aggravation sous traitement médical, une incision-curetage chirurgicale du chalazion sous anesthésie locale au bloc opératoire par voie conjonctivale (souvent associée à une pommade antibiotique et corticoïde en postopératoire pendant une semaine) seront nécessaires et permettront la disparition complète du chalazion.
Même bien conduit, le traitement médical ou chirurgical ne permet pas d’éviter les récidives qui peuvent dans certains cas être fréquentes (blépharites chroniques).
L’inflammation chronique des paupières entraïne la blépharite . Elle répond au traitement antibiotique local, à condition qu’il soit immédiat.
La plupart des pathologies touchant les paupières sont celles que l’on retrouve de façon générale au niveau de la peau.
Les paupières ainsi que la conjonctive peuvent être le siège de lésions bulleuses intra ou sous muqueuses pemphigoïde cicatricielle (voir peau).

(1) Rosai J. Ackerman’s surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996.

http://emedicine.medscape.com/article/797763-overview



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