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Otite externe nécrosante ou non


Otite externe : oreille très douloureuse soit spontanément, soit à la mobilisation du pavillon du tragus et surtout lors de l’examen otoscopique. Douleur violente, paroxystique, insomniante, exagérée par la pression du tragus ou la traction du pavillon avec conduit rétréci, inflammatoire, encombré de pus et de débris de desquamation, un ganglion pré-auriculaire est parfois palpable, il n’y a pas ou peu de douleur à la pression de la mastoïde, et le sillon rétro-auriculaire est conservé.

L’otorrhée est parfois pauvre mais souvent abondante. L’otite externe est volontiers récidivante, survenant après la baignade et c’est souvent une pathologie estivale.
Il existe une dermite eczémateuse préexistante du conduit et les lésions de grattage extrêmement fréquentes, parfois sous la forme de tics, qui sont à l'origine de surinfection.
A l'otoscopie : atteinte de la peau du conduit auditif externe sans atteinte de l’oreille moyenne avec tympan normal ou légèrement inflammatoire.
Cette dermo-épidermite aiguë, peut s'étendre à la région rétro-auriculaire comblant le sillon avec accentuation des plis physiologiques dans cette région (élément de diagnostic différentiel important avec la mastoïdite extériorisée qui fait disparaître ces mêmes plis).
L’examen otoscopique recherche des sécrétions mucopurulentes, des croûtes.
Le traitement est surtout local par des instillations locales de gouttes auriculaires associant antibiotiques et anti-inflammatoires, au besoin (si le conduit est très serré) sur un méchage imprégné des mêmes produits.
Furoncle : Le tableau est très comparable à celui de l'otite externe. L'otoscopie peut retrouver l'aspect acuminé blanchâtre, surtout dans le tiers externe de celui-ci avec un aspect typique de surélévation à sommet purulent, avec des douleurs exquises au contact.. Le traitement est identique mais nécessite souvent l'adjonction d'une antibiothérapie anti-staphylococcique par voie générale orale.
Mycoses  : L'otoscopie montre, dans le conduit inflammatoire, une masse jaunâtre ou grise en "papier buvard mouillé" parsemée de petits points noirs (spores, si présence d’Aspergillus niger). L’otorrhée mycosique est une otorrhée très abondante et grumeleuse. Le traitement est local : antiseptiques et fongicides. (#1, #2, #3)
Forme maligne ou otite granulomateuse nécrosante :
C’est une pathologie due au Pseudomonas aeruginosa, voire Aspergillus qui atteint essentiellement des personnes âgées diabétiques, sujets immunodéprimés ou les nourrissons en état de souffrance physiologique.
Otite externe qui évolue vers l’otorrhée purulente puis vers la cellulite, chondrite, ostéomyélite, atteinte de l’oreille moyenne, base du crâne, avec paralysie faciale, méningite, thrombophlébite et abcès cérébral, jusqu’à 75% de mortalité si traitement trop tardif. L'otalgie est intense, la paralysie faciale est fréquente et volontiers précoce.
Elle se caractérise histologiquement par une réaction inflammatoire nécrotique atteignant la peau, les tissus mous, le cartilage et l’os, hyperplasie pseudo-épithéliomateuse (1 ;2). Elle peut imiter un cancer avec infiltration des parties molles sous-pétreuses et régions profondes de la face, espaces ptérygoïdien et latéropharyngé
La TDM montre les destructions osseuses : os tympanal, écaille rétroméatique, mastoïde, sphénoïde et l'infiltration des tissus mous avec un certain rehaussement de densité après injection intraveineuse de produit de contraste. L'IRM montre mieux les zones d'extension aux parties molles péri-auriculaire et profonde notamment sous temporales.
Traitement : antibiotiques, débridement chirurgical, oxygène hyperbare. Le pronostic peut être fatal (20 à 50%). (HNO 2003 ;51:315).
Otite externe phlycténulaire ou otite grippale : l'otalgie est aiguë et violente, après plusieurs heures apparaît un écoulement sérohématique qui ne soulage pas la douleur et 1 / plusieurs bulles hémorragiques à la face externe du tympan (myringite) qui débordent parfois sur les parois du conduit +/- épanchement dans la caisse. L’otite virale survient 1 à 2 J après une rhinioharyngite ou un état grippal, on prescrit des antalgiques et AINS Traitement : antalgiques, gouttes auriculaires (antibiotiques et corticoïdes). L'antibiothérapie par voie générale permet d'éviter l'évolution vers une otite moyenne suppurée. On peut percer les phlyctènes pour soulager le patient, mais la paracentèse est contre-indiquée.
http://www.medix.free.fr/sim/otite-aigue-orl.php

A signaler des cas de granulome inguinal de l’oreille



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