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FASCIITE JUXTACORTICALE OSSEUSE


Fasciite juxtacorticale ossifiante / périostite ossifiante / pseudo-tumeur ostéofibreuse des doigts /périostite floride réactive avec ossification (1 ;2 ;63-66)
C’est une forme superficielle de myosite ossifiante, dépourvue de phénomène de zone.
Caractères généraux : La lésion est unique et survient chez l’adulte jeune, surtout entre 20 et 30 ans, sans prédominance de sexe. La notion d’un traumatisme antérieur est retrouvée une fois sur deux. Le siège préférentiel est la phalange proximale des 2è, 3è et 5è doigts de la main, bien que de rares cas aient été décrits aux orteils. La vitesse de croissance est diversement appréciée, de quelques semaines à quelques mois. La lésion siège dans le tissu sous-cutané, et atteint les ligaments et les tendons, mais respecte les muscles. Radiologiquement, c’est une masse allongée contenant éventuellement des calcifications irrégulièrement disposées, indépendante de l’os, mais pouvant s’accompagner d’un épaississement périosté.
Macroscopie : nodule assez bien limité, ferme, blanchâtre, de 1 à 3 cm de diamètre.
Histologie : lésion multinodulaire à limites imprécises. Elle emporte des fibroblastes à disposition dense ou lâche, avec un fond myxoïde ou collagène. Les trabécules d’ostéoïde et d’os plus ou moins matures sont bordés par des ostéoblastes et dispersés au hasard. Des ïlots cartilagineux ont été décrits. Les atypies cellulaires ne sont pas rares, les mitoses sont présentes mais toujours normales.
Diagnostic différentiel :
- Il faut surtout éliminer l’ostéosarcome extra-squelettique, qui survient après 35 ans et ne siège pratiquement jamais aux doigts. L’ostéosarcome juxtacortical s’élimine devant l’intégrité de la corticale osseuse.
- De moindre importance clinique est la confusion entre une périostite ossifiante (sorte de fasciite ossifiante de localisation périostée) et une panniculite ossifiante. Dans la panniculite ossifiante, l’os est souvent immature mais le liseré ostéoblastique est net et peut présenter des images de transition avec les fibroblastes.
- il faudra aussi différencier la périostite ossifiante des proliférations ostéocartilagineuses bizarres des mains et des pieds décrites par Nora (64 ;65). Ces lésions sont des lésions bénignes mais récidivantes qui sont typiquement de siège juxtacortical et qui se caractérisent par une composante cartilagineuse hypercellulaire importante.
Pronostic : L’exérèse complète assure la guérison.
(1) Weiss SW, Goldblum JR. Enzinger and Weiss’s Soft tissue tumors. 4th ed. St Louis : Mosby, 2001.

(2) Fletcher CD, Unni KK, Mertens F. Pathology and genetics of tumours of soft tissue and bone. Lyon : IARC press, 2002.
(63) Abramovici L, Steiner GC. Bizarre parosteal osteochondromatous proliferation (Nora’s lesion) : a retrospective study of 12 cases, 2 arising in long bones. Hum Pathol 2002 ; 33(12):1205-1210.

(64) Meneses MF, Unni KK, Swee RG. Bizarre parosteal osteochondromatous proliferation of bone (Nora’s lesion). Am J Surg Pathol 1993 ; 17(7):691-697.

(65) Nora FE, Dahlin DC, Beabout JW. Bizarre parosteal osteochondromatous proliferations of the hands and feet. Am J Surg Pathol 1983 ; 7(3):245-250.

(66) Dupree WB, Enzinger FM. Fibro-osseous pseudotumor of the digits. Cancer 1986 ; 58(9):2103-2109.
YAMAMOTO T, HAYASHI Y. Parosteal fasciitis of the clavicle. Pathol intern 1999 ;50(12):987-91
http://bonetumor.org/tumors/pages/page179.html


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