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FIBRODYSPLASIE (MYOSITE) OSSIFIANTE PROGRESSIVE


Fibrodysplasie (ou myosite) ossifiante progressive(4 ; 9 ;16) :
C’est une affection héréditaire autosomique dominante de pénétrance complète et expression variable, d’évolution progressive qui se caractérise par une prolifération fibreuse affectant les muscles, les tendons, les ligaments et les aponévroses, et subissant calcification et ossification. Due à une production non contrôlée de protéine morphogénétique osseuse 4 (BMP4), avec gène non muté en 14q22-23 ou gène BMP1 en 2q23-24. Maladie rare (0.5 10-6 avec 2 500 cas mondiaux dont 58 en France)
Caractères généraux : âge : 0 à 25 ans, pic à 5 ans, rare chez l’adulte jeune, sex ratio équilibré. La maladie débute dans la région paraspinale > et s’étend dans le sens craniocaudal et vers les membres, peut débuter dans l’occiput, la région sterno-cléido-mastoïdienne, les muscles masticateurs et se présenter comme un torticolis congénital. Elle se manifeste au début par des épisodes aléatoires et sévères post traumatiques (y compris chirurgie, biopsie, veinoponction, traitement dentaire) de gonflement et oedème intramusculaire avec nodule sensible du dos, de l’épaule ou du bras. Les lésions s’étendent et aboutissent à des indurations multifocales des muscles, des tendons et du tissu sous-cutané avec ankylose progressive des articulations, très invalidante. Les ossifications finissent par toucher la majorité des muscles à l’exception du coeur, l’atteinte des muscles de la cage thoracique et des muscles masticateurs est particulièrement délétère. Des malformations des doigts sont habituellement associées : microdactylie, absence des pouces, des gros orteils, déformation tel hallux valgus bilatéral ou déviation du 5ème doigt. Association possible à une déformation des oreilles, absence de dents, surdité et infantilisme sexuel.
Imagerie  : anomalies squelettiques qui permettent le diagnostic avant l’apparition des hétérotopies osseuses (tout geste agressif dont la simple biopsie ou soins dentaires aggrave le tableau, donc pas de biopsie si on porte le diagnostic) avec métacarpes et métatarses courts, synostose phalangée, anomalies vertébrales (fusions ou autres), col fémoral court, épais, clinodactylie du V.
Certaines ossifications ressemblent à des ostéochondromes, la plupart sont des ossifications des tendons, ligaments, fascias, muscle strié, en plages / rubans
Au scanner œdème des fascias avant l’ossification, en RMN : si lésion immature en T2 masse intense homogène des tissus mous, œdème adjacent si lésion de quelques mois, en T1 effet de masse avec déplacement des plans fasciaux. Les lésions matures sont hétérogènes avec signal de type graisse en T1 et T2. Images : FOP squelette
Macroscopie : les foyers indurés, +/- calcifiés, adhèrent aux tendons et dissocient les muscles, puis confluent pour former des ponts au-dessus des articulations.
Histologie : il existe 3 stades histologiques. Au début : inflammation chronique lymphocytaire périvasculaire qui s’étend aux tissus mous, puis myonécrose, puis prolifération fibroblastique lâche et œdémateuse, richement vascularisée avec augmentation nette des mastocytes imitant une fibromatose. Puis le collagène apparaît ainsi que des foyers de calcifications, des foyers osseux (et parfois cartilagineux) qui sont au centre d'un nodule. Les nodules s'interconnectent peu à peu pour former des ponts, contrairement à la myosite ossifiante, l’ossification se fait au centre des nodules.
Diagnostic différentiel :
- myosite ossifiante, à cause de la multifocalité des lésions, mais surtout avec certains syndromes malformatifs, comportant des foyers d’ossification ectopique.
- fibromatose infantile : absence d’anomalies des doigts
- syndrome des enfants battus, pseudohypoparathyroïdie, dermatomyosite calcifiée (possibilité de microdactylie, exostoses et calcifications sous cutanées multiples)
Evolution : l’affection évolue par poussées, avec rémissions, et conduit au décès en 10 à 15 ans par insuffisance respiratoire du fait de l’atteinte des muscles thoraciques, risque accru de chutes et de traumatismes sévères.
Traitement  : éviter tout acte chirurgical non indispensable, pas de traitement médical spécifique, ni injections intramusculaires. La kinésithérapie doit rester douce et non traumatisante. Des médicaments pharmacologiques classiques (corticoïdes et biphosphonates au moment des poussées), l’utilisation du froid (cryothérapie) ou parfois de la chaleur douce peuvent soulager les douleurs des poussées. On peut proposer de la cortisone et adrénocorticotropine en phase aiguë.
 
Hétérotopie osseuse progressive (9) : ossification de la peau et des tissus sous-cutanés, sans les caractéristiques de la FOP, elle débute par une ossification cutanée qui s’étend secondairement aux tissus mous, puis ankylose et retard de croissance du membre atteint, sans notion de traumatisme. On note une mutation de GNAS1 comme dans la maladie d’Albright, de transmission paternelle.
Imagerie : ossification cutanée et des tissus mous mais sans anomalies congénitales des orteils / doigts de la FOP
Histologie  : similaire à la FOP

(4) Weiss SW, Goldblum JR. Enzinger and Weiss’s Soft tissue tumors. 4th ed. St Louis : Mosby, 2001.
(9)  Klein MJ, Bonar SF, Freemont T, Vinh T, Lopez-Ben, Siegel H et al. Non-neoplastic diseases of bones and joints. American registry of pathology, Armed forces institute of pathology, 2011.
(16) Gannon FH, Glaser D, Caron R, Thompson LD, Shore EM, Kaplan FS. Mast cell involvement in fibrodysplasia ossificans progressiva. Hum Pathol 2001 ; 32(8):842-848.
 


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