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tumeur fibreuse solitaire des tissus mous


tumeur fibreuse solitaire des tissus mous :(1-7) Mod Path 2002 ;15:324, Ann Pathol.2009 Sep ;29(4):335-46 Am J Clin Pathol.1996 Sep ;106(3):325-31 : tumeur rare ubiquitaire, H/F = 1, de l’adulte de 28 à 83 ans, 40% sont superficiels. Localisé surtout dans tête et cou (58%, dans fosses nasales et orbite), sinon tronc, médiastin, péricarde, rétropéritoine, cavité abdominale, décrit également dans les méninges, moelle épinière, périoste, glandes salivaires, poumons, thyroïde, surrénale, rein, prostate, testicules, vessie. Possibilité d’hypoglycémie, révélatrice dans quelques cas, par sécrétion tumorale d’un facteur de croissance avant une activité similaire a celle de l’insuline (insulin-like growth factor).
Masse de croissance lente indolore, pouvant être à l’origine de signes de compression,

Macroscopie  : de 1 à 6 cm parfois jusqu’à 25 cm (moyenne de 5 à 8 cm), masse bien limitée non encapsulée molle à rugueuse, bien circonscrite, souvent non encapsulée, parfois multinodulaire si très volumineux avec un aspect blanchâtre et une consistance ferme à la coupe. Une nécrose ou infiltration se voit dans les formes agressives et malignes. Images  :http://alf3.urz.unibas.ch/pathopic/...#1 ; #2

Histologie  : ces tumeurs se caractérisent par leur grande variabilité morphologique. Deux profils architecturaux prédominent néanmoins :
- l’aspect fusocellulaire compact où les cellules tumorales se disposent selon une architecture storiforme, fibrosarcomateuse, neurale ou bien un peu au hasard (patternless pattern)
- l’aspect hémangiopéricytaire où les vaisseaux tumoraux apparaissent anastomosés et typiquement ramifiés en bois de cerf à la manière d’un HPC.
Au faible grossissement dans les formes fibreuses, il existe typiquement une alternance de zones hypercellulaires et hypocellulaires séparées les unes des autres par des trousseaux épais de collagène hyalin. Ces bandes de collagène qui sont un peu du type de celles que l’on rencontre dans les chéloïdes sont à l’origine de l’aspect multinodulaire macroscopique de la tumeur. Présence de zones stellaires de collagène dense avec palissades périphériques de noyaux. Les remaniements myxoïdes et les plages de fibrose diffuse ne sont pas rares. Les cellules fusiformes ont un cytoplasme peu abondant, mal limité et des noyaux ondulés ou en accent circonflexe comme dans les neurofibromes ou schwannomes. La chromatine est souvent délavée, pâle, et il peut exister des inclusions cytoplasmiques intranucléaires.
La forme cellulaire est monotone, prolifération cellulaire dense, très peu de travées de collagène hyalin, petits vaisseaux à paroi fine, ramifiés. Ces cellules polygonales épithélioïdes et/ou cellules géantes multinucléées de type ostéoclastique peuvent prédominer et se disposer le long d’espaces vides pseudovasculaires (ancien angiofibrome à cellules géantes de l’orbite / glandes lacrymales. Si composante adipeuse mature importante, = TFS à composante adipeuse (ancien HPC lipomateux).
La vascularisation est marquée de type hémangiopéricytaire pouvant faire porter le diagnostic de HPC (dans l’HPC pas de modification du nombre de chromosomes alors que ceci s’observe dans les tumeurs solitaires de grande taille)(8). Des foyers d’hypercellularité peuvent s’observer dans les TFS bénignes.
Images  : #1, #2, #3, #4, #5, #6, #7, #8, #9, #10, #11, #12, #13, Forme maligne

Immunohistochimie  : vimentine +, CD34 +++ (90-95%) (+ faible / focal si forme cellulaire et/ou maligne versus formes fibreuses et/ou bénignes), CD99 + (70%), bcl2 + (20-30%) (9), EMA + (20-30%), CK focalement + Am J Surg Pathol.2012 Sep ;36(9):1404-9, calrétinine + (13% Am J Surg Pathol.2012 Sep ;36(9):1404-9)actine + (20-30%), bêta caténine nucléaire jusque dans 40% des cas, négativité de : desmine, FVIII, S100, CD117, Hcaldesmone, CD31. Positivité nucléaire ++ de STAT6 dans 85 (Am J Clin Pathol. 2015 May ;143(5):672-82) à 100 % (Hum Pathol. 2015 Mar ;46(3):347-56) des cas (positivité nucléaire, spécifique et sensible, peut être positif dans 7 à 15% des LPS différenciés / dédifférenciés, mais positivité cytoplasmique et nucléaire Arch Pathol Lab Med.2015 Jan ;139(1):106-21 Mod Pathol. 2013 Sep 13, dans 12% des sarcomes inclassés, 7% des desmoïdes), gène de fusion NAB2-STAT6, en 12q13, dans 45% NAB2 exon 4-STAT6 exon 2, moins agressif surtout thoracique, exon 6-STAT6 exon 16/18 + agressif Hum Pathol. 2015 Mar ;46(3):347-56. Positivité fréquente de ALDH1 qui est un marquer de cellules souches Hum Pathol. 2016 Aug ;54:184-8
TLE1 + dans 8%
Si forme myxoïde faire diagnostic différentiel avec LGFMS (MUC4 +) et LPS et MPNST myxoïde (qui sont CD 34 -)

Pronostic  : L’évolution est bénigne (10), des formes malignes(#0) ont cependant été décrites (11) Am J Surg Pathol.2012 Aug ;36(8):1202-15, se caractérisant par des territoires manifestement malins (augmentation de cellularité (cellules épithélioïdes / fusiformes / petites et rondes), atypies, mitoses, nécrose, infiltration de type sarcome inclassé ou dédifférencié (rhbdo/ostéosarcome) avec perte fréquente de CD34, de mauvais pronostic, des récidives souvent multiples ou de métastases, pour certains auteurs le pronostic est imprévisible, certaines TFS morphologiquement malignes ont eu une évolution bénigne alors que des TFS histologiquement bénignes ont récidivé plusieurs fois. Celles qui se développent dans le poumon, dans le médiastin paraissent être plus agressives que la moyenne, mais cela a été aussi observé dans le péritoine, l’orbite ou les méninges. Etude de 103 tumeurs fibreuses solitaires surtout de l’abdomen et plèvre où elles sont plus grosses que dans les membres, ORL, tronc. DFS à 5 et 10 ans de 89 et 73%. Les critères d’agressivité sont : T > 15 cm, > 55 ans, > 4 mitoses/ 10hpf Mod Pathol. 2012 Sep ;25(9):1298-306.

NB : forme adipeuse maligne , série de 14 cas, H/F = 1, de 20 à 93 ans (moyenne de 57 ans) , de 3.4 à 20 cm (médiane de 8.6 cm) Am J Surg Pathol. 2011 Aug ;35(8):1177-85.

Histologie  : hypercellularité au moins focale, mitoses modérées (2 à 37 médiane de 8/1.7 mm²), atypies au moins modérées, nécrose dans 55%. La moitié ne contenait que du tissu adipeux mature, et 5 des lipoblastes multivacuolés.

Immunohistochimie  : CD34 et CD99 + (11 / 14 et 80% respectivement), mdm2 et cdk4 -. Pronostic : 20% de metastases.

Les formes des tissus mous semblent bénins, 10% sont agressifs (essentiellement dans le rétropéritoine et le petit bassin avec quelques rares cas aussi dans les tissus mous somatiques)(11). Ces formes agressives surviennent au même âge que la forme bénigne avec un sex ratio équilibré.

L’index mitotique parait être le meilleur critère de malignité, si ³ 4 mitoses pour 10 champs, indépendamment de sa taille, de sa cellularité, du pléomorphisme nucléaire et de la présence ou non de nécrose. La cytométrie en flux n’apporte rien au diagnostic différentiel bénin versus malin :

Génétique   : Certaines anomalies chromosomiques (trisomie 21, trisomie 8, translocation (2, 3) (p 21,p 26) ont été récemment rapportées, sans connaître pour le moment leur signification. Dans l’HPC pas de modification du nombre de chromosomes alors que ceci s’observe dans les tumeurs solitaires de grande taille (8). Contrairement à l’angiofibrome cellulaire, lipome à cellules fusiformes, myofibroblastome de type mammaire absence de délétion de RB1 (13q14) en FISH Am J Clin Pathol. 2012 Jun ;137(6):963-70.

Diagnostic différentiel  :

Selon leur site d’origine, les TFS peuvent être confondues avec nombre de lésions dont un angiofibrome, un léiomyome, un myofibroblastome, un méningiome, un schwannome, une tumeur maligne des gaines nerveuses périphériques (schwannome malin), un thymome à cellules fusiformes, un histiocytofibrome profond, un mésothéliome malin, un synovialosarcome monophasique fusiforme, un fibrosarcome, un histiocytome fibreux malin, un carcinome sarcomatoïde. Néanmoins, aucune de ces tumeurs n’est aussi fortement, régulièrement et diffusément positive pour le CD34 que la TFS. Le léiomyome et le myofibroblastome sont positifs pour au moins un marqueur musculaire comme l’actine musculaire spécifique (clone HHF-35), l’actine musculaire lisse ou la desmine. Le schwannome est fortement positif pour la protéine S100. Le sarcome synovial qui est toujours CD34 négatif réagit dans la majorité des cas avec au moins un marqueur épithélial (kératines et/ou EMA). Le fibrosarcome est une tumeur CD34 négative qui montre des signes évidents de malignité. La séparation entre mésothéliome sarcomatoïde/ desmoplasique et TFS se fait sur l’absence habituelle d’immunoréactivité pour les cytokératines dans les TFS (alors que les mésothéliomes sont positifs) et l’absence de réactivité pour le CD34 et le CD99 dans les mésothéliomes (alors que les TFS sont en majorité positives pour ces marqueurs). Lorsque la TFS arbore une vascularisation de type hémangiopéricytaire très prononcée et un contingent fibreux minime, elle est quasiment impossible à distinguer d’un hémangiopéricytome. Actuellement, on sait que le diagnostic d’HPC est un diagnostic d’élimination et que la plupart des tumeurs d’aspect HPC correspondent en fait à des lésions bénignes et malignes autres qu’un HPC (ex. sarcome synovial, chondrosarcome mésenchymateux, etc.).Il semble exister tout un spectre lésionnel entre TFS et HPC. Sur le plan génétique ; les hémangiopéricytomes posséderaient un profil génomique différent de celui des TFS.

Le traitement optimal des TFS est la chirurgie complète avec marge saine. Dans la tête et le cou, ils sont imprévisibles (même celles d’histologie rassurante), 10 a 15% de récidives ou métastases. Celles de l’orbite / fosses nasales récidivent + souvent (exérèse initiale souvent incomplète ?). Les formes cellulaires, >5 cm, infiltrantes, avec atypies nucléaires marquées, nécrose, et/ou > 4 mitoses /hpf sont malignes.

 

 

Reference List

 

 (1) Goodlad JR, Fletcher CD. Solitary fibrous tumour arising at unusual sites : analysis of a series. Histopathology 1991 ; 19(6):515-522.

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 (3) Fletcher CD, Unni KK, Mertens F. Pathology and genetics of tumours of soft tissue and bone. Lyon : IARC press, 2002.

 (4) Hanau CA, Miettinen M. Solitary fibrous tumor : histological and immunohistochemical spectrum of benign and malignant variants presenting at different sites. Hum Pathol 1995 ; 26(4):440-449.

 (5) Nielsen GP, O’Connell JX, Dickersin GR, Rosenberg AE. Solitary fibrous tumor of soft tissue : a report of 15 cases, including 5 malignant examples with light microscopic, immunohistochemical, and ultrastructural data. Mod Pathol 1997 ; 10(10):1028-1037.

 (6) Suster S, Nascimento AG, Miettinen M, Sickel JZ, Moran CA. Solitary fibrous tumors of soft tissue. A clinicopathologic and immunohistochemical study of 12 cases. Am J Surg Pathol 1995 ; 19(11):1257-1266.

 (7) Guillou L. [Recent entities in soft tissue tumor pathology—part 1]. Ann Pathol 2000 ; 20(1):38-51.

 (8) Miettinen MM, El Rifai W, Sarlomo-Rikala M, Andersson LC, Knuutila S. Tumor size-related DNA copy number changes occur in solitary fibrous tumors but not in hemangiopericytomas. Mod Pathol 1997 ; 10(12):1194-1200.

 (9) Suster S, Fisher C, Moran CA. Expression of bcl-2 oncoprotein in benign and malignant spindle cell tumors of soft tissue, skin, serosal surfaces, and gastrointestinal tract. Am J Surg Pathol 1998 ; 22(7):863-872.

 (10) Gold JS, Antonescu CR, Hajdu C, Ferrone CR, Hussain M, Lewis JJ et al. Clinicopathologic correlates of solitary fibrous tumors. Cancer 2002 ; 94(4):1057-1068.

 (11) Vallat-Decouvelaere AV, Dry SM, Fletcher CD. Atypical and malignant solitary fibrous tumors in extrathoracic locations : evidence of their comparability to intra-thoracic tumors. Am J Surg Pathol 1998 ; 22(12):1501-1511.

 

 



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