» CAVITE BUCCALE Glossite

Glossite


Des lésions inflammatoires chroniques sont produites dans la cavité orale par des appareils dentaires mal adaptés, des dents en mauvais état, une mauvaise hygiène bucco-dentaire. La suppression de la cause permet en règle générale la disparition de la pathologie inflammatoire. En histologie, on note une combinaison entre une hyperplasie épithéliale, de tissu fibreux et de cellules inflammatoires en proportion variable. Une majorité des lésions (environ 83 %) sont situées au niveau du palais, l’hyperplasie peut être localisée et prédominer avec ou sans ulcération, possibilité de pseudotumeur essentiellement constituée de tissu fibreux et de cellules inflammatoires chroniques avec de nombreux plasmocytes. L’inflammation peut déformer les crêtes épidermiques et produire des zones dans lesquelles les cellules squameuses sont isolées du revêtement sus-jacent. Les lésions qui sont à prédominance scléreuse sont parfois décrites sous le terme de fibromes d’irritation (clinique : images). Possibilité de cellules stellaires géantes multinucléées éparpillées à travers le tissu fibreux (fibrome à cellules géantes)

NB possibilité d’ostéite actinomycosique (inflammation granulomateuse et purulente avec des amas de bactéries filamenteuses, gram +, PAS + pouvant former des grains. Cette bactérie est saprophyte de la cavité buccale, pour qu’une infection ait lieu, il faut un traumatisme avec solution de continuité (chirurgie, fracture, RTE) et une co-infection par une autre bactérie qui créée un environnement anaérobie propice à la prolifération des actinomycètes (4)

http://www.therapeutique-dermatologique.org/spip.php?article1130&lang=fr

http://www.brown.edu/Courses/Digital_Path/systemic_path/hn/atrophic_glossitis.jpg

Parfois associée à des états déficients. Atrophie des papilles linguales, amincissement de la muqueuse

Causes : anémie pernicieuse (déficit en vitamine B12), déficit en riboflavine, niacine ou pyridoxine ; sprue, anémie par carence martiale ; mauvais état dentaire ou appareil dentaire mal adapté, rarement syphilis, brûlures, ingestion de produits chimiques corrosifs

Glossite de Hunter : lors de l'anémie de Biermer, avec dépapillation de la face dorsale de la langue d'aspect brillant, vernissé, souvent limité à la moitié antérieure de la langue (stade évolué), plus précocement, y penser si : plages érythémateuses mal limitées, douloureuses au contact des aliments, de la langue et des muqueuses jugales et labiales

Le traitement est substitutif avec administration d'hydroxocobalamine par voie parentérale, hebdomadaire au départ, puis mensuelle en traitement d'entretien lorsque le traitement étiologique n'est pas possible. L'efficacité du traitement est jugée sur l'ascension rapide des réticulocytes puis sur la normalisation de l'hémogramme corrélée à la disparition des signes buccaux

Anémie ferriprive : au stade avancé avec des brûlures linguales à distinguer des glossodynies psychogènes. La muqueuse est pâle ou au contraire rouge vif, les papilles s'atrophient progressivement, avec aspect lisse vernissé de la face dorsale de la langue par plaques ou généralisé +/- ulcérations très douloureuses. À un stade précoce, y penser si poussées d'aphtose buccale récidivantes.

Syndrome de Plummer-Vinson (Kelly-Paterson) : malformation du haut œsophage, par bride responsable d'une dysphagie lentement évolutive, parfois associé à une anémie hypochrome microcytaire, dystrophie unguéale (koïlonychie), chéilites et anomalies muqueuses ; celles-ci sont très diffuses, intéressant pratiquement toutes les muqueuses malpighiennes (oropharynx, larynx, œsophage >, muqueuses génitales). Au niveau de la bouche la muqueuse est pâle, atrophique avec érosions / ulcérations douloureuses ; la muqueuse linguale est atrophique, soit par plages dépapillées, soit de façon globale : elle peut être rouge vernissée, lisse ou blanchâtre (en cas de kératose). Des replis muqueux pharyngés ou laryngés peuvent gêner respectivement l'alimentation ou la respiration. Le traitement de la carence en fer est irrégulièrement efficace, le traitement de la malformation repose sur la dilatation mécanique (bougies). Les transformations carcinomateuses œsophagiennes ou hypopharyngées sont possibles, nécessitant une surveillance

Glossite rhomboïde médiane :

Une glossite peut se voir dans un contexte de Biermer.

Papilles foliées et amygdales linguales = formations lymphoïdes de la partie postérieure de la face dorsale de la langue en arrière du V lingual pour les papilles foliées et dans la partie postérieure des bords latéraux de la langue pour les amygdales linguales

Langue saburrale : commun, se voit lors de : épisodes fébriles / infectieux des VADS / affections digestives. Enduit blanc +/-épais de la face dorsale de la langue, qui se détache au raclage à l'abaisse-langue avec muqueuse apparaît normale au-dessous. Cet enduit est formé de squames, débris alimentaires, flore bactérienne saprophyte ; il est indolore et disparaît avec la guérison de la cause

Langue noire villeuse (pileuse, chevelue) : se voit à tout âge et dans les deux sexes, allongement des papilles filiformes du fait d'une mauvaise desquamation de leur couche kérato­sique, va du brun-chamois au noir intense coloration parfois favorisée par le tabac / café / carence vitaminique et certains micro-organismes saphrophytes chromogènes, bacté­riens ou mycosiques). L'atteinte est variable, limitée à la partie postérieure ou occupant toute la face dorsale de la langue, lésions indolores, parfois sensation de bouche pâteuse.

Histologie : papilles filifor­mes hautes recouvertes de piles de cellules épithélia­les non desquamées ; dans les interstices des amas de bactéries et de champignons saprophytes sont obser­vés. Des signes d'inflammation non spécifique du chorion muqueux sont souvent notés.

Le décapage à la brosse à dent + solution de rétinoïdes (Locacid® à 0,1 %) guérit

Ulcérations linguales : fréquentes, allant de la banale ulcération traumatique au carcinome, en passant par les aphtes, érosions lichéniennes, stomatites vésiculeuses et bulleuses, les ulcérations médicamenteuses, les mucites des chimiothérapies et de la radiothérapie cervico-faciale, la maladie de Horton, le chancre syphilitique, l'ulcération tuberculeuse

L'ulcération traumatique est souvent isolée et ne pose pas de problèmes diagnostiques, elle est de taille variable, douloureuse ,à fond nécrotique et à bordure œdématiée, parfois kératosique ; le fond est souple et ne s'accompagne pas d'adénopathie satellite. L'agent traumatisant est le plus souvent évident (carie, crochet de prothèse, morsure, blessure avec un aliment...) et sa suppression permet la guérison de l'ulcération en une dizaine de jours. Il est impératif de s'assurer de la cicatrisation complète d'une ulcération traumatique après suppression de la cause. En effet, le diagnostic différentiel à ne pas méconnaître est l'ulcération carcinomateuse, dont la base est indurée et les bords irréguliers. Des adénopathies satellites sont possibles mais tardives. En cas de doute un frottis de l'ulcération pour examen cytologique peut être utile, mais seule la biopsie permet de confirmer le diagnostic

L'abcès lingual est une tuméfaction inflammatoire et douloureuse, localisée à une partie de la langue qui va évoluer vers la fistulisation. Ces abcès sont le plus souvent d'origine traumatique ou à corps étranger. La guérison est spontanée si la lésion est superficielle, elle sera traitée par drainage ou antibiothérapie générale si le siège de l'abcès est profond, s'accompagnant de signes généraux. Un traitement symptomatique associé comporte des antalgiques (paracétamol) et des antiseptiques locaux (chlorhexidine)

En cas de morsicatia buccorum (marque des molaires sur la muqueuse), la muqueuse est ondulée surmontée de colonies bactériennes, avec hyperkératose comportnat de grands kératinocytes à cytoplasme abondant, pâle

Glossites infectieuses :

Scarlatine : l'énanthème est caractéristique, la langue initialement saburrale desquame à partir des bords latéraux, réalisant un V rouge écarlate ; vers J 6, la langue est uniformément rouge avec des papilles saillantes = langue framboisée. Les signes généraux disparaissent, la langue devient lisse avant de reprendre un aspect normal, l'éruption cutanée pâlit avant la desquamation caractéristique en doigt de gant. Des formes cutanées atténuées sont fréquentes mais l'énanthème reste toujours caractéristique

Mycoses linguales : efflorescence d'enduits / pseudo-membranes blanchâtres détachables par grattage d'une muqueuse rouge, avec brûlures et goût métallique. La glossite losangique médiane traduit une infection chronique par Candida albicans, elle siège sur la face dorsale de la langue, en avant du V lingual, à surface lisse, rosée ou rouge, plane ou mamelonnée (absence localisée de papilles filiformes : zone ovoïde, vernissée, dépapillée). Il faut rechercher la lésion érythémateuse en miroir sur le palais. Un terrain prédisposant à la mycose est recherché, immunodépression (SIDA, coticothérapie locale ou générale, antibiothérapie), diabète, sécheresse buccale (post-radique, maladie de Gougerot-Sjögren...)

Le traitement repose sur les antifongiques locaux, amphotéricine B (Fungizone®), nystatine (Mycostatine®) en suspensions buvables, miconazole (Daktarin®) en gel buccal. L'aspect mamelonné peut persister après la guérison de la mycose

Au cours des candidoses chroniques buccales, des aspects hyperplasiques (granulomes moniliasiques), justifiant une exérèse chirurgicale ou atrophiques peuvent être observés sur la langue

Au cours des trois stades de la syphilis, des lésions linguales peuvent être observées

Syphilis primaire : c'est le chancre d'inoculation, érosion indolore à base cartonnée s'accompagnant d'une adénopathie satellite

Syphilis secondaire : l'atteinte linguale réalise l'aspect de plaques en « prairie fauchée », constituées de macules ou papules, parfois érosives, le plus souvent multiples, extrêmement contagieuses

Syphilis tertiaire : une infiltration gommeuse de la langue peut s'observer, responsable d'une glossite fibreuse ; une glossite atrophique est également possible par vascularite, les deux aspects pouvant se compliquer de leucoplasies et de carcinomes épidermoïdes, le plus souvent atteinte du SNC et cardiaque.
Inflammation à prédominance palsmocytaire avec histiocytes éparpillés, lymphocytes, PNN avec attiente des patiits vaisseaux avec endartérite plamsocytaire et oblitérative du fait de couches concentriques, recherche des germes au Whartin-Starry (6).

Glossite exfoliatrice marginée : comportement particulier de la langue, qui perd puis reconstruit ses papilles en quelques heures. Prédominant sur le dos de la langue, elle peut en intéresser les autres secteurs (bords ; face ventrale). Taches blanc jaunâtres qui s'étendent excentriquement en structures arciformes bordées par un liseré : blanchâtre, kératosique en dehors ; rouge, atrophique, dépapillé, en dedans. L'affection, d'apparition brutale et évoluant par poussées, qui peuvent être déclen­chées par un stress ou une infection de voisinage, peut durer de quelques semaines à quelques années. Au plan histopathologique l'aspect est typiquement celui d'un psoriasis pustuleux.

La cavité buccale ainsi que le pharynx voire l’œsophage ou la trachée peuvent être le siège de lésions bulleuses intra ou sous muqueuses (voir peau pemphigus et pemphigoïde).

(6) Wenig BM, Childers EL, Richardson MS, Seethala RR, Thompson LD. Non neoplastic diseases of the head and neck. 2017.



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