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Mucocèle


Lamucocèle ou kyste muqueux. La lèvre inférieure et le plancher buccal sont les régions les plus concernées alors que la gencive, le palais et la face dorsale de langue ne sont jamais affectés. Le volume en est très variable (quelques mm à quelques cm). Les plus volumineuses sont au plancher buccal (grenouillette) en rapport avec la glande sublinguale ; une extension sous-mylohyoïdienne est possible. D’évolution capricieuse, les kystes mucoïdes peuvent parfois disparaître spontanément mais peuvent également prendre un volume considérable gênant la déglutition ou occasionnant un préjudice esthétique. Parfois, se présente comme une lésion inflammatoire pédiculée (kyste mucoïde affaissé diapneuisé).
Elle correspond en fait à deux lésions. La plus fréquente représente une réaction stromale secondaire à une extravasation de mucus d’une glande salivaire mineure traumatisée. Ceci se voit essentiellement chez des sujets jeunes (pic entre 10 et 20 ans) au niveau de la lèvre inférieure avec gonflement asymptomatique fluctuant. La lésion dure quelques semaines.
Macroscopie : vésicules uniques ou multiples, tendues, transparentes, en dôme, qui se rompent et guérissent en quelques jours. Images :
Histologie : tissu de granulation qui entoure des espaces renfermant la mucine. Ces kystes peuvent parfois être très superficiels et Une variante anatomique de ce processus est connue comme ranula quand elle survient sous forme de kystes bleutés en dôme, en localisation sous-linguale ou sous forme de ranula plongeante (cervicale) quand elle s’étend dans le cou au dessus de l’os hyoïde. La forme cervicale est asymptomatique, de croissance, continue avec peau intacte, sous forme de masse fluctuante, mobile, non sensible, non associée à la thyroïde ou ganglions.
La deuxième forme de mucocèle survient chez les patients plus âgés (pic entre 50 et 60 ans) sur le plancher de la bouche et l’intérieur de la joue avec en histologie un kyste rempli de mucus bordé par ces cellules cylindriques cuboïdes ou aplaties (kyste de rétention en rapport avec une obstruction du canal de drainage ( origine traumatique, bouchon muqueux ou épithélial)). Il s’agit d’un kyste mobile, non fluctuant du plancher buccal. Images : #3
Il existe des kystes mucoïdes congénitaux parfois diagnostiqués en anténatal. L’origine de ces kystes congénitaux est mal définie (des kystes par rétention et par extravasation sont possibles). On rapproche des kystes mucoïdes l’imperforation congénitale des canaux de Wharton qui se manifeste par une tuméfaction bleutée du plancher buccal dont une des extrémités est localisée au niveau de l’ostium du canal. Une simple incision sous anesthésie locale est le plus souvent suffisante pour éliminer ce kyste rétentionnel et redonner sa fonction à la glande sous-maxillaire.
Une ouverture et une guérison spontanée sont possibles.Traitement : abstention si petit non gênant, sinon exérèse, ou marsupialisation. Une récidive est toujours possible, en rapport avec une exérèse incomplète ou un traumatisme d’un canalicule de glande salivaire accessoire .
Un examen anatomopathologique est préférable afin d’éliminer d’autres lésions kystiques exceptionnelles : carcinome mucoépidermoïde, kyste bronchogénique, kyste hétérotopique gastrique.

(181) Boisnic S, Biaggi A. [Pathology of the oral cavity]. Ann Pathol 1992 12(4-5):303-13.
http://www.emedicine.com/derm/topic648.htm



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