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Carcinome micro-infiltrant


Carcinome micro-infiltrant (1) : CIC comportant un ou plusieurs foyers infiltrants. Les critères varient : présence d’1 ou 2 foyers de carcinome infiltrant de 1 mm à 2 mm, la taille cumulée étant < 2 mm (2), ou taille < 1 mm, sans préciser le nombre de foyers infiltrants (21).

Les séries utilisant une méthode d’analyse exhaustive des pièces et une définition stricte de la micro-infiltration ont mis en évidence un risque d’envahissement axillaire de 0 à 4 %, lorsque les ganglions étaient analysés par une technique standard (3 ;4). La présence d’une micro infiltration sous forme de cellules isolées ne modifie pas le pronostic par rapport au CIC pur, une micro infiltration sous forme de petits amas s’accompagne d’un pronostic intermédiaire entre le CIC et le CCI (5 ;6).

La difficulté du diagnostic de micro-infiltration ne réside pas seulement dans sa définition précise (7), mais aussi dans certains aspects histologiques qui simulent une infiltration, (distorsion du CIC par la fibrose, cancérisation d’adénose sclérosante, déplacements tissulaires provoqués par les techniques de prélèvements à l’aiguille ou lors de la mise en place d’un repérage. Le diagnostic de micro-infiltration peut être sous-estimé par insuffisance d’échantillonnage. En cas de lésions étendues de CIC de grade intermédiaire et de haut grade, en particulier lorsqu’il existe une nécrose abondante, il faut multiplier les coupes.

On peut utiliser l’ immunohistochimie Arch Pathol Lab Med. 2011 Apr ;135(4):422-9, Arch Pathol Lab Med.2014 Dec ;138(12):1629-42 pour porter le diagnostic d’invasion du stroma (8) : parmi les Ac disponibles, l’actine lisse marque beaucoup les cellules myoépithéliales et les myofibroblastes du stroma / vaisseaux donc risque de faux positif, la myosine musculaire lisse lourde est aussi sensible que l’actine lisse mais marque moins de myofibroblastes , elle manque souvent autour des foyers de CIC (donc peu utile), elle est > à la calponine car marque moins les myofibroblastes et vaisseaux. La p63 est un bon marqueur des cellules myoépithéliales, assez spécifique (rares cellules épithéliales + dans 5 à 12% des CCI, mais marquage faible), mais marquage parfois discontinu qui peut être interprété comme négatif, peut être + dans certains CCI et dans la majorité des cylindromes et carcinomes métaplasiques, à noter un fond propre et la négativité des cellules myofibroblastiques. Les CK de PM élevé (1 ; 5 ; 5/6 ; 10 ; 14 et 17) sont aussi sensibles que la p63, alors que la CK903 est moins sensible (alors que c’est une référence dans la prostate) mais peu spécifiques car souvent + dans les CIC et CCI et donc non recommandées.

 La S100 est un mauvais marqueur non spécifique, CD10 + dans les cellules myoépithéliales mais réagit moins que l’actine avec les myofibroblastes. Tous ces marqueurs ne sont qu’une aide, la négativité ne permet pas d’exclure formellement la présence de cellules myoépithéliales, la positivité est utile dans le diagnostic d’in situ

NB : certains carcinomes sont positifs aux marqueurs myoépithéliaux tels le cylindrome, carcinome adénosquameux de bas grade, adénomyoépithéliome et/ou myoépithéliome malins, ainsi que certains carcinomes métaplasiques.

Etude de 99 (1%) carcinomes microinvasifs, avec ganglion dans 81 cas (64, sentinelle ; 17, curage), dont 7 (9%) avec cellules métastatiques isolées dont la moitié des cas est interprétée comme des cellules transportées de façon iatrogénique. Pas de récidive ganglionnaire au suivi ni de métas dans les curages complémentaires, la procédure sentinelle est donc inutile et cela s’applique donc d’autant plus aux CIC purs Mod Pathol.2014 Nov ;27(11):1489-98

 

 

 

Reference List

 

 (1) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

Ref Type : Serial (Book,Monograph)

 (2) [European recommendations for quality assurance in the setting of mammographic screening for breast cancer. Report of pathologists of the working group ’Breast Cancer Screening’ of the European Union]. Ann Pathol 1996 ; 16(5):315-333.

 (3) Silver SA, Tavassoli FA. Mammary ductal carcinoma in situ with microinvasion. Cancer 1998 ; 82(12):2382-2390.

 (4) Silverstein MJ, Gierson ED, Colburn WJ, Rosser RJ, Waisman JR, Gamagami P. Axillary lymphadenectomy for intraductal carcinoma of the breast. Surg Gynecol Obstet 1991 ; 172(3):211-214.

 (5) de M, I, MacGrogan G, Mathoulin-Pelissier S, Soubeyran I, Picot V, Coindre JM. Breast ductal carcinoma in situ with microinvasion : a definition supported by a long-term study of 1248 serially sectioned ductal carcinomas. Cancer 2002 ; 94(8):2134-2142.

 (6) Padmore RF, Fowble B, Hoffman J, Rosser C, Hanlon A, Patchefsky AS. Microinvasive breast carcinoma : clinicopathologic analysis of a single institution experience. Cancer 2000 ; 88(6):1403-1409.

 (7) Schnitt SJ. Microinvasive carcinoma of the breast : a diagnosis in search of a definition. Adv Anat Pathol 1998 ; 5(6):367-372.

 (8) Lerwill MF. Current practical applications of diagnostic immunohistochemistry in breast pathology. Am J Surg Pathol 2004 ; 28(8):1076-1091.

 

 



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