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Papillome intracanalaire


Papillomes (1 ;6 ;32 ;38 ;57) : Age moyen de 48 ans. On en distingue deux types selon leur siège : les papillomes proximaux et les papillomes distaux. Les premiers situés dans la région sous-aréolaire ou dans les galactophores rétromamelonnaires de grand calibre intéressent un seul canal ou quelques canaux contigus. Ils sont généralement solitaires, révélés par un écoulement mamelonnaire. Les seconds sont situés dans les unités terminales ductulo-lobulaires et sont révélés par un nodule palpable ou par la mammographie sous l'aspect d'opacités ou de microcalcifications. Ils sont multiples et bilatéraux dans ÂŒ des cas, ils sont fréquemment associés à des lésions proliférantes.
Echographie : nodule hypoéchogène, à paroi fine, ou lésion kystique à composant solide.
Radiologie : à la galactographie masse intraluminale lisse ou irrégulière avec des canaux dilatés. La mammographie montre une opacité dense bien limitée rétro-aréolaire.
Imagerie, mammographie
Macroscopie : masse polypoïde intraluminale, parfois en chou-fleur, < 3 cm ou découvert à l'histologie
Images : #0, #1, #6
Histologie : Les papillomes sont des tumeurs arborescentes, réalisant des papilles supportées par un axe conjonctivo-vasculaire et revêtues de deux assises cellulaires : cellules myoépithéliales et épithéliales. La présence de cette double assise cellulaire atteste de la nature bénigne de la lésion. Les cellules myoépithéliales forment une couche continue ou discontinue le long de l'axe des papilles ou autour des glandes. Les cellules myoépithéliales peuvent être hyperplasiques, reconnaissables par l'aspect clarifié de leur cytoplasme. Absence d'atypies cytonucléaires ou de mitoses en nombre significatif.
L'analyse clonale en PCR a prouvé la clonalité en faveur de la nature néoplasique L'expression de l'actine musculaire lisse peut être une aide en cas de doute diagnostique. Des foyers métaplasiques sont observés, le plus fréquemment de type apocrine et beaucoup plus rarement de type sébacé, à cellules claires, malpighiennes ou à cellules mucipares. Possibilité de prolifération des cellules myoépithéliales.
NB : le marquage au p63 est discontinu, il n'est donc pas très utile dans le Diagnostic différentiel avec un CIC (58).
Les papillomes, quel que soit leur siège, sont souvent remaniés. En effet, ils constituent un obstacle sur l'arbre galactophorique et induisent souvent une dilatation des canaux en amont associée à une inflammation péricanalaire. La chronicité de cette inflammation induit des phénomènes de fibrose marquée de la paroi du canal, en particulier en regard du papillome, donnant des aspects pseudo-infiltrants. Le papillome peut subir des phénomènes de nécrose ischémique partielle ou totale intéressant aussi bien l'axe des papilles que leur revêtement myoépithélial et épithélial.
La relation entre papillome et cancer est difficile à établir avec exactitude en raison de la coexistence de lésions proliférantes. Il apparaït vraisemblable que le risque associé à la présence de papillomes varie avec le nombre et la taille des tumeurs. Le papillome solitaire central ne représente pas un risque de cancer du sein. En revanche, les papillomes multiples peuvent être associés à des lésions d'hyperplasie atypique et/ou de carcinome canalaire in situ et de ce fait, constituer un risque de malignité (59).
En fait il n'existe aucun accord dans la littérature sur les seuils (64), pour certains, diagnostic de CIC si DCIS > 3 mm, sinon papillome avec atypies, pour d'autres DCIS de 1/3 à < 90%, d'autres enfin n'utilisent pas de valeurs seuils et portent le diagnostic de CIC quelque soit son étendue. EN fit le risque de récidive ne semble pas lié à l'extension des atypies ou du DCIS mais à ADH ou DCIS dans le sein adjacent. Les papillomes intracanalaires avec microcalcifications présentent un risque de 10% de carcinome infiltrant ou in situ Am J Clin Pathol. 2012 Dec ;138(6):789-95.
Lames virtuelles : #1, Vidéo
Cytologie : #0, #1 ; #2, #3, #4

Diagnostic différentiel : CIC papillaire (axes fibrovasculaires minimes ou absents, recherche d'atypies nucléaires ou de mitoses atypiques , de pseudostratification, peu/pas de métaplasie apocrine



(1) Rosai J. Ackerman's surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby, 1996.
(6) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.
(32) Rosen PP, Oberman HA. Tumors of the mammary gland. third series ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1993.
(38) Rosen PP. Breast Pathology : Diagnosis by Needle Core Biopsy. Philadelphia : Lippincott Williams & Wilkin's, 1999.
(57) Murad TM, Contesso G, Mouriesse H. Papillary tumors of large lactiferous ducts. Cancer 1981 ; 48(1):122-133.
(58) Hill CB, Yeh IT. Myoepithelial cell staining patterns of papillary breast lesions : from intraductal papillomas to invasive papillary carcinomas. Am J Clin Pathol 2005 ; 123(1):36-44.
(59) Page DL, Salhany KE, Jensen RA, Dupont WD. Subsequent breast carcinoma risk after biopsy with atypia in a breast papilloma. Cancer 1996 ; 78(2):258-266.
(64) Collins LC, Schnitt SJ. Papillary lesions of the breast : selected diagnostic and management issues. Histopathology 2008 ; 52(1):20-29.
http://pathologyoutlines.com/breast.html#papilloma


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