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Lichen plan



Le lichen plan buccal (LPB) est le plus souvent isolé sans atteinte cutanée, réalisant un réseau ou des plaques blanchâtres parfois associées à un érythème. Le lichen plan est une pathologie inflammatoire chronique de la peau, des phanères et des muqueuses buccale, voire génitale et anale.


Etiologie : touche plus souvent la femme que l’homme, entre 30 et 50 ans, rôle certain du stress, troubles métabolique, lichen post-médicamenteux (sels d’or, dopa, AINS)


Clinique : aspect réticulé : réseau jugal "en feuille de fougère", aspect en plaque ou en tache de bougie sur la langue, lichen érosif : lésion érythémateuse douloureuse (avant poussée bulleuse ou érosive), les érosions siègent sur les joues et la langue, de taille variable, parfois arrondies, irrégulières, à fond plat avec enduit fibrineux (confusion avec aphtes géants). Le lichen atrophique succède aux poussées itératives de lichen érosif avec aspect lisse, brillant. Association possible à des lésions cutanées des plis de flexion et de la région lombaire. Forme hyperkératosique avec aspect de kératose plane ou verruqueuse.


Formes vésiculo-bulleuse, bulles rarement intactes, à contenu citrin ou hématique. Souvent isolé, il évolue par poussées.


Evolution : variable et imprévisible, possibilité de régression spontanée, risque de dégénérescence cancéreuse (6 à 10%) : lichen érosif et atrophique
Il siège électivement sur les joues et la langue.
Histologie : hyperkératose de type parakératosique avec îlots d'orthokératose ; une hypergranulose irrégulière ; une acanthose, avec crêtes épithéliales en dents de scie ; une assise basale renfermant des cellules nécrosées, parfois retrouvées dans le chorion sous-jacent ou dans le corps muqueux, et appelées corps colloïdes ou de Civatte, vacuolisations, fentes, aspect éosinophile, non basaloïde des cellules basales ; un infiltrat inflammatoire à prédominance lymphocytaire attaquant l'assise basale, disposé en bande à limite inférieure assez nette ou soulignant seulement l'extrémité des crêtes épithéliales lorsqu'il est peu abondant. L'évaluation de l'activité histologique repose sur l'importance : des images de nécrose épithéliale basale, de l'exocytose et de l'infiltrat inflammatoire du chorion. Le retentissement de l'affection se juge sur l'atrophie épithéliale (témoin de l'ancienneté du lichen, avec amincissement du corps muqueux, aplatissement de la basale et fibrose progressive du chorion) et la présence d'une dysplasie éventuelle.


Du fait des implications thérapeutiques il faut éliminer les principaux diagnostics différentiels (kératoses irritatives, lupus érythémateux chronique, leucoedème) (5)


Il existe un risque de transformation maligne du LPB qui est estimé entre 0,3 et 10 % (surtout sur les formes anciennes atrophiques et/ ou érosives).


Formes vésiculo-bulleuses : très rares dans la cavité buccale, le décollement est lié à la nécrose et à la déhiscence de l'assise basale des kératinocytes. La bulle a donc un toit normal (pas de nécrose massive ou d'acantholyse) et un plancher constitué par le chorion où siège l'infiltrat lymphocytaire. Absence de dépôt immun, granuleux ou linéaire, en immuno-f1uores­cence.


Formes érosives : dispari­tion totale ou subtotale de l'épithélium, mettant à nu un chorion où l'infiltrat inflammatoire peut devenir polymorphe.


Formes atrophiques  : 'épithélium atrophique, reposant sur un chorion avec fibrose dense, pauvre en lymphocytes, sans bande hyaline sous épithéliale comme dans le lichen scléro-atrophique des muqueu­ses génitales.


Diagnostic différentiel : nombreux : LEAD, GVH chronique, réaction médicamenteuse lichénoïde (antipaludéens, AINS, sels d'or, D-pénicillamide, allopurinol) ou de contact à des matériaux dentaires et prothétiques)


Le traitement est difficile car les lésions sont rebelles et récidivantes. La mise en état bucco-dentaire et le traitement du terrain anxio-dépressif est de règle. L'abstention est le plus souvent recommandée. Sinon utilisation de topiques locaux : corticothérapie locale (Betneval), acide rétinoïque (Aberel Solution) : effet suspensif et diminution de la symptomatologie douloureuse, acide rétinoique (Roaccutane, Soriatane), dans les formes hyperkératosiques, les effets secondaires (chute des cheveux, ongles cassants, sécheresse buccale et nasale, fragilité cutanée liée à un amincissement de la peau, troubles lipidiques) et les effets tératogènes en limitent leur utilisation., corticothérapie per os à 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 10 à 15 J, mais cortico-dépendance souvent dès 20 mg, voire effet rebond à l’arrêt de celle-ci, Sinon corticoïdes en infiltrations sous-lésionnelles dans les formes très évolutives et érosives, sous contrôle médical strict.


 


(181) Boisnic S, Biaggi A. [Pathology of the oral cavity]. Ann Pathol 1992 ; 12(4-5):303-13.


 


http://spiral.univ-lyon1.fr/polycops/


http://www.pathologyoutlines.com/oralcavity.html#lichenplanus


Histopathologie bucco-dentaire et maxillo-faciale


Le Charpentier Y, Auriol Michelle. Masson


 



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