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HYPERPLASIE ET HYPERTHECOSE STROMALE


Hyperplasie stromale et hyperthécose stromale (1 ;11) : dans l’hyperplasie on note une prolifération de degré variable du stroma ovarien alors que dans l’hyperthécose on retrouve en plus des cellules lutéinisées.
Clinique  : pathologie fréquente dans sa forme peu évoluée chez les femmes post-ménopausées. Les formes cliniquement évidentes se voient chez des patientes durant l’âge reproductif avec de rares cas chez l’adolescent et la femme post-ménopausée avec une clinique associant virilisation marquée, obésité, hypertension, hyperinsulinémie et intolérance au glucose, possibilité d’acanthosis nigricans. Alors que l’évolution est le plus souvent progressive, parfois le tableau clinique est brutal. Possibilité de signes d’hyperactivité oestrogénique sous forme d’hyperplasie endométriale, voire d’adénocarcinome bien différencié (hyperplasie ou le carcinome endométrial s’accompagnent fréquemment d’une hyperthécose stromale).
Macroscopie : pathologie presque toujours bilatérale, d’une taille qui varie de la normale à 7 cm de grand axe. A la coupe, aspect ferme solide homogène blanc jaune. Chez les femmes préménopausées on peut observer également des remaniements sclérokystiques comme dans l’ovaire polykystique. Image
Histologie : degré variable de prolifération diffuse ou nodulaire des cellules stromales corticales et médullaires. Les follicules sont rares, les cellules stromales sont plus dodues que dans le cortex ovarien normal avec des noyaux ovales ou fusiformes vésiculaires et un cytoplasme lipidisé. Les cellules stromales lutéinisées de l’hyperthécose prédominent au niveau de la médullaire sous forme de cellules isolées, de petits nids ou de nodules, de cellules polygonales à cytoplasme abondant éosinophile ou vacuolé avec des quantités variables de lipides. Dans l’hyperthécose on retrouve en plus un nombre accru de follicules atrétiques, de petits nodules stromaux de muscle lisse métaplasique, une hyperplasie des cellules hilaires ou des tumeurs des cellules hilaires ainsi que des lutéomes et thécomes stromaux.
Images : #0, hyperthécose, #0, #1, #2, huile rouge
Diagnostic différentiel : contrairement au fibrome, l’hyperplasie stromale est presque toujours bilatérale, les noyaux sont plus petits, le collagène moins abondant. Le diagnostic différentiel d’une hyperthécose stromale inclut les proliférations de cellules lutéinisées avec lutéome de la grossesse, l’hyperplasie des cellules de Leydig et des néoplasmes tels que le thécome lutéinisé et des tumeurs à cellules stéroïdes. Ces néoplasmes sont cependant presque toujours unilatéraux formant des tumeurs ou nodules distincts. Il est à noter que des cellules stromales lutéinisées peuvent se voir dans toute une variété de lésions bénignes et malignes de l’ovaire.
Evolution : contrairement aux patientes avec ovaires polykystiques, on ne note que peu de réponses au clomiphène, nécessité d’une ovariectomie bilatérale pour arrêter les signes de virilisation ou alors de proposer un traitement par agoniste de GRH.

(1) Clement PB. Non neoplastic lesions of the ovary. In : Kurman RJ, ed. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. 5th ed. New-York : Springer Verlag ; 2001. p. 675-727.

(11) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.


 



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