» OVAIRE Métastase

Métastase


Tumeurs secondaires 1 ;2) : Les statistiques concernant la fréquence des métastases ovariennes sont très variables selon qu’il s’agit de séries autopsiques, de pièces chirurgicales, d’histologie ou de macroscopie, globalement, le chiffre le plus probable, est d’environ 6% des tumeurs ovariennes.

Dans un certain nombre de cas, chez des malades porteuses d’un cancer digestif le plus souvent, le tableau clinique peut évoquer une métastase ovarienne. La découverte peut être fortuite sur pièce opératoire, en particulier sur des pièces de castration chirurgicale pour des raisons hormonales (cancer du sein). Selon Mazur (3) moins de 20% des métastases ovariennes sont révélées avant leur tumeur primitive. Très rarement, les métastases peuvent se présenter comme une tumeur ovarienne primitive avec les mêmes signes cliniques que celle-ci (4 ;5). Enfin, à l’autopsie systématique de femmes porteuses de tumeurs malignes, 5 % de métastases ovariennes sont retrouvées. Les critères du diagnostic sont la bilatéralité, lésion de surface de petite taille, multinodulaire, extension extra ovarienne marquée
Les primitifs les plus fréquents  : sont par ordre de fréquence : le cancer du côlon, le cancer du sein, les lymphomes, les tumeurs carcinoïdes et le cancer de l’estomac (80 % des métastases ovariennes sont d’origine gastro-intestinale). Ce dernier, dont la fréquence diminue, ne se trouve plus au premier rang des métastases comme au début du siècle. A noter que l’âge moyen des patientes métastasées est inférieur à celui de l’ensemble des patientes avec tumeur primitive, ce qui est dû à la réceptivité plus marquée aux métastases des ovaires en fonctionnement par rapport aux ovaires ménopausiques. L’origine n’est parfois jamais retrouvée. Bilatéralité dans plus de 70% des cas.
Différents modes de propagation existent :
 extension directe par une tumeur de contiguïté (trompes, utérus, côlon ou rétropéritoine).
 par la lumière de la trompe (tumeur du corps utérin).
 par voie sanguine ou lymphatique qui est la voie la plus fréquente, la voie lymphatique rétrograde étant très rare, sauf dans les cas de métastases dans les ganglions qui drainent les ovaires.
 Voie trans-coelomique avec implantation de surface avec des localisations très superficielles, on suppose que c’est l’ovulation qui est responsable de la porte d’entrée.
Bien sûr, pour porter ce diagnostic, il faut avoir la notion d’un éventuel primitif ou le rechercher. On doit suspecter l’origine métastatique si cette tumeur ovarienne est associée à des métastases hépatico-pulmonaires en l’absence d’extension péritonéale (ce qui ne se voit quasiment jamais dans un carcinome primitif ovarien), les métastases sont bilatérales dans plus de 2/3 des cas, elles affectent avec prédilection les ovaires fonctionnels et 15 à 20% des tumeurs bilatérales sont d’origine métastatique.
Les deux aspects macroscopiques les plus typiques du carcinome métastatique sont la présence de multiples nodules ou de nodules très superficiels sans atteinte plus profonde.
La tumeur métastatique peut cependant parfois imiter tout à fait un primitif y compris du point de vue histologique.

Métastases d’une tumeur utérine :
- Carcinome cervical : il métastase dans moins de 1% des cas aux ovaires (Int J Gynecol Oncol 1997 ;57:173, Gynecol Oncol 2006 ;101:234), hormis des cas très avancés avec extension directe, le plus souvent lors de récidives pelviennes, l’adénocarcinome métastase plus souvent que le carcinome malpighien (5.3 à 8.2% vs 0.4 - 1.3% (Gynecol Oncol 2001 ;82:312, Gynecol Oncol 2006 ;101:234, Gynecol Oncol 2001 ;82:504). Facteurs de risque de métastase ovarienne : atteinte vaginale, N+ et perméations vasculaires (J Gynecol Oncol 2008 ;19:181, Gynecol Oncol 2001 ;82:312).
Clinique  : moyenne de 45 à 50 ans (Gynecol Oncol 2001 ;82:312, Gynecol Oncol 2006 ;101:234, Gynecol Oncol 2001 ;82:504) signes surtout liés à la pathologie cervicale (saignements, douleurs pelviennes), rarement à la masse ovarienne
A noter l’association rare carcinome malpighien d’ovaire et carcinome in situ du col, ce qui rend la possibilité de deux tumeurs séparées. L’adénocarcinome mucineux cervical métastase dans environ 10% des cas, il se pose alors la même question que pour les adénocarcinomes endométrioïdes de l’endomètre de décider s’il s’agit de deux tumeurs séparées. En effet les métastases ovariennes sont nettement plus volumineuses, souvent unilatérales avec un aspect de primitif mucineux ou endométrioïde, alors que le primitif endocervical peur être microscopique, le diagnostic de métastase est confirmé par l’Immunohistochimie qui montre le même marquage HPV et de p16 entre le primitif endocervical et la métastase ovarienne avec récepteurs d’hormone négatifs ou diminués (6)
Diagnostic différentiel : Primitif mucineux ou endométrioïde, important chevauchement morphologique et immunophénotypique, l’adénocarcinome primitif ovarien a une cytologie assez benoîte, alors que les métastases d’adénocarcinome cervicale présentent : hyperchromasie, chevauchement nucléaire, mitoses atypiques, HPV + en faveur de méta d’adénocarcinome endocervical (Am J Surg Pathol 2007 ;31:653)
Métastase gastro-intestinale : bague à chaton (rare si primitif cervical), CK20+, CDX2+ (Histopathology 2015 Nov 6, Int J Gynecol Pathol 2015 Nov 3)], SATB2+ (Int J Gynecol Pathol 2015 Nov 3 , Am J Surg Pathol 2015 Nov 5), p16- (se voit aussi dans forme gastrique d’adénocarcinome endocervical)
primitif squameux : exceptionnel souvent contexte de tératome, l’absence de tératome et p16 positif en faveur d’une métastase de primitif cervical
Metastase de malpighien cutané : p16-
http://pathologyoutlines.com/topic/ovarytumormetastaticcervicalcarc.html

-  Sarcome utérin  : le léiomyosarcome utérin métastase très rarement aux ovaires.
Il existe de rares cas d’atteinte synchrone ou métachrone des ovaires et de l’utérus par un sarcome du stroma endométrial, dans ce cas, il est impossible de trancher entre la nature primitive des deux localisations ou secondaire sauf s’il existe une endométriose ovarienne qui est en faveur d’un primitif de l’ovaire, le même problème se pose pour les rares tumeurs mixtes mullériennes malignes qui peuvent être synchrones ou métachrones de l’ovaire et de l’utérus.
En ce qui concerne le carcinome endométrioïde, la plupart des cas avec localisation à la fois utérine et ovarienne correspond vraisemblablement à deux tumeurs primitives séparées.
-  Tumeurs trophoblastiques  : la fréquence des métastases ovariennes est variable de 6 à 22% selon les séries chez un enfant, il s’agit à coup sûr d’une tumeur primitive germinale ovarienne avec localisation utérine, il en est de même si on retrouve d’autres éléments germinatifs ou un tératome chez les adultes, dans les formes pures, il est impossible de trancher entre la nature gestationnelle ou germinale primitive ou secondaire d’un éventuel choriocarcinome utérin régressif.
Métastases ovariennes d’origine colique  : Elles seraient 5 fois plus fréquentes que les métastases d’origine gastrique (7 ;8). Elles seraient présentes dans environ 2 à 10% des cas, le plus souvent dans un contexte de carcinome digestif connu, plus rarement découverte en même temps du primitif et de la métastase ovarienne, dans 5-28 % des cas, la métastase se révèle avant la tumeur colique et se présente comme un primitif. Sinon découverte de masses ovariennes lors du bilan pré ou per opératoire d’un cancer colorectal (15-20% des cas), découverte de masses ovariennes lors de la surveillance d’un cancer colorectal opéré (50-75% des cas). Le diagnostic d’un carcinome ovarien primitif versus secondaire peut être très difficile à porter dans les deux dernières situations, même avec des antécédents connus et prouvés de tumeur colorectale, tant la métastase peut présenter des aspect de tumeur ovarienne primitive en particulier avec un aspect de continuum lésionnel (bénin, TML mucineuse et carcinome). Pathologie qui se voit de 19 à 85 ans (moyenne 51 ans), ¼ < 40 ans
Macroscopie  : Les 2/3 des tumeurs secondaires sont bilatérales. Elles se présentent sous la forme de masses solides, mais surtout kystiques, multinodulaires, se rompant facilement pouvant être de taille importante et simuler une tumeur primitive ovarienne. Nécrose, remaniements hémorragiques, mais aussi kystes à contenu mucineux. A la coupe, il s’agit de masses blanchâtres, jaunes, hémorragiques, souvent polykystiques pouvant simuler un cystadénocarcinome ovarien.
Histologie (9) : La lésion possède le même aspect histologique que l’adénocarcinome lieberkühnien primitif, cellules caliciformes, aspect fréquemment pseudo-endométrioïde (architecture en guirlande avec des structures cribriformes siège de nécrose sale) (10), les métastases peuvent à l’occasion simuler un carcinome à cellules claires ou une forme sécrétoire de carcinome endométrioïde (11). La prolifération tumorale peut tapisser des kystes et simuler alors un cystadénocarcinome mucineux ovarien. Parfois, présence de glandes mucineuses bénignes ou de tumeur mucineuse borderline, invasion vasculaire ou lymphatique, stroma desmoplasique. Il peut même exister des images de transition entre le revêtement épithélial bénin de l’ovaire et la tumeur mais ces aspects ne sont retrouvés que dans 11 % des métastases coliques contre 82 % dans les cystadénocarcinomes ovariens (12). De plus, la nécrose est plus importante dans la métastase et le caractère mucosécrétant est plus marqué dans le cystadénocarcinome mucineux ovarien (13). Enfin dans 1/3 des cas on peut trouver une lutéinisation du stroma. Images histologiques : A signaler des GIST métastatiques
Immunohistochimie  : contrairement aux primitifs ovariens qui sont CK 7 +, CA 125 +, ACE -, CK 20 – (en dehors des mucineux qui sont CK 20 +dans la moitié des cas), les métastases ovariennes d’origine colique sont CK 20 +, CK 7 – (+ dans 17%) (14), CA125 -, ACE + (15-18). CDX2, bêta-caténine, P504S in 23 primitifs ovariens (mucineux et endométrioïdes) comparés à 22 métastases d’origine colique (mucineux et non-mucineux endométrioïdes), 91% des métastases présentent au moins 2 marqueurs et 1/3 les 3 versus 13 et 0 % pour les primitifs (19).
Le pronostic est péjoratif avec décès dans les 3 ans dont la moitié dans l’année, rare survie prolongée qui justifie le traitement chirurgical adéquat.
Des métastases pancréatiques présentent le même aspect que celles d’origine colique et peuvent simuler un primitif mucineux de l’ovaire (20).
Des GISTs peuvent également métastaser aux ovaires (21).

Métastases ovariennes de l’appendice  :
Pathologie rare, la métastase est révélatrice dans 1/3 des cas, le primitif pouvant correspondre à un adénocarcinome, à un carcinoïde muqueux, à un carcinome à cellules en bague à chaton (krukenberg)..
Il est primitif de type cystadénome mucineux Borderline ou adénocarcinome colloïde et s’accompagne très fréquemment d’un pseudomyxome péritonéal (voir pseudomyxome péritonéal).
Les formes de bas grade de tumeur mucineuse appendiculaire imitent une tumeur mucineuse ovarienne bénigne / borderline (Int J Gynecol Pathol 2014 ;33:1) : elles sont bilatérales, avec des cellules mucineuses cylindriques non stratifiées, des glandes allongées avec des invaginations, des fentes sous-épithéliales (peut parfois se voir dans borderline ovarien)
Les formes pauvres en mucine imitent une tumeur endométrioïde ; mais plus de pléomorphisme nucléaire et d’hyperchromasie, plus de nécrose centrale glandulaire.
Les arguments en faveur de la métastase sont (Am J Surg Pathol 2003 ;27:281, J Clin Pathol 2012 ;65:591) : bilatéralité, < 10 cm, atteinte de la surface, invasivité, cellules en bague à chaton, perméatins vasculaires nettes, extravasation de mucine
Imageshistologiques  : #0, #1

Métastases ovariennes d’un adénocarcinome du pancréas  AJSP 1989 ;13:748 : origine pancréatique dans environ 10% des cas de métastases ovariennes mucineuses. Leur présentation clinique est proche d’une tumeur ovarienne primitive. Elles sont bilatérales dans près de 90% des cas Am J Surg Pathol. 2011 Feb ;35(2):276-88
Macroscopie  : Bilatéralité, masses plurinodulaires (63%), atteinte de la surface dans 40%), aspect infiltrant dans 80%, zones solides et kystes à contenu filant, grande taille (moyenne de 10 cm) Am J Surg Pathol. 2011 Feb ;35(2):276-88
Histologie  : grandes glandes, nécrose « sale », aspect tubuleux, cellules en bagues à chaton, possibilité de glandes mucineuses bénignes ou de tumeur mucineuse borderline (49% des cas). Invasion vasculaire ou lymphatique, stroma desmoplasique.
Immunohistochimie  : CK7 +/-, CK20 +/-, ACE +
De nombreux auteurs pensent que la fréquence des métastases d’origine pancréatique est probablement sous évaluée.

Tumeurs carcinoïdes métastatiques : Ces tumeurs représentent environ 2% des métastases ovariennes, le plus souvent originaires du grêle (environ 2% des carcinoïdes de plus de 1 cm métastasent aux ovaires).
Macroscopie  : parfois tumeurs de grande taille, surtout solides, à surface lisse ou bosselée.
A la coupe, un ou plusieurs nodules confluents jaunes pouvant évoquer un fibrome ou un thécome, possibilité de kystes à contenu clair, nécrosés avec hémorragies fréquentes, la majorité est bilatérale.
Histologie  : identique aux carcinoïdes primitifs mais absence de toute composante tératomateuse associée, présence de perméations néoplasiques lymphatico-vasculaires, bilatéralité et notion d’un primitif digestif.
Les diagnostics différentiels sont les mêmes que pour les carcinoïdes primitifs (voir carcinoïdes).
40% des patientes dont la métastase a été découverte à l’intervention présentent un syndrome carcinoïde, dans 90% des cas, présence de métastases systémiques situées ailleurs.
Le pronostic est mauvais avec 1/3 de décès dans l’année et ¾ dans les 5 ans.

 Tumeur de Krukenberg : elle représente environ 1/3 des métastases ovariennes.

Elle est caractérisée par la présence de cellules mucosécrétantes en bague à chaton enchâssées dans un stroma très cellulaire dérivé du stroma ovarien (aspect sarcomatoïde). La grande majorité des cas est représentée par des tumeurs secondaires. De très rares cas ont été acceptés comme primitifs (22). L’âge moyen est de 40-45 ans ou plus jeune (23-25). Le cancer de l’estomac est le plus souvent responsable de la tumeur de Krukenberg (76 à 100 % des cas, la linite plastique de l’estomac métastase 4 fois plus souvent dans les ovaires que les autres formes de carcinome gastrique). Mais les métastases des cancers coliques (11%) ou mammaires (4%) peuvent présenter des aspects identiques, de même que celles des cancers de la vésicule, des voies biliaires (3%), du col utérin et de la vessie dont on a rapporté quelques cas.
Dans 20 à 30 % des cas, le cancer de l’estomac est connu. Dans la plupart des cas, le diagnostic se fait le jour de l’opération (26).
Dans 30 % des cas, il n’y a pas de tumeur primitive évidente (celle-ci, trop petite, est peut-être passée inaperçue). Imagerie  : #0

Macroscopie  : caractéristique, tumeur bilatérale dans 80 % des cas, constituée de masses fermes, bosselées, non végétantes, réniformes, souvent lobulées, dures et blanches qui peuvent atteindre une grande taille (moyenne de 10.4 cm) (27). A la coupe, aspect blanc ou jaune avec des zones rouges ou brunes, de consistance dure ou des zones gélatineuses voire spongieuses ainsi que la présence parfois (1/3 des cas) de kystes.
Images : Krukenberg #1, #3, #4
Histologie  :Il s’agit de cellules isolées en bague à chaton (PAS+, mucicarmin +) dans un stroma abondant (parfois storiforme), à cytoplasme abondant, mucosécrétant, avec parfois de gros kystes mucineux. Possibilité de glandes, tubules voire de masses ou larges travées de cellules pauvres en mucine, le stroma peut être fibreux ou oedémateux. Présence parfois de lacs de mucine, rarement de grands kystes bordés par des cellules mucineuses atypiques, on retrouve cependant des territoires typiques ailleurs. Les cellules en bague à chaton peuvent parfois présenter un cytoplasme éosinophile granulaire. Possibilité de lutéinisation marquée du stroma surtout en cas de grossesse associée. Dans 44 % des cas, Holtz (28) trouve une hyperplasie associée à des cellules stromales du cortex. De façon inhabituelle on retrouve des cellules indifférenciées, squameuses, claires, transitionnelles en cordons, travées ou îlots (29). Images histologiques : #1, #2, #5, #6, #7, #8, #9, #10, #11, #12,
Immunohistochimie  : Inhibine-, CD99 - (30), toutes les combinaisons CK7/CK20 sont possibles (Dans 40% des cas : C7/CK20+, 10% : CK7-/CK20-, 30% CK7+/CK20+, 20% : CK7+/CK20-)
Diagnostic différentiel :
 avec une tumeur de Sertoli-Leydig, lorsque l’architecture est tubulaire avec un stroma lutéinisé.
 avec une tumeur stromale sclérosante, on a aussi des cellules en bague à chaton ainsi qu’un composant fibroblastique proliférant, ces cellules contiennent cependant des lipides et non des mucines.
 avec un carcinome à cellules claires, celui ci contient cependant du glycogène et des mucines extra-cellulaires.
 avec un carcinome mucineux mais celui-ci est argyrophile et chromogranine A +

90% des tumeurs de Krükenberg sont symptomatiques avec masse abdominale ou douleurs et rarement un syndrome endocrine. Dans 20 à 30% des cas, le carcinome extra-ovarien est déjà connu, dans la majorité des cas cependant, le diagnostic du carcinome extra-ovarien est réalisé juste avant, pendant ou après le diagnostic de Krukenberg, le primitif pouvant parfois être si petit qu’il passe inaperçu ou il n’est diagnostiqué que quelques années plus tard.
Le pronostic est péjoratif avec décès dans l’année mais cependant quelques rares survies prolongées justifient l’intervention chirurgicale.

Des métastases ont été également décrites à partir des vois biliaires ou de la vésicule biliaire (31).

Métastases ovariennes d’origine mammaire  : Leur fréquence serait de 10 à 30 % avec une atteinte bilatérale dans 60 % des cas. Ce chiffre est plus élevé dans les populations où le cancer du sein est plus fréquent. Ces métastases sont rarement révélatrices de la tumeur mammaire, car infracliniques ou microscopiques. Le plus souvent asymptomatiques, elles sont découvertes au cours d’une castration chirurgicale.
Macroscopie  : nodules de taille variable, blanchâtres, durs, pouvant envahir tout l’ovaire
Histologie  : Le carcinome lobulaire est plus représenté que le carcinome canalaire infiltrant ; en particulier la forme à cellules en bague à chaton qui peut se présenter sous la forme d’une tumeur de Krükenberg, contrairement aux localisations métastatiques du tube digestif peu ou pas de lutéinisation du stroma. Le diagnostic différentiel peut être parfois difficile dans les tumeurs peu différenciées avec le lymphome, la tumeur de la granulosa, les adénocarcinomes primitifs ou secondaires (32).
Une comparaison tumeurs ovaire versus sein avec pax8 et WT1 montre que le Pax8 est + dans 0% des seins versus 87% des ovaires dont 96% de séreux papillaires, 89% d’endométrioïdes, 100% de cellules claires, 8% de mucineux, WT1 + dans 63% des ovaires dont 87% de séreux papillaires, 28% d’endométrioïdes et 0% des cellules claires et mucineux et 2% des seins, donc le pax8 permet le diagnostic différentiel sein/ovaire (33)

panel immunohistochimique primitif ovarien versus adénocarcinome métastatique

 CK7CK20ER/PRTTF1ACEGCDPF
Ovaire mucineux + +/- +/- - -/+ -
Colon - + - - + -
PancreatobilaireEstomac +/- NC +/- NC - - + NC -
Poumon + - -/+ +/- + -
Sein + - +/- - -/+ -/+

-  : négatif, + : positif, +/- : habituellement positif, -/+ habituellement -, NC : non contributif

Métastases des lymphomes  : Parmi les femmes décédées de lymphome ou de leucémie, 18 à 40 % représentent à l’autopsie une localisation génitale, préférentiellement ovarienne. Très rarement la métastase ovarienne se révèle comme la première manifestation du lymphome (34). Sur 9500 femmes porteuses d’un lymphome, 19 se sont révélées comme une tumeur ovarienne primitive avec de rares sarcomes granulocytaires (35).
Macroscopie  : Le diamètre maximum de l’ovaire tumoral est de 8 cm. La capsule est épaissie et dépourvue de végétations. A la coupe, l’ovaire apparaît homogène, nodulaire, lobulé, de couleur caractéristique gris à rose. Quelques kystes contenant du tissu nécrosé peuvent être observés.
Histologie  : infiltration de l’ovaire par un lymphome diffus ou nodulaire.
Le diagnostic différentiel se fait grâce à l’immunohistochimie avec :
 des lésions inflammatoires non spécifiques, qui sont le plus souvent étendues à la trompe ou au pelvis, contrairement au lymphome.
le dysgerminome, la tumeur de la granulosa, le carcinome peu différencié primitif ou secondaire, métastase d’un cancer lobulaire infiltrant. mais le plus souvent, on retrouve la notion d’un cancer du sein dans l’histoire de la malade (36).
Evolution : Le pronostic est sombre et est celui du lymphome disséminé (37).

 
Métastases du poumon (38) Archives 2002 ;126:1101 : pathologie rare, mais d’incidence croissante, pour l’essentiel il s’agit de carcinomes neuroendocrines à petites cellules, d’adénocarcinomes, carcinomes indifférenciés, squameux très rares. Une faible proportion se manifeste avant le primitif pulmonaire, pour les cas concomitants, le problème de métastases pulmonaires d’un primitif ovarien ne se pose pas en pratique en l’absence d’extension péritonéale, parfois les métastases ovariennes de poumon s’accompagnent d’atteinte de la séreuse utérine et de l’épiploon mais avec des localisations inhabituelles pour un primitif ovarien tels le squelette et le SNC.
Comme dans toutes les métastases, croissance multinodulaire, perméations vasculaires, les métastases d’adénocarcinome posent le plus de problèmes de diagnostic différentiel car ils imitent des primitifs séreux, endométrioïdes, mucineux, à cellules claires (on peut utiliser le TTF1 pour le diagnostic différentiel ) 

A signaler la description d’extension ovarienne d’hépatoblastome (39), de Métastase d’hépatocarcinome à cellules claires sarcomatoïde (40), de tumeur à petites cellules rondes desmoplasique (41), de rhabdomyosarcome alvéolaire (42) Archives 2003 ;127:e56, de PECome Mod Path 2001 ;14:563 : de néphroblastome Hum Path 2000 ;31:761, PNET / Ewing : AJSP 1998 ;22:1417, d’ostéosarcome AJSP 1988 ;12:567, de cholangiocarcinomes intrahépatiques imitant souvent un primitif mucineux parfois avec des zones de bas grade voire d’aspect bénin (43), de carcinomes rénaux (y compris papillaires) pouvant imiter un primitif à cellules claires (44), [sarcome du stroma endométrial

Mélanome AJSP 1991 ;15:849, AJSP 1987 ;11:959 : moyenne 38 ans (21-60 ans), dans la moitié des cas, métastases ailleurs, 60% primitif connu
Histologie classique,

Métastase de carcinome à cellules rénales : Rare, <15 cas
Macroscopie  : masse kystique hémorragique et multiloculée avec zones jaunes
Histologie  : zones solides avec cellules claires, polygonales en plages ou nids entourés de fins septa ; noyaux monomorphes sans mitoses ; tubules dilatés avec du sang ou fluide éosinophile ; pas de desmoplasie
Positivité de : EMA, RCC, CD10, négativité de : AE1/AE3 (parfois faible), CAM5.2 (parfois faible), ER, CA125, inhibine, calrétinine, CD34, AFP
http://www.pathologyoutlines.com/topic/ovarytumormetastatic.html

 
 (1) Young RH, Scully RE. Metastatic tumors of the ovary. In : Kurman RJ, editor. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. New-York : Springer Verlag, 2001 : 1063-1101.

 (2) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

Ref Type : Serial (Book,Monograph)

 (3) Mazur MT, Hsueh S, Gersell DJ. Metastases to the female genital tract. Analysis of 325 cases. Cancer 1984 ; 53(9):1978-1984.

 (4) Mazur MT, Hsueh S, Gersell DJ. Metastases to the female genital tract. Analysis of 325 cases. Cancer 1984 ; 53(9):1978-1984.

 (5) Ulbright TM, Roth LM, Stehman FB. Secondary ovarian neoplasia. A clinicopathologic study of 35 cases. Cancer 1984 ; 53(5):1164-1174.

 (6) Elishaev E, Gilks CB, Miller D, Srodon M, Kurman RJ, Ronnett BM. Synchronous and metachronous endocervical and ovarian neoplasms : evidence supporting interpretation of the ovarian neoplasms as metastatic endocervical adenocarcinomas simulating primary ovarian surface epithelial neoplasms. Am J Surg Pathol 2005 ; 29(3):281-294.

 (7) Mazur MT, Hsueh S, Gersell DJ. Metastases to the female genital tract. Analysis of 325 cases. Cancer 1984 ; 53(9):1978-1984.

 (8) Lewis MR, Deavers MT, Silva EG, Malpica A. Ovarian involvement by metastatic colorectal adenocarcinoma : still a diagnostic challenge. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(2):177-184.

 (9) Lash RH, Hart WR. Intestinal adenocarcinomas metastatic to the ovaries. A clinicopathologic evaluation of 22 cases. Am J Surg Pathol 1987 ; 11(2):114-121.

 (10) Daya D, Nazerali L, Frank GL. Metastatic ovarian carcinoma of large intestinal origin simulating primary ovarian carcinoma. A clinicopathologic study of 25 cases. Am J Clin Pathol 1992 ; 97(6):751-758.

 (11) Young RH, Hart WR. Metastatic intestinal carcinomas simulating primary ovarian clear cell carcinoma and secretory endometrioid carcinoma : a clinicopathologic and immunohistochemical study of five cases. Am J Surg Pathol 1998 ; 22(7):805-815.

 (12) Mazur MT, Hsueh S, Gersell DJ. Metastases to the female genital tract. Analysis of 325 cases. Cancer 1984 ; 53(9):1978-1984.

 (13) Ulbright TM, Roth LM, Stehman FB. Secondary ovarian neoplasia. A clinicopathologic study of 35 cases. Cancer 1984 ; 53(5):1164-1174.

 (14) Lewis MR, Deavers MT, Silva EG, Malpica A. Ovarian involvement by metastatic colorectal adenocarcinoma : still a diagnostic challenge. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(2):177-184.

 (15) Berezowski K, Stastny JF, Kornstein MJ. Cytokeratins 7 and 20 and carcinoembryonic antigen in ovarian and colonic carcinoma. Mod Pathol 1996 ; 9(4):426-429.

 (16) Lagendijk JH, Mullink H, van Diest PJ, Meijer GA, Meijer CJ. Tracing the origin of adenocarcinomas with unknown primary using immunohistochemistry : differential diagnosis between colonic and ovarian carcinomas as primary sites. Hum Pathol 1998 ; 29(5):491-497.

 (17) Lagendijk JH, Mullink H, van Diest PJ, Meijer GA, Meijer CJ. Immunohistochemical differentiation between primary adenocarcinomas of the ovary and ovarian metastases of colonic and breast origin. Comparison between a statistical and an intuitive approach. J Clin Pathol 1999 ; 52(4):283-290.

 (18) Lindner V, Gasser B, Debbiche A, Tomb L, Vetter JM, Walter P. [Ovarian metastasis of colorectal adenocarcinomas. A clinico-pathological study of 41 cases]. Ann Pathol 1999 ; 19(6):492-498.

 (19) Logani S, Oliva E, Arnell PM, Amin MB, Young RH. Use of novel immunohistochemical markers expressed in colonic adenocarcinoma to distinguish primary ovarian tumors from metastatic colorectal carcinoma. Mod Pathol 2005 ; 18(1):19-25.

 (20) Young RH, Hart WR. Metastases from carcinomas of the pancreas simulating primary mucinous tumors of the ovary. A report of seven cases. Am J Surg Pathol 1989 ; 13(9):748-756.

 (21) Irving JA, Lerwill MF, Young RH. Gastrointestinal stromal tumors metastatic to the ovary : a report of five cases. Am J Surg Pathol 2005 ; 29(7):920-926.

 (22) Joshi VV. Primary Krukenberg tumor of ovary. Review of literature and case report. Cancer 1968 ; 22(6):1199-1207.

 (23) Holtz F, Hart WR. Krukenberg tumors of the ovary : a clinicopathologic analysis of 27 cases. Cancer 1982 ; 50(11):2438-2447.

 (24) Wong PC, Ferenczy A, Fan LD, McCaughey E. Krukenberg tumors of the ovary. Ultrastructural, histochemical and immunohistochemical studies of 15 cases. Cancer 1986 ; 57(4):751-760.

 (25) Kiyokawa T, Young RH, Scully RE. Krukenberg tumors of the ovary : a clinicopathologic analysis of 120 cases with emphasis on their variable pathologic manifestations. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(3):277-299.

 (26) Holtz F, Hart WR. Krukenberg tumors of the ovary : a clinicopathologic analysis of 27 cases. Cancer 1982 ; 50(11):2438-2447.

 (27) Kiyokawa T, Young RH, Scully RE. Krukenberg tumors of the ovary : a clinicopathologic analysis of 120 cases with emphasis on their variable pathologic manifestations. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(3):277-299.

 (28) Holtz F, Hart WR. Krukenberg tumors of the ovary : a clinicopathologic analysis of 27 cases. Cancer 1982 ; 50(11):2438-2447.

 (29) Kiyokawa T, Young RH, Scully RE. Krukenberg tumors of the ovary : a clinicopathologic analysis of 120 cases with emphasis on their variable pathologic manifestations. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(3):277-299.

 (30) Choi YL, Kim HS, Ahn G. Immunoexpression of inhibin alpha subunit, inhibin/activin betaA subunit and CD99 in ovarian tumors. Arch Pathol Lab Med 2000 ; 124(4):563-569.

 (31) Young RH, Scully RE. Ovarian metastases from carcinoma of the gallbladder and extrahepatic bile ducts simulating primary tumors of the ovary. A report of six cases. Int J Gynecol Pathol 1990 ; 9(1):60-72.

 (32) Young RH, Carey RW, Robboy SJ. Breast carcinoma masquerading as primary ovarian neoplasm. Cancer 1981 ; 48(1):210-212.

 (33) Nonaka D, Chiriboga L, Soslow RA. Expression of pax8 as a useful marker in distinguishing ovarian carcinomas from mammary carcinomas. Am J Surg Pathol 2008 ; 32(10):1566-1571.

 (34) Paladugu RR, Bearman RM, Rappaport H. Malignant lymphoma with primary manifestation in the gonad : a clinicopathologic study of 38 patients. Cancer 1980 ; 45(3):561-571.

 (35) Chorlton I, Norris HJ, King FM. Malignant reticuloendothelial disease involving the ovary as a primary manifestation : a series of 19 lymphomas and 1 granulocytic sarcoma. Cancer 1974 ; 34(2):397-407.

 (36) Young RH, Carey RW, Robboy SJ. Breast carcinoma masquerading as primary ovarian neoplasm. Cancer 1981 ; 48(1):210-212.

 (37) Castaldo TW, Ballon SC, Lagasse LD, Petrilli ES. Reticuloendothelial neoplasia of the female genital tract. Obstet Gynecol 1979 ; 54(2):167-170.

 (38) Irving JA, Young RH. Lung carcinoma metastatic to the ovary : a clinicopathologic study of 32 cases emphasizing their morphologic spectrum and problems in differential diagnosis. Am J Surg Pathol 2005 ; 29(8):997-1006.

 (39) Green LK, Silva EG. Hepatoblastoma in an adult with metastasis to the ovaries. Am J Clin Pathol 1989 ; 92(1):110-115.

 (40) Young RH, Gersell DJ, Clement PB, Scully RE. Hepatocellular carcinoma metastatic to the ovary : a report of three cases discovered during life with discussion of the differential diagnosis of hepatoid tumors of the ovary. Hum Pathol 1992 ; 23(5):574-580.

 (41) Young RH, Eichhorn JH, Dickersin GR, Scully RE. Ovarian involvement by the intra-abdominal desmoplastic small round cell tumor with divergent differentiation : a report of three cases. Hum Pathol 1992 ; 23(4):454-464.

 (42) Young RH, Scully RE. Alveolar rhabdomyosarcoma metastatic to the ovary. A report of two cases and a discussion of the differential diagnosis of small cell malignant tumors of the ovary. Cancer 1989 ; 64(4):899-904.

 (43) Khunamornpong S, Siriaunkgul S, Suprasert P, Pojchamarnwiputh S, Na CW, Young RH. Intrahepatic cholangiocarcinoma metastatic to the ovary : a report of 16 cases of an underemphasized form of secondary tumor in the ovary that may mimic primary neoplasia. Am J Surg Pathol 2007 ; 31(12):1788-1799.

 (44) Stolnicu S, Borda A, Radulescu D, Puscasiu L, Berger N, Nogales FF. Metastasis from papillary renal cell carcinoma masquerading as primary ovarian clear cell tumor. Pathol Res Pract 2007 ; 203(11):819-822.

 

 



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.