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Adénofibrome endométrioïde borderline


Les tumeurs endométrioïdes (1 ;2)
Fréquence et âge de survenue : Les tumeurs endométrioïdes représentent moins de 5% de l'ensemble des tumeurs de l'ovaire. Le groupe des adénocarcinomes représente 15 à 25% des cancers et 57% des tumeurs épithéliales de l'ovaire. Rareté des tumeurs bénignes endométrioïdes (adénofibromes) (3) et des tumeurs endométrioïdes frontière (< 1% des tumeurs épithéliales de l’ovaire (4 ;5)
Histogenèse : Les tumeurs endométrioïdes ont une origine similaire aux autres tumeurs épithéliales à partir de l'épithélium cœlomique de surface (3).
Une endométriose est associée dans 15 à 20% des cas (ovarienne, homo ou controlatéral voire extra ovarienne). Seuls dans de rares cas, on a mis en évidence une continuité endométriose, hyperplasie atypique – K (6), le plus souvent sous forme d’un kyste endométriosique contenant un nodule qui fait saillie. Les carcinomes sur kyste endométriosique surviennent en moyenne 5 à 10 ans plus tôt que dans la population générale, sont bien différenciés et de grade I et donc de bon pronostic. Les adénocarcinomes endométrioïdes ovariens se distinguent de leurs homologues endométriaux par l’expression plus fréquente de p53 et une del 17q plus fréquente, les 2 types de tumeurs présentent des mutations de la bêta caténine

Tumeur endométrioïdes borderline (prolifératives atypiques) : (2 ;5 ;7-11)
Pathologie rare (3 à 18% des tumeurs endométrioïdes, <1% des tumeurs malignes ovariennes) : moyenne de 50 à 55 ans, 5% bilatérale, 99% stade I, taille moyenne de 8 cm.
Macroscopie :: aspect mixte solide- kystique, avec un contenu hémorragique brun ou vert.
Histologie : La prolifération glandulaire/papillaire montre un degré variable de complexité et de chevauchement, un adénofibrome sous-jacent est souvent présent (près de la moitié des cas) (9).
Dans la forme adénofibromateuse, glandes et kystes endométrioïdes qui se chevauchent avec +/- d’atypies dans un stroma adénofibromateux. Dans la forme villoglandulaire l’aspect est similaire à l’hyperplasie atypique de l’endomètre dans un stroma fibromateux. Possibilité d’aspect combiné.
En présence d’une prolifération épithéliale confluente, sans stroma interposé, >5 mm (ou 10 mm²), il s’agit d’un adénocarcinome (5 ;12).
La prolifération épithéliale s’accompagne d’atypies minimes à modérées, de stratification épithéliale avec touffes et ponts. En présence d’atypies sévères, il s’agit d’un CIS (possibilité d’agencement villoglandulaire ou cribriforme) (9). Métaplasie squameuse dans la moitié des cas, mucineuse dans 40% des cas. Le stroma cellulaire se condense autour des glandes (absence de mitoses ou d’atypies observées dans l’adénosarcome). Nécrose fréquente confinée aux lumières glandulaires et kystes. Les critères de micro-infiltration sont les mêmes que dans les autres tumeurs borderline (10). Images : #1, #6,

Pronostic : Les rares cas avec une micro-invasion (infiltration irrégulière du stroma) ou zone de croissance confluente <5 mm n’ont pas présenté d’événements, bien que pour la moitié, le suivi ait été très court, ce bon pronostic est confirmé dans une étude récente (9).

Il existe une variante (cystadénome borderline mullérien mixte) (13), ou la composante mullérienne, endométrioïde, séreuse ou squameuse est > 10%. Mêmes caractéristiques cliniques (âge jeune : moyenne de 35 ans, bilatéralité de 22%, infiltrat inflammatoire dans 86% et endométriose dans 53%). Certains cas présentent une proportion squameuse très importante formant des excroissances papillaires (moyenne de 56 ans) (14).

Pronostic : excellent (pas de décès).
Pronostic
La ploïdie semble avoir un intérêt dans les tumeurs borderline, les récidives n’ayant été observées dans une étude que dans les lésions aneuploïdes (32), une autre étude intéressant des tumeurs borderline et des tumeurs mucineuses, montre dans le groupe de mauvais pronostic versus bon pronostic une proportion plus importante d’aneuploïdie (33), ce qui n’est pas retrouvé par une autre étude ultérieure (34)

(32) Padberg BC, Arps H, Franke U, Thiedemann C, Rehpenning W, Stegner HE et al. DNA cytophotometry and prognosis in ovarian tumors of borderline malignancy. A clinicomorphologic study of 80 cases. Cancer 1992 ; 69(10):2510-2514.
(33) Kaern J, Trope C, Kjorstad KE, Abeler V, Pettersen EO. Cellular DNA content as a new prognostic tool in patients with borderline tumors of the ovary. Gynecol Oncol 1990 ; 38(3):452-457.
(34) Harlow BL, Fuhr JE, McDonald TW, Schwartz SM, Beuerlein FJ, Weiss NS. Flow cytometry as a prognostic indicator in women with borderline epithelial ovarian tumors. Gynecol Oncol 1993 ; 50(3):305-309.

Reference List
(1)Scully RE, Sobin LH. Histological typing of ovarian tumours. second ed. Berlin : Springer verlag, 1999.

(2) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003.IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

Ref Type : Serial (Book,Monograph)

(3)Scully RE. Tumors of the ovary and maldeveloped gonads. second series ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1978.

(4)Scully RE. Common epithelial tumors of borderline malignancy (carcinomas of low malignant potential). Bull Cancer 1982 ; 69(3):228-238.

(5)Roth LM, Czernobilsky B, LANGLEY FA. Ovarian endometrioid adenofibromatous and cystadenofibromatous tumors : benign, proliferating, and malignant. Cancer 1981 ; 48(8):1838-1845.

(6)Fukunaga M, Nomura K, Ishikawa E, Ushigome S. Ovarian atypical endometriosis : its close association with malignant epithelial tumours. Histopathology 1997 ; 30(3):249-255.

(7)Bell DA, Scully RE. Atypical and borderline endometrioid adenofibromas of the ovary. A report of 27 cases. Am J Surg Pathol 1985 ; 9(3):205-214.

(8)Snyder RR, Norris HJ, Tavassoli F. Endometrioid proliferative and low malignant potential tumors of the ovary. A clinicopathologic study of 46 cases. Am J Surg Pathol 1988 ; 12(9):661-671.

(9) Roth LM, Emerson RE, Ulbright TM.Ovarian endometrioid tumors of low malignant potential : a clinicopathologic study of 30 cases with comparison to well-differentiated endometrioid adenocarcinoma. Am J Surg Pathol 2003 ; 27(9):1253-1259.

(10) Seidman JD, Soslow RA, Vang R, Berman JJ, Stoler MH, Sherman ME et al. Borderline ovarian tumors : diverse contemporary viewpoints on terminology and diagnostic criteria with illustrative images. Hum Pathol 2004 ; 35(8):918-933.

(11)Duvillard P. [Borderline ovarian tumors. Current data]. Ann Pathol 1996 ; 16(5):396-405.

(12)Seidman JD, Russell P, Kurman RJ. Surface epithelium tumors of the ovary. In : Kurman RJ, editor. Blausteins's Pathology of the female genital tract. New-York : Springer Verlag, 2001 : 781-904.

(13)Rutgers JL, Scully RE. Ovarian mixed-epithelial papillary cystadenomas of borderline malignancy of mullerian type. A clinicopathologic analysis. Cancer 1988 ; 61(3):546-554.

(14)Nagai Y, Kishimoto T, Nikaido T, Nishihara K, Matsumoto T, Suzuki C et al. Squamous predominance in mixed-epithelial papillary cystadenomas of borderline malignancy of mullerian type arising in endometriotic cysts : a study of four cases. Am J Surg Pathol 2003 ; 27(2):242-247.



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