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Adénocarcinome séreux


Les tumeurs séreuses (1 ;2) : Tumeurs constituées d’un épithélium rappelant celui de la trompe de Fallope ou de surface de l’ovaire. La présence de cellules ciliées est presque constante dans les tumeurs bénignes, habituelle dans les tumeurs à la limite de la malignité et rare dans les formes carcinomateuses. Deux des principaux caractères histologiques de ces tumeurs sont la formation de papilles et la présence de calcifications.
Fréquence et âge de survenue (3) : Les tumeurs séreuses bénignes et malignes représentent selon les séries et les critères retenus entre 20 et 50 % de l’ensemble des tumeurs de l’ovaire.
Les adénocarcinomes représentent entre 35 et 50 % des cancers de l’ovaire. Parmi les tumeurs séreuses, 50 à 70 % sont bénignes, 5 à 10 % sont à la limite de la malignité et 20 à 25 % sont malignes. Les tumeurs frontières s’observent entre 30 et 60 ans (48 ans en moyenne), les tumeurs malignes entre 45 et 65 ans (57 ans en moyenne) et les tumeurs bénignes à un âge moyen de 41 ans.
Histogenèse  : La plupart des auteurs admettent que les tumeurs séreuses sont développées à partir de l’épithélium cœlomique de surface et sont le plus souvent secondaires à une transformation des kystes d’inclusion de cet épithélium germinatif (3).
Les carcinomes séreux (2-4).
Les carcinomes séreux sont bilatéraux dans 2/3 des cas (3) et s’accompagnent d’extension extra-ovarienne dans 80 % des cas. Ce sont des tumeurs soit solides, soit kystiques, soit le plus souvent mi-solides mi-kystiques. Dans leur forme solide, rien ne les différencie des autres tumeurs malignes de l’ovaire. Elles sont de consistance plus ou moins dure, friables, souvent nécrosées et hémorragiques. Dans leur forme kystique ou mi-solide mi-kystique, elles sont difficiles à différencier des tumeurs à la limite de la malignité (rechercher soigneusement les foyers de nécrose et d’hémorragie). Dans 8 à 12,5 % des tumeurs séreuses à un stade avancé ne présentent que des ovaires de petites taille ou avec une atteinte superficielle. L’essentiel de la tumeur est donc extra ovarienne, elles sont considérés comme des carcinomes séreux primitifs du péritoine à condition qu’il n’existe pas de nodule ovarien > 5 mm de grand axe (Macroscopie : Histologie : #1, #2, #3). Ont été décrits également de rares primitifs extra péritonéaux dans des ganglions pelviens ou rétropéritonéaux, dans le rétro péritoine ou au niveau de l’endocol.

Imagerie Il n’existe aucun critère macroscopique permettant de différencier les tumeurs séreuses à la limite de la malignité des tumeurs séreuses bénignes ou malignes
macroscopie#3, #4, #5, #6, #7, #8, #9, #10, #11, #12, #13
Histologie caractérisés par une croissance invasive, des papilles complexes et des calcosphérites dans 1/3 des cas (parfois si nombreux qu’ils sont visibles sur une ASP), des foyers solides, des atypies nucléaires marquées. La fusion des glandes et papilles peut donner un aspect en dentelle ou labyrinthe, possibilité d’agencement et rétiforme. On observe rarement dans les formes différenciées de grandes papilles envahissant le stroma dans des espaces pseudolymphatiques.
Possibilité de glandes, de modifications sécrétoires, de mucosécrétion intracellulaire, voire de cellules en bague à chaton. Parfois, des territoires indifférenciés prédominent.
Les tumeurs moyennement ou peu différenciées sont beaucoup moins caractéristiques. Leur diagnostic est souvent un diagnostic d’élimination. Elles n’ont pas la disposition tubulaire des adénocarcinomes endométrioïdes, ne sécrètent pas de mucus et ne renferment pas de cellules claires.
Des petits foyers de métaplasie malpighienne analogues aux morules de Dutra décrites dans l’endomètre, ainsi que des foyers très limités d’adénocarcinome à cellules claires et endométrioïde, peuvent être observés en association.
Possibilité de composante in situ du carcinome papillaire séreux de haut grade, dans une étude de 37 cas de séreux papillaire de haut grade, dont 1 de type in situ pur Hum Pathol. 2015 Oct ;46(10):1455-63, on note en Immunohistochimie : p53+, IMP3 + fréquent, surexpression de p16, Ki67 élevé, Pax 2 rare.
Critères de bas grade : invasion destructice par papilles complexes / miocropapilles, nids compacts, cribriforme, glandulokystique, plages solides, cellules isolées, papilles inversées avec des atypies nucléaires minimes à modérées, mitoses < 12/10 hpf .
OS et DFS à 5 ans de 82 et 47%, les formes de mauvais pronostic sont cribriformes, micropapillaires et/ou en papilles complexes ou en nids compacts. Le foyer infiltrant pouvant être millimétrique, micro-invasion stromale non destructive <5 mm dans 52%. La forme de bas grade est de stade avancé (FIGO II à IV, 86%), bilatéral (68%), à foyers invasifs multiples (82%). Association fréquente à une séreuse borderline dans 84% Am J Surg Pathol. 2016 Sep ;40(9):1165-76.
Série de 33 carcinomes séreux de bas grade Am J Surg Pathol. 2016 May ;40(5):627-35 = 4.7% des carcinomes séreux chez des femmes plus jeunes d’une décennie, de stade avancé, borderline séreux associé dans 85% > 50% dans la moitié des cas, composante micropapillaire / cribriforme dans 58%
Pronostic : 60% de mortalité vs 70% si haut grade
Images  : #1, #2 ; #3, #4, #5, #6, #7, #8, #9, #10, #14, #15, #16, #17, #18, #19, images cytologiques, cystadénoK papillaire, Images + texte en allemand, lame virtuelle : #1, #2, faible grade, Vidéo
Grade : lésions de faible grade avec peu d’atypies, < 12 mitoses/1.7mm², psammomes, haut grade si atypies marquées, >12 mitoses/1.7mm²,
Immunohistochimie  : EMA+ 100 %, CK7 + 100 %+, CK20 +34 %, ACE + 19 %, OC 125 + 91 %, GCDFP15 + 2 %, S100 + 30 %. Inhibine – sauf exception, rares cas TG+ (5), RE alpha +(98 %), RE bêta + (42 %), RP + (86 %) (6), WT1 + (88-100%) (7-9), mais négatif dans l’utérus et variable dans le péritoine, CD99 rarement + (10), PAX8 + dans 99% (164 of 165) des séreux de haut grade Am J Surg Pathol.2011 Jun ;35(6):816-26, p53+.
Diagnostic différentiel  :
Ne se pose pas dans les formes bien différenciées (papilles +/- calcosphérites), en dehors d’une métastase ovarienne de carcinome à différenciation papillaire (sein, rein, thyroïde,…), ce qui est rare.
- carcinome papillaire séreux du péritoine, mais petites tumeurs ovariennes (< 5 mm).
- carcinome psammomateux (> 75% de calcosphérites), les cellules épithéliales sont isolées ou en petits amas (< 15 cellules).
Dans les formes moins différenciées :
- Carcinome endométrioïde, les papilles sont plus larges, d’aspect villeux avec moins de territoires bourgeonnants que dans les carcinomes séreux. Les cellules cylindriques de type endométrioïde sont souvent présentes. La métaplasie squameuse est plus fréquente mais peu aussi se voir dans les carcinomes séreux. A contrario, les psammomes sont rares.
- Carcinome à cellules claires de forme papillaire. Le diagnostic est aisé sur les aspects cytologiques caractéristiques.
- Tumeurs germinales (carcinome embryonnaire et tumeur du sinus endodermique) : les aspects morphologiques peuvent se ressembler. Par contre l’âge de survenue (jeune âge) set très différent et il existe fréquemment une positivité des marqueurs sanguins et/ou immunohistochimiques, en particulier l’AFP.
- Variante rétiforme de la tumeur de Sertoli-Leydig (aspect de carcinome séreux), mais le contexte clinique est différent (femme jeune (moyenne 15 ans), fréquence de signes androgéniques.
Immunohistochimie : inhibine +, EMA -.
- Ependymome primitif. La présence de rosettes, de cytoplasmes fibrillaires et une positivité immunohistochimique de la GFAP règle le diagnostic différentiel.
- Le mésothéliome épithélial primitif. Les critères morphologiques et surtout immunohistochimiques permettent généralement d’établir le diagnostic.
Enfin, comme dans les formes différenciées, il faut penser à une métastase ovarienne.
Pronostic  : Le taux de survie des tumeurs séreuses malignes est de 35 % à 5 ans tous stades confondus (3 ;11) et 90 % à 5 ans si stade I. Le pronostic des tumeurs séreuses malignes est corrélé, d’une part à leur stade clinique et se trouve très influencé par l’éventuel résidu tumoral en fin de chirurgie initiale et d’autre part, à stade égal, à leur grade histologique (12-14).
http://www.pathologyoutlines.com/topic/ovarytumorserouscarcinoma.html

http://www.pathologyoutlines.com/topic/ovarytumorserouscarcinoma.html

Reference List

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Ref Type : Serial (Book,Monograph)

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Scully RE.Hartmann WH, Cowan WR, eds. Tumors of the ovary and maldeveloped gonads. second series ed. Washington : Armed forces institute of pathology ; 1978.



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