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Cyst/adénofibrome séreux


LES TUMEURS SEREUSES (19 ;36)
Tumeurs constituées d’un épithélium rappelant celui de la trompe de Fallope ou de surface de l’ovaire. La présence de cellules ciliées est presque constante dans les tumeurs bénignes, habituelle dans les tumeurs à la limite de la malignité et rare dans les formes carcinomateuses. Deux des principaux caractères histologiques de ces tumeurs sont la formation de papilles et la présence de calcifications.
Fréquence et âge de survenue (25) : Les tumeurs séreuses bénignes et malignes représentent selon les séries et les critères retenus entre 20 et 50% de l’ensemble des tumeurs de l’ovaire.
Les adénocarcinomes représentent entre 35 et 50% des cancers de l’ovaire. Parmi les tumeurs séreuses, 50 à 70% sont bénignes, 5 à 10% sont à la limite de la malignité et 20 à 25% sont malignes. Les tumeurs frontières s’observent entre 30 et 60 ans (48 ans en moyenne), les tumeurs malignes entre 45 et 65 ans (57 ans en moyenne) et les tumeurs bénignes à un âge moyen de 41 ans.
Histogenèse : La plupart des auteurs admettent que les tumeurs séreuses sont développées à partir de l’épithélium coelomique de surface et sont le plus souvent secondaires à une transformation des kystes d’inclusion de cet épithélium germinatif (25).
Macroscopie : Il n’existe aucun critère macroscopique permettant de différencier les tumeurs séreuses à la limite de la malignité des tumeurs séreuses bénignes ou malignes

Tumeurs séreuses bénignes : elles représentent près de 25% de toutes les tumeurs bénignes et 58% de toutes les tumeurs séreuses , de7 à 23% sont bilatérales (11 ;25)
Clinique : non spécifique
Imagerie : #0 - Echographie 2D : En l’absence de végétation, la tumeur est anéchogène, sans paroi individualisable, avec renforcement postérieur (ne différencie pas d’un kyste d’inclusion ovarien, fonctionnel (toujours < 8 cm, disparition ou régression après les règles ou après traitement hormonal). La mise en évidence d’un ovaire normal du même côté permet d’évoquer le diagnostic de kyste para-ovarien ou para-tubaire.
Les végétations sont d’échogénicité > à celle du myomètre. L’échographie endovaginale les détecte jusqu’à 2 mm, si calcosphérites alors foyer très échogène, avec ombre acoustique postérieure. Si multiloculaire, présence de cloisons fines et régulières.
Tomodensitométrie : de peu d’intérêt, en l’absence de végétation, formation kystique de densité aqueuse non modifiée par le produit de contraste. Les végétations sont plus denses que le contenu liquidien sur les coupes avant injection. En angioscanner, les vaisseaux ne sont pas visualisés au temps artériel et le produit de contraste ne diffuse pas à l’intérieur des végétations au temps parenchymateux. Sur les clichés tardifs, on note un rehaussement de la densité de la paroi et des végétations dû à la diffusion lente du produit de contraste. IRM : Le signal du liquide est identique à celui de l’urine sur les séquences dépendantes du T1 et T2. Les végétations apparaissent avec un signal proche de celui du muscle sur les séquences dépendantes du T1 et du T2, et avec un signal compris entre celui du muscle et celui de la graisse après injection de produit de contraste.
Macroscopie : Tumeurs kystiques uni ou multiloculaires parfois volumineuses (jusqu’à 30 cm (moyenne de 9 cm)) à paroi lisse ou hérissée de végétations. Ces tumeurs sont bilatérales dans 7 à 12% des cas (25). Il n’est pas toujours possible de les différencier des tumeurs à la limite de la malignité. Kyste à contenu séreux parfois mucineux, dont la surface externe est lisse ou avec présence parfois de petites végétations. De façon arbitraire, on ne porte le diagnostic de tumeur bénigne séreuse que si sa taille est > 1 cm, sinon il s’agit d’un kyste d’inclusion. Le cystadénofibrome est une tumeur solide constituée de tissu rugueux et de glandes.Images : #1, #2, #3, #4, #5, #6,#7, cystadénome ovaire, cystadénofibrome : Histologie (39) : il existe tout un spectre de prolifération, allant du revêtement monostratifié avec de rares papilles, à la pseudo stratification avec formation de touffes mais qui occupent moins de 10% du volume tumoral car sinon, le diagnostic est celui d’une tumeur borderline. Le revêtement est le plus souvent aplati, cuboïde, parfois pseudostratifié avec des noyaux arrondis ou allongés. Absence de mitose ou d’atypie, présence de psammomes dans le stroma dans 15% des cas, quand le stroma est abondant, fibreux, il s’agit d’un fibro-adénome. A signaler d’exceptionnels cas de cystadénomes séreux avec nodules muraux de rhabdomyome de type génital (44), ou de type Sertoliforme . Image : #1, #2, #3, cystadénome séreux papillaire, Cystadénofibrome séreux, Cytologie : #1, Diagnostic différentiel : de nombreux kystes imitent une tumeur séreuse bénigne, parmi lesquels les kystes fonctionnels lorsque leur revêtement est aplati ou desquamé, les kystes endométriosiques en l’absence d’hémorragie ou de stroma endométrial. Des kystes hydatiques de Morgagni, mésonéphriques et mésothéliaux quand ils adhèrent à l’ovaire peuvent également simuler un kyste séreux.

http://www.pathologyoutlines.com/topic/ovarytumorserousbenign.html

(11) Seidman JD, Russell P, Kurman RJ. Surface epithelium tumors of the ovary. In : Kurman RJ, ed. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. 5th ed. New-York : Springer Verlag ; 2001. p. 781-904.

(19) Scully RE, Sobin LH.Scully RE, Sobin LH, eds. Histological typing of ovarian tumours. second ed. Berlin : Springer verlag ; 1999.

(25) Scully RE.Hartmann WH, Cowan WR, eds. Tumors of the ovary and maldeveloped gonads. second series ed. Washington : Armed forces institute of pathology ; 1978.
(36) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

(39) Seidman JD, Soslow RA, Vang R, Berman JJ, Stoler MH, Sherman ME et al. Borderline ovarian tumors : diverse contemporary viewpoints on terminology and diagnostic criteria with illustrative images. Hum Pathol 2004 ; 35(8):918-933.

(44) Huang TY, Chen JT, Ho WL. Ovarian serous cystadenoma with mural nodules of genital rhabdomyoma. Hum Pathol 2005 ; 36(4):433-435.
http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/edicerf/UG/UG21.html


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