» CAVITE BUCCALE Carcinome verruqueux

Carcinome verruqueux


Le carcinome verruqueux : Forme rare (20 fois plus rare que le carcinome malpighien classique, 1-3 10-6) de la personne âgée de 60 à 70 ans, la prédominance masculine est moins nette que pour le carcinome malpighien. Il s’agit d’une variété orthoplasique très bien différenciée de carcinome malpighien. La cavité orale est une localisation classique (52-54). Dans une série très importante de 2350 cas ORL, la cavité orale représente 56% des cas et le larynx 35% (55). Elle peut se voit aussi dans les cavités nasales, œsophage, organes génitaux, région anorectale et la peau du pied. Au niveau de la cavité orale les sites les plus fréquents sont la muqueuse buccale et la gencive inférieure. L’évolution très lente (locorégionale avec destruction des structures adjacentes) fait qu’il est diagnostiqué tardivement. Ces carcinomes, qui ne métastasent pas, peuvent se transformer en un authentique carcinome infiltrant, on parle alors de carcinome épidermoïde conventionnel infiltrant avec contingent verruqueux.
Causes : HPV (sérotypes 6 et 11), tabac, prothèses dentaires mal adaptées.
Macroscopie : masse relativement volumineuse molle, bourgeonnante qui a tendance à se surinfecter, qui envahit lentement les structures adjacentes. Les métastases ganglionnaires sont rares, les métastases systémiques n’ont pas été rapportées.
Histologie : Du fait de sa très bonne différenciation et de l’absence quasi complète d’atypies ou d’activité mitotique, le diagnostic est quasi impossible sur une biopsie superficielle, les critères de malignité étant la présence de travées infiltrantes (2 ;54 ;56). Croissance exophytique et endophytique avec un épiderme hyperkératosique avec parakératose, avec de grandes papilles épaisses, en « tapis de haute laine » avec kératose épaisse ortho ou parakératosique. En surface , aspect papillomateux, à sommet pointu, avec images « en clocher d’église ». L’infiltrat inflammatoire du chorion est marqué. Les masses tumorales, dodues forment des sinus et des kystes remplis de kératine, papilles épaisses, pointues, de grande taille, importante hyperkératose ortho/parakératosique, rares mitoses atypiques, nécrose kératinocytaire ou dyskératose net infiltrat inflammatoire, membrane basale souvent conservée. Peu de glycogène intracytoplasmique (à l’opposé du kérato-acanthome et de l’hyperplasie pseudo-épithéliomateuse).L’HPV ne joue pas de rôle causal dans le carcinome verruqueux : si HPV 6 / 11 + ceci est plus en faveur d’un condylome géant que d’un carcinome verruqueux, Mod Pathol. 2012 Oct ;25(10):1354-63
, Images histologiques : #1 ; #2
Diagnostics différentiels  : nombreux avec le carcinome épidermoïde classique bien différencié, la verrue vulgaire, une papillomatose, un papillome schneiderien, ou une hyperplasie verruqueuse atypique
Le traitement de choix est l’exérèse chirurgicale, de préférence complète, l’irradiation n’est pas recommandée par tout le monde. Il existe un désaccord à ce sujet dans la littérature. Plusieurs cas ont été décrits de transformation anaplasique après irradiation. OS à 5 ans de 77.9%.

(2) Rosai J. Ackerman's surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996.

(54) Prioleau PG, Santa Cruz DJ, Meyer JS, Bauer WC. Verrucous carcinoma : a light and electron microscopic, autoradiographic, and immunofluorescence study. Cancer 1980 ; 45(11):2849-2857.

(56) Kraus FT, Perezmesa C. Verrucous carcinoma. Clinical and pathologic study of 105 cases involving oral cavity, larynx and genitalia. Cancer 1966 ; 19(1):26-38.



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