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Dysgerminome (séminome ovarien) 


Dysgerminome ( séminome ovarien)  (1-3) : Origine à partir de cellules germinales indifférenciées, dont certaines peuvent cependant parfois se différencier en K embryonnaire, provenant de la paroi du Yolk sac. De plus, le contenu en DNA est tétraploïde comme dans les cellules germinales primordiales.
Fréquence  : 1-2% des tumeurs, 3 à 5% des tumeurs malignes (4 ;5), environ la moitié des tumeurs germinales, c’est la forme de tumeur germinale qui est le plus souvent pure. La plupart du temps chez des sujets normaux (pas d’anomalie sexuelle ni caryotypique), de 7 mois à 70 ans mais surtout adolescence et adulte jeune (2ème et 3ème décennie (moyenne de 22 ans (4)) parfois avant puberté, rarement après ménopause. 80% < 30 ans, c’est avec le cystadénome la tumeur la plus fréquente de la femme enceinte assez fréquent (20 à 30 % des cas). Stade I dans 77 % des cas.
Clinique  : Comme toutes les tumeurs ovariennes, syndrome de masse avec possibilité de douleurs (parfois torsion de la tumeur), symptômes de courte durée avec tumeur souvent de grande taille. En cas d’association a une aménorrhée, il faut suspecter un gonadoblastome (6 ;7), si syndrome endocrine il faut rechercher d’autres éléments tumoraux en particulier choriocarcinome ou cellules syncitiotrophoblastiques (8) : possibilité de pseudo puberté précoce isosexuelle.

Certains dysgerminomes sont découverts fortuitement au cours du bilan d’une aménorrhée primaire et sont alors souvent associés à un gonadoblastome où à une dysgénésie gonadique. Lorsqu’il est pur, le dysgerminome ne s’accompagne pas habituellement de troubles hormonaux. Comme il s’agit de femmes jeunes, toujours effectuer un test de grossesse et rechercher une éventuelle MST et tester HCG et AFP (le plus souvent normaux).
Imagerie  : celle des tumeurs ovariennes avec échographie transvaginale on non, clichés pulmonaires dans le bilan d’extension qui dépend de la symptomatologie. Images
Macroscopie  : Le plus souvent unilatéral (85%) bilatéralité accrue si association à un gonadoblastome, taille variable de quelques cm à 50 cm (moyenne de 15 cm ; jusqu’à 50 cm (4)). La capsule est habituellement intacte, mais peut être rompue quand tumeur de très grande taille. Elle est luisante et lisse et entoure une tumeur ronde ou ovale lobulée. Consistance ferme quand taille petite à moyenne, molle quand tumeur grande. A la coupe solide, gris rose ou jaune brun, possibilité d’hémorragie et de nécrose dans les grandes tumeurs : pouvant aboutir à des espaces kystiques. Ces kystes doivent cependant faire rechercher un néoplasme associé (tératome). Images : #1, #2, #3, #3 (25 cm), #4, #5, #6, #7,
Histologie  : Grandes cellules de 15 à 25microns, régulières, rondes ou ovales, en îlots, plages avec stroma lymphocytaire, limites nettes, cytoplasme clair ou un peu éosinophile granulaire noyau central vésiculaire d’assez grande taille, régulier à un ou plusieurs nucléoles éosinophiles. Mitoses en nombre très variable selon la tumeur et la zone prélevée. Parfois présence de grandes cellules mononucléées. Possibilité de travées ou tubules solides ou creux, l’œdème associé pouvant aboutir à des aspects réticulaires ou kystiques +/- cribriformes (9)
PAS variable, la positivité peut diminuer si fixation trop prolongée qui dissout le glycogène.
Stroma formé de tissu conjonctif parfois hyalinisé avec infiltrat lymphocytaire minime ou marqué pouvant former des follicules à centre clair. Parfois plasmocytes + PNE. Parfois réaction granulomateuse avec cellules géantes de type Langhans ou à corps étrangers.

La quantité de collagène est variable et détermine l’architecture de la tumeur (nids, cordons, îlots, travées). Présence de foyers de nécrose et d’hémorragie pouvant être importants, de hyalinisation, des calcifications intra-tumorales sont parfois observées et doivent faire suspecter un gonadoblastome pré-existant.
Dans 6 à 8%, on a des cellules géantes individuelles de type syncitiotrophoblastique (HCG+) isolées ou pouvant former des masses syncitiales (10) comme dans un choriocarcinome qui doivent être différenciés des cellules géantes type Langhans, de cellules géantes tumorales et d’un choriocarcinome (absence de cytotrophoblaste) (11). La présence de ces cellules syncitiotrophoblastiques n’est pas associée à un mauvais pronostic, on peut suivre le niveau d’HCG comme dans les maladies trophoblastiques.
Les dysgerminomes peuvent être associés à d’autres tumeurs germinales, les territoires tumoraux différents pouvant être intimement mélangés ou se présenter sous forme de territoires séparés par un septum fibreux. Donc toujours rechercher une éventuelle autre composante tumorale. Images histologiques  : #1, H&E + FISH, H&E + c-kitlame virtuelle, Vidéo
Immunohistochimie  Arch Pathol Lab Med.2014 Mar ;138(3):351-62. : Le plus souvent CK – ou faible en dots avec AE1AE3 + dans 8%, rarement fortement + ce qui permet le diagnostic différentiel avec un carcinome embryonnaire ou une tumeur du Yolk sac, mais CAM5.2 (>10% des cellules) dans 20% des cas, et CK7 -, CK 20 -, EMA -, CD30 - (12), S100-, AFP-, PAX8 -. Lipides + : Phosphatase alcaline +, PlAP + (peu spécifique car + dans carcinome embryonnaire et certains Yolk sac), CD117 (peu spécifique car + dans carcinome embryonnaire et certains Yolk sac)) + (87% vs négatif dans carcinome embryonnaire et yolk sac) (13), OCT 4 + (négatif dans toutes les autres tumeurs non séminomateuses, sauf carcinome embryonnaire et éléments immatures de tératome et IGCNU) (14) utile car montre bien la nature germinale si mal fixé ou microkystique et montre bien les éléments isolés dans un stroma abondant, SOX2 + (66%). Anomalies du chromosome 12p dans 80% des cas en FISH (15) SALL4 + (16) (peu spécifique car + dans carcinome embryonnaire et certains Yolk sac et tératome immature), D2-40 + y compris si mal fixé ou nécrotique et spécifique si technique de récupération d’antigène.
Traitement   : CHL et chimiothérapie si lésion bilatérale ou évoluée (voir testicule), chez la femme jeune avec localisation unilatérale, salpingo-ovariectomie avec suivi clinique (un staging complet est nécessaire avec multiples biopsies et prélèvements ganglionnaires en particulier rétropéritonéaux qui sont le plus souvent métastasés) et traitement radio et ou chimiothérapique de toute métastase et ou récidive. La chimiothérapie est celle du séminome BEP 3 cures ou EP 4 cures, la RTE est recommandée aux stades Ib-III (voir séminome dans testicule)
Pronostic  : Croissance rapide, avec extension métastatique relativement tardive, radiosensible, du fait de la rupture parfois spontanée ou per-opératoire, possibilité d’extension péritonéale qui est de mauvais pronostic. Les métastases se font aux ganglions para-Aortiques médiastinaux et supraclaviculaires. L’atteinte systémique est plus tardive (foie, poumons, os). Dans les cas de séminomes purs, les métastases sont le plus souvent de même type histologique, mais occasionnellement l’aspect peut être celui d’une autre tumeur germinale. Le Séminome s’accompagne d’une augmentation des LDH qui permet de monitorer la tumeur. Le pronostic est favorable avec une survie à 5 ans de 75 à 90%, au stade Ia-Ic - 91%, stade III - 74%, stade III avec atteinte rétropéritonéale - 24%
Les récidives assez fréquentes se traitent bien. Facteurs de mauvais pronostic, la présence d’emboles (17), métastases, adhérences et extension aux organes de voisinage, bilatéralité et grande taille, ainsi que la présence d’un autre composant tumoral germinal rupture et extension péritonéale. La plupart des récidives ont lieu dans les 2 premières années.

Si dysgerminome sur gonades dysgénétiques, CHL du fait de l’important risque de bilatéralité et de l’absence de fonction des gonades, donc effectuer une caryotype en cas d’aménorrhée primaire ou virilisation et absence de signes sexuels secondaires. Chimiothérapie rarement utilisée.
Syndromes endocrines  : Le plus souvent absents si forme pure, mais ont été décrits une augmentation des HCG urinaires, test grossesse plus ou pseudopuberté isosexuelle précoce, il faut alors suspecter une autre composante tumorale qui n’a pas été détectée. Cependant la présences des cellules géantes multinucléées de type syncitiotrophoblastique avec activité HCG fournit une possibilité d’explication de virilisation (virilisation qui par ailleurs le plus souvent due à l’association à un gonadoblastome).

http://www.pathologyoutlines.com/topic/ovarytumordysgerminoma.html

http://emedicine.medscape.com/article/253701-overview

http://emedicine.medscape.com/article/1610927-overview

Reference List

 
 (1) Talerman A. Germ cell tumors of the ovary. In : Kurman RJ, editor. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. New-York : Springer Verlag, 2001 : 967-1033.

 (2) Young RH. New and unusual aspects of ovarian germ cell tumors. Am J Surg Pathol 1993 ; 17(12):1210-1224.

 (3) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

Ref Type : Serial (Book,Monograph)

 (4) Scully RE. Tumors of the ovary and maldeveloped gonads. second series ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1978.

 (5) Gordon A, Lipton D, Woodruff JD. Dysgerminoma : a review of 158 cases from the Emil Novak Ovarian Tumor Registry. Obstet Gynecol 1981 ; 58(4):497-504.

 (6) Williamson HO, Underwood PB, Jr., Kreutner A, Jr., Rogers JF, Mathur RS, Pratt-Thomas HR. Gonadoblastoma : clinicopathologic correlation in six patients. Am J Obstet Gynecol 1976 ; 126(5):579-585.

 (7) Scully RE. Gonadoblastoma. A review of 74 cases. Cancer 1970 ; 25(6):1340-1356.

 (8) Young RH. New and unusual aspects of ovarian germ cell tumors. Am J Surg Pathol 1993 ; 17(12):1210-1224.

 (9) Young RH. New and unusual aspects of ovarian germ cell tumors. Am J Surg Pathol 1993 ; 17(12):1210-1224.

 (10) Young RH. New and unusual aspects of ovarian germ cell tumors. Am J Surg Pathol 1993 ; 17(12):1210-1224.

 (11) Zaloudek CJ, Tavassoli FA, Norris HJ. Dysgerminoma with syncytiotrophoblastic giant cells. A histologically and clinically distinctive subtype of dysgerminoma. Am J Surg Pathol 1981 ; 5(4):361-367.

 (12) Cossu-Rocca P, Jones TD, Roth LM, Eble JN, Zheng W, Karim FW et al. Cytokeratin and CD30 expression in dysgerminoma. Hum Pathol 2006 ; 37(8):1015-1021.

 (13) Sever M, Jones TD, Roth LM, Karim FW, Zheng W, Michael H et al. Expression of CD117 (c-kit) receptor in dysgerminoma of the ovary : diagnostic and therapeutic implications. Mod Pathol 2005 ; 18(11):1411-1416.

 (14) Cheng L, Thomas A, Roth LM, Zheng W, Michael H, Karim FW. OCT4 : a novel biomarker for dysgerminoma of the ovary. Am J Surg Pathol 2004 ; 28(10):1341-1346.

 (15) Cossu-Rocca P, Zhang S, Roth LM, Eble JN, Zheng W, Karim FW et al. Chromosome 12p abnormalities in dysgerminoma of the ovary : a FISH analysis. Mod Pathol 2006 ; 19(4):611-615.

 (16) Cao D, Guo S, Allan RW, Molberg KH, Peng Y. SALL4 is a novel sensitive and specific marker of ovarian primitive germ cell tumors and is particularly useful in distinguishing yolk sac tumor from clear cell carcinoma. Am J Surg Pathol 2009 ; 33(6):894-904.

 (17) Asadourian LA, Taylor HB. Dysgerminoma. An analysis of 105 cases. Obstet Gynecol 1969 ; 33(3):370-379.

 

 



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