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Carcinome embryonnaire


Carcinome embryonnaire
Tumeurs à cellules germinales de l’ovaire (1 ;2)
Histogenèse  : Le groupe des tumeurs germinales de l’ovaire correspond, à un ensemble de lésions développées à partir des cellules germinales primordiales ; issues de la gonade embryonnaire. C’est le deuxième groupe de tumeurs en fréquence après les tumeurs épithéliales communes (environ 20 à 30 % de toutes les tumeurs ovariennes), se voit à tout âge mais surtout de la 1ère à 6ème décennie (3). Chez les enfants et adolescents elles représentent plus de 60% des tumeurs ovariennes (1/3 malin). Chez l’adulte, la grande majorité (95%) est bénigne (surtout tératomes bénins). Les tumeurs germinales de l’ovaire sont dix fois moins fréquentes que leurs homologues testiculaires (1) et constituent moins de 5 % de toutes les tumeurs malignes de l’ovaire.
Parfois de localisation extragonadique, le long de la zone de migration des cellules germinales primitives. A noter la relative fréquence de découverte en cours de grossesse, atteignant 25 % dans la série de Russel (4).
Des tumeurs germinales identiques peuvent être observées dans la gonade mâle et femelle, à l’exception du séminome spermatocytaire qui n’existe pas chez la femme.
Importance des marqueurs tumoraux au diagnostic et à la surveillance de ces malades, essentiellement l’alphafoetoprotéine (AFP) et la gonadotrophine chorionique (HCG).
En ce qui concerne les relations entre les différents types histologiques (voir testicule).
En cytogénétique : la majorité correspondant à un tératome bénin présente un caryotype normal, possibilité cependant de i12p comme dans les tumeurs testiculaires (1)

Carcinome embryonnaire (1 ;5) : C’est la forme la moins différenciée de tumeur germinale, elle peut se différencier vers le choriocarcinome, tumeur du sinus endodermique ou le tératome mature ou non. C’est une tumeur rare de l’ovaire,, environ 4 % des tumeurs germinales malignes et 5 fois plus rare que la tumeur du sinus endodermique (6), qu’elle soit pure ou composite. L’âge moyen de survenue est de 15 ans. Des signes hormonaux tels qu’une puberté précoce sont fréquemment retrouvés (60%).
Clinique  : prédominance chez sujets jeunes, peut produire de l’AFP ainsi que de l’HCG (ce qui est fréquent) car cellules syncitiotrophoblastiques et souvent choriocarcinome associé, pseudopuberté précoce isosexuelle et ménorragies (7).
Macroscopie  : aspect variable selon les composants associés (c’est le plus souvent une tumeur germinale mixte), aspect solide gris blanc, granulaire. Le plus souvent unilatéral. Tumeur volumineuse (diamètre moyen 17 cm), encapsulée, à surface lisse, de consistance molle, très hétérogène à la coupe. Elles sont souvent parsemées de kystes contenant un matériel mucoïde et de zones de nécrose et d’hémorragie.
Histogenèse : (voir testicule)
Histologie  : amas de cellules pseudo épithéliales, polyédriques de taille moyenne à grande, parfois ovoïdes avec une grande variation de taille, de forme et d’architecture, à cytoplasme abondant granulaire éosinophile, limites peu précises avec parfois agencement syncitial, grands noyaux centraux, vésiculaires, hyperchromatiques, irréguliers, à chromatine irrégulière grossière, nucléolés, ovales ou ronds et se chevauchent.
Mitoses nombreuses avec formes atypiques. Polymorphisme marqué, présence de cellules géantes multinucléées.
Présence assez fréquente de structures acinaires, tubulaires ou papillaire, les cellules étant plus ou moins régulièrement réparties autour de la lumière avec un nombre de couches variable, cette lumière pouvant être partiellement ou complètement oblitérée par des cellules. Possibilité de mésenchyme primitif. Fréquemment foyers de nécrose et d’hémorragie.
L’aspect est souvent polymorphe à l’intérieur d’une même tumeur.
Dans la forme solide on a fréquemment des cellules dégénérées à chromatine délavée qui se disposent en périphérie de groupes cellulaires ce qui entraîne une confusion possible avec des cellules syncytiotrophoblastiques et donc un diagnostic erroné de choriocarcinome. Les perméations vasculaires sont assez fréquentes.
Le stroma varie beaucoup, lâche peu abondant ou œdémateux fibreux et hyalinisé avec des zones d’hémorragie et de nécrose, parfois cependant le stroma est très cellulaire pouvant évoquer un sarcome. Possibilité de cellules syncytiotrophoblastiques isolées sans qu’il y ait du choriocarcinome associé. (8-11). A ces structures de type embryonnaire, s’associent parfois des tissus matures : cartilage, épithélium malpighien. Il n’est pas rare d’observer des ébauches plus ou moins organisées de corps embryoïdes comportant une structure bivésiculaire et un « disque » médian. Images histologiques

Métastases  : Sous forme de carcinome embryonnaire dans 96 %, de tératome dans 8 % (mature ou non, la présence d’atypies ne semblant pas avoir d’impact pronostique), de choriocarcinome dans 5 % avec atteinte essentiellement des ganglions péri-aortiques et iliaques dans 96%, du poumon dans 80 % et du foie dans 80 %, (si composante sarcomateuse, mauvais pronostic).
Immunohistochimie  Arch Pathol Lab Med.2014 Mar ;138(3):351-62 : AFP -, mais positivité possible dans 8 à 33% des cas (cellules isolées), PLAP + (86 à 97%, plus intense et focal que dans le séminome), AE1-AE3 + fort, CD30 + (80%), EMA -, ACE -. (8 ;11-13), SALL4 + (14), OCT4 +, SOX 2 +, CD117 -, glypican 3 + dans zones endodermiques
Diagnostic différentiel   :
- le dysgerminome (vs forme peu différenciée de carcinome embryonnaire) : les cellules sont cependant plus polymorphes plus grandes à limites indistinctes avec une répartition tout à fait irrégulière des noyaux, le cytoplasme est plus abondant plus dense, les mitoses sont plus fréquentes et anormales, il n’existe pas d’aspect lobulaire et peu ou pas de stroma réaction lymphoïde ou granulomateux. Les nucléoles sont multiples hyperchromatiques, contrairement au nucléole prédominant isolé éosinophile du dysgerminome. Les cellules du carcinome embryonnaire sont CK + avec parfois positivité focale de l’AFP, le dysgerminome est le plus souvent CK -, CD 30 - et AFP -, SOX2 -, mais comme le carcinome embryonnaire il est positif pour : PLAP, OCT4, SALL4.
-  séminome spermatocytique l’histologie est très particulière sauf dans la forme anaplasique.
-  YST  : mais les aspects sont très différents, les noyaux plus petits les cellules moins polymorphes avec des globules hyalins et une négativité pour les CD 30, SOX2 et OCT4 et AFP + de façon intense.
-  lymphomes à grandes cellules les sujets sont plus âgés avec une atteinte fréquemment bilatérale une croissance interstitielle une négativité pour les cytokératines, PLAP, la négativité éventuelle du CLA, B ou T n’est pas un argument formel ceci se voyant dans les lymphomes anaplasiques
Pronostic  : haute malignité, avec agressivité locale, extension dans la cavité abdominale et métastases précoces, comme pour tumeur du sinus endodermique. Du fait du caractère fréquemment unilatéral, chirurgie conservatrice, plus chimiothérapie multiple de type BEP, ce qui a nettement amélioré le pronostic.

 Reference List

 
 (1) Talerman A. Germ cell tumors of the ovary. In : Kurman RJ, editor. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. New-York : Springer Verlag, 2001 : 967-1033.

 (2) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

Ref Type : Serial (Book,Monograph)

 (3) Kurman RJ, Norris HJ. Malignant germ cell tumors of the ovary. Hum Pathol 1977 ; 8(5):551-564.

 (4) Russell P, Painter DM. The pathological assessment of ovarian neoplasms V : The germ cell tumours. Pathology 1982 ; 14(1):47-72.

 (5) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P.

Ref Type : Serial (Book,Monograph)

 (6) Kurman RJ, Norris HJ. Embryonal carcinoma of the ovary : a clinicopathologic entity distinct from endodermal sinus tumor resembling embryonal carcinoma of the adult testis. Cancer 1976 ; 38(6):2420-2433.

 (7) Kurman RJ, Norris HJ. Embryonal carcinoma of the ovary : a clinicopathologic entity distinct from endodermal sinus tumor resembling embryonal carcinoma of the adult testis. Cancer 1976 ; 38(6):2420-2433.

 (8) Damjanov I. tumors of the testis and epididymis. In : Murphy WM, editor. Urological pathology. Philadelphia : Saunders, 1997 : 342-400.

 (9) Mostofi FK, Price EB. germ cell tumors showing one histologic pattern. In : ., editor. Tumors of the male genital system. Washington : Armed force institute of pathology, 1973 : 21-67.

 (10) Ulbright TM. Germ cell neoplasms of the testis. Am J Surg Pathol 1993 ; 17(11):1075-1091.

 (11) Ulbright TM, Amin MB, Young RH. embryonal carcinoma. In : Rosai J, Sobin LH, editors. Tumors of the testis, adnexa, spermatic cord, and scotum. Washington DC : Armed forces institute of pathology, 1999 : 103-118.

 (12) Niehans GA, Manivel JC, Copland GT, Scheithauer BW, Wick MR. Immunohistochemistry of germ cell and trophoblastic neoplasms. Cancer 1988 ; 62(6):1113-1123.

 (13) Wick MR, Swanson PE, Manivel JC. Placental-like alkaline phosphatase reactivity in human tumors : an immunohistochemical study of 520 cases. Hum Pathol 1987 ; 18(9):946-954.

 (14) Cao D, Guo S, Allan RW, Molberg KH, Peng Y. SALL4 is a novel sensitive and specific marker of ovarian primitive germ cell tumors and is particularly useful in distinguishing yolk sac tumor from clear cell carcinoma. Am J Surg Pathol 2009 ; 33(6):894-904.

 

 



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