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Tumeur bénigne SAI


TUMEURS BENIGNES : (1 ;2)
Kystes d’inclusion et nids de Walthard :
Les kystes correspondent aux ainsi-nommés kystes para-tubaires qui sont des lésions très fréquentes sous forme de petits kystes au contact de la séreuse bordés de cellules ciliées et sécrétoires pouvant former des papilles, parfois revêtement mésothélial, PAX 8 +. Par un processus de métaplasie, ces cellules deviennent pseudo-épithéliales polygonales claires avec des fentes nucléaires qui correspondent aux nids de Walthard. Certains de ces nids de Walthard présentent une métaplasie cylindrique au centre.

Endométriose : sous forme de nodules de la paroi ou séreuse, musculeuse, indemne, on retrouve le plus souvent de l’endométriose ailleurs. Parfois cela correspond à une extension d’endomètre à partir de la corne utérine, se voit souvent après ligature de trompe.
Elle peut s’accompagner de Salpingiose pseudoxanthomateuse avec accumulation dans le chorion de macrophages riches enlipofuchsine. NB : PAX 8 + (voir col). Imagerie : #0, #1, histologie http://pathologyoutlines.com/fallopiantubes.html#endometriosis

Une réaction déciduale peut se voir après ligature tubaire (la ligature se traduisant par une dilatation de la partie proximale, formation de pseudo-polypes et inflammation chronique, plis épaissis dans la trompe distale) lors de césarienne ou après hormonothérapie. Des nodules séreux se voient (5.5%) après ligature tubaire AJSP 1987 ;11:526

Histologie : petits nodules de cellules déciduales au niveau du chorion, couvertes par un épithélium aplati ou inflammé
http://pathologyoutlines.com/fallopiantubes.html#decidual

Tumeurs épithéliales : (1 ;2 ;6)

Les papillomes épithéliaux ou polypes sont rares (axe stromal fin arborisé, bordé par une seule couche de cellules cylindriques non ciliées ou oncocytaires à noyaux réguliers). Possibilité de tumeur métaplasique papillaire avec métaplasie éosinophile ou mucineuse d’architecture papillaire, correspondant probablement à un phénomène réactionnel. Ont été décrits des lésions épithéliales prolifératives avec hypercellularité, chevauchement nucléaire, atypies minimes à modérées, papilles, quelques mitoses, qui pourraient correspondre à un état prénéoplasique (pas de cas décrit dégénéré). Cystadénomes papillaires dans le cadre de phacomatose de Von Hippel-Lindau (7 ;8), cystadénomes mucineux bénins ou frontières dans le cadre d’un Peutz-Jeghers ou papillomes sont rares. Présence d’adénofibromes et cystadénofibromes (moyenne 49 ans), le plus souvent découverte accidentelle lors d’une intervention, masse bien limitée, isolée (6).
Possibilité également de polypes endométrioïdes (bilan de stérilité ou GEU)
Les tératomes tubaires sont rares, ce sont des tumeurs plus souvent kystiques, solides qui sont de taille très variable allant de 1 à 20 cm de grand axe,chez des patientes nullipares sous forme d’une lésion polypoïde parfois murale +/- solide ou kystique, de taille très variable. Leur histologie est classique, le plus souvent mature (9) rarement immature (10).

Tumeurs mésodermiques  : (1 ;2)

On peut observer la présence de rares léiomyomes tubaires. La tumeur la plus fréquente au niveau de la trompe est la tumeur adénomatoïde qui mesure d’habitude entre 1 à 2 cm de grand axe et se présente sous forme de nodules de la séreuse de couleur blanche ou jaune.
L’histologie est classique : multiples petites cavités en fentes ou ovoïdes bordées par une monocouche de cellules cubiques basses ou de cellules aplaties de type endothélial, possibilité d’hyperplasie musculaire marquée qui peut faire errer le diagnostic. Images histologiques : #0, #3, #2, >#1
Ont été décrits, de façon rare, des hémangiomes, des lipomes, léiomyomes, adénomyomes, angiomyolipomes, adénofibromes (11), des tumeurs des cordons sexuels à tubules annelés (12) et des tumeurs nerveuses des trompes , ainsi que des tératomes , d’histologie classique (voir ovaire).

Ligament large(1 ;2 ;6)

Restes surrénaliens : quand ils sont recherchés attentivement, ils peuvent être retrouvés dans 1/5ème des cas, apparaissant macroscopiquement sous forme de petits nodules ou disques jaunes.
Tumeurs Wolfiennes(1 ;3 ;6 ;19 ;20 ;22a)
Surtout dans le ligament large mais rarement dans l’ovaire et le rétropéritoine. Se voit de 15 à 81 ans (moyenne 47 ans), le plus souvent asymptomatique.
Macroscopie  : tumeur unilatérale de 1 à 25 cm (moyenne 8 cm), solide ou kystique, fixée à la trompe par un pédicule, ronde à surface bosselées ; gris-blanc, ferme à rugueux. Image
Histologie  : cellules cubocylindriques, voire fusiformes ou aplaties dans les kystes, agencées de façon diffuse, tubulaire, trabéculaire ou kystique. Le PAS montre une membrane basale autour des tubes qui sont creux ou pleins. On peut rechercher des atypies et mitoses, mais l’absence de ceux-ci ne permet pas d’exclure la malignité. De rares tumeurs Wolfiennes se sont accompagnées de métastases ou de récidives. Images histologiques : #0, #1

Immunohistochimie : CK +, vimentine +, calrétinine + (90%), inhibine + (68%), CD 10 +, EMA -, RE/RP -, CK 20 –, EMA, ACE -, S100 -, B72.3 -

Diagnostic différentiel : se fait avec tumeur de Sertoli ou adénocarcinome endométrioïde (RE/RP +)
http://pathologyoutlines.com/fallopiantubes.html#femaleadnexal

Il existe une autre tumeur Wolfienne rare qui est le cystadénome papillaire, qui est associé à une maladie de Von Hippel Lindau (voir phacomatose) (6 ;7). Lésion kystique polypoïde.

Histologie : structure papillaire arborisée, complexe, monocouche de cellules non ciliées cuboïdes à cytoplasme vacuolisé

Tumeurs mullériennes (2 ;3 ;6) : Ce sont les moins rares, ont été décrits des cystadénomes séreux ou d’un autre type mullérien au niveau du ligament large, rares cas de tumeurs de Brenner, associés ou non à des cystadénomes mucineux ou séreux. Les rares tumeurs mucineuses souvent associés à d'autres localisations gynécologiques ou à un Peutz-Jeghers (21). Rares tumeurs séreuses borderline sans lésion ovarienne associée (22). Rares carcinomes mullériens dans le ligament large dont certains sont associés à une endométriose. Le cystadénome séreux peut être distingué d’un kyste par sa paroi épaisse constituée d’un stroma cellulaire (comme le stroma ovarien).

Tumeurs diverses (2 ;3 ;6) : Ont été décrites par ailleurs de rares tumeurs germinales (tératome mature AJSP 1993 ;17:1187, immature) ou des cordons sexuels, ainsi que des tumeurs des tissus mous (surtout léiomyomes et lipomes, les sarcomes sont très rares, surtout léiomyosarcomes. Rares cas de masse pseudo utérine (6), masse pelvienne parfois extra ovarienne kystique dont la partie interne présente des glandes endométriales dans un stroma endométrial ressemblant à de l’endomètre, la couche externe est formée de muscle lisse

L’épendymome (6 ;23) est exceptionnel, solide ou multikystique.

Histologie : papilles bordées de cellules aplaties à cylindriques, ciliées, avec des noyaux centraux ou apicaux qui font saillie dans les lumières, dans les zones plus solides, formation de rosettes et pseudorosettes, possibilité de psammomes.
Immunohistochimie : GFAP +, CK +, vimentine +

(1) Wheeler JE. Diseases of the fallopian tube. In : Kurman RJ, ed. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. 5th ed. New-York : Springer Verlag ; 2001. p. 617-48.
(2) Rosai J. Ackerman’s surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996.
(3) Thor AD, Young RH, Clement PB. Pathology of the fallopian tube, broad ligament, peritoneum, and pelvic soft tissues. Hum Pathol 1991 ; 22(9):856-67.
(4) Kurman RJ.Kurman RJ, ed. Blaustein’s pathology of the female genital tract. third ed. New York : Springer verlag ; 1987.
(6) Pathology and Genetics of Tumor of the Breast and Female Genital Organs. International Agency for Research on Cancer (IARC) - Lyon, 13-112. 2003. IARC Press. WHO Classification of Tumors. Tavassoli, FA and Devilee, P
(7) Korn WT, Schatzki SC, DiSciullo AJ, Scully RE. Papillary cystadenoma of the broad ligament in von Hippel-Lindau disease. Am J Obstet Gynecol 1990 ; 163(2):596-598.
(8) Gersell DJ, King TC. Papillary cystadenoma of the mesosalpinx in von Hippel-Lindau disease. Am J Surg Pathol 1988 ; 12(2):145-149.
(9) Kutteh WH, Albert T. Mature cystic teratoma of the fallopian tube associated with an ectopic pregnancy. Obstet Gynecol 1991 ; 78(5 Pt 2):984-986.
(10) Baginski L, Yazigi R, Sandstad J. Immature (malignant) teratoma of the fallopian tube. Am J Obstet Gynecol 1989 ; 160(3):671-672.
(11)Kanbour AI, Burgess F, Salazar H. Intramural adenofibroma of the fallopian tube. Light and electron microscopy. Cancer 1973 ; 31(6):1433-1439.
(12) Griffith LM, Carcangiu ML. Sex cord tumor with annular tubules associated with endometriosis of the fallopian tube. Am J Clin Pathol 1991 ; 96(2):259-62.
(19) Taxy JB, Battifora H. Female adnexal tumor of probable Wolffian origin : evidence of a low grade malignancy. Cancer 1976 ; 37(5):2349-2354.
(20) Kariminejad MH, Scully RE. Female adnexal tumor of probable Wolffian origin. A distinctive pathologic entity. Cancer 1973 ; 31(3):671-677.
(21) Seidman JD. Mucinous lesions of the fallopian tube. A report of seven cases. Am J Surg Pathol 1994 ; 18(12):1205-1212.
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(22a) Prasad CJ, Ray JA, Kessler S. Female adnexal tumor of wolffian origin. Arch Pathol Lab Med 1992 ; 116(2):189-191.
(23) Bell DA, Woodruff JM, Scully RE. Ependymoma of the broad ligament. A report of two cases. Am J Surg Pathol 1984 ; 8(3):203-209

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