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Carcinome squameux (épidermoïde, squameux)


Carcinome squameux
NB les carcinomes malpighiens buccaux sont souvent EBV + en Orient (mRNA, PCR, RT-PCR, Immunohistochimie) (47).
Le HPV est responsable d’une proportion importante de carcinomes oropharyngés (40 à 80%) Cancer. 2013 Dec 15 ;119(24):4215, et est fortement corrélé à l’hygiène buccale (parodontopathie).Les facteurs de risque de HPV sont : sexe masculin, tabagisme, marijuana, sexe oral, hygiène orale.
Mise en évidence d’HPV 16 dans 35% des carcinomes de la cavité buccale, p53 + dans 24% des cas (sans rapport avec le statut HPV) (48), dans 1 étude de 5046 cas de malpighiens ORL, prévalence de HPV de 26% Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2005 Feb ;14(2):467-75, (surtout oropharynx (amygdales 36 à 72% de prévalence de HPV). Corrélation p16 / HPV si carcinome malpighien, en dehors du col utérin, étude de 137 carcinomes malpighiens, p16 + dans 54/137 dont 74% des carcinomes oropharyngés, 19% des ORL non oropharyngés dont 30% si carcinome oesophagien, 35% des poumons, 40% si cutané, 30/54 cas sont HPV haut risque + dont 96% de l’oropharynx, 63% si ORL non oropharyngé, 17% si œsophage, 0% si poumon / peau Hum Pathol. 2011 Aug 11
Evaluation de p16 Am J Surg Pathol. 2016 Sep ;40(9):1261-9 : si >75% de cellules p16 + ou >50% avec > confluence 25%, bonne corrélation avec la survie et le tableau clinique. Très souvent non kératinisant Am J Surg Pathol. 2016 Aug ;40(8):1117-24 p 16 + dans 92% (très souvent HPV +) vs 23% si kératinisant
Augmentation d’incidence de l’HPV de 35% à 72%, surtout chez les hommes, dans les carcinomes oropharyngés en 50 ans, détecté en FISH et en IHC par p16, avec augmentation des formes non kératinisantes de 28 à 67% + fréquent en base de langue vs amygdales Hum Pathol. 2012 Jan ;43(1):17-22, alors que l’incidence des cancers non liés à l’HPV diminue depuis 1983. L’augmentation de l’incidence des cancers de l’oropharynx est liée aux HPV. On peut réaliser une FISH (très corrélée à la RT-PCR) recherchant le mRNA E6/E7 de l’HPV transcriptionnellement actif (fortement corrélée à p16 (+ dans 94% des cas HPV + vs 9% des cas HPV -). Sur une série de 282 cancers ORL, positivité de la FISH HPV dans 17%, dont 56% des oropharyngés, 29% des carcinomes sinonasaux vs 1% des autres carcinomes ORL Am J Surg Pathol. 2012 Dec ;36(12):1874-82, dont 90% par le sous-type HPV16. L’infection par l’HPV est un facteur pronostique indépendant. Intérêt de la vaccination anti-HPV pour diminuer le nombre de ces cancers ? Risque moindre de HPV chez les alcooliques (RR = 0,17 ; IC95 : 0,05-0,61) et les fumeurs (RR = 0,16 ; IC95 : 0,02-1 ,4) mais effet synergique majeur avec RR pour les patients infectés par l’HPV passant de 19,4 (IC95 : 3,3­113,9) pour les petits consommateurs de tabac et d’alcool à 33,6 (lC95 : 13,3-84,8) pour les gros consommateurs.
L’HPV ne joue pas de rôle causal dans le carcinome verruqueux : si HPV 6 / 11 + ceci est plus en faveur d’un condylome géant que d’un carcinome verruqueux, Mod Pathol. 2012 Oct ;25(10):1354-63
Les tumeurs sur HPV sont différentes de celles liées au tabac et à l’alcool, qui présentent un fort taux de mutation de p53 contrairement aux cancers liés à l’HPV. Ces virus contiennent 2 oncogènes, E6 mso-font-width:86%’>et E7 qui inhibent respectivement p53, et Rb, 2 protéines anti-oncogènes. Ainsi, la famille Rb est inactivée, le facteur E2F libéré, la cellule entre en phase S. Rb régule négativement p16, p16 qui peut être détectée en immunohistochimie et est corrélée à l’infection par l’HPV. On distingue :
- le groupe des patients alcooliques ou fumeurs avec tumeurs HPV négatives, mutations de p53 et inactivation de p16 ;
- le groupe de patients alcooliques / fumeurs, infectés par l’HPV avec tumeurs HPV +, activation de p16 et mutations de p53 ;
- le groupe des patients ni buveurs ni fumeurs, infectés par l’HPV, avec tumeurs HPV +, sans mutation de p53 et avec activation de p16.
Les cancers HPV + sont : chez des sujets un peu plus jeunes (5 à 10 ans plus tôt que les autres cancers, en moyenne), chez des non consommateurs d’alcool ou de tabac, souvent peu différenciés, surtout de l’oropharynx (localisation où on peut proposer une recherche systématique de HPV, mais pas ailleurs) (carcinome non kératinisant d’aspect basaloïde dont le basaloïde squameux, le carcinome indifférencié, squameux papillaire, rare composante endocrine ou glandulaire (sans intérêt pronostique sauf si anaplasique à petites cellules et neuroendocrine à grandes cellules), de petite taille mais avec avec envahissement ganglionnaire important (aspect de N+ sans porte d’entrée), mitoses ++, nécrose, peu de kératinisation, infiltrat lymphoïde Arch Pathol Lab Med.2014 Jun ;138(6):731-44..

Sur cytoponction de N+, amas cohésifs cellulaires, syncitiaux de cellules primitives à N/C augmenté. Description d’une variante ciliée, très rare avec des N+ kystiques parfois sans porte d’entrée et donc confusion avec un kyste branchial qui sera HPV16 - (la présence de cils ne signifie pas automatiquemnt la bénignité). Dans le primitif composante non kératinisante et des kystes / microkystes bordés de cellules cylindriques ciliées, les 2 composantes sont HPV + Am J Surg Pathol. 2015 Nov ;39(11):1591-5.
 
Leur pronostic semble cependant meilleur, avec survie de 131 mois vs 20 (p < 0,001), et une réduction du risque de décès de 69% après ajustement sur les autres facteurs pronostiques. La différence semble plus importante chez les patients irradiés. Malgré un stade locorégional plus avancé, meilleure réponse à la radiochimiothérapie / erbitux. Ce sont des carcinomes avec peu d’in situ associé, souvent carcinome malpighien peu différencié, non kératinisant parfois basaloïde, les N+ sont souvent kystiques, possibilité de forme papillaire de carcinome malpighien, voire de carcinome lympho-épithélial (UCNT) EBER1 -, p16 +, HPV16/18 +
Dans un contexte de carcinome lié à l’HPV, série de 157 cas OS à 3 et 5 ans 93 et 89%. Les facteurs de pronostic sont : âge avancé (significatif à chaque décennie), T, tabagisme/alcoolisme persistant Cancer. 2013 Oct 1 ;119(19):3462-71
Corrélation entre mauvaise hygiène / santé buccale et prévalence de HPV (accrue si pathologie gingivale et problèmes dentaires. Un suivi de 5000 personnes / an avec évaluation de 37 sérotypes de HPV dans la bouche, en tenant
compte de facteurs confondants dont marijuana, tabac, sex oral Cancer. 2013 Dec 15 ;119(24):4215.
Immunohistochimie : si peu différencié, CK 5/6 +, p63 + dans formes peu différenciées. carcinome malpighien de joue
Génétique : Mise en évidence de LOH en D9S168 et D9S171 (p16/p14ARF) marqueurs sur le chromosome 9p21-22 dans tous les sous-types. Anomalies en 3p, 4p, 8p, et 11p dans certains sous-types, les LOH sont moins fréquentes dans les sous-types moins agressifs (verruqueux, papillaire, bien différencié conventionnel) que dans les formes agressives (basaloïde, sarcomatoïde, et conventionnel de haut garde). Les LOH en 11p et 3p sont corrélées à l’age, stage, N, pronostic (49).
Extension et métastases : l’extension est liée en grande partie au site anatomique. A signaler que des tumeurs de la paroi latérale ou ventrale de la langue ont tendance à rester localisées relativement longtemps avant de finir par envahir le plancher de la bouche et la racine de la langue. Les métastases ont lieu essentiellement par voie lymphatique. La distribution des ganglions est dépendante bien sûr de la localisation du primitif.
Facteurs pronostiques : essentiellement le stade (si N+ la présence de ruptures capsulaires et de multiples N+ est de mauvais pronostic (50)), la localisation et le grade microscopique. Un index semble déterminer des groupes à risque différent de récidive plus pertinent que la qualité des limites d’exérèse, cet index combine la présence de perméations nerveuses, la stroma réaction inflammatoire et le type d’infiltration tumorale (si infiltration diffuse ou en files indiennes de mauvais pronostic ainsi que l’absence de stroma réaction et la présence de perméations vasculaires (51)
Pronostic : les taux globaux de survie à 5 ans sont d’environ 90% pour les carcinomes de la lèvre inférieure, 60% pour la langue antérieure, 40% pour la langue postérieure, le plancher de la bouche, amygdales, gencive et palais dur et 20 à 30% pour le palais mou.
Etude de 2738 cancers oraux sur 2 décennies différentes. Dans la décennie la plus récente, les tumeurs sont plus avancées avec plus de curages ganglionnaires et de RTE, mais meilleure OS à 5 ans de 59 à 70% et meilleure DFS 69 à 81% Cancer. 2013 Dec 15 ;119(24):4242-8.
Le carcinome épidermoïde papillaire (exophytique) : peu fréquent, de bon pronostic, de la bouche, larynx, les atypies permettent de les différencier des papillomes, peu de kératinisation, à distinguer d’une papillomatose ou carcinome verruqueux
Carcinome épidermoïde acantholytique : qui du fait de l’importante acantholyse présente des cavités pseudoglandulaires et peut donc être confondu avec una dénocarcinome voire un angiosarcome.

(2) Rosai J. Ackerman’s surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996.
(47) Shimakage M, Horii K, Tempaku A, Kakudo K, Shirasaka T, Sasagawa T. Association of Epstein-Barr virus with oral cancers. Hum Pathol 2002 ; 33(6):608-614.

_ (48) Shindoh M, Chiba I, Yasuda M, Saito T, Funaoka K, Kohgo T et al. Detection of human papillomavirus DNA sequences in oral squamous cell carcinomas and their relation to p53 and proliferating cell nuclear antigen expression. Cancer 1995 ; 76(9):1513-1521.

_ (49) Choi HR, Roberts DB, Johnigan RH, Sturgis EM, Rosenthal DI, Weber RS et al. Molecular and clinicopathologic comparisons of head and neck squamous carcinoma variants : common and distinctive features of biological significance. Am J Surg Pathol 2004 ; 28(10):1299-1310.

_ (50) Greenberg JS, Fowler R, Gomez J, Mo V, Roberts D, el Naggar AK et al. Extent of extracapsular spread. Cancer 2003 ; 97(6):1464-1470.

_ (51) Brandwein-Gensler M, Teixeira MS, Lewis CM, Lee B, Rolnitzky L, Hille JJ et al. Oral squamous cell carcinoma : histologic risk assessment, but not margin status, is strongly predictive of local disease-free and overall survival. Am J Surg Pathol 2005 ; 29(2):167-178.

 

 



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