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Carcinome basaloïde squameux


Carcinome basaloïde squameux (Archives 1995 ;119:181, Hum Path 1998 ;29:609, Hum Path 1986 ;17:1158, Arch Pathol Lab Med.2014 Jun ;138(6):731-44)  : variante agressive de carcinome squameux avec prédilection marquée pour le tractus aérodigestif supérieur (base de langue, hypopharynx, le larynx supraglottique, cavité buccale, œsophage) ainsi que dans le rectum, poumon, thymus, nasopharynx et le col utérin. Rare, < 200 cas décrits, moyenne de 62 ans (27-88 ans), 88% hommes, 92% fumeurs, 88% buveurs. Les cancers oropharyngés liés au HPV ont un aspect basaloïde ou verruqueux, un âge plus jeune au diagnostic, un comportement sexuel avec des rapports sexuels et oraux et un meilleur pronostic comparé à leur homologue HPV-négatif (H/F = 1). Ils sont plus fréquents chez les femmes et les non-fumeurs / non-alcooliques, d’incidence croissante (canal anal, œsophage). 75% des carcinomes squameux basaloïdes oropharyngés versus 0% de ceux laryngés ou hypopharyngés sont HPV + (sujets + jeunes avec meilleur pronostic) Hum Pathol. 2010 Jul ;41(7):1016-23
Macroscopie  : non végétant, infiltrant, induré
Histologie , îlots tumoraux solides, lobules ronds / polycycliques avec palissades périphériques et membranes basales épaisses montrant de façon multifocale des microkystes et des territoires de différenciation squameuse infiltrante ou in situ (cytoplasme en cadre, ponts d’union, perles de kératine). Cellules basaloïdes avec peu de cytoplasme, polymorphisme modéré, noyaux hyperchromatiques ovalaires, nécrose de cellules isolées ou comédonécrose fréquents ; composante in situ de surface associée, mitoses ++, stroma hyalinisé ou myxoïde pouvant mimer une tumeur des glandes salivaires, invasion vasculaire / lymphatique fréquente, neurotropisme plus rare. Les microkystes contiennent un matériel mucoïde ou hyalin donnant un aspect similaire au carcinome adénoïde kystique. De rares cas ont une composante à cellules fusiformes (1)(31) ou des pseudorosettes. Présence d’un contingent de carcinome épidermoïde conventionnel in situ ou infiltrant.
Pronostic  : agressif, probablement lié au stade et non au type histologique (5), 68% de N+ au diagnostic, 77% stade III/IV, survie moyenne de 18 mois.

La présence d’HPV semble associée à un jeune âge (< 40 ans) et est de meilleur pronostic.
Images histologiques  : #0, #1, Lame virtuelle

Immunohistochimie  : CK + (CK5/6), ACE +(38 à 53%), 34betaE12 + (100%) en particulier dans le contingent basaloïde, EMA + (83%), AE1/AE3 ou CAM 5.2 + (80%), ACE + (53%), S100 + (39%), NSE -, Chromogranine A- (6), synaptophysine -, HMB 45 -,actine-, GFAP -, CD117 -, p63 + diffus dans près de 100 % des cellules basaloïdes. Carcinome basaloïde squameux (CBS) versus carcinome basocellulaire avec métaplasie squameuse (CBCm) Arch Pathol Lab Med. 2013 Nov ;137(11):1591-8 : ce dernier est nettement plus souvent BerEp4 +, CK17 + et CK14 +, les CBCm sont diffusément + pour les marqueurs dans 58% vs 0 % si CBS et 98% sont diffusément + pour CK17 et CK14 vs 8% si CBS.
Diagnostics différentiels : carcinomes neuroendocrines (à petites cellules), carcinomes adénoïdes kystiques (à cause des formations pseudoglandulaires / dépôts hyalins et mais les ACC ne sont pas associés à une composante épidermoïde conventionnelle, pas de continuité avec le revêtement sus-jacent, pas de dysplasie ou in situ, peu de différenciation malpighienne, polymorphisme moins net), l’absence de cellules myoépithéliales (positives pour l’actine muscle lisse) et la présence d’une expression mouchetée de la vimentine dans les BSCC permet de les distinguer des ACC Le marquage par les CK de haut PM est discriminant : CK 5/6 et 34βE12 sont - dans la majorité des neuroendocrines et +++ dans tous les BSCC et ACC.
Carcinomes épidermoïdes peu différenciés, carcinomes indifférenciés à petites cellules, carcinomes mucoépidermoïdes / adénosquameux (mucicarmin + PAS diastase-résistant), carcinome indifférencié sinonasal, carcinome nasopharyngé / carcinome médian NUT1 +, améloblastome périphérique (2-4).

Carcinomes épidermoïdes peu différenciés, carcinomes indifférenciés à petites cellules, carcinomes mucoépidermoïdes / adénosquameux (mucicarmin + PAS diastase-résistant).

 

 Carcinome basaloïdeCarcinome neuroendocrine à petites cellulesCarcinome adénoïde kystique
Morphologie  
Croissance lobulaire Diffuse ± lobulaire et/ou trabéculaire Diffuse mais presque toujours associée à une composante tubulaire classique et une composante cribriforme
Cellules myoépithéliales - - +
Hyalinisation stromale + - ++
Noyaux hyperchromatique Aspect poivre et sel de la chromatine anguleux hyperchromatiques
Mitoses ++ ± + ±
Nucléoles ± - -
Espaces pseudo-kystiques + - ±
Palissade + - -
Contingent épidermoïde conventionnel (in situ ou invasif) + - -
Adénopathies + ± -
Traits cribriformes focalement - focalement
Engainements périnerveux ± - +++
Nécrose + Fréquent et spécifique (comédonécrose) + fréquent ± rare
Mucicarmine (dépôts hyalins) - - ±
PAS (dépôts hyalins) + - +
p53 + + -
Vimentine Expression mouchetée ponctuelle   + diffuse
p63 +++ forte et diffuse ++ forte et diffuse clairsemée
S-100 + focale, cellules clairsemées (cellules dendritiques) + cellules clairsemées +++ diffus
Anti-Synaptophysine, chromogranine, ou NCAM - ++ -
anti-cocktail de cytokératine CAM 5.2 ou AE1-AE3 + + expression mouchetée ponctuelle +
CK 5/6 +++ forte et diffuse, cytoplasmique circonférentielle - ou très focale +++
34BE12 +++ forte et diffuse, cytoplasmique circonférentielle ± +++
Facteur de transcription thyroïdien (TTF1) - ± -

Pronostic  : mauvais car plus de métastases (41 % versus 6 % dans le carcinome malpighien, 68% de N+ au diagnostic, 77% stade III/IV, survie moyenne de 18 mois) , probablement lié au stade et non au type histologique (5), mais bonne réponse relative aux traitements locorégionaux (RTE, traitements radiochimiothérapiques), un suivi par scanner corps entier ou TEP est souhaitable tous les six mois pendant les 2, voire 5, premières années. La présence d’HPV semble associée à un jeune âge (< 40 ans) et est de meilleur pronostic.

Rares cas avec composante à cellules fusiformes (31).

http://www.pathologyoutlines.com/oralcavity.html#basaloidscc

 
Reference List

 (1) Muller S, Barnes L. Basaloid squamous cell carcinoma of the head and neck with a spindle cell component. An unusual histologic variant. Arch Pathol Lab Med 1995 ; 119(2):181-182.

 (2) Banks ER, Frierson HF, Mills SE, George E, Zarbo RJ, Swanson PE. Basaloid squamous cell carcinoma of the head and neck. A clinicopathologic and immunohistochemical study of 40 cases. Am J Surg Pathol 1992 ; 16(10):939-946.

 (3) Gardner DG. Peripheral ameloblastoma : a study of 21 cases, including 5 reported as basal cell carcinoma of the gingiva. Cancer 1977 ; 39(4):1625-1633.

 (4) McKay MJ, Bilous AM. Basaloid-squamous carcinoma of the hypopharynx. Cancer 1989 ; 63(12):2528-2531.

 (5) Luna MA, el Naggar A, Parichatikanond P, Weber RS, Batsakis JG. Basaloid squamous carcinoma of the upper aerodigestive tract. Clinicopathologic and DNA flow cytometric analysis. Cancer 1990 ; 66(3):537-542.

 (6) Coppola D, Catalano E, Tang CK, Elfenbein IB, Harwick R, Mohr R. Basaloid squamous cell carcinoma of floor of mouth. Cancer 1993 ; 72(8):2299-2305.

  (31) Forastiere A, Koch W, Trotti A, Sidransky D. Head and neck cancer. N Engl J Med 2001 ; 345(26):1890-1900.

 



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