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Prostatite granulomateuse


Prostatite granulomateuse : moins de 1% des pathologies bénignes prostatiques. Se voit de 18 à 86 ans (moyenne de 62 ans). On n en distingue 4 variétés : non spécifique, infectieuse, post-biopsique et systémique. image1, image2
Formes rares : xanthogranulomateuse (histiocytes spumeux) et sarcoïdose
- La variété non spécifique représente à elle seule environ 90% des cas. Il s’agit d’une pathologie rare avec une incidence estimée à 0,5%, survenant à tout âge de 18 à 86 ans et surtout entre 50 et 70 ans avec des antécédents d’infections urinaires dans 70% des cas. Symptomatologie d’obstruction urinaire avec dans 50% des cas, fièvre et frissons, pyurie dans 80% des cas et hématurie dans 50% des cas. Au toucher rectal, prostate indurée avec parfois augmentation des PSA d’où une suspicion de cancer prostatique.
Histologie non spécifique avec une inflammation chronique de lymphocytes et plasmocytes plus ou moins riche en histiocytes +/- spumeux, +/- épithélioïdes, et en cellules géantes multinucléées avec une composante variable d’inflammation aigü. Avec l’évolution cet infiltrat peut devenir nodulaire de façon variable et fibreux avec des restes de glandes ± dilatées. Dans la forme non spécifique, on n’observe pas ou peu de granulomes tuberculoïdes.
- Dans la forme infectieuse, bactéries, champignons, parasites, et virus (surtout champignons et Mycobacterium tuberculosis), l’inflammation est plus granulomateuse, entourant des glandes intactes. Ceci peut se voir lors d’instillation intravésicale de BCG pour carcinome urothélial (possibilité d’augmentation de la PSA, d’un toucher rectal anormal et d’anomalies à l’échographie). Ces granulomes sont fréquemment (50%) Ziehl + (la prévalence de la prostatite granulomateuse étant d’environ 22% lors du traitement par BCG). Absence de nécessité de traitement.
De rares cas ont été décrits d’infections fongiques par blastomycose, coccidioïdomycose, histoplasmose, paracoccidioïdomycose, brucellose, aspergillose, candidose et cryptococcose (plus souvent sous forme d’inflammation purulente que granulomateuse).


Tableau 1. Classification des prostatites granulomateuses
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Formes Infectieuses
Bactérienne : Tuberculose, Brucellose, Syphilis
Fongique : Coccidioïdomycose, Cryptococcose, Blastomycose, Histoplasmose, Paracoccidioïdomycose
Parasitaire : Schistosomiase, Echinococcose, Entérobiase, Linguatulose
Virale : Herpes Zoster
Formes iatrogènes : Post-chirurgical, Post-radiothérapique, BCG-induit
Malacoplasie
Maladies granulomateuses systémiques : Allergique (éosinophilie), Sarcoïdose, Rhumatoïde, Vasculaire-Autoimmune, Granulomatose de Wegener, Polyarthrite rhumatoïde, Granulomatose lymphocytaire vasculaire bénigne (BLAG)
Idiopathique (non spécifique)

Tuberculose : Imagerie médicale : Images histologiques

PathologieInfectieuxPost-biopsieNon spécifiqueSystémique
Distribution éparpillé Suite à chirurgie ou cautérisation Lobulocentrique éparpillé, parfois centre par vaisseaux
Forme Rond, petit ou grand Irrégulier, en coin, serpigineux, linéaire, stellaire Glandes / acini Rond, petit ou grand
Nécrose Nécrose et caséation Nécrobiotique, infarctlike avec contours fantomatiques sans caséation Nécrose non caséeuse, parfois éosinophile
Composant inflammatoire Mixte avec nombreuses cellules géantes multinucléées et histiocytes épithélioïdes Mixte avec PNE dans lesions précoces près des granulomes Mixte avec PNE en nombre variable près des granulomes Mixte avec PNE dispersés
Vascularite Secondaire à l’inflammation adjacente Contours fantomatiques des vaisseaux piégés dans les zones nécrobiotiques Souvent absent Parfois vascularite primitive

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La malacoplasie est une forme particulière de prostatite granulomateuse avec des corps de Michaelis Gutman. Elle est due à un défaut de phagocytose, se voit dans de nombreux organes mais surtout dans la vessie. En macroscopie, plaques confluantes molles brun-jaune à bords érythémateux et à centre ombiliqué. Cette pathologie s’observe à tout âge avec une prédominance féminine nette (4/1), prédominant dans le chorion avec des plages histiocytes associés à un nombre variable de lymphocytes, plasmocytes, polynucléaires et des corps de Michaelis Gutman (particules intra ou extra cellulaires minéralisées en cibles de 2 à 10 microns, PSA +, Perls +,Von Kossa +, PAS +, rouge alizarine+ (calcifications) (5). image1

- Dans la forme post-biopsie AJSP 1984 ;8:217 : les granulomes sont bien organisés autour d’une nécrose fibrinoïde avec des histiocytes en palissades, ceux-ci ressemblent à un nodule rhumatoïde. En cas de résection récente, possibilité de nombreux PNE autour du granulome (absence de micro-abcès éosinophile) (6 ;7). image1

[ - Formes systémiques : dans les vascularites granulomateuses (sarcoïdose, Wegener, Churg et Strauss) ou des pathologies allergiques telles que l’asthme (prostatite granulomateuse allergique) = pathologie très rare (<20 cas, présence souvent d’éosinophilie sanguine et de granulomes systémiques. On y pense en cas d’inflammation avec de nombreux polynucléaires éosinophiles diffus ou en micro-abcès. Cette forme est très rare
Diagnostic différentiel : il ne faut pas confondre prostatite granulomateuse et carcinome peu différencié surtout en cas de prédominance d’histiocytes épithélioïdes sans véritable granulome ni composante inflammatoire, en particulier si ces histiocytes comportent des noyaux dystrophiques nucléolés. Ce diagnostic différentiel est facilité grâce à l’immunohistochimie avec une négativité pour les cytokératines, la PSA, la PSAP, une positivité pour le lysozyme (8).
Forme xanthogranulomateuse, accumulation lobulocentrique de lymphocytes, plasmocytes, voire PNN et PNE, nombreux macrophages spumeux parfois en plages. Présence de cellules géantes multinucléées isolées ou en granulomes.

(5) Hartman DS, Davis CJ, Lichtenstein JE, Goldman SM. Renal parenchymal malacoplakia. Radiology 1980 ; 136(1):33-42.
(6) Kopolovic J, Rivkind A, Sherman Y. Granulomatous prostatitis with vasculitis. A sequel to transurethral prostatic resection. Arch Pathol Lab Med 1984 ; 108(9):732-3.
(7) Hedelin H, Johansson S, Nilsson S. Focal prostatic granulomas. A sequel to transurethral resection. Scand J Urol Nephrol 1981 ; 15(3):193-6.
(8) Presti B, Weidner N. Granulomatous prostatitis and poorly differentiated prostate carcinoma. Their distinction with the use of immunohistochemical methods. Am J Clin Pathol 1991 ; 95(3):330-4.



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