» PROSTATE Atrophie

Atrophie




L’atrophie Arch Pathol Lab Med. 2010 Mar ;134(3):427-43 : commune, elle peut être stromale (fibrose et réduction du stroma interlobulaire) ou glandulaire, dans ce cas les glandes sont petites, basophiles du fait d’une augmentation du rapport nucléocytoplasmique (noyaux qui se chevauchent) car le cytoplasme est peu abondant (maintenu dans l'adénocarcinome), mais les noyaux sont de taille normale, allongés, plus ou moins irréguliers, l’agencement lobulaire normal peut être perdu les glandes formant des images en flux, mais pas d'infiltration des glandes normales. Possibilité de nucléoles nets dans ¼ des cas. On peut aussi noter des acini distordus dont la lumière est dilatée avec un revêtement aplati. Stroma fibreux pâle avec dépôts péri-acinaires de collagène (aspect scléreux) sauf dans la forme partielle (un stroma desmoplasique est rare dans l'adénocarcinome. Inflammation fréquente contrairement à l'adénocarcinome, qui montre moins de corps amylacés et + de cristalloïdes ou de mucine.


On distingue diverses formes (23) , souvent plusieurs aspects coexistent :


- Atrophie simple : les acini sont de calibre normal avec des glandes irrégulières, espacées normalement, rétrécies, un revêtement cubique atrophique, basophile (cytoplasme peu abondant). Les marqueurs de cellules basales peuvent être négatifs jusque dans 1/4 des cas Images histologiques : image1, image2, image3, image 4, 34betaE12, forme simple, forme scléreuse
- Hyperplasie post-atrophique : AJSP 1999 ;23:932, Archives 2003 ;127:840, Archives 2000 ;124:1306, AJSP 1999 ;23:925, AJSP 1998 ;22:1073, AJSP 1995 ;19:1068  : aspect basophile au faible grossissement, petits acini ronds qui semblent s’entasser, de distribution lobulaire, entourant souvent un canal central dilaté, ressemblant à du sein, revêtement cubique atrophique, basophile. Possibilité de nucléoles, surtout si composante inflammatoire. Se voit chez patients plus âgés, Mod Path 1998 ;11:47. Les marqueurs des cellules basales montrent un marquage inégal ou interrompu, pas d'expression de la p504s (AMCAR).
- Atrophie partielle : l’agencement architectural est celui de la forme simple ou hyperplasique, les cellules sont plus grandes que dans les autres formes d’atrophie. Aspects plus lobulaires ou parfois plus diffus et désorganisés au faible grossissement. Les glandes varient en taille et si elles sont grandes, elles ont un contour irrégulier, apparence pâle car cytoplasme abondant. Les noyaux peuvent être de grande taille, allongés perpendiculaires à la circonférence avec des petits nucléoles. Images histologiques : #0, #1


L'immunomarquage des cellules basales est souvent inégal, négatif dans certaines glandes. Parfois p504s (AMCAR) +, mais faible vs le carcinome prostatique


Le diagnostic différentiel se pose avec un adénocarcinome en particulier la variante atrophique qui se caractérise par une lésion infiltrante avec une augmentation du rapport nucléocytoplasmique due à une augmentation du noyau qui est rond ovale avec des atypies cytonucléaires nettes et une association avec une forme non atrophique dans la majorité des cas. La CK 5/6 est + dans l’atrophie l’hyperplasie à cellules basales ou adénomateuse atypique, mais - dans l’adénocarcinome (27).
Dans l’atrophie partielle (simulateur Ie plus fréquent du cancer prostatique), le diagnostic est plus difficile car les cellules sont pâles et non basophiles, les glandes sont entassées, les cellules basales étant non ou peu identifiables dans 2/3 des cas, conservation de l'architecture lobulaire de l'hyperplasie post-atrophique ou aspect désorganisé diffus (pas de cancer lorsque les noyaux occupent pratiquement toute la hauteur de la cellule et que Ie cytoplasme a le même aspect que celles de glandes environnantes plus franchement bénignes) (28).


L'atrophie partielle a typiquement une assise basale discontinue et peut exprimer la racémase. Dans de petits foyers d'une carotte biopsique, les cellules basales peuvent manquer avec un profil de marquage simulant celui du cancer prostatique.


L'atrophie partielle n'a pas la basophilie d'une atrophie complète : ses noyaux sont plus espacés. La présence de glandes tassées les unes contre les autres avec un cytoplasme clair peut conduire à un diagnostic d'adénocarcinome de bas grade par excès. A plus fort grandissement, les glandes ont des traits bénins avec une surface luminale ondulée et des replis papillaires. La plupart des carcinomes ont des lumières à contours plus rigides. Les glandes sont en outre partiellement atrophiques avec des noyaux occupant toute la hauteur du cytoplasme. Les critères nucléaires sont plutôt bénins sans nucléole "proéminent". mais les noyaux peuvent être légèrement augmentés de volume avec de petits nucléoles.



Dans l’hyperplasie post-atrophique on note un agencement lobulaire de petits acini à contours irréguliers atrophiques, bordés de cellules cuboïdes avec une discrète nucléomégalie et des micronucléoles ou de taille modérée, la chromatine est fine, le cytoplasme est basophile ou granulaire voire clair. Les acini au centre sont dilatés bordés par un revêtement cubique ou aplati avec une couche de cellules basales complète dans 70% des cas (29). Les petits acini semblent provenir par bourgeonnement des acini centraux. Possibilité de mucine luminale, cristalloïdes rares. L’immunohistochimie montre parfois une couche basale fragmentée.
Des modifications stromales sont présentes allant de l’atrophie musculaire à la sclérose dense.
Le diagnostic différentiel avec l’adénocarcinome se fait grace à l’architecture lobulaire, la couche basale le plus souvent intacte, les petits nucléoles et l’atrophie adjacente.


 


(23) De Marzo AM, Platz EA, Epstein JI, Ali T, Billis A, Chan TY et al. A working group classification of focal prostate atrophy lesions. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(10):1281-1291.


(27) Abrahams NA, Bostwick DG, Ormsby AH, Qian J, Brainard JA. Distinguishing atrophy and high-grade prostatic intraepithelial neoplasia from prostatic adenocarcinoma with and without previous adjuvant hormone therapy with the aid of cytokeratin 5/6. Am J Clin Pathol 2003 ; 120(3):368-376.

(28) Oppenheimer JR, Wills ML, Epstein JI.
Partial atrophy in prostate needle cores : another diagnostic pitfall for the surgical pathologist. Am J Surg Pathol 1998 ; 22(4):440-445.

(29) Cheville JC, Bostwick DG. Postatrophic hyperplasia of the prostate. A histologic mimic of prostatic adenocarcinoma. Am J Surg Pathol 1995 ; 19(9):1068-1076.


 


http://pathologyoutlines.com/prostate.html
http://pathologyoutlines.com/prostate.html#nodhyper


 


 



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.