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Carcinome à petites cellules


- Tumeurs neuroendocrines de la prostate (1 ;2) : Alors que les tumeurs neuroendocrines pures (carcinome à petites cellules, carcinoïde) ne représentent que 1 à 2% des tumeurs de la prostate, environ 10% des carcinomes de la prostate montrent une différenciation neuroendocrine plus ou moins extensive et un nombre important s’approchant de près de 100% pour certains auteurs montre un marquage neuroendocrine focal (3). Cette différenciation neuroendocrine peut se traduire par de grands granules éosinophiles pseudo-Paneth (marqueurs neuroendocrines (chromo A, synaptophysine, NSE, sérotonine, calcitonine, somatostatine ou HCG) +, lysozyme-, PSA+, PSAP+) la présence de ces cellules neuroendocrines ne corrèle pas avec les facteurs pronostiques classiques (4 ;5), mais semble être un facteur pronostique indépendant pour Weinstein (6), une autre équipe retrouve des résultats inverses (7), dans leur étude quand le marquage neuroendocrine est diffus, aspect le plus souvent de Gleason 5, or le pronostic est bien meilleur que ne le prédit le grade, les auteurs en concluent qu’il ne faut pas grader la composante neuroendocrine. Dans les formes avancées insensibles aux androgènes, une telle différenciation est de mauvais pronostic (1).
image1, recurrent neuroendocrine carcinoma, PSA/chromogranine, chromogranine, Adénok à cellules de Paneth, cas clinique href="http://www.gfmer.ch/selected_images_v2/detail_list.php?cat1=13&cat2=122&cat3=606&cat4=3&stype=n">Carcinome à petites cellules (1 ;8 ;9) (Mod Path 2000 ;13:238) : tumeur rare de grande taille de mauvais pronostic, du sujet âgé (moyenne de 69 ans)(9) avec une dissémination marquée au diagnostic car la tumeur est d'évolution rapide, souvent sans élévation des PSA ou PSAP (cependant parfois très élevé), pouvant s'accompagner de sécrétions de nombreuses substances (chromogranine A, bombésine, ACE, NSE, sérotonine, ACTH, VIP, AFP, glucagon) avec Cushing ou Schwartz-Barter. L’histologie est classique (voir poumon) (10 ;11), et évoque un adénocarcinome Gleason 5b, dans près de la moitié des cas la tumeur est composite, associée à de l'adénocarcinome de haut grade (9 ;12 ;13) avec des composants soit séparés soit intimement mêlés, souvent minoritaires. Présence de nécrose dans 40%, de cellules géantes bizarres dans 19%, de desmoplasie dans 20%. Peut survenir après traitement anti-androgénique d'un adénocarcinome conventionnel. Présence parfois de gènes de fusion entre les membres de la famille ERG et la protéase transmembranaire sérine 2 (TMPRSS2), ce qui ne se voit pas dans les carcinomes à petites cellules d'autres sites href="http://webpathology.com/image.asp?case=23&n=6"> Images : image1, image2, chromogranine, mixte adénok + petites cellules
Clinique : présence de syndrome paranéoplasique en présence de carcinome à petites cellules ou carcinoïde avec fréquence de la maladie de Cushing, de Lambert Eaton (myasthénie) voire de syndrome de Schwartz-Barter (ADH). A noter dans 40% la présence d'un antécédent d'adénocarcinome prostatique (délaie moyen de 25 mois)
Immunohistochimie (8) : PSA, PSAP, p504s, Récepteurs d’androgène + (respectivement 17, 24, 47 et 17 % versus 100, 100, 100 et 90% si adénocarcinome classique), TTF1 et CD56 + (86% versus 0% si adénocarcinome classique), c-kit + (94%). NB dans 10% tous les marqueurs neuroendocrines sont négatifs, marquage paranucléaire des cytokératines, TTF1 +, positivté de : chromogranine A (61%), synaptophysine (89%), CD56 (83%), ERG est positif dans la forme prostatique et négatif si forme vésicale (Mod Pathol 2011 ;24:1120).
Carcinome neuroendocrine à grandes cellules (14) : très rare, la plupart décrit après adénocarcinome traité par hormonothérapie, considéré comme une récidive sur TURP, âge moyen de 67 ans.
Histologie  : plages solides et rubans de cellules à cytoplasme abondant, pâle ou amphophile, gros noyaux à chromatine grossière, nucléolomégalie, mitoses nombreuses et nécrose, composante adénocarcinomateuse associée.
Immunohistochimie : positivité à CD56, CD57, chromogranine A, synaptophysine, P504S/AMACR, bcl-2, Ki-67, p53, PSA et PSAP focal, récepteurs d’androgène -
Pronostic : très mauvais, tous décédés en moins de 7 mois de moyenne ( 3 à 12 mois), pas de différence entre forme pure et mixte
http://pathologyoutlines.com/prostate.html#smallcell
http://emedicine.medscape.com/article/1611899-overview
Reference List
(1) Eble JN, Sauter G, Epstein JI, Sesterhenn IA. Tumours of the urinary system and male genital organs. Lyon : IARC press, 2004.
(2) Murali R, Kneale K, Lalak N, Delprado W. Carcinoid tumors of the urinary tract and prostate. Arch Pathol Lab Med 2006 ; 130(11):1693-1706.
(3) di Sant’Agnese PA. Neuroendocrine differentiation in human prostatic carcinoma. Hum Pathol 1992 ; 23(3):287-296.
(4) Adlakha H, Bostwick DG. Paneth cell-like change in prostatic adenocarcinoma represents neuroendocrine differentiation : report of 30 cases [see comments]. Hum Pathol 1994 ; 25(2):135-139.
(5) di Sant’Agnese PA. Neuroendocrine differentiation in prostatic adenocarcinoma does not represent true Paneth cell differentiation [editorial ; comment]. Hum Pathol 1994 ; 25(2):115-116.
(6) Weinstein MH, Partin AW, Veltri RW, Epstein JI. Neuroendocrine differentiation in prostate cancer : enhanced prediction of progression after radical prostatectomy. Hum Pathol 1996 ; 27(7):683-687.
(7) Tamas EF, Epstein JI. Prognostic significance of paneth cell-like neuroendocrine differentiation in adenocarcinoma of the prostate. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(8):980-985.
(8) Yao JL, Madeb R, Bourne P, Lei J, Yang X, Tickoo S et al. Small cell carcinoma of the prostate : an immunohistochemical study. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(6):705-712.
(9) Wang W, Epstein JI. Small cell carcinoma of the prostate. A morphologic and immunohistochemical study of 95 cases. Am J Surg Pathol 2008 ; 32(1):65-71.
(10) Hagood PG, Johnson FE, Bedrossian CW, Silverberg AB. Small cell carcinoma of the prostate. Cancer 1991 ; 67(4):1046-1050.
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(14) Evans AJ, Humphrey PA, Belani J, van der Kwast TH, Srigley JR. Large cell neuroendocrine carcinoma of prostate : a clinicopathologic summary of 7 cases of a rare manifestation of advanced prostate cancer. Am J Surg Pathol 2006 ; 30(6):684-693.



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