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Anatomie, histologie et imagerie normale


TESTICULE NORMAL :
L'ébauche génitale provient de la crête génitale, proche de l'ébauche rénale, vers la 3 à 5e semaine de la vie fœtale. La médullaire forme le testicule, la corticale en involuant donne l'albuginée. Les cellules germinales proviennent de l`endoderme cloacal ou Yolk sac et colonisent l'ébauche gonadique.
Le canal de Wolff apparaît à la 5e semaine. Cet organe pair est à l'origine du corps et de la queue des épididymes, des déférents, vésicules séminales et canaux éjaculateurs. Il rejoint les tubes mésonéphroniques qui vont former les cônes efférents qui unissent épididyme et rete testis. La prostate naît du sinus urogénital qui siège entre les canaux de Wolff et les canaux de Müller. Le pénis et le scrotum naissent du bourgeon génital et des renflements scrotaux.
La différenciation masculine se fait sous l'influence d'un facteur chromosomique, lié au chromosome Y.
- A la 7e semaine, les cellules germinales migrent dans l'ébauche génitale. La médullaire, sous l'influence du sexe génétique constitue des cordons sexuels qui se creusent pour former les tubes séminifères.
- A la 9e semaine, les cellules interstitielles de Leydig se constituent à partir du mésenchyme. Elles sécrètent la testostérone qui, entre la 10e et la 20e semaine, permet la différenciation sexuelle primaire (différenciation des canaux de Wolff en voies génitales (épididymes, déférents, vésicules séminales, canaux éjaculateurs). Elles permettent aussi, sous forme de dihydrotestostérone, le développement des organes génitaux externes (pénis, scrotum), de l'urètre et de la prostate.
Les cellules de Sertoli, issues des cellules de soutien des cordons sexuels, sécrètent l'hormone anti-müllérienne qui permet l'involution des canaux de Müller.
- Au 7e mois, sous l'effet de plusieurs facteurs (hormonaux, mécaniques et épididymaires), le testicule descend, accompagné d'une évagination du péritoine, le processus péritonéo-vaginal. Ce dernier va donner, en bas, la future vaginale du testicule et, en haut, le canal péritonéo-vaginal qui se ferme normalement à la naissance. Il est guidé dans sa migration par le gubernaculum testis qui donnera, par sa partie haute, le muscle crémaster et par sa portion basse le ligament scrotal. - Au 8e mois, le testicule est intrascrotal.
http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/edicerf/UG/UG14.html
A la naissance, les tubes séminifères sont remplis de façon compacte avec de petites cellules cuboïdes indifférenciées, les cellules de Leydig sont présentes chez le nouveau-né mais disparaissent pour réapparaître plus tard. L'augmentation du nombre et de la taille des tubules est lente et graduelle, a peine perceptible de l'âge de 90 ans, à partir de 10 ans, on note une poussée dont l'évolution et la maturation coïncident avec l'apparition des hormones avec apparition de mitoses au niveau des sites tubulaires et la réapparition des cellules de Leydig dans l'interstitium, à l'âge de 11 ans, l'activité mitotique est marquée et les spermatocytes primitifs et secondaires apparaissent à 12 ans, présence de nombreux spermatides, à la puberté, apparition des spermatozoïdes.
Schémas : #1
Imagerie : #1
Macroscopie : Le testicule adulte est un organe pair siégeant dans le scrotum suspendu par le cordon spermatique, le poids moyen de chaque testicule est de 15 à 19 grammes, le testicule est entouré par une capsule avec trois couches, une couche séreuse externe ou tunique vaginale bordée par une couche aplatie de cellules mésothéliales, l'albuginée et la tunique interne vasculaire. La portion postérieure de la capsule appelée médiastin contient les vaisseaux et lymphatiques, les nerfs et la portion médiastinale du rete-testis.
Histologie : Le parenchyme est divisé environ en 250 lobules contenant chacun jusqu’à 4 tubes séminifères, la longueur totale des tubes séminifères est de 540 m. Une biopsie chirurgicale intéresse 50 à 100 sections de tubes séminifères de diamètre moyen de 180 microns provenant de 3 ou 4 lobules contigus.Les tubes séminifères sont bordés par une membrane limitante constituée d’une membrane basale et de couches alternées de cellules myoïdes et de fibres collagènes. Les tubules contiennent des cellules germinales à des stades variés de développement ainsi que les cellules de Sertoli.
La maturation des cellules germinales chez l’homme dure environ 70 jours en passant par des étapes de spermatogonie de type A et B, spermatocytes primaires qu’on subdivise selon le stade de la méiose en preleptotène, leptotène,zygotène, pachytène et diplotène, le spermatocyte secondaire, le spermatide et le spermatozoïde mature.
Les spermatogonies occupent le compartiment basal, sont à noyau dense homogène et nucléole proéminent. Les spermatocytes ont une chromatine en amas grossiers ou en fins filaments. Les spermatides correspondent à la seconde division méïotique et ont des noyaux petits et condensés.
Jusqu’à la formation du spermatozoïde, toute la descendance d’une spermatogonie est maintenue ensemble par un fin pont cytoplasmique. La maturation s’effectue selon un mode hélicoïdal le long des tubules, en conséquence, on n’observe pas tous les stades, de différenciation sur un seul plan de coupe d’un tube séminifère

Histologie  : #2, #0, #1, image3, image4, image5, image6 , Spermatogenèse normale, #1, #2, #3, #4, #5, #6, #7, + albuginée
Les cellules de Sertoli ont un cytoplasme cylindrique qui repose sur la membrane basale du tube et envoie des prolongations cytoplasmiques autour des cellules germinales, leurs noyaux sont de forme irrégulière, clivés avec un nucléole marqué, le cytoplasme peut contenir des cristalloïdes de Charcot-Bottcher constitués de boucles et de filaments. L’interstitium contient des éléments du stroma y compris des celles myoïdes et des cellules de Leydig, ces dernières sont soit isolées ou en petits amas et sont souvent associées avec des fibres nerveuses, leur cytoplasme contient des gouttelettes de lipides, du pigment lipochrome et parfois des cristalloïdes de Reinke.


Schémas testicule : image1, image2, image3, image4, image5, image6 image7, image8, image9, image10

Le rete-testis situé au niveau du hile de testicule a une architecture tubulaire complexe, c'est là que se jette le contenu luminal des tubes séminifères, il est divisé en trois composants, septal, médiastinal ou de la tunique, le rete-testis se vidange dans les ductules efférents qui sont constitués de 12 à 15 tubules au niveau de la région de la tête de l'épididyme bordée par un revêtement pseudo-stratifié cilié et non cilié.

Rete-testis ;#1, image2 ; image4
Positivité de PAX8 et PAX2 dans l’épithélium du tractus génital masculin à partir du rete jusqu’aux canaux éjaculateurs et dans les tumeurs qui en dérivent, mais négatif les tubes séminifères et interstitium du testicule y compris cellules de Leydig / Sertoli, ni dans les tumeurs qui en découlent dont les tumeurs germinales Am J Surg Pathol. 2011 Oct ;35(10):1473-83.
L’épididyme est une structure tubulaire en forme de virgule qui relie les ductules efférents aux déférents Il commence au pôle supérieur du testicule où se trouve la tête dans laquelle entrent les canaux dits efférents. La tête est formée de lobules. Au-dessous de la tête se trouve le corps et la queue (qui sont formés du canal épididymaire). La queue continue comme canal déférent. L'épididyme se situe sur la face postérieure du testicule. L’épididyme se termine par le canal déférent qui commence à la queue de l'épididyme et remonte pour entrer dans le cordon spermatique, puis dans cavité pelvienne pour croiser l'uretère. Il s'unit à un court canal provenant de la vésicule séminale pour former le canal éjaculateur qui traverse la prostate et vient s'ouvrir dans l'urètre prostatique. L’épithélium épididymien est constitué de hautes cellules cylindiques appelées principales, d’autres cellules cylindriques plus étroites, plus sombres de cellules basales et de cellules claires, présence de cils évidents dans les cellules cylindriques hautes dans lesquelles on retrouve également des inclusions P.A.S. positives, éosinophiles, intranucléaires.
Variations morphologiques : inclusions éosinophiles intranucléaires (72%, sujets âgés), lipofuchsine 33% (surtout dans le déférent, si obstruction), hyperplasie cribriforme 42%, métaplasie à cellules de Paneth 8%, avec globules hyalins PAS+ diastase résistant si obstruction. L'épididyme et les vésicules séminales peuvent présenter des cellules monstrueuses de type symplasmique avec de volumineux noyaux hyperchromatiques uni ou polylobés avec inclusions (186 ;187).
L’épididyme et le canal déférent sont des canaux qui permettent à l’éjaculat contenant les spermatozoïdes de passer du testicule à la région prostatique. Ils permettent aux spermatozoïdes de compléter leur maturation en leur apportant des constituants biochimiques qui augmentent leur capacité à féconder.
Schémas : image1, image2
Images histologiques : image3, image4, image5, image6, image7, #1, #2, #3, #4, #5, #6, #7, Cytologie : #1, #2, #3
Le déférent est une structure tubulaire de 30 à 40 cm de long survenant à la partie caudale de l’épididyme et se vidant dans l’urètre prostatique au niveau du veru montanum, la portion distale rejoint le canal excréteur et les vésicules séminales pour former le canal éjaculatoire, le déférent est bordé par un épithélium pseudo-stratifié constitué de cellules cylindriques ciliées et de cellules basales, le manteau musculaire qui est très épais est constitué d’une couche interne et externe et d’une couche intermédiaire ou circulaire, parfois psammomes, CD10 +
Déférent : image1, image2, image4, image5, image6, image7 , #0, #1, #2, déférent normal
Rete-testis ; #1
Appendice testiculaire : #1, #2
On retrouve 4 petites annexes testiculaires de nature vestigiale, la plus constante est l’appendice testiculaire ou hydatide de Morgagni qui représente le reste de la portion crânienne du canal mullérien sous forme d’une petite lésion sessile ou pédiculée, ronde ou ovale de 1 à 10 mm attachée à l’albuginée du pôle supérieur du testicule, les autres annexes sont l’appendice épididymaire, reste de la portion crânienne du canal mésonéphrique, qui se présente sous forme d’un axe fibro-vasculaire couvert par un épithélium cubo-cylindrique qui fusionne avec le mésothélium de la vaginale. Celui-ci s’invagine dans le stroma sous jacent, présence de canaux mullériens isolés.
image1, image2
Le déférent aberrant ou organe de haller, reste des tubules mésonéphriques et le paradidyme ou organe de Giraldes qui est aussi un reste de tube mésonéphrique. L’appendice épididymaire se voit dans 25% au pôle antéro-supérieur de la tête de l’épididyme avec un revêtement cubo-cylindrique parfois cilié ou sécrétoire, parfois on note une transformation kystique. Possibilité de nids de Walthard (métaplasie transitionnelle), parfois kystique.
Annexes schémas
Annexes histologie
http://pathologyoutlines.com/testis.html#anatomy
Echo-anatomie normale : patient en décubitus dorsal qui maintient la verge vers l'ombilic, sonde de haute fréquence, de 7,5 ou 10 MHz, examen toujours bilatéral et comparatif. L'utilisation du Doppler couleur pulsé est systématique en fin d'examen, si besoin lors de manœuvres dynamiques (manœuvre de Valsalva, mise en orthostatisme). Le couplage de l'échographie du pelvis à celle des bourses (échographie génitale) est nécessaire si tableau infectieux ou exploration d'infertilité.
Le testicule normal est ovoïde, homogène, assez échogène, l'épaisseur maximale sur coupes longitudinales chez l’adulte est de 20 mm ou plus, si < 15 mm alors hypotrophie.
L’albuginée de 1 mm n'est pas visible, sauf en cas d'épaississement fibreux ou d’hydrocèle, son épaississement postéro-supérieur est souvent reconnu sous forme d'une échogénicité linéaire (région de confluent vasculo-canalaire avec le rete testis et vaisseaux intra testiculaires).
L'épididyme, tubule long, très fin de 3 à 6 mm du bord postéro-supérieur et partie de la face externe du testicule. La tête, seule partie constamment visible en échographie, est ronde ou triangulaire, centimétrique, homogène et souvent légèrement plus échogène que le testicule. Le corps, en l'absence d'anomalie n'est pas individualisable, la queue est la partie inférieure, sous le testicule. A l'état normal, de moins de 5 mm, elle est rarement reconnue.
Les canaux efférents relient le rete testis à l’épididyme, sans traduction échographique sauf distension (obstacle sous-jacent).
Le déférent fait suite à l'épididyme. Bien palpable car à parois épaisses, de 2 à 3 mm de diamètre, il n'est pas reconnu en échographie.
http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf...


http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/edicerf/UG/UG14.html


http://en.wikipedia.org/wiki/Testis


http://www.anatomyatlases.org/MicroscopicAnatomy/Section14/Plate14278.shtml


http://www.kumc.edu/instruction/medicine/anatomy/histoweb/male/male.htm


http://spiral.univ-lyon1.fr/polycops/HistologieFonctionnelleOrganes/FrameAccueil.html


http://mywebpages.comcast.net/wnor/inguinalregion.htm


http://library.med.utah.edu/WebPath/MALEHTML/MALE130.html


http://library.med.utah.edu/WebPath/MALEHTML/MALE082.html


http://library.med.utah.edu/WebPath/MALEHTML/MALE093.html


http://library.med.utah.edu/WebPath/MALEHTML/MALE127.html



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