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ORCHITE SPECIFIQUE


Inflammation : (1 ;2)
- orchi-épididymite (3) (Epididymite : schéma, imagerie, bis, ter, #0, #1, #2, macroscopie #1, histologie, bis ; Epididymite tuberculeuse : Imagerie, bis, macroscopie, bis, histologie ; bis).Le plus souvent par voie rétrograde avec atteinte quasi constante de l'épididyme (4). Nécessité chez l’enfant d’une exploration chirurgicale pour porter le diagnostic, qui montre une inflammation épididymotesticulaire et des enveloppes avec souvent lame liquidienne intravaginale (prélevé ainsi que les urines pour examen bactériologique).
L’orchite seule est surtout virale, essentiellement ourlienne (lorsque les oreillons surviennent chez le garçon pubère ou l'adulte). L’atteinte est unilatérale dans 75 % des cas, avec un risque de 50 % d'atrophie testiculaire, avec arrêt de la spermatogenèse du ou des testicules concernés, mais pas d'anomalie de la fonction endocrine.
La plupart sont des épididymites qui évoluent vers des orchi-épididymites, avec risque d'abcès testiculaire, voire fonte purulente du testicule. Cette pathologie touche l'homme jeune (MST) ou > 60 ans (infection urinaire avec problème urologique sous-jacent (prostatisme) (Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia imagerie trachomatis histologie, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa, Staphylocoques et Streptocoques, chez l’immunodéprimé (Mycobacterium avium, Cryptococcus neoformans, Toxoplasma gondii, Haemophilus parainfluenza, Candida albicans, coccidioïdomycose (imagerie, histologie ).
Clinique : apparition rapide (6 à 12 h) de douleurs scrotales vives, irradiant vers l'anneau inguinal) voire jusqu'à la région lombaire, qui sont accrues par la palpation et la mobilisation scrotale. Syndrome infectieux avec 39 à 40°C, frissons et atteinte de l'état général. L’épididyme est augmenté de volume, infiltré, douloureux et tendu. Le testicule lui-même est sain. Le cordon, parfois œdémateux, n'est pas douloureux et reste palpable sur tout son trajet. Le toucher rectal recherchera une prostatite associée.
L’ECBU est systématique, de même que les hémocultures, prélevées lors d'un pic fébrile ou de frissons. Si une affection sexuellement transmissible est suspectée, des sérologies adaptées seront faites de façon complémentaire. Un tableau d'orchi-épididymite traînante doit évoquer une tuberculose et faire demander les examens adaptés.
L’échographie scrotale peut conforter le diagnostic. Elle est indiquée en cas de résistance au traitement, pour éliminer la formation d'un abcès testiculaire.
Macroscopie  : albuginée épaissie, testicule gris blanc homogène ou lobulé, parfois nodules bien limités, atteinte de l’épididyme et/ou du cordon dans la moitié des cas. A la coupe, tranches de section nodulaires, jaunes, dure ou rugueuse avec des zones d’infarcissement ou d'abcès. Images : #1
Histologie  : infiltrat inflammatoire lymphoplasmocytaire avec des histiocytes épithélioïdes et cellules géantes qui prédominent dans les tubes séminifères, pouvant donner un aspect folliculaire, absence de nécrose sauf exception. Cet infiltrat inflammatoire s’accompagne d’un degré plus ou moins marqué de destruction de la membrane basale, l’infiltrat interstitiel est variable, polymorphe, identique à celui retrouvé dans les tubes.
- orchite bactérienne : l’aspect est variable : abcès, fibrose, adhérences, inflammation plus ou moins aiguë non spécifique. Image,  lèpre du testicule
- orchite virale : surtout après des oreillons (chez 20% des adultes, dont la moitié s'accompagne d'atrophie et 10% de stérilité), est associée dans 85% des cas à une épididymite. Elle peut imiter un néoplasme, dans uns série de 10 cas (5) de 18 à 37 cas, masse testiculaire +/- douloureuse, confondue histologiquement avec séminome intratubuleux, IGCNU, hyperplasie des cellules de Sertoli.
Histologie  : architecture testiculaire préservée avec hémorragie et œdème, inflammation en plages, lymphohistiocytaire dans (surtout) et entre les tubules séminifères, dilatation vasculaire, séquelles sous forme de tubes hyalinisés et fibrose interstitielle. image1
Immunohistochimie  : histiocytes CD68+ et cellules T CD3+, rares cellules B (CD20+) peu de PN.
Le SIDA Mod Path 1989 ;2:233, Hum Path 1989 ;20:210 s’accompagne d’un infiltrat lymphocytaire interstitiel avec hyalinisation des tubes dont le diamètre diminue avec diminution de la spermatogenèse et fibrose interstitielle.
Orchite granulomateuse : Nombreux agents pathogènes, BK, tréponème, brucella, Hansen, parasites, mycoses, rickettsies. Il existe une forme idiopathique qui imite une tumeur, se voit surtout durant les 5ème et 6ème décennies, suite à une infection urinaire gram-. Parfois syndrome grippal ou survenue rapide d’un gonflement testiculaire avec sensibilité ou douleur. C’est une lésion rare avec une incidence d’environ 2% des tumeurs testiculaires et dont la fréquence est accrue chez les sujets noirs. A noter parfois des antécédents opératoires (prostatectomie, herniographie, traumatisme, etc…).
Macroscopie : solide, unilatéral, nodulaire ; ressemble au lymphome. Image
Histologie : Il est à noter que dans les orchites d’origine infectieuse et la sarcoïdose, l’inflammation granulomateuse est essentiellement interstitielle et s’accompagne de nécrose.
Traitement  : antibiothérapie suivant le germe suspecté (MST ou infection urinaire). En cas d'infection d'origine sexuelle, il faudra que le patient ait des rapports sexuels protégés au moins pendant le temps du traitement. Il faut également lui demander d'informer son (ou ses) partenaires de la nécessité d'un traitement.
En cas d'infection d'origine urinaire, une consultation en urologie est indispensable afin de s'assurer de l'absence de problème urologique sous-jacent.
Complications : degré variable d’atrophie dans 60%, stérilité dans 7-13% (rare si unilatéral).
Pronostic : les orchites ourliennes régressent en 3-10 j.
 
Sarcoïdose : Imagerie, macroscopie, histologie
 
Orchite auto-immune
Responsable d'azoospermie ou hypospermie associée fréquemment à un granulome spermatique. Infiltrat lymphoplasmocytaire dense de l'interstitium et destruction des cellules spermatogéniques (2).
 
Péri-orchite méconialeHum Path 1986 ;17:807 : masse scrotale notée dans les premiers mois avec de multiples petits nodules jaunes ou verts, correspond à une réaction de la vaginale aux acides et sels biliaires ainsi qu'aux lipases du méconium, hydrocèle fréquemment associée (1 ;4).
Histologie : tissu myxoïde avec cellules fusiformes et foyers de calcification s’accompagnant de macrophages, de cellules squameuses et de cellules histiocytaires multinucléées.
Nb : les tumeurs sont rares chez le petit bébé en dehors de la granulosa juvénile.
 (1) Gaudin PB, Epstein JI. diseases of the spermatic cord and paratesticular tissue. In : Murphy WM, editor. Urological pathology. Philadelphia : Saunders, 1997 : 242-276.
 (2) Gondos B, Wong TW. non-neoplastic diseases of the testis and epididymis. In : Murphy WM, editor. Urological pathology. Philadelphia : Saunders, 1997 : 277-341.
 (3) Mure PY, Ruffion A, Mouriquand P. Genitoscrotal pathology among the child and man. Rev Prat 2004 ; 54(11):1249-1257.
 (4) Ulbright TM, Amin MB, Young RH. Tumor-like lesions of testis ; paratestis, and spermatic cord. In : Rosai J, Sobin LH, editors. Tumors of the testis, adnexa, spermatic cord, and scotum. Washington DC : Armed forces institute of pathology, 1999 : 291-342.
(5) Braaten KM, Young RH, Ferry JA. Viral-type orchitis : a potential mimic of testicular neoplasia. Am J Surg Pathol 2009 ; 33(10):1477-1484.


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