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TUMEUR A CELLULES DE SERTOLI


Tumeurs à cellules de Sertoli (5) :
Moins de 1% des tumeurs du testicule, bien que 30% aient été décrits chez l’enfant, cela reste une tumeur rare, de 15 à 80 ans (moyenne 46 ans), les cas infantiles (pseudopuberté précoce, gynécomastie) correspondent vraisemblablement à des tumeurs de la granulosa juvéniles. Rares cas décrits dans le syndrome d’insensibilité aux androgènes ou en association avec un syndrome de Peutz-Jeghers (90)
(enfants de 1,5 à 8 ans), avec gynécomastie et augmentation de l’oestradiol (peut représenter une lésion proliférative à potentiel néoplasique ou le stade intra-épithélial de Tumeurs à cellules de Sertoli AJSP 2001 ;25:1237), dans un contexte de cryptorchidie ou de testicule féminisant, la forme à grandes cellules calcifiante pouvant être associée à un complexe de Carney. La plupart ne présente cependant pas d’association particulière. Masse testiculaire, gynécomastie (1/3 des cas), impuissance dans 10 à 30% des cas. 10% est malin (N+) ; on recherche : polymorphisme nucléaire, taille > 5 cm, mitoses, nécrose, invasion angiolymphatique.
L’oestrogène n’est augmenté que dans 5% des cas. href="http://www.gfmer.ch/selected_images_v2/detail_list.php?cat1=15&cat2=127&cat3=359&cat4=1&stype=n">Imagerie  : non spécifique, d’échogénicité variable href="http://www.gfmer.ch/selected_images_v2/detail_list.php?cat1=15&cat2=127&cat3=359&cat4=2&stype=n">Macroscopie  : lobulé, bien limité, jaune ou blanc, parfois kystes ou hémorragie, nécrose rare. Taille moyenne de 3,5 cm (plus petit si associé à un Peutz-Jeghers), presque toujours unilatéral(91). href="http://www.gfmer.ch/selected_images_v2/detail_list.php?cat1=15&cat2=127&cat3=359&cat4=3&stype=n">Histologie : 70% sont de type SAI, 15% de type calcifiant à grandes cellules, 15 % de type sclérosant. Images : #1, sclérosant
Forme SAI : Le degré de différenciation tubulaire est très variable, la prolifération peut être diffuse ou nodulaire, les tubes sont toujours visibles même si cela ne se voit que focalement, les tubules peuvent être creux-ronds, solides-allongés, irréguliers de taille et de forme voire d’aspect rétiforme, parfois microkystique (vacuolisation cytoplasmique). Ils peuvent se disposer en fins cordons sinon l’architecture est solide. La forme bien différenciée en tubes ou adénome tubuleux se voit surtout sur testicule féminisant.
La forme à tubules annelés se voit dans le Peutz-Jeghers (voir phacomatoses), cellules de Sertoli cubocylindriques en tubules contenant une masse éosinophile centrale, parfois formation de cordons anastomosés qui entourent un ou plusieurs globules hyalins (92).
Rares cas purement solides sans tubules. Le cytoplasme est plus ou moins abondant, éosinophile ou clair s’il existe une accumulation de lipides pouvant former des gouttelettes ou des vacuoles plus volumineuses. Le stroma est très variable sous forme de tissu fibreux hyalinisé parfois richement vascularisé ou lymphoïde, la plupart des tumeurs ne présentent ni atypies ni mitose quelques cas pléomorphes et mitotiques, les noyaux sont réguliers ronds ou ovales, vésiculaires +/- irréguliers avec des nucléoles. Ces formes solides sur fond fibro-inflammatoire et à cytoplasme clair peuvent être confondus avec un séminome (93). Des cas sont à cellules fusiformes voire sarcomatoïde
- dans la forme sclérosante] (5 ;94-96) on observe une sclérose extensive avec des tubules de petite taille, écrasés en cordons ou qui prennent un aspect solide et qui peuvent poser un probléme de diagnostic différentiel avec une tumeur adénomatoïde ou une carcinoïde. Tous les cas rapportés de tumeurs à cellules de Sertoli dans la variante sclérosante ont eu un comportement bénin.
- forme maligne (5) : peuvent se présenter d’emblée avec des métastases surtout ganglionnaires, 1/3 présentent une gynécomastie, la lésion est plus grande avec une croissance plus solide, des atypies, mitoses, nécrose, et emboles néoplasiques
Immunohistochimie : inhibine positivite dans 30%, CD 99 + dans 15% (48), vimentine +, CK +, EMA - parfois +, PLAP -, S100 +/-, HCG -, AFP –

Pronostic et traitement : 12% sont malins, les facteurs pronostics sont la taille> 5 cm, la nécrose, les atypies modérées à sévères, l’invasion vasculaire et une activité mitotique > à 5 mitoses/10 champs. Le traitement est classique et chirurgical avec le curage rétropéritonéal en cas de critères en faveur d’une évolution péjorative (91).
Diagnostic différentiel des tumeurs à cellules de Sertoli : (111)
- nodules à cellules de Sertoli (taille microscopique millimétrique), tubules empaquetés bordés de petites cellules de Sertoli immatures et contiennent d’occasionnelles spermatogonies, parfois agencés de façon radiaire autour de boules hyalines (évocatrices de Call-Exner), parfois corps calcifiés laminaires. Il est rarement macroscopique Am J Surg Pathol. 2010 Dec ;34(12):1874-80, et est alors confondu avec une tumeur à cellules de Sertoli, voire un gonadoblastome ou tumeur des cordons sexuels à tubules annelés Absence de symptomes endocrines. Lésion de 6 à 10 mm,. La lésion peut rester intratubulaire, avec des tubules entassés.Images : #1

Immunohistochimie : positivité de l’alpha-inhibine dans les cellules de Sertoli, négatif dans les cellules germinales.
- tumeur des cordons sexuels ou du stroma, dans ceux-ci le composant stromal est cellulaire marqué différent du stroma fibreux ou hyalinisé de la tumeur de Sertoli.
- tumeur de la granulosa juvénile, vésicules de taille et forme variable (tubes réguliers dans Sertoli), sinon matériel basophile intercellulaire avec des noyaux plus immatures une activité mitotique plus marquée. Se voit surtout chez le nourrisson la tumeur de Sertoli étant rare chez l’enfant.
- tumeur à cellules de Leydig dans la tumeur de Sertoli l’architecture peut est diffuse et le cytoplasme éosinophile, dans la tumeur à cellules de leydig sauf exceptions il n’existe pas de tubules et on retrouve dans 30 à 40 % des cas, des cristaux de Reinke, la cytokératine est plus intense et diffuse dans les cellules de Sertoli alors qu’elle est faible et focale dans les cellules de leydig, inhibine plus intense et diffuse que dans Sertoli. Bilatéralité et multifocalité plus fréquentes que dans les tumeurs à cellules de Leydig.
- Séminome : bien que la tumeur de Sertoli puisse présenter un infiltrat inflammatoire focal on n’observe pas le fond lymphoïde du séminome. Il faut rechercher des granulomes, des noyaux ronds avec un à quatre nucléoles nets et un cytoplasme riche en glycogène pour affirmer le séminome.
- séminome spermatocytique, syndrome d’insensibilité aux androgènes (nodules hamartomateux de petits tubules bordés de cellules de Sertoli, Archives 1999 ;123:225, micro images #1, #2, #5 )
- séminome tubuleux, on retrouve en plus du séminome typique situé ailleurs + IGCNU, le séminome est PLAP +, PAS +, -, noyaux + grands et polymorphes, + de mitoses AJSP 2002 ;26:541), Sertoli est riche en lipides, CK +, inhibine +
- adénocarcinome endométrioïde : (très rare) dans la tumeur à cellules de Sertoli EMA- inhibine +
-. Tumeur adénomatoïde, masse paratesticulaire avec de grosses vacuoles cellulaires
- adénocarcinome métastatique, mais l’on retrouvera primitif situé ailleurs, l’aspect et plus polymorphe la croissance est interstitielle avec des perméations lymphatiques, les émirats plus, inhibine-
Possibilité de prolifération intratubulaire de cellules de Sertoli, souvent bilatérale avec une association possible à une tumeur à cellules de Sertoli calcifiante à grandes cellules, dans un contexte de Peutz-Jeghers (surtout en l’absence de forme infiltrante de tumeur à cellules de Sertoli calcifiante à grandes cellules). Décrit chez des enfants prépubères avec gynécomastie (112 ;124).
Dans un contexte de Peutz-Jeghers 26 tumeurs testiculaires ont été décrites, de 1.8 à 14 ans (moyenne de 6,8 ans) dans contexte de gynécomastie avec pigmentation péri-orale mais peu de polypes digestifs avec dans 19 cas des lésions intratubulaires avec calcifications dans 6 cas, mais dépôts marqués intraluminaux globulaires de membrane basale.
Histologie : petits amas de tubes séminifères dilatés contenant de grandes cellules de Sertoli à cytoplasme vacuolé/éosinophile avec dépôts globulaires de matériel de membrane basale. Parfois petites calcifications focales.
Immunohistochimie : inhibine-alpha +, AE1/AE3 +
Pronostic bon : la revue de la littérature montre une composante infiltrante dans ÂŒ des cas, sans métastases.

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