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Endométriose, endocervicose et endosalpingiose


Endométriose, endocervicose et endosalpingiose
Endométriose (198), Arch Pathol Lab Med. 2010 Mar ;134(3):427-43 (voir uterus) : < 2 % des endométrioses (mais localisation urinaire la plus fréquente), peut se manifester soit sous forme isolée, soit en association avec des lésions identiques dans d’autres localisations (dans 10% avec endométriose pelvienne (210)), femmes en activité génitale ou sous THS. Le plus souvent, il existe des antécédents d’interventions antérieures ou des symptômes liés au tr et endosalpingioseactus génital. Dans près de la moitié des cas, on peut palper une masse près de la base de la vessie. La symptomatologie est non spécifique, catéméniale, le plus souvent asymptomatique.
Cystoscopie  : si lésion superficielle, muqueuse rouge, bleutée, œdémateuse, voire ulcérée. Complications possibles par sténose de l’orifice urétéral, épaississement de la paroi, adhérences ou masse polypoïde.
Imagerie  : préciser l’infiltration de la paroi vésicale pour décider de la thérapeutique adéquate (cystectomie partielle si lésion infiltrante).
L’échographie en 1ère intention cherche un petit nodule tissulaire, échogène, de la face postérieure de la vessie / cul de- sac vésico-utérin. Si petite lésion, l’échographie peut être normale.
Diagnostic différentiel  : tumeur vésicale mais alors nodule irrégulier et raccordement à angle obtus à la paroi vésicale. La cystoscopie peut être normale, si lésion intramurale.
UIV : normale ou lacune de diagnostic différentiel difficile avec une tumeur vésicale, utile si atteinte urétérale.
IRM : bon examen de dépistage et bilan d’endométriose vésicale. Nodule hétérogène, avec petits foyers hyperintenses en T1 et en T2, du cul-de-sac vésico-utérin / profondeur de paroi vésicale. Infiltration de la paroi vésicale si hyposignal physiologique de la musculeuse vésicale. L’IRM recherche des lésions associées, ovariennes et surtout postérieures.
Des séquences d’uro-I.R.M. peuvent préciser 1 atteinte urétérale.
Macroscopie  : souvent séreux, masse palpable dans 50%, rarement polypoïde (Am J Surg Pathol 2004 ;28:285
Histologie  : Les cas inhabituels avec peu/pas de chorion cytogène peuvent imiter un adénocarcinome :
Clinique  : se manifeste par des douleurs en crampes et sensation de pesanteur plutôt qu’une hématurie cyclique, kyste bleuté de la paroi postérieure, rares cas décrits chez les hommes sous oestrogénothérapie pour carcinome prostatique (7).
Possibilité d’endocervicose (métaplasie mucineuse), adénocarcinome endométrioïde / à cellules claires, adénosarcome.
Traitement  :  Hormones, résection Hum Reprod 2010 ;25:884)

Young RH, Clement PB. Mullerianosis of the urinary bladder. Mod Pathol. 1996 Jul ; 9(7):731-7.

Koren J, Mensikova J, Mukensnabl P, Zamecnik M. Mullerianosis of the urinary bladder : report of a case with suggested metaplastic origin. Virchows Arch. 2006, 449 (2):268-71.

 Quelques cas décrits d’endocervicose (198 ;211) Am J Surg Pathol 1992 ;16:533, Hum Path 1996 ;27:816 au niveau de la vessie (considérée par certains auteurs comme une métaplasie mucineuse), pathologie féminine, sujet de 31 à 65 ans (moyenne 39 ans) ou oestrogénothérapie pour cancer de la prostate avec dysurie, pollakiurie, masse murale de la vessie respectant la muqueuse, de la paroi postérieure ou du dôme, de 2 à 5 cm. Association à endométriose, césarienne.
Histologie  : Lésion d’aspect polypoïde avec prolifération désordonnée de glandes éparpillées dans la paroi vésicale (muscle, chorion, sous séreuse), urothélium normal ou en métaplasie mucineuse, les glandes sont de taille et forme variable parfois dilatées, sans hyperplasie ni adossement, le revêtement est monostratifié cylindrique, mucineux, les noyaux sont réguliers, basaloïdes, présence focale de glandes endométrioïdes et/ou de stroma endométrial (212).

Images histologiques  : série d’images ; #2
Diagnostic différentiel   :
- adénocarcinome, soit primitif (rares types mucineux et à cellules claires), soit secondaire du col utérin, du rectum ou de l’ovaire.
- lésions pseudotumorales de la vessie : cystite glandulaire en particulier dans sa forme ’ floride ’ de type intestinal, la cystite kystique ou la simple kystisation des îlots de Von Brunn.
L’ endocervicose peut s’observer seule ou en association avec de l’endosalpingiose Mod Path 1996 ;9:731 (voir endosalpingiose) et/ou de l’endométriose ’ vraie ’.

Endosalpingiose  : tubules / kystes à revêtement tubaire (cellules ciliées) dans le chorion, musculeuse = Mullerianose si associé à endocervicose, endométriose (Mod Pathol 1996 ;9:731). Très rare, femmes en activité sexuelle, lésion de la paroi postérieure ou dôme
Clinique : douleurs suprapubiennes, pollakiurie, dysurie, parfois post-chirurgical
Traitement  : chirurgie (Urology 2004 ;64:1031)
Histologie  : atteinte du chorion et musculeuse par des tubes et kystes à revêtement mullérien, peut remplacer l’urothélium et former des lésions polypoïdes dans la lumière vésicale
Images histologiques 

(198) Borda A, Petrucci MD, Berger N. [Miscellaneous benign lesions of the bladder and the urinary tract]. Ann Pathol 2004 ; 24(1):18-30.
(211) Clement PB. Diseases of the peritoneum. In : Kurman RJ, editor. Blausteins’s Pathology of the female genital tract. New-York : Springer Verlag, 2001 : 729-789.
_ (7) Murphy WM, Beckwith JB, Farrow GM. Tumors of the urinary bladder. In : Rosai J, editor. Tumors of the kidneys, bladder and related urinary structures. Washington DC : Armed forces institute of pathology, 1994 : 193-297.



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