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Carcinome micropapillaire


Variante rare (<1%) de type micropapillaire (1-3) Hum Pathol. 2010 Aug ;41(8):1159-64 de 47 à 81 ans (moyenne 67 ans), forte prédominance masculine (5/1), carcinome transitionnel de haut grade avec une composante micropapillaire ressemblant au carcinome séreux de l’ovaire que l’on retrouve à la fois en surface et en profondeur ainsi que dans les métastases (4). Incidence de 0.7%
Cet aspect micropapillaire passe inaperçu lorsqu’il est minoritaire au sein d’un carcinome urothélial qui est toujours infiltrant et de haut grade. Il pose des problèmes de diagnostic différentiel avec un adénocarcinome primitif ou secondaire, lorsqu’il représente le contingent prédominant ou lorsqu’il est observé sur un site métastatique. Le pathologiste doit être averti de ces aspects morphologiques déroutants qui peuvent faire errer le diagnostic. En fait, ces aspects n’ont aucune incidence connue sur le pronostic à l’heure actuelle et l’on se borne à constater qu’ils sont en règle associés à des tumeurs de haut grade/stade avec perméations vasculaires.
Histologie  : îlots ou petits nids de cellules éosinophiles de taille moyenne souvent atypiques, ces îlots sont entourés par des espaces clairs artéfactuels réalisant des aspects de pseudoemboles. Il existe par ailleurs de véritables emboles vasculaires (que l’on retrouve en immunohistochimie dans 95% des cas Arch Pathol Lab Med. 2012 Jun ;136(6):635-9), zones pseudoglandulaires avec des structures annulaires (15%) différenciation squameuse dans 15%. Les cellules sont parfois clarifiées vacuolisées mais ne comportent aucune mucosécrétion. En surface papilles fines centrées par un axe vasculaire. Il n’y a jamais de corps psammomateux. Les noyaux ont un gros nucléole et une chromatine irrégulière de haut grade (sauf certains cas de faible grade), mitoses nombreuses. Dans 60% carcinome urothélial de haut grade associé avec parfois différenciation glandulaire ou malpighienne. Du CIS urothélial est présent dans environ 60% des cas. L’intérêt de reconnaître cette forme est de pouvoir identifier qu’il s’agit bien d’un carcinome urothélial primitif de haut grade et de haut stade. La proportion de contingent micropapillaire représente 20 à 80% des tumeurs. Tous les patients ont des tumeurs pT3 ou de plus haut stade au moment du diagnostic. A 5 ans, 75 % d’entre eux sont décédés (85% de mortalité en 2 à 14 mois 15 % vivants évolutifs Hum Pathol. 2010 Aug ;41(8):1159-64). Il faut donc insister sur l’intérêt de reconnaître cette forme le plus tôt possible et d’instituer des traitements adjuvants, à noter la faible reproductibilité dans ce diagnostic de carcinome micropapillaire de la vessie Am J Surg Pathol. 2010 Sep ;34(9):1367-76, la présence d’artéfacts de rétraction nets autour de la majorité des amas néoplasiques dans au moins 1 champ à X 100 s’accompagne d’un risque de N+ similaire au carcinome micropapillaire Hum Pathol. 2017 Mar ;61:90-96.

Images histologiques  : #1, #2, #3 ; papilles et cellules cylindriques, atypies focales ;

Immunohistochimie  (5) : positivité de EMA, LeuM1, CK 7+ (88 - 100%), CK 20 + (63 - 90%), EMA + (100%), CD 15 + (100%), ACE + (2/3), CA 125 + (1/3), B72.3 + (1/3), BerEP4 + (1/3), S100 – (95%), UroIII (uroplakine) + (60%), thrombomoduline + (65%), CK 5/6 + (81%), CK 8/18 + (93%), CK 14 + (21%), CK 903 + (77%), p63 -, GATA3 + Hum Pathol. 2014 Sep ;45(9):1824-9.

Diagnostic différentiel  : métastase d’origine ovarienne, endométriale, pulmonaire, mammaire, gastro-intestinale et salivaire. La présence d’un carcinome urothélial in situ ou d’un carcinome urothélial conventionnel invasif plaide pour une tumeur primitive. Les immunomarquages peuvent être utiles en particulier avec l’uroplakine 3 et la thrombomoduline qui sont présentes dans de nombreux carcinomes urothéliaux papillaires mais pas dans les tumeurs ovariennes, mammaires, pulmonaires et coliques. L’uroplakine et la CK20 sont les plus utiles pour identifier le carcinome urothélial micropapillaire alors que la p63, les CK de haut poids moléculaire et la thrombomoduline sont moins sensibles et moins spécifiques.

Le pronostic global est mauvais, car stade évolué au diagnostic et 20% de métastases dès le début. La proportion de carcinome urothélial micropapillaire influence le stade au diagnostic et la survie. Qu’elle soit focale ou diffuse, cette morphologie micropapillaire aggrave l’évolution du carcinome urothélial. Un traitement précoce par cystectomie pourrait améliorer l’évolution car ces tumeurs ne répondent pas à la chimiothérapie de seconde ligne. Etant donné l’expression de Her2Neu et PTEN, des thérapies ciblées pourraient être utiles.

http://www.pathologyoutlines.com/topic/bladdermicropapillary.html

NB : une variante non invasive a été décrite sous forme de petites touffes fines de carcinome urothélial imitant un carcinome séreux ovarien borderline, soit comme variante de carcinome urothélial de haut grade ou comme variante de carcinome in situ. Forte prédominance masculine (9/1), moyenne de 71.8 ans (54-87 ans) Hum Pathol. 2012 Dec ;43(12):2124-8.

 

 

 

Reference List

 

 (1) Eble JN, Sauter G, Epstein JI, Sesterhenn IA. Tumours of the urinary system and male genital organs. Lyon : IARC press, 2004.

 (2) Amin MB, Ro JY, el Sharkawy T, Lee KM, Troncoso P, Silva EG et al. Micropapillary variant of transitional cell carcinoma of the urinary bladder. Histologic pattern resembling ovarian papillary serous carcinoma [see comments]. Am J Surg Pathol 1994 ; 18(12):1224-1232.

 (3) Maranchie JK, Bouyounes BT, Zhang PL, O’Donnell MA, Summerhayes IC, DeWolf WC. Clinical and pathological characteristics of micropapillary transitional cell carcinoma : a highly aggressive variant. J Urol 2000 ; 163(3):748-751.

 (4) Johansson SL, Borghede G, Holmang S. Micropapillary bladder carcinoma : a clinicopathological study of 20 cases. J Urol 1999 ; 161(6):1798-1802.

 (5) Johansson SL, Borghede G, Holmang S. Micropapillary bladder carcinoma : a clinicopathological study of 20 cases. J Urol 1999 ; 161(6):1798-1802.

 

 



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