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CONJONCTIVITE



Les maladies de la conjonctive sont très fréquentes. Il s’agit surtout des conjonctivites, qui sont dues à l’infection, aux phénomènes allergiques ou à une irritation physique ou chimique.


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#conjunctivitisgeneral


Les symptômes d’une conjonctivite sont la congestion (l’œil est rouge), le larmoiement (avec parfois photophobie), les sécrétions plus ou moins purulentes, avec yeux collés le matin, enfin la sensation de cuisson ou, surtout, l’impression de présence de corps étrangers. Il n’y a pas d’atteinte de la vision.


La conjonctive peut être irritée par de nombreux agents physiques et notamment les ultraviolets. Ceux-ci ont leur source soit par réflexion sur la neige en haute altitude (ophtalmie des neiges), soit par « coup d’arc électrique », soit surtout par certaines lampes à bronzer utilisées sans précaution. Le résultat en est une photophobie intense qui heureusement ne dure que peu de temps.


Lacération conjonctivale


Clinique : la conjonctive est peu innervée et donc moins sensible que la cornée, après traumatisme, discrète douleur/sensation de corps étranger, larmoiement, parfois photophobie ; vision préservée, hémorragie sous-conjonctivale. La lacération se voit après fluorescéine.


Traitement : exclure une perforation et des corps étrangers sous-conjonctivaux. Antibiotiques topiques à large spectre, parfois nécessité de sutures


 


Conjonctivite toxique qui est une conjonctivite folliculaire liée à l’exposition à des corps étrangers


Clinique  : classique, bulbaire et palpébrale avec follicules et papilles, sans adénopathie pré-auriculaire, parfois kératopathie secondaire, pannus si forme chronique.


Typiquement sur traitement de conjonctivite bactérienne ou virale qui ne s’améliore pas malgré un traitement correct et qui correspond à une intolerance au traitement.


Traitement : symptomatique, compresses frodes, larmes artificielles. antihistamines topiques et orales, cromoglycate, sinon AINS ou stéroïdes topiques si signes nets.


 


Conjonctivite aiguë hémorragique : Rapidement progressive et contagieuse, d’origine virale (Coxsackie virus A24) (Arch Virol 2007 Aug 6) ; ou entérovirus E70 (Emerging Infectious Diseases) et adénovirus


Diagnostic : RT-PCR, culture


Traitement : symptomatique, guérit en 1 semaine sans séquelles


 


Conjonctivite granulomateuse avec nécrose - tuberculose, syndrome de Parinaud (syndrome oculoglandulaire avec conjonctivite (granulations rétrotarsales), N pré-auriculare et cervical, fièvre), parfois neurorétinite (œdème du disque exsudats stellaires maculaires par maladie des griffes du chat ou tularémie (Am J Ophthalmol 2001 ;131:283), granulomatose de Wegener (Ophthalmology 2003 ;110:1770)


sans nécrose - Crohn (Br J Ophthalmol 1984 ;68:901), à corps étrangers, Hodgkin (Am J Ophthalmol 2001 ;131:796), sarcoïdose, syphilis


Images : Crohn ; Paracoccidiodes brasiliensis


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#granulomatousconj


 


Les Conjonctivites infectieuses sont également fréquentes ; la conjonctive est du reste la muqueuse la plus ordinairement frappée par l’infection en raison de son exposition permanente à l’air et aux micro-organismes.


Conjonctivites bactériennes : le plus souvent Staphylocoque doré (rare chez l’enfant), Hemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae and Pseudomonas aeruginosa.


Dans la forme aiguë surtout Neisseria gonorrhoeae et Corynebacterium diptheroides, risque accru de kératite.


Clinique : injection de la conjonctive bulbaire voire palpébrale et vaisseaux épiscléraux, parfois discrète photophobie, pas de douleurs, écoulement mucopurulent qui bloque les paupières au matin avec possibilité de kératite ponctuée


Traitement  : éviction scolaire jusqu’à l’arrêt des symptômes ; antibiotiques locaux (Prescrire Int 2007 ;16:120). Depuis la découverte des antibiotiques, l’évolution des conjonctivites infectieuses est heureusement devenue, dans l’immense majorité des cas, parfaitement bénigne :  : Ciloxane (ciprofloxacine), Ocuflox (ofloxacine), Quixine (levofloxacine), Polytrime (polymixine B-triméthoprime), gentamicine, tobramycine +/- corticoides si absence d’ulcération cornée (Maxitrol (neomycin-polymixin B-dexamethasone, Alcon), Pred-G (gentamicin-prednisolone, Allergan), Tobra Dex (tobramicin-dexamethasone, Alcon)).


 


La Conjonctivite à inclusions à Chlamydia touche des sujets jeunes sexuellement actifs et est une cause fréquente de conjonctivite néonatale en Occident (risque de 30 à 40% si mère infectée). Elle donne une conjonctivite à inclusions de diagnostic difficile, car peu de symptômes, il faut y penser si conjonctivite infectieuse qui ne réagit pas aux antibiotiques topiques. Elle peut être soit aiguë, soit chronique, elle est due à des chlamydia, se présente sous forme d’une conjonctivite folliculaire. Le diagnostic est basé sur la découverte des inclusions sur des frottis conjonctivaux


Clinique : injection conjonctivale, kératite superficielle ponctuée, pannus cornéen >, écoulement mucopurulent, adénopathie palpable pré-auriculaire. images cliniques : TF, TI, TS #1, TS #2, TT, TT and CO


Traitement : tetracycline orale sur 3 semaines, sinon Amoxacilline et érythromycine, on peut proposer l’azithromycine (Zithromax) +/- en topique érythromicine, tétracycline.


La forme gonococcique : due à l’infection lors du passage au cours de l’accouchement dans la filière génitale maternelle contaminée, rare dans les pays développés (J Fr Ophtalmol 2007 ;30:e18) grâce aux méthodes prophylactiques (instillation systématique d’un collyre à la naissance) ; c’était historiquement une cause prépondérante de cécité néonatale. Après incubation de 2 à 7 j, œil rouge aigu avec importants sécrétions collant les paupières avec des papilles conjonctivales, kératite ponctuée superficielle et chémosis marqué, souvent conjonctivite hemorragique, pseudomembranes et adénopathie pré-auriculaire. Dans les formes chroniques ou sévères possibilité d’ulcération cornéenne avec uvéite antérieure.


Diagnostic : identification sur culture, les frottis conjonctivaux au Giemsa montrent des inclusions intracytoplasmiques dans les cellules épithéliales, PNN et lymphocytes.


Traitement : après identification du germe en IM ceftriaxone 1g, puis si possible à nouveau 1 g en IV en 12-24 h. Puis érythromicine, tétracycline ou doxycycline. Lavages des yeux + fluoroquinolone topique (ofloxacin or ciprofloxacin) si atteinte cornéenne.


clinical image


 


Au contraire, les conjonctivites subaiguës restent communes et peuvent évoluer par poussées épidémiques dans certaines communautés.


 


Plusieurs sortes de conjonctivites virales sont connues ; elles ont pris de l’extension avec l’usage des antibiotiques qui n’ont pas d’effet sur les virus, mais leur laissent place nette en combattant les bactéries. La plus fréquente d’entre elles est la Kératoconjonctivite épidémique. Comme son nom l’indique, elle affecte à la fois cornée et conjonctive (conjonctivite bilatérale, <, palpébrale, folliculaire, avec kératite épithéliale et stromale). Elle a pris des proportions pandémiques pendant la Seconde Guerre mondiale et frappe volontiers les communautés industrielles, le personnel navigant des navires, les milieux hospitaliers et notamment les services d’ophtalmologie. Elle dure longtemps (plusieurs mois), après une période aiguë de une à trois semaines ; à ce titre, elle a des conséquences sociales parfois non négligeables. Mais elle régresse sans séquelle. Elle est due à un adénovirus type 8


La fièvre pharyngoconjonctivale de caractérise par de la fièvre, pharyngite, et conjonctivite folliculaire, uni- ou bilatérale (adénovirus 3 voire 4 ou 7), atteinte cornéenne rare, elle dure 4 j à 2 semaines.


La conjonctivite « des piscines » est due aussi à un virus et n’a pas toujours comme cause un bain dans une eau polluée. Après une phase aiguë assez marquée, elle guérit également toujours sans séquelle.


Traitement  : symptomatique  ; compresses froides, larmes artificielles, + en topique des vasoconstricteurs (naphazoline) et stéroïdes, on peut utiliser le Cidofovir (Vistide), si adénovirus


 


Le trachome occupe quant à lui, à l’échelon mondial, une place majeure parmi les causes de cécité. Le trachome est une kératoconjonctivite transmissible, due à Chlamydia trachomatis, d’évolution généralement chronique, avec formation de follicules, hyperplasie papillaire, pannus cornéen, avec lésions cicatricielles typiques. Maladie liée au sous-développement et à la misère (cause la plus fréquente de cécité en dehors des pays industrialisés) ; ainsi en Afrique, il y a dix fois plus d’aveugles qu’en Europe ; en Algérie, 85 à 90% des sujets ont des stigmates de trachome ; si la plupart des cas sont bénins, 1 % de la population est cependant porteuse de séquelles sévères, c’est-à-dire que l’on compte 100000 aveugles pour 10 millions d’habitants. Lors de la phase inflammatoire, peu de signes fonctionnels : gêne oculaire, picotements, sensation de sable dans les yeux. La baisse d’acuité visuelle est tardive, contemporaine de l’opacification du centre de la cornée.


Trachome inflammatoire / actif ou floride, avec 3 signes évocateurs : papilles, follicules et pannus.


L’hyperplasie papillaire est un semis de points rouges microscopiques. La conjonctive est oedémateuse et cet épaississement estompe +/- le réseau vasculaire sous-jacent.


Les follicules sont sphériques, translucides, jaunes, d’environ 0,5 mm de diamètre, encerclées de vaisseaux en périphérie et centre avasculaire. À la pression, ces follicules éclatent en libérant un liquide gélatineux.


– Pannus cornéen = voile opalescent et vascularisé qui descend du limbe > vers le centre de la cornée, précédé d’une kératite superficielle avec micro-ulcérations épithéliales et infiltrats sous-épithéliaux. Au niveau du limbe, on peut voir des nodules gris, saillants, d’environ 0,5 mm = follicules limbiques.


Trachome cicatriciel  : ni follicules ni papilles. La conjonctive tarsale présente des cicatrices linéaires +/- ramifiées convergeant vers le bord libre de la paupière avec sillon (ligne d’Arlt).


Le tarse est déformé, bosselé, parfois recouvert de concrétions jaunâtres.


Si rétraction cicatricielle intense, alors entropion-trichiasis, avec déformation de la paupière > et déviation des cils vers le globe oculaire. La cicatrisation du pannus cornéen laisse une opacité en croissant de lune ou des opacités brunes, rondes, en pointillé au niveau du limbe (ocelles limbiques ou fossettes de Herbert), pathognomoniques.


L’atteinte conjonctivale entraîne une destruction conjonctivale et une sécheresse oculaire.


Au stade ultime, la cornée est opaque, blanche, irrégulière, sèche : oeil et paupières immobiles, cornée totalement opaque.


Les complications du trachome sont le fait soit d’un envahissement vasculaire de la cornée (c’est le pannus trachomateux), soit des cicatrices conjonctivales sclérorétractiles entraînant le retournement des paupières (surtout de la paupière supérieure) et la multiplication des cils qui viennent frotter la cornée et l’ulcérer (c’est l’entropion (trichiase (Image) avec larmoiement et photophobie), soit enfin de la surinfection conjonctivale et cornéenne par un germe banal qui trouve sur ce terrain affaibli des conditions favorables à leur développement. Autant dire qu’une hygiène élémentaire et un traitement local approprié, suffisamment précoce, mettent à l’abri de ces sortes d’accidents.


L’agent pathogène est C. trachomatis, bactérie intracellulaire de 300 nm. Dans les cellules épithéliales de la conjonctive, les bactéries entraînent la formation d’inclusions cytoplasmiques non spécifiques visibles au microscope optique, avec formation de corps initiaux, sensibles aux antibiotiques, qui se fragmentent en corps élémentaires, résistants, allant infecter d’autres cellules. C. trachomatis infecte l’homme et les primates.


Elle est incriminée au cours du trachome, d’infections urogénitales, responsables de stérilités féminines d’origine tubaire, de pneumopathies chez les NN, du syndrome oculo-urétro-synovial, et des conjonctivites à inclusions du nouveau-né et de l’adulte (conjonctivite des piscines).


La sérologie permet d’identifier plusieurs sérotypes dont A, B et Ba, responsables du trachome.


Les sérotypes D, E et G, dont la transmission se fait par voie sexuelle, pourraient aussi être incriminés dans le trachome.


Le réservoir de germes est humain.


Les enfants trachomateux hébergent C. trachomatis au niveau des conjonctives, mais aussi du rhinopharynx et du rectum, ce qui témoigne d’une infection généralisée.


La contamination et les réinfections entre enfants se font par plusieurs voies : essentiellement les mains, le linge sale et les sécrétions rhinopharyngées. Les mouches peuvent jouer le rôle de vecteurs passifs.


Le trachome est + grave dans le sexe féminin (surtout en termes de fréquence de l’entropion-trichiasis), car + grande exposition à l’agent infectieux (contact des enfants trachomateux).


Autres facteurs de risque : défaut d’hygiène collective, manque d’eau, promiscuité et saleté du visage.


Biologie : examens sérologiques ni spécifiques ni sensibles. L’isolement de C. trachomatis sur culture de tissus (cellules McCoy traitées au cycloheximide) est un procédé spécifique, mais inutilisable en routine dans les zones d’endémie.


Les tests immunologiques sont utilisés pour les enquêtes épidémiologiques.


L’examen en immunofluorescence directe des frottis conjonctivaux présente le meilleur compromis entre sensibilité, spécificité et facilité de réalisation, mais n’est positive qu’au début de l’infection. L’immunofluorescence indirecte recherche les Ac spécifiques de C. trachomatis dans les larmes (Ig A et IgG), qui n’apparaissent pas avant J10 (IgA) et J30 (IgG) de l’infection. Des réactions croisées avec les autres chlamydioses limitent la spécificité de ce test.


La corrélation entre la clinique et l’immunologie n’est pas parfaite : du fait de son extrême sensibilité, l’examen peut être positif en l’absence de tout signe clinique ou au cours de trachomes dans lesquels la culture ne permet plus d’isoler C. trachomatis.


Histologie


Stade I : infiltrat inflammatoire lymphoïde conjonctival ; puis pannus (tissu fibrovasculaire dans le stroma de la conjonctive et de la cornée)


Stade II : inflammation floride, + de follicules lymphoïdes, épaississement épithélial, pannus net ; macrophages avec débris (cellules de Leber) dans la conjonctive


Stade III : cicatrice, pas de follicules, entropion cicatriciel, trichiase (Image)


Images : stade I ; stade II ; pannus ; stade III (cicatrisation) ; stase IV


Histologie : inclusions intracytoplasmiques  ; inclusions de Chlamydia #1 ; #2 ; #3


Traitement : Forme active : surtout tétracyclines, macrolides, rifampicine, ces deux derniers pouvant induire des résistances. Deux schémas thérapeutiques sont envisageables, d’efficacité identique.


L’azithromycine est préférée lorsque les conditions le permettent, ce qui permet d’éviter les problèmes d’observance thérapeutique.


En zone d’endémie, le traitement peut être appliqué :


– à l’ensemble de la population : traitement systématique ou de « masse » qui consiste à administrer le médicament à tous les membres de toutes les familles qui constituent la population à traiter ;


– aux malades dépistés ;


– à un segment particulier de la population, en particulier la famille.


Le traitement familial consiste à identifier et traiter toutes les familles dont un membre au moins est atteint de trachome actif.


Le choix de la stratégie thérapeutique repose autant sur l’analyse de la situation épidémiologique que sur le contexte économique et culturel.


Le trachome cicatriciel bénin ne nécessite aucun traitement médical.


L’entropion-trichiasis doit au contraire être opéré (instrumentation simple, par du personnel non spécialisé mais avec formation adéquate).


En Afrique francophone, les plus utilisées sont :


– le procédé de Trabut = tarsotomie horizontale basse par voie conjonctivale avec rotation vers le haut du lambeau <, méthode simple, mais qui ne corrige pas bien les angles de la fente palpébrale, d’où risque de récidive ;


– le procédé de Cuenod et Nataf = amincissement du tarse par résection cunéiforme par voie cutanée, puis suture qui éverse le bord libre vers l’avant, + complexe, mais respecte mieux les structures anatomiques et corrige mieux l’incurvation des angles.


Traitement Préventif : pour éviter la contamination et les réinfections intrafamiliales.


L’adoption de mesures d’hygiène aussi simples que le lavage du visage des enfants ou la construction de latrines diminuent la prévalence et gravité du trachome. En ce qui concerne l’eau, c’est davantage son utilisation à des fins d’hygiène corporelle que son abondance ou sa pureté qui permet de diminuer la transmission.


http://www.emedicine.com/oph/topic118.htm


http://en.wikipedia.org/wiki/Trachoma


http://www.medix.free.fr/sim/trachome.php


 


De multiples autres causes sont reconnues aux conjonctivites, qu’elles soient locales ou bien générales, comme au cours des maladies infectieuses de l’enfance : diphtérie, rougeole, etc.


A signaler la possibilité de larves de mouches dans les cul de sac conjonctivaux (myiase) (voir vidéo dans le lien)


http://www.merck.com/mmpe/multimedia/Photo3sec9ch101.html?Ref=t&ItemId=Photo3sec9ch101&RefId=sec09/ch101/ch101c&Speed=256&Plugin=WMP&Error=%7C$%7C


 


Conjonctivite chronique : > 4 semaines


Unilatérale : secondaire à kératite, obstruction nasolacrimale, corps étranger occulte, néoplasme


Bilatéral : bactérien, viral, trachome (Image, ou autresr micro-organismes ; causes allergiques ou chimiques, inflammation des glandes de Meibomius


Histologie  : nombreuses cellules en gobelet et plis papillaires, inflammation chronique ; ilôts isolés d’épithélium formant des kystes de rétention qui peuvent se calcifier ; plus tard ; atrophie, kératinisation et cicatrice stromale


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#chronicconj


 


Conjonctivite cicatricielle :


Les causes sont multiples : brûlures, lupus érythémateux discoïde, lichen planus, atteinte oculaire de la rosacée, syndrome paranéoplasique associé aux tumeurs pulmonaires…


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#chronicconj


 


Lithiases oculaires  : ou concrétions conjonctivales sont de petits nodules blancs, enfoncés dans la conjonctive palpébrale, souvent près de kystes conjonctivaux. Se voient chez des sujets ages, comme séquelles de conjonctivite chronique, de kératoconjonctivite chronique atopique ou après trachome, souvent idiopathique.


Clinique : sensation de corps étranger, surtout au clignement, souvent asymptomatique.


Traitement : si symptômes et cornée intacte, si risque cornéen, exérèse.


 


Les paupières ainsi que la conjonctive peuvent être le siège de lésions bulleuses intra ou sous muqueuses (voir peau pemphigoïde cicatricielle)


Histologie (1) : rarement vu par les pathologistes car elles ne sont que très rarement biopsiées.


 


A signaler la conjonctivite ligneuse qui est une forme particulière de conjonctivite chronique pseudomembraneuse sous forme d’une induration ligneuse des paupières avec formation d’une pseudomembrane sur la conjonctive tarsale. Images : #0


Histologie : masses hyalines de fibrine et d’immunoglobulines imitant de l’amylose.


 


La lésion conjonctivale typique de la sarcoïdose est représentée par des petits nodules jaunâtres saillants localisés dans les culs de-sac conjonctivaux inférieurs avec inflammation granulomateuse non caséeuse. Le plus souvent, il s'agit simplement d'un aspect de conjonctivite folliculaire banale non spécifique en l'absence d'examen histologique. Se voit dans 25-50% des formes systémiques ; touche aussi la paupière, glandes lacrimales et uvée.


Histologie : #2, #3


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#sarcoidosis


 


La "conjonctivochalasie" se voit après 50 ans. Elle est bilatérale. Du tissu bulbaire fait hemie entre l'œil et la paupière inférieure. Le tableau histologique est variable. Le traitement est chirurgical.


 


Le granulome actinique : de la conjonctive présente le même aspect qu’au niveau cutané.


 


 


 


La technique de l'empreinte conjonctivale est un moyen peu agressif, indolore, de collecter les cellules conjonctivales superficielle (en voie de desquamation), et montre 3 types de cellules : les cellules épithéliales de recouvrement, impliquées dans de nombreuses réactions biologiques, souvent inflammatoires ; les cellules à mucus ou cellules caliciformes ; et un contingent de cellules inflammatoires (entre autres des cellules dendritiques (cellules de Langerhans), lymphocytes intra-épithéliaux.


Les empreintes conjonctivales sont un reflet indirect des pathologies conjonctivo-cornéennes (sécheresses oculaires), au cours d’inflammations chroniques, ou d’infections.


Les techniques classiques de cytologie conjonctivale connaissent des limites, ce qui a conduit à développer des procédures d’immunomarquage.


Techniques de prélèvement : Recueil cellulaire à partir de membranes d'acétate de cellulose (Millipore) ou de polyethersulfone (Gelman), qui permettent aux cellules conjonctivales d'adhérer et d'être collectées en formant un tapis cellulaire fin et homogène. L'empreinte est obtenue après anesthésie topique par une goutte d'oxybuprocaïne (n'est pas indispensable).


L'empreinte peut être prélevée à partir de n'importe quelle portion de la conjonctive bulbaire ou éventuellement tarsale. La proportion de cellules à mucus dans les secteurs conjonctivaux est variable, les réactions de métaplasie ou d'inflammation sont différentes entre la conjonctive protégée par les paupières et celle exposée à l'air. On privilégie la conjonctive bulbaire supérieure, protégée par la paupière.


Les filtres mesurent 13 mm de diamètre avec des pores de 0,20 microns. Ils sont coupés en 2 avec des instruments stériles une pince saisit une demi-membrane par un de ses coins et l'appose sur la conjonctive bulbaire > en soulevant la paupière pendant que le patient regarde vers le bas. La membrane est posée sur la conjonctive sans la lâcher avec la pince, puis doucement retirée ce qui entraîne un soulèvement de la conjonctive parfois légèrement douloureux lorsqu'il est effectué de manière trop rapide.


On contrôle la densité cellulaire en regardant la membrane en lumière rasante (tapis brillant +/- homogène).


L'empreinte conjonctivale est effectuée d’habitude à l'aide de filtres de cellulose (transparisés après coloration cytologique), ce qui permet l'analyse des cellules. Cette technique de transparisation est incompatible avec les techniques d'immunomarquage ou de biologie moléculaire.


L'empreinte conjonctivale classique


Cette cytologie permet d’évaluer la densité en cellules à mucus, le degré de métaplasie squameuse (syndrome sec), la présence de cellules inflammatoires, l'identification de cellules épithéliales contenant une chromatine en forme de serpent, la présence d'inclusions intracellulaires, de cellules atypiques comme des mastocytes ou des éosinophiles.


La présence de snake-like chromatine, une métaplasie importante ainsi qu'une perte +/- totale en cellules à mucus sont des caractéristiques, mais non spécifiques, des sécheresses oculaires sévères (se voit aussi lors de réactions inflammatoires chroniques). Appliquée au limbe et débordant sur la cornée, l'empreinte peut identifier des cellules à mucus sur le versant cornéen ce qui signe une conjonctivalisation pathologique, caractéristique d'un déficit en cellules souches limbiques.


 


L'utilisation de techniques d'immunocytologie  : Ces techniques buttent sur des impératifs techniques (nécessité d’un support transparent obtenu de 2 manières).


- transparisation chimique de la membrane après immunomarquage (nécessité de marquages intenses ne permettant pas de quantification).


- placage en milieu humide des membranes couvertes de cellules sur une lame de verre, ce qui a permis d'utiliser des techniques d'immunofluorescence (mais perte d'informations car une partie des cellules conjonctivales est altérée lors de la pression sur le verre, ou reste sur la membrane).


 


La microscopie confocale, permet par un système de balayage laser puis de reconstruction informatique d'analyser finement la fluorescence émise par des cellules marquées par des anticorps monoclonaux. Cela revient à reconstruire une couche d'un micron à une profondeur déterminée lors de l'acquisition et indépendante du support sur lequel se situe le prélèvement. Cette propriété permet d'analyser la fluorescence cellulaire sur des prélèvements reposant sur des membranes opaques. L'immunofluorescence est effectuée directement sur la membrane qui sera ensuite analysée en microscopie confocale (cette technique se borne à calculer le % de cellules positives à un marqueur). Cette technique peut être complétée par la CMF. Elle permet de discriminer des populations cellulaires complexes, voire de les trier pour des cultures cellulaires. Cette technique a été utilisée pour la quantification de phénomène d'inflammation, d'apoptose, d'activation cellulaire dans des pathologies variées (sécheresses oculaires, pathologies iatrogènes ( cours du glaucome ou l'allergie)).


Il faut un nombre suffisant de cellules (plusieurs centaines de milliers) ce qui peu être obtenu avec les membranes type Gelma (immédiatement placées dans des tubes contenant un fixateur (paraformaldéhyde à 0,05 %) conservés à 4° juste avant le prélèvement et remis au froid tout de suite après de manière à limiter les réactions d'apoptose). Les membranes peuvent être conservées plusieurs jours dans ces conditions avant d'être analysées en laboratoire, après extraction mécanique puis immunomarquage et passage en CMF.


 


 


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#conjunctivitisgeneral http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#chronicconj http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#granulomatousconj http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#allergicconjuncitivitis http://www.emedicine.com/oph/topic118.htm http://en.wikipedia.org/wiki/Trachoma http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#chronicconj http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#chronicconj http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#sarcoidosis http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#ocularcicatricialpemphigoid http://www.emedicine.com/OPH/topic83.htm http://www.emedicine.com/derm/topic79.htm


 



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