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CARCINOME IN SITU ET DYSPLASIE


Dysplasie : surface conjonctivale irrégulière à bords anfractueux ; le patient se plaint de signes non spécifiques : rougeur et irritation.
La dysplasie peut survenir dans toutes les zones de la conjonctive épibulbaire, le plus souvent à l’extérieur de la zone interpalpébrale.
Histologie : classique. Une kératinisation modérée est retrouvée.
Le risque de transformation en tumeur de type carcinome invasif est plus élevé que dans la kératose actinique.
 
Carcinome in situ (1 ;6 ;7 ;17 ;18) : peut se présenter au niveau de la conjonctive bulbaire, soit comme une leucoplasie ou un papillome, comme une complication de ptérygium ou pinguécula. L’œil est souvent légèrement rouge et le patient se plaint d’une gêne, d’un larmoiement et de sécrétions. Ces lésions peuvent être pigmentées chez le mélanoderme. Ce sont les tumeurs les plus fréquentes. Leur incidence varie selon les pays de 0,2 à 3,5 10-5. Patients âgés (> à 60/70 ans), surtout des hommes (H/F 4/1). Elles sont le plus souvent situés au limbe, plus rarement au fornix ou à la conjonctive palpébrale. Plusieurs facteurs de risque existent :
- les infections virales : HPV et HIV : Bien que les résultats de la littérature soient discordants, le rôle de l’HPV (types 16 et 18 a été prouvé par certaines équipes (19), voire types 6 et 11. Un test pour le VIH peut être proposé lors de carcinome malpighien conjonctival chez des patients < 50 ans ;
- exposition solaire est le facteur de risque le plus important. En effet, les carcinomes de la conjonctive s’observent le plus souvent dans la fente palpébrale. Ces carcinomes sont fréquents et précoces chez les patients atteints de Xeroderma pigmentosum. Sinon exposition aux dérivés du pétrole, tabac, cyclosporine.
Lésions de bon pronostic mais nécessitant une chirurgie large avec cryocoagulation sinon une chirurgie in sano. La récidive est de 5 % si l’exérèse est complète. Elle s’élève 24 % si les berges passent en tissu tumoral. Dysplasie. Neoplasie conjonctivale intraépithéliale (texte)  ; Images  : #1 ; #2, dysplasie#1 ; #2, #3, #4, #5 ; #6 ; #7 ; #8 ; #9 ; CIN3 conjonctival,  extension à la cornée ; acanthose irrégulière simulant une invasion
La cytologie exfoliative montre des cellules épithéliales atypiques, parfois kératinisées.
Les diagnostics différentiels des CIN sont la kératose actinique, fréquente et souvent méconnue et les lésions épithéliales bénignes représentées essentiellement par les papillomes. Ces derniers sont des tumeurs fréquentes situés sur la marge palpébrale ou à la caroncule (où ils sont volontiers pédiculés) et au limbe (dans leur forme sessile). Ils sont très rares dans les autres localisations.
Traitement : exérèse complète, récidives d’autant + fréquentes que haut grade, taille > 2 mm, cornée. Si atteinte diffuse on peut proposer en topique de la mitomycine ; 5FU, IFN alpha
(1) Rosai J. Ackerman’s surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996.

(6) Jakobiec FA, Zimmerman LE. Symposium on ophthalmic surgical pathology, Part I. Introduction. Hum Pathol 1982 ; 13(2):98-112.
 
(7) Font RL, Croxatto JO, Rao NA. Tumors of the eye and ocular adnexa. washington Dl#corneaCIS
 


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