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NEVROSE HYSTERIQUE


NEVROSE HYSTERIQUE : à l’heure actuelle, le terme de névrose hystérique est abandonné dans les classifications des troubles mentaux (le DSM- IV ou la CIM- 10) car il renvoie à des manifestations cliniques de nature différente. Le terme d’hystérie renvoie donc à la personnalité hystérique (dans ses différents aspects), à des symptômes hystériques (ou symptômes de conversion) et enfin, à la névrose hystérique. Dans les classifications actuelles, le trouble somatisation correspond à ce que l’on appelait dans le passé névrose hystérique.
Le terme de névrose hystérique est encore employé par certains auteurs pour désigner l’ensemble personnalité hystérique et symptômes hystériques.
Clinique :
Symptômes somatiques

- les atteintes motrices : paralysies, atteintes de la force musculaire, dystonies, contractures, mouvements anormaux. L’atteinte peut concerner une fonction (astasie- abasie ou incapacité à marcher et tenir debout, aphonie) ou être localisée (paralysie de membre, torticolis, opistothonos, etc.) ;
- les troubles de la sensibilité : anesthésies, hyperesthésies douloureuses ne respectant pas les localisations anatomiques, douleurs diverses mobiles et invalidantes ;
- les atteintes sensorielles : cécité transitoire ou durable, rétrécissement concentrique du champ visuel, hypoacousie ou surdité, etc. ;
- les crises : crises d’agitation, pseudo-crises d’épilepsie, grande crise dite " à la Charcot " ;
- les perturbations neurovégétatives : rétention d’urines, toux, vomissements, pseudo-grossesse.
Symptômes psychiques
- l’amnésie dissociative : souvent fluctuante, sélective et partielle, concerne des événements traumatisants (deuil, séparation, accident) et varie d’un interlocuteur à l’autre. Le sujet peut errer, sans but, en proie à la perplexité ;
- les fugues dissociatives. Le sujet quitte de façon soudaine son domicile ou son lieu de travail. Il conserve un comportement apparemment normal. Il peut présenter une confusion concernant son identité personnelle ou adopter une nouvelle identité. Ces fugues excèdent rarement quelques jours. Certains troubles culturellement déterminés peuvent répondre à ces critères.
Par ailleurs, on peut rapprocher ces fugues des cas de personnalité multiple ;
- les états crépusculaires ou pseudo-confusionnels, états seconds, transes, états de possession, états de dépersonnalisation. Il y a altération du champ de la conscience, rétrécissement des perceptions ;
- les illusions de mémoire : souvenirs de scènes souvent traumatiques et à caractère sexuel qui n’ont pas été vécues ;
- le syndrome de Ganser est caractérisé par des réponses approximatives ou inexactes, en général dans le contexte d’autres troubles de conversion ;
- l’inhibition intellectuelle peut en imposer pour un retard mental léger.
Autres symptômes : pseudo-états dépressifs, n’ayant pas toutes les caractéristiques d’états dépressifs majeurs, en particulier pas de perte d’estime de soi, pas de ralentissement psychomoteur, pas de troubles du sommeil.
Certains auteurs ont décrit des manifestations délirantes ou pseudo-délirantes.
Cette notion d’états psychiatriques non " authentiques " est cependant controversée dans la mesure où elle peut conduire à des attitudes thérapeutiques inadaptées.
Personnalité hystérique : Moins fréquente chez l’homme que chez la femme, on en distingue 2 formes :
la personnalité histrionique, caractérisée par la dramatisation, le théâtralisme, l’hyperexpressivité émotionnelle, une affectivité superficielle et labile, une suggestibilité, un besoin excessif de séduire et d’être le centre d’intérêt pour autrui, une érotisation de la relation, un égocentrisme ;
la personnalité passive dépendante, caractérisée par une attitude excessive de dépendance et de soumission à l’autre, une subordination de ses besoins à ceux des personnes dont elle dépend, une quête infantile de protection, une peur de l’abandon, une intolérance à la solitude.
- Trouble somatisation : tableau clinique associant des symptômes multiples : spasmes, asthénie, troubles sexuels, troubles digestifs, troubles des conduites alimentaires, troubles de la mémoire et de la concentration, douleurs multiples, symptômes de conversion pseudo-neurologiques, etc. Les complications dépressives et les tentatives de suicide sont fréquentes.
Le risque est celui de soins médicaux excessifs ou d’actes chirurgicaux inutiles, la consommation de soins étant globalement importante. L’évolution est chronique mais fluctuante, avec de rares rémissions spontanées complètes. Débute avant 25 ans, les premiers symptômes sont souvent présents dès l’adolescence.
Taux de prévalence du trouble de somatisation de 0,2 % chez la femme, moins chez l’homme. Les sujets atteints sont histrioniques, mais peuvent présenter une personnalité borderline ou antisociale.
- Trouble de conversion : symptôme de maladie neurologique (trouble moteur ou sensitif par exemple). On peut observer plusieurs épisodes du même type ou avec des symptômes différents, voire une alternance avec des tableaux psychiatriques, le plus souvent dépressifs. Typiquement, chaque symptôme de conversion est bref, mais les récidives sont fréquentes. Le début aigu, la présence de facteurs de stress clairement identifiables, une instauration rapide du traitement et un bon niveau intellectuel constituent des facteurs de bon pronostic.
La personnalité peut faire apparaïtre des traits hystériques, en particulier sur le versant passif dépendant mais ce n’est pas systématique. Les formes des symptômes de conversion reflètent les conceptions culturelles locales concernant les moyens acceptables et convaincants d’exprimer sa souffrance. Ce trouble semble plus fréquent chez la femme que chez l’homme, la répartition homme/femme variant de 2 à 10/1.
Des taux de prévalence très variables ont été rapportés (entre 11 et 300/105) dans la population générale, avec des taux plus importants dans les régions en voie de développement. De 1 à 3 % des malades ambulatoires adressés à des centres de santé mentale présenteraient ce trouble.
Diagnostic différentiel
- Troubles de l’humeur : certains épisodes thymiques, dépressifs mais aussi maniaques peuvent faire apparaître des symptômes d’allure conversive : astasie- abasie, aphonie, douleurs diverses, agitation théâtrale dans la dépression, ou symptômes psychiques dans la manie (amnésie sélective, fugue). Le tableau dépressif ou maniaque est en général clairement au premier plan et les symptômes disparaissent avec le traitement de l’épisode thymique.
- Etats de stress post-traumatiques : les symptômes de conversion peuvent survenir à la suite (immédiate ou différée) d’événements traumatiques d’une grande intensité (attentat, faits de guerre, agression violente).
- Troubles schizophréniques ou troubles délirants persistants la schizophrénie avec idées délirantes hypocondriaques (et phénomènes hallucinatoires) doit être distinguée des plaintes somatiques non délirantes des sujets atteints du trouble somatisation. Certains troubles délirants persistants peuvent comporter des plaintes somatiques.
- Affections médicales et troubles neurologiques : le diagnostic de trouble de conversion ne doit être porté qu’une fois éliminé par un examen médical approfondi, une origine neurologique ou médicale générale. Typiquement, les symptômes de conversion ne respectent pas les voies anatomiques connues ni les règles de la physiologie.
Le diagnostic de trouble dissociatif ne doit être porté qu’après avoir écarté une pathologie médicale ou neurologique (épilepsie temporale, p. ex. dans les cas de fugue).
En ce qui concerne le trouble somatisation, il convient d’éliminer les affections médicales générales caractérisées par des symptômes vagues, multiples et diffus (hyperparathyroïdie, porphyrie aigü intermittente, sclérose en plaques, lupus érythémateux disséminé).
Traitement
/Trouble de conversion. La prise en charge empêche la pérennisation, y compris par des techniques rééducatives. Au- delà de l’épisode lui- même, le traitement psychothérapique s’attache à permettre au sujet de prendre conscience de la place du symptôme dans son économie psychique.
/Trouble somatisation. limiter la surmédicalisation, psychothérapie de soutien visant à un meilleur contrôle des réactions émotionnelles et une gestion des crises existentielles, traitement des complications dépressives par une thérapeutique adaptée.
Les psychothérapies d’inspiration psychanalytique sont réservées à des sujets ayant de bonnes capacités d’introspection, un intérêt pour le psychisme et une motivation élevée. Les risques de régression doivent être soigneusement évalués.
Les hospitalisations parfois nécessaires pour surmonter une période de crise, sont de courte durée afin d’éviter, là aussi, des réactions régressives trop importantes.


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