» Psychologie - psychiatrie Névrose

Névrose


NEVROSE
domaine de la pathologie mentale caractérisé de la manière suivante :
- les symptômes névrotiques sont relativement permanents et récidivants. On distingue la névrose, affection chronique des réactions névrotiques aiguës qui peuvent survenir en situation de stress ;
- on ne leur retrouve pas de cause organique ;
- des facteurs psychologiques interviennent de façon importante dans leur genèse et leur déroulement ;
 - certaines caractéristiques les opposent aux symptômes psychotiques : l'appréhension de la réalité y est conservée. Il existe une conscience de l'état morbide, les symptômes sont psychologiquement compréhensibles et il n'y a pas de désorganisation de lité. Par ailleurs, si le fonctionnement peut être sévèrement perturbé, il n’y a pas de troubles graves du comportement.
Le concept de névrose est hérité de Sigmund Freud (1856- 1939), l'entité des névroses regrouperait des manifestations anxieuses et névrotiques associant troubles de la personnalité et symptômes spécifiques d'origine psychologique. La névrose serait l'expression symbolique d'un conflit datant de l'histoire infantile du sujet.
Le modèle psychanalytique a été remis en cause du fait de l'efficacité d'un traitement antidépresseur (l'imipramine) dans la prévention des crises d'angoisse, ce traitement s'avérant inefficace dans l'anxiété permanente. Les symptômes peuvent être décrits comme des comportements inadaptés, acquis par conditionnement et renforcement de l'environnement.
La 10ème version de la Classification internationale des maladies (CIM- 10), a classé l'ensemble des névroses, dans une catégorie des troubles névrotiques, liés à des facteurs de stress et somatoformes.
Troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes (CIM- 10, 1992)
- Troubles anxieux phobiques : agoraphobie (sans trouble panique ou avec trouble panique), phobies sociales, phobies spécifiques (isolées), etc.
- Autres troubles anxieux : trouble panique, anxiété généralisée, troubles anxieux et dépressif mixte, etc.
- Trouble obsessionnel compulsif.
- Réactions à un facteur de stress important et troubles de l'adaptation : réaction aiguë à un facteur de stress, état de stress posttraumatique, troubles de l'adaptation.
- Troubles dissociatifs (ou de conversion).
- Troubles somatoformes.
- Autres troubles névrotiques.
Fréquence
- la prévalence vie entière des troubles anxieux est estimée entre 15 et 25 % ; en consultation de médecine générale, l'incidence de ces troubles atteindrait 25 %, et chez des sujets hospitalisés en médecine, elle concernerait 25 à 40% des patients.
- prédominance féminine (2 /1 ) surtout entre 25 et 45 ans, (8 à 9 /1) pour les phobies spécifiques, type phobies d'animaux, (2 à 3/1) dans l'agoraphobie et le trouble panique, (1/1) pour les troubles obsessionnels compulsifs.
- le début se situe à l'adolescence ou chez l'adulte jeune ; après 40 ans il faut évoquer un épisode dépressif s'accompagnant de cette symptomatologie.
- l'association entre divers troubles anxieux est plus une règle qu'une exception ; il existe également une forte comorbidité avec les troubles dépressifs ainsi que l'abus d'alcool et de psychotropes ; ainsi que des troubles de la personnalité prémorbide : une personnalité obsessionnelle est souvent associée à un trouble obsessionnel compulsif (TOC) ;
Les symptômes résultent de mécanismes inconscients, parmi ces mécanismes de défense :
- le refoulement repousse dans l'inconscient des pulsions incompatibles avec des contraintes sociales, environnementales ou individuelles.
- l'isolation détache des affects désagréables de la pulsion initiale pour mieux les contenir ;
- l'annulation efface certaines pulsions dont les affects sont neutralisés par des pensées ou des comportements accessoires ;
- le déplacement reporte l'attrait pour une pulsion vers d'autres objectifs plus acceptables ;
- la projection attribue à autrui des pulsions ou des fantasmés internes inacceptables ;
- l'identification adopte des caractéristiques appartenant à un autre individu ;
- la compensation résout des situations frustrantes par des comportements s'opposant aux conflits en présence ;
- la régression avec des attitudes ou positions infantiles ;
- la rationalisation attribue au contexte immédiat les causes d'un conflit ou d'une souffrance.
Chacun de ces mécanismes s'exprime dans des tableaux cliniques spécifiques : refoulement dans la névrose hystérique, déplacement dans la névrose phobique, isolation et annulation des affects dans la névrose obsessionnelle.
Névrose obsessionnelle = Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) 
 


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.