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Ectopie thyroïdienne


Ectopie thyroïdienne (1 ;2)
Due à un défaut de migration le long du trajet embryologique de la thyroïde, avec du parenchyme thyroïdien situé quelque part entre le foramen caecum à la base jusqu’en région substernale, rares cas d’essaimage post chirurgical Pathol Res Pract. 2013 Jan 15 ;209(1):59-61. Le plus souvent ce parenchyme est situé en : Base de langue, Sous lingual, Autour de l’os hyoïde
Le plus souvent découverte par hasard, rarement symptomatique (dysphagie, dyspnée, saignement). Prédominance chez la femme. 
Dans trois quarts des cas, le défaut de migration est total (pas de thyroïde en position normale ou située ailleurs). La migration peut-être excessive et aboutir à une thyroïde intra médiastinale.
L’ectopie peut être latérale dans le cou (pas dans les ganglions), par hétérotopie, traumatisme ou post-chirurgicale.
images macroscopiques : cystic mass within adrenal gland ; ectopic thyroid at lateral neck ; intratracheal thyroid tissue with hyperplasia
Histologie  : parenchyme normal, mais avec un certain degré d’hypercellularité avec interface irrégulière avec le tissu adjacent pouvant donner le change avec une lésion maligne. La distinction avec une métastase (surtout si ganglion) se fait par analyse clonale (tissu ectopique polyclonal), Hum Path 1998 ;29:187, ou empreinte génétique (Hum Path 2007 ;38:378).
D’autres sites d’ectopies ont été décrits (larynx, trachée, cœur, péricarde, œsophage, diaphragme, vésicule biliaire, voie biliaire, rétropéritoine, selle turcique, vagin, surrénale Hum Path 1999 ;30:105).
Images  : surrénale, #0, #1, #2 ; surrénale ; TG -TG ; #3 - TTF1 ; langue, #0, parotide, médiastin
http://pathologyoutlines.com/topic/thyroidheterotopic.html
En ce qui concerne les inclusions de thyroïde dans les ganglions, pas d’accord dans la littérature. Incidentalome ganglionnaire, souvent découvert dans un contexte non thyroïdien (Eur Arch Otorhinolaryngol 2015 Oct 12), dans 0.6 à 1.5% de carcinomes ORL (Clin Endocrinol Metab 1981 ;10:337, Laryngoscope 2005 ;115:470) , et jusque dans 4.7% d’autopsies (Cancer 1969 ;24:302).
Pour certains il s’agit de métastases de carcinome occulte (majorité des cas, le plus souvent le parenchyme thyroïdien occupe une grande partie du ou des ganglions avec possibilité de remaniements kystiques, on retrouve le plus souvent les critères nucléaires du carcinome papillaire), pour d’autres c’est bénin (petit amas de vésicules en périphérie d’un ou deux ganglions, dans ou juste au-dessous de la capsule ganglionnaire, sans les critères nucléaires de carcinome papillaire et absence de tumeur sur la thyroïde complètement débitée) (2). Ce n’est qu’après un bilan complet et une thyroïdectomie incluse en totalité négative qu’on pourra évoquer avec de nombreuses réserves le diagnostic d’hétérotopie, un tout petit occulte ayant toutes les chances de ne pas avoir été découvert y compris sur de multiples plans de coupes. En pratique cela ne changera pas grand chose du point de vue traitement ou pronostic par rapport à un occulte N-. L’absence de : HBME-1, Galectine-3, de mutation de BRAF-V600E sont en faveur de l’ectopie Pathol Res Pract. 2013 Jan 15 ;209(1):59-61.
L’analyse clonale montre que l’ectopie est polyclonale, Hum Pathol 1998 ;29:187) ou empreinte génétique (Hum Pathol 2007 ;38:378) Image ectopie ganglionnaire
Histologie  : De 0.1 à 2.3 mm avec jusqu’à 100 (moyenne 30) vésicules thyroïdiennes normales, en triangle dont la base est capsulaire (Eur Arch Otorhinolaryngol 2015 Oct 12), située dans la capsule ou sinus marginal, dans pas plus de 2 ganglions
Images histologiques :
Diagnostic différentiel  : en dehors de la métastase de carcinome papillaire y compris oculte, certaines métastases peuvent le simuler (poumon, glandes salivaire, thymus et struma ovarii (Rosai : Rosai and Ackerman’s Surgical Pathology, 10th Edition). Sinon nodule parasite sur hashimoto, kyste branchial
http://pathologyoutlines.com/topic/thyroidlymphnodes.html
La plupart des cas de transformation maligne correspondent à des carcinomes papillaires.
D’autres sites d’ectopies ont été décrits (larynx, trachée, cœur, péricarde, œsophage, diaphragme, vésicule biliaire, voie biliaire, rétropéritoine, selle turcique, vagin, surrénale Hum Path 1999 ;30:105).
La thyroïde peut être le siège d’hétérotopies , cartilage, muscle strié, parathyroïde (fréquent Mod Path 1989 ;2:652), glande salivaire ou thymus (1% des cas, possibilité de thymome et carcinome thymique ( Macroscopie  ; Histologie  : fig C : AE1/CAM5.2 ; fig D : CD3+, fig E : CD99+, fig F : CD20) (AJCP 2007 ;127:230) (Archives 2001 ;125:842)), parfois de métaplasie adipeuse entre les vésicules ou près de la capsule, voire d’inclusions de muscle strié.
Images  : #0 ; #1 ; surrénale ; parotide, ectopie dans 1 ganglion
http://www.pathologyoutlines.com/topic/thyroidbranchial.html
 
Kyste branchial :Kyste, sinus, fistule ou cartilage dans le cou antérolatéral, 2-3% sont bilatéraux (Ear Nose Throat J 2008 ;87:291)
Ils sont rarement intrathyroïdiens (Korean J Radiol 2006 ;7:149), rarement sur thyroïde ectopique avec risque de transformation en carcinome papillaire (Ear Nose Throat J 2006 ;85:675, World J Surg Oncol 2006 ;4:24)
Histologie  : épithélium respiratoire ou squameux et follicules lymphoïdes +/- glandes sébacées ou mucineuses +/- surinfection. Image

Kyste du tractus thyréoglosse  (1)  : anomalie congénitale la plus fréquente du cou (60 à 70% des cas) (Head Neck Surg 1982 ;5:134, Auris Nasus Larynx 2008 ;35:11) 70-90% des kystes congénitaux du cou se présentant comme une lésion infectée chez les enfants (Int J Pediatr Otorhinolaryngol 2007 ;71:1731), sous forme d’un sinus connecté au foramen cæcum ou à la peau au niveau du manubrium sternal ou sous forme d’une petite structure tubulaire aveugle qui se kystise. Localisé habituellement dans la partie médiane du cou, près de l’os hyoïde, les localisations à la base de langue ou à la partie moyenne/basse du cou sont plus rares. : 75% thyrohyoïdien (entre os hyoïde et cartilage thyroïde), 25% en suprahyoïde y compris en sous mental, 2 à 4% en intralingual (base de langue), sites rares : suprasternal, intrathyroïdien, médiastinal.
L’absence d’involution complète de ce tractus peut se traduire par la persistance de structures canalaires (parfois associées à des glandes séromuqueuses ou à du tissus thyroïdien) dont la dilatation aboutira à la formation de kystes localisés sur le trajet normal du tractus. Possibilité de fistule secondaire à une infection, parfois familial, OMIM. Cancérisation possible (Hum Path 1975 ;6:717). Après RTE pour une autre raison peut se kystiser (AJNR Am J Neuroradiol 2009 Jan 8)
Moyenne de 30 - 40 ans, dont 65% avant 30 ans et jusqu’à 25% après 50 ans (Am J Surg 1988 ;155:741), M/F = 1/1 (Head Neck Surg 1982 ;5:134), très rares cas familiaux (Pediatr Surg Int 2005 ;21:593, OMIM - 188455)
Le diagnostic clinique est facile devant un kyste médian ou paramédian du cou qui se mobilise vers le haut à la protraction de la langue et à la déglutition. Les examens préopératoires se limitent le plus souvent à une échographie pour vérifier l’existence de lobes thyroïdiens en place et/ou à une étude de la fonction thyroïdienne. Les thyroïdes ectopiques associées aux kystes du tractus thyréoglosse sont habituellement hypofonctionnelles. La cytoponction est rarement nécessaire. Elle peut montrer quelques cellules malpighiennes et/ou respiratoires associées à des macrophages et quelques lymphocytes
Macroscopie  : , parfois multiple, aborisé, avec kyste dominant et de plus petits (J Pediatr Surg 1984 ;19:506, J Pediatr Surg 1991 ;26:766), uni ou multiloculaire à contours lisses, ronds, moyenne de 2 cm : de 0.2 à 7 cm (J Am Coll Surg 2002 ;194:274, Endocr Pathol 2015 ;26:75), rares kystes géants >10 cm (Ann Surg 1954 ;139:123), contenu variable, clair mucineux ou viqueux de couleur et opacité variables. sinus ou kyste de 1-4 cm. Image : #0

Histologie  : kyste de taille centimétrique, bordé par un revêtement cubocylindrique pseudo-stratifié cilié, avec territoires +/- étendus de métaplasie malpighienne. Présence fréquente dans le stroma adjacent de glandes muqueuses ou de vésicules thyroïdiennes, ce tissu thyroïdien est soit normal, soit hyperplasique. Remaniements inflammatoires secondaires fréquents pouvant s’accompagner d’une desquamation du revêtement épithélial avec infiltrat inflammatoire du stroma sous jacent, tissu de granulation et fibrose. Il est à noter que le tissu thyroïdien présent dans 30 à 60% des cas, normal parfois hyperplasique ou néoplasique, souvent caché par l’inflammation (Laryngoscope 2001 ;111:1002). L’absence de tissu thyroïdien n’exclut pas le diagnostic, possibilité de glandes salivaires en situation linguale et suprahyoïde (Ann Otol Rhinol Laryngol 1996 ;105:996), ont été décrits des inclusions : cutanées (JLaryngol Otol 2004 ;118:996), gastriques, de cartilage (Int J Pediatr Otorhinolaryngol 1988 ;15:205), d’os (J Laryngol Otol 1994 ;108:168), des granulomes à cholestérol (Eur Arch Otorhinolaryngol 2009 ;266:1775).
Image : #1 ; #2, #3, #4, épithélium respiratoire #1 ; #2 ; #3, pseudopapilles ; adénome sur os hyoïde, K papillaire, K malpighien, K papillaire en cytologie, lame virtuelle
Rares transformations malignes (<1% des kystes thyréoglosses, vs 5 à 7% dans les grands centres de référence, moyenne de 40 ans (6 à 84 ans, peu de cas pédiatriques (moyenne de 12 ans) (Thyroid 2004 ;14:777))) Pathol Res Pract. 2013 Oct ;209(10):674-8presque toujours sous forme d’un carcinome papillaire, décrit en 1911 (Dtsch Med Wochenschr 1911 ;37:665). Le canal thyréoglosse est le site le plus fréquent de transformation maligne de thyroïde ectopique (carcinome papillaire cervical supérieur qui regroupe le carcinome sur kyste thyréoglosse / sur lobe pyramidal / N+ prélaryngé) (Laryngoscope 2015 Dec 21).
Fréquence des cancers (30 à 60% (J Clin Endocrinol Metab 2013 ;98:458,Endocr Pathol 2015 ;26:75)) concomitants avec un carcinome orthotopique et sur kyste thyréoglosse (dû au taux élevé de carcinomes occultes ?) avec parfois histologie discordante en faveur d’une transformation maligne locale et contre une théorie métastatique (Virchows Arch 2014 ;465:67). Fréquence élevée des N+ jusqu’à 70% (Endocr J 2013 ;60:665) surtout en jugulocarotidien moins en récurrentiel (J Clin Endocrinol Metab 2013 ;98:458), rares métastases systémiques (Auris Nasus Larynx 2008 ;35:11).
Diagnostic différentiel : primitif pyramidal et N+ prélaryngé car staging différent (Endocr Pathol 2015 ;26:75, Laryngoscope.2016 Jul ;126(7):1709-14), le primitif pyramidal présente un fond thyroïdien normal, absence d’épithélium thyréoglosse (respiratoire) et de ganglions, le N+ présente une architecture ganglionnaire, absence d’épithélium thyréoglosse (respiratoire)
http://pathologyoutlines.com/topic/thyroidthyroglossalcarc.html
Diagnostic différentiel : Lésions kystiques  : kyste dermoïde : empli de matériel sébacé, bordé d’une muqueuse malpighienne avec annexes cutanées (ne se voit pas dans le kyste thyroglosse) (J Pediatr Surg 1984 ;19:506) ; kyste épidermoïde imite le kyste dermoïde sans annexes cutanées kyste branchial : localisation latérale, follicules lymphoïdes dans la paroi, méta ganglionnaire de carcinome papillaire kystisé ; autres kystes développementaux : lymphangiome, kyste lympho-épithélial, kyste thymique (suprasternal), kyste bronchogénique, tératome ; kystes non développementaux : ranula (cou >), laryngocèle, kystisation de nodule colloïde.
Lésions solides : thyroïde linguale : lobe pyramidal de la thyroïde, ganglion réactionnel, Lipome,carcinome malpighien,
Le traitement est chirurgical et doit emporter la totalité des reliquats du tractus et la portion médiane de l’os hyoïde

http://www.pathologyoutlines.com/topic/thyroidthyroglossal.html

 

Nodule parasitaire (1 ;2) : parfois du fait d’antécédents en chirurgicale cervicale, ou post traumatiques, on peut avoir du tissu thyroïdien qui se retrouve inclus dans les tissus mous.

Le plus souvent dans le cadre de l’hyperplasie nodulaire, on a un nodule qui se détache est s’isole dans les tissus mous du cou, on peut aussi observer une transformation nodulaire de tissu thyroïdien extra capsulaire. Dans tous les cas l’aspect est similaire à celui de la thyroïde en place.

Le diagnostic différentiel peut être très difficile en cas de Hashimoto sur nodule, parasitaire, car alors on voit des lymphocytes, des noyaux verre dépoli, pseudopapilles, voire atypies, mais l’aspect est similaire à celui de la glande thyroïde de ce qui redresse le diagnostic.

Macroscopie

Histologie  : #1 

http://www.pathologyoutlines.com/topic/thyroidthyroglossal.html

 

 

 

Rares cas de tissu glandulaire salivaire ectopique thyroïdien avec possibilité de transformation en adénome pléomorphe Hum Pathol. 2012 Jan ;43(1):134-7

 

 

 

Reference List

 

 (1) Lloyd RV, Douglas BR, Young WF. Endocrine diseases. first series ed. American registry of pathology and Armed forces institute of pathology, 2002.

 (2) Rosai J, Carcangiu ML, DeLellis RA. Tumors of the thyroid gland. Third series ed. Washington : Armed forces institute of pathology, 1992.

 

 



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