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HYPERPLASIE DIFFUSE NON AUTOIMMUNE


Hyperplasie thyroïdienne diffuse non autoimmune de transmission autosomique dominante liées à une mutation du récepteur à la TSH. (26-29)
Le récepteur à la TSH joue un rôle central dans la physiologie et la pathologie de la glande thyroïde. Il contrôle la fonction normale et la croissance du thyréocyte. Il est situé sur la membrane basolatérale du thyréocyte. Il fait partie des récepteurs couplés aux G protéines. Il est localisé chez l’homme sur le bras long du chromosome 14 (14q31) et contient 10 exons. Il existe 7 domaines transmembranaires codés par un seul grand exon (exon 10). Le récepteur à la TSH joue un rôle dans l’étiopathogénie des maladies autoimmunitaires thyroïdiennes par l’intermédiaire des anticorps stimulant la thyroïde, il est responsable de l’hyperthyroïdie de la maladie de Graves et par l’intermédiaire des anticorps bloquants qui interfèrent avec la liaison avec la TSH entraïnant une insensibilité au récepteur, il induit une hypothyroïdie (myxoedème idiopathique).
Une mutation germinale va entraïner une hyperplasie thyroïdienne autosomique dominante par un mécanisme physiopathologique d’activation du récepteur à la TSH entraïnant une élévation de l’AMP cyclique et une hyperplasie thyroïdienne. Il s’agit d’un mécanisme physiopathologique analogue au nodule toxique pour lequel ont été mises en évidence des mutations ponctuelles mais au niveau somatique dans les adénomes toxiques et plus récemment dans les goitres multinodulaires toxiques.
Il est important de connaïtre cette forme familiale d’hyperthyroïdisme de transmission autosomique dominante non auto-immune dont l’âge d’apparition de l’hyperthyroïdisme est variable (18 mois à l’âge adulte).
Goïtre hyperplasique de taille variable, sans signe clinique ou biologique d’auto-immunité. Nécessité de traitement drastique ablatif (chirurgie ou I131). Incidence sous àestimée, car confondu avec Basedow (absence de spéficité et peu de sensibilité des dosages d’AC thyrostimulants, combiné à la fréquence élevée des Ac anti TG et anti-TPO.
Dans 1 étude retrouvé dans 1/121 patients avec thyrotoxicose juvénile ce qui correspond à 1/17 avec thyrotoxicose juvénile non-autoimmune .

Le diagnostic présymptomatique par la génétique moléculaire permet, chez les jeunes enfants, d’éviter les complications neurologiques de l’hyperthyroïdisme et de dépister les formes frustres d’hyperthyroïdisme. Il permet également un traitement plus agressif dans les formes résistantes au traitement aux anti-thyroïdiens de synthèse par l’iode radioactif ou la chirurgie pour éviter les récidives.
NB  : des cas d’hyperplasie toxique juvénile de la thyroïde non héréditaires ont été décrits avec mutations d’1 allèle du récepteur de TSH absents chez les parents (paternité confirmée), il s’agit donc de néo-mutations (on ne peut exclure que des adénomes toxiques de l’adulte soient de même origine).
Des mutations somatiques ont été trouvées dans des adénomes toxiques voire des carcinomes vésiculaires, voire dans des goïtres multinodulaires chauds avec mutations différentes dans les différents nodules chauds.
Hyperthyroïdie familiale gestationelle : il existe une stimulation de la thyroïde par l’HCG en début de grossesse avec diminution de TSH circulante et augmentation de T3/T4 (véritable hyperthyroïdie en cas de grossesse molaire (stimulation du récepteur de TSH proche de celui de HSG)). Nouveau syndrome héréditaire d’hyperthyroïdie gestationelle avec hyperemesis gravidarum (mutation du récepteur de TSH), décrit aussi dans le syndrome d’hyperstimulation ovarienne spontanée.

(26) Thomas JS, Leclere J, Hartemann P, Duheille J, Orgiazzi J, Petersen M et al. Familial hyperthyroidism without evidence of autoimmunity. Acta Endocrinol (Copenh) 1982 ; 100(4):512-518.

(27) Duprez L, Parma J, Van Sande J, Allgeier A, Leclere J, Schvartz C et al. Germline mutations in the thyrotropin receptor gene cause non-autoimmune autosomal dominant hyperthyroidism. Nat Genet 1994 ; 7(3):396-401.

(28) Van Sande J, Parma J, Tonacchera M, Swillens S, Dumont J, Vassart G. Somatic and germline mutations of the TSH receptor gene in thyroid diseases. J Clin Endocrinol Metab 1995 ; 80(9):2577-2585.

(29) Paschke R, Ludgate M. The thyrotropin receptor in thyroid diseases. N Engl J Med 1997 ; 337(23):1675-1681.


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