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HYPOPHYSITE LYMPHOCYTAIRE




Hypophysite lymphocytaire (1 ;2), Arch Pathol Lab Med. 2010 Mar ;134(3):404-16  : pathologie auto-immune rare de la femme jeune dans le troisième trimestre de la grossesse ou en post-partum immédiat dans 70 % des cas. Association possible avec une pathologie inflammatoire de la thyroïde, de la surrénale ou d’autres tissus endocrines (surrénales, thyroïde, parathyroïdes). Quelques cas ont cependant été décrits chez des femmes post-ménopausées et chez des hommes. Son origine auto-immune est fortement suggérée par son association à d’autres atteintes auto-immunes et par l’aspect anatomo-pathologique d’infiltration lymphocytaire, avec fibrose du tissu hypophysaire ainsi que mise en évidence d’auto-anticorps dirigés contre l’hypophyse dans quelques observations (anti- prolactine ou ACTH) , parfois antécédents auto-immuns (sarcoïdose, lupus, CBP, fibrose rétropéritonéale).


Clinique : céphalées et des anomalies du champ visuel, le plus souvent on retrouve un déficit hormonal isolé ou multiple de l’hypophyse antérieure avec en ordre de fréquence décroissant une atteinte de la sécrétion d’ACTH, de TSH, de gonadotropine, de GH et de prolactine, près d’1/3 des cas présente une hyperprolactinémie. Le diabète insipide central existe dans 15 % des cas seulement, associé à un syndrome tumoral et à un hypopituitarisme antérieur partiel ou global. A signaler que le diabète insipide peut être masqué en cas d'insuffisance antéhypophysaire associée et être révélé lors du traitement de l'insuffisance corticotrope. Une atteinte directe de la neurohypophyse a aussi été signalée dans l’infundibulohypophysite nécrosante associée à un diabète insipide central.


Imagerie : au scanner ou en IRM : aspect pseudotumoral intrasellaire avec une masse de même signal que le parenchyme cérébral, à rehaussement homogène, expansion suprasellaire possible, médiane. Contrairement à l’adénome, la selle turcique reste intacte et il n’y a pas de remaniement nécroticohémorragique. En T1, signal de masse hypo-intense ; l’hypersignal du lobe postérieur est fréquemment préservé. La prise de contraste de la masse est plus intense et plus étendue que dans les macroadénomes hypophysaires ; la prise de contraste de la dure-mère est habituelle mais non spécifique.


La corticothérapie a un effet spectaculaire et évite une décompression chirurgicale.


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Macroscopie  : la glande est agrandie, ferme.


Histologie : Infiltrat lymphocytaire polymorphe (lymphocytes T, voire B, plasmocytes et quelques macrophages) avec destruction des cellules hypophysaires antérieures, rarement, on retrouve des follicules lymphoïdes avec centres germinatifs. Au stade tardif, on retrouve une fibrose avec atrophie parenchymateuse et des agrégats lymphocytaires résiduels, fibrose tardive. Dans certains cas, mise en évidence d’anticorps anti-hypophysaires, près d’1/3 des cas présence d’une pathologie immune ou endocrine ou d’un infiltrat chronique des organes endocrines à l’autopsie. cas clinique


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Diagnostic différentiel  : sur une petite biopsie, la présence d’un mélange de différents types de cellules anti-hypophysaires, la préservation du réseau de réticuline permet d’exclure un adénome. Le lymphome présente un aspect morphologique différent, dans l’hypophysite secondaire, on note également la présence de fibrose, de tissu de granulation et d’un infiltrat lymphocytique, dans un contexte de tumeur présente dans la région sellaire tels qu’un craniopharyngiome ou un adénome hypophysaire.


Traitement et pronostic : possibilité de diabète insipide, association possible à des pathologies auto-immunes de la thyroïde, de la surrénale et des parathyroïdes. Le traitement par corticoïdes réduit la réponse inflammatoire, sinon opothérapie. Possibilité de régression spontanée.


NB : des hypophysites granulomateuses ou xanthomateuses peuvent également être d'origine auto-immune (2), ces hypophysites se caractérisent par un infiltrat de cellules T avec ratio CD4/CD8 équilibré.


Il en a aussi été décrit une forme associée aux IgG4, qui en histologie présente un aspect de pseudotumeur inflammatoire avec présence de plasmocytes IgG4 + (3).




Diabète insipide auto-immun : c’est une pathologie idiopathique auto-immune de l’infundibulum et de l’hypophyse postérieure. Il peut s’agir d’une pathologie de type familial avec hérédité autosomique dominante ou d’une affection secondaire à une tumeur, une infection à un traumatisme. Dans la forme auto-immune, la tige hypophysaire est épaissie, l’hypophyse postérieure augmentée de volume.


Histologie : infiltrat lymphoplasmocytaire avec des plasmocytes T.


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Syndrome polyglandulaire auto-immun (polyendocrinopathies auto-immunitaires) (4) : pathologie auto-immune avec hypofonction d’organes endocrines divers.


Le Type I (syndrome de Whitaker) associe (le plus souvent chronologiquement) une candidose muco-cutanée non disséminée souvent récidivante (avant 5 ans, sans autres infections opportunistes), une hypoparathyroïdie (avant 10 ans ((tétanie avec spasme carpopédien, paresthésies acrales et des lèvres), épilepsie, laryngospasme, crampes des jambes, cataractes, papilloedème), QT allongé à l’ECG), une insuffisance surrénalienne avant 15 ans (il faut au moins 2/3 des critères, pic entre 3 et 5 ans, toujours avant 25 ans). Il peut être associé à une Malabsorption (signe précoce) avec rareté des cellules endocrines dans le TD (cellules avec granules éosinophiles infranucléaires). Souvent autres manifestations auto-immunes (thyroïdite, diabète de type 1, hypogonadisme hypergonadotrope, hépatite chronique active, gastrite atrophique, malabsorption, diarrhée chronique, alopécie, vitiligo, hypophysite, syndrome de Sjögren, kératoconjonctivite, syndrome de Turner, anémie hémolytique, vascularite, déficit en hormone de croissance). Pathologie héréditaireautosomique récessive par atteinte du gène AIRE en 21p22.3 (régulateur auto-immun, avec perte de la tolérance aux Ag du soi médiée dans le thymus (infiltrat inflammatoire chronique des glandes atteintes et présence d’auto-Ac), non associé aux Ag HLA, incidence de 10-5.


 


La forme plus fréquente, de Type II, associe deux ou plus des entités suivantes : insuffisance surrénalienne, thyroïdite auto-immune et/ou diabète insulinodépendant +/- hypogonadisme primitif, PTI myasthénie, anémie pernicieuse, hypophysite, maladie cœliaque +/- HTAP, cirrhose biliaire primitive, parkinson, vitiligo, alopécie, arthrite séronégatives. Elle survient vers la 3ème ou 4ème décennie, prédominance féminine (3-4/1), associé à HLA-DR3 et/ou HLA-DR4, hérédité autosomique dominante d’expression variable, incidence de 14-20 10-6/an


 


Le Type III ne touche pas la surrénale, mais comporte au moins 2 des lésions suivantes : thyroïdite auto-immune, anémie pernicieuse, diabète de type 1, vitiligo, et alopécie, type IIIA = thyroïdite et diabète de type 1), type IIIB = thyroïdite et anémie pernicieuse, type IIIC = thyroïdite et vitiligo et/ou alopécie ou autre maladie auto-immune. Pathologies associées : maladie cœliaque, hypogonadisme, myasthénie, sarcoïdose, Sjögren, arthrite rhumatoïde, possibilité de carcinoïde de l’estomac, de malabsorption par insuffisance pancréatique exocrine


En fait c’est le type 2 sans atteinte surrénalienne, , hérédité autosomique dominante d’expression variable, associé à HLA-DRB1*04/DQA1*0301/DQB1*0302, prédominance féminine, âge moyen




Rosai J. Ackerman's surgical pathology. 8th ed. St Louis : Mosby ; 1996.

(1) Lloyd RV, Douglas BR, Young WF. Endocrine diseases. first series ed. American registry of pathology and Armed forces institute of pathology, 2002.

(2) Gutenberg A, Buslei R, Fahlbusch R, Buchfelder M, Bruck W. Immunopathology of primary hypophysitis : implications for pathogenesis. Am J Surg Pathol 2005 ; 29(3):329-338.


(3) Wong S, Lam WY, Wong WK, Lee KC. Hypophysitis presented as inflammatory pseudotumor in immunoglobulin G4-related systemic disease. Hum Pathol 2007 ; 38(11):1720-1723.


 



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