» GANGLION LYMPHATIQUE Lymphome médiastinal B

Lymphome médiastinal B


Le lymphome primitif médiastinal(1-4 ;4-9), Arch Pathol Lab Med. 2011 Mar ;135(3):394-8 : Il correspond à environ 7% des DLBCL et est présumé originaire de cellules B thymiques. Du fait des travées fibreuses, pathologie souvent confondue avec un séminome ou un carcinome thymique indifférencié, pathologie qui se voit surtout chez les sujets jeunes avec un âge moyen d’environ 33 ans (à différencier d'un Hodgkin), un rapport femme/homme de 1 à 2,5. Pas de corrélation avec EBV


Les signes cliniques sont dus à une compression médiastinale avec syndrome veine cave supérieure, douleurs thoraciques, une toux, un épanchement pleural ou péricardique, paralysie phrénique, dysphagie, dysphonie, dyspnée par épanchement pleural ou masse médiastinale. Masse souvent volumineuse du médiastin qui envahit toutes les structures adjacentes et s’accompagne d’un épanchement pleural et ou péricardique. Le plus souvent, stade évolué avec atteinte médullaire peu fréquente (10%), extension aux autres organes tels rein, surrénales, foie, peau, SNC. Signes systémiques présents dans 30% des cas.


Biologie : Augmentation significative des LDH ou de bêta-2 microglobuline (mauvais pronostic).


Imagerie : #0


Macroscopie : la tumeur est volumineuse, le plus souvent > 10 cm pouvant atteindre jusqu’à 26 cm avec des foyers de nécrose de coagulation, cette tumeur est non encapsulée avec une extension très fréquente aux organes de voisinage (poumons, plèvre, péricarde). Atteinte fréquente des ganglions supraclaviculaires.


Histologie : nids et lobules délimités par des travées plus ou moins épaisses, possibilité d’aspects pseudosarcomateux si sclérose pénicillée (fibrose +/- dense, parfois interstitielle diffuse qui peut écraser les cellules tumorales gênant l'interprétation de petites biopsies). Grandes cellules tumorales à cytoplasme abondant, pâle, clair ou légèrement acidophile ou basophile avec de grands noyaux vésiculaires nucléolés ou indentés, réniformes ou multilobés.


Dans une minorité de cas, présence de cellules moyennes ou très grandes voire énormes, rarement de cellules pseudo Sternberg -Reed (10). L’OMS distingue des lymphomes indéterminés dits « gris » car présentant des aspects intermédiaires entre un Hodgkin classique et un lymphome à grandes cellules du médiastin


De façon caractéristique, on note une modification hydropique du cytoplasme qui est clair. L’aspect est très polymorphe d’un cas à l’autre, la cellule prédominante correspond à une grande cellule pseudo-centroblastique avec un noyau irrégulier, ovale. L'identification de restes thymiques n’est pas évidente en HE mais peut se voir en immunohistochimie grâce au marquage de kératine avec dans 40% des cas une préservation du réseau épithélial thymique qui est déformé par le lymphome et qui peut former de petits lobules pouvant imiter un carcinome. En périphérie, nombre variable de cellules réactionnelles (lymphocytes, plasmocytes, macrophages, foyers de nécrose, invasion vasculaire


Extension secondaire fréquente par contiguïté aux ganglions médiastinaux supraclaviculaires et cervicaux :


Dans les ganglions, envahissement des sinus marginaux et colonisation des zones périfolliculaires avec fibrose capsulaire, extension par contiguïté aux poumons avec ulcérations muqueuses puis croissance intrabronchique avec obstruction et sténose, la stroma -réaction desmoplasique se voit surtout au niveau du poumon.


Une variante a été décrite sans fibrose avec prolifération de grandes cellules B formant des amas bien limités dans la zone du manteau avec envahissement des centres germinatifs (11)


Possibilité d’une population réactionnelle plus ou moins abondante de polynucléaires éosinophiles, histiocytes pouvant donner le change avec une maladie de Hodgkin, la présence de cellules claires ou d’une fibrose dense n’a pas d’impact pronostique.


Il est à noter que dans cette pathologie, l’extension médullaire est rare, entre 2 et 10%.


Lame virtuelle


Immunohistochimie : positivité au CD 19, CD 20, CD 22, CD 79a avec des marqueurs T négatifs, CD 10 + (20-25%), CD 5 -, CD 21 -, CD 25 –, Sig-, CIg-, CD 30 faible avec les méthodes standard souvent hétérogène, CD 15 -, BCL2 + dans 50-80% des cas, BCL6 + (45-100 %), CD 38+, MUM1 +, CD 23 +, p 63 +, PAX5 + (12 ;13), il semble exister un anticorps appelé MAL qui serait spécifique de ce type de lymphome, ce qui reste à confirmer. TRAP (Phosphatase acide tartrate résistante) + (57%) (14).


Génétique (12)  : réarrangement des gènes des chaînes lourdes et légères d’immunoglobulines, absence de BCL6, BCL2 et de myc, absence de ras, gain de : 9p24, 2p15, voire de Xp11.4-21 et Xq24-26. . Amplification de REL et BCL11A en 2p, expression accrue de JAK2, PDL1, and PDL2 en 9p.


Le diagnostic différentiel peut le plus souvent être résolu grâce à l’Immunohistochimie


- Thymome : du fait de l’agencement lobulé des travées fibreuses le diagnostic différentiel est facile si des aspects typiques du thymome sont présents tels que les espaces repérés vasculaires, les différenciations médullaires ou des corps de Hassal.


- Carcinomes thymiques : mais le CLA est négatif dans les grandes cellules y compris dans les formes lympho-épithéliales,


- Le séminome, la maladie de Hodgkin, le carcinoïde, ne posent pas de véritable problèmes de diagnostic différentiel.


- Hodgkin de type sclérose nodulaire. Même population et clinique, dans les 2 cas possibilité de cellules SR, anomalies cytogénétiques similaires avec gains de 2p13-p16 et 9p24 (REL et JAK2). Dans le Hodgkin on recherche un fond réactionnel (PNE), CD 15 +, CD30 +++


Pronostic : similaire au DLBCL, 40 à 80% de guérison avec le traitement initial, les récidives surviennent en règle dans l’année, après 2 ans sans récidive le patient est considéré comme guéri, en l’absence de réponse chimiothérapie à haute dose et greffe autologue de moelle


Une variante rare a été décrite à tropisme pour les centres germinatifs avec des centres germinatifs résiduels ou une infiltration partielle de ceux-ci ressemblant à une transformation progressive.


De même une variante a été décrite en situation rétropéritonéale dont la description ressemble et qui a été appelé lymphome centrofolliculaire


De rares cas de lymphomes de type MALT ont été rapportés dans le thymus avec l’aspect classique de lymphocytes de type CCL avec des lésions lympho-épithéliales.


Traitement : Le MACOP-B et une radiothérapie médiastinale donnent jusqu’à 88 % de rémission et une OS à 9 ans de 86 % (15), sinon VACOP-B ou CHOP. Ces résultats vont dans le sens de ceux des publications antérieures, qui sont les mêmes quant à la rémission lente de lymphomes sclérosants, l'excellent taux de survie, et confortent le rôle de la radiothérapie médiastinale. Facteurs de mauvais pronostic : âge avancé, sexe masculin, maladie massive, Karnofsky bas, épanchement pleural/péricardique


http://www.pathologyoutlines.com/topic/lymphomamediastinal.html


 


 


Reference List


 


 (1) Jaffe ES, Harris NL, Stein H, Vardiman JW. Pathology and genetics of Tumours of haematopoietic and lymphoid tissues. Lyon : IARC Press, 2001.


 (2) Paulli M, Strater J, Gianelli U, Rousset MT, Gambacorta M, Orlandi E et al. Mediastinal B-cell lymphoma : a study of its histomorphologic spectrum based on 109 cases. Hum Pathol 1999 ; 30(2):178-187.


 (3) Knowles DM. Neoplastic hematopathology. second ed. Philadelphia : Lippincott Williams and Wilkins, 2001.


 (4) Solal-Céligny Ph, Brousse N, Fermé C, Reyes F, Coiffier B, Gisselbrecht C. Lymphomes. Lymphomes non hodgkiniens. Maladie de Hodgkin. troisième ed. Paris : Editios Frison-Roche, 1997.


 (5) Cazals-Hatem D, Lepage E, Brice P, Ferrant A, d'Agay MF, Baumelou E et al. Primary mediastinal large B-cell lymphoma. A clinicopathologic study of 141 cases compared with 916 nonmediastinal large B-cell lymphomas, a GELA ("Groupe d'Etude des Lymphomes de l'Adulte") study. Am J Surg Pathol 1996 ; 20(7):877-888.


 (6) Perrone T, Frizzera G, Rosai J. Mediastinal diffuse large-cell lymphoma with sclerosis. A clinicopathologic study of 60 cases. Am J Surg Pathol 1986 ; 10(3):176-191.


 (7) Menestrina F, Chilosi M, Bonetti F, Lestani M, Scarpa A, Novelli P et al. Mediastinal large-cell lymphoma of B-type, with sclerosis : histopathological and immunohistochemical study of eight cases. Histopathology 1986 ; 10(6):589-600.


 (8) Davis RE, Dorfman RF, Warnke RA. Primary large-cell lymphoma of the thymus : a diffuse B-cell neoplasm presenting as primary mediastinal lymphoma. Hum Pathol 1990 ; 21(12):1262-1268.


 (9) Swerdlow SH, Campo E, Harris NL, Jaffe ES, Pileri SA, Stein H et al. WHO Classification of tumours of haematopoietic and lymphoid tissues. 4th ed. Lyon : International Agency for research on cancer (IARC), 2008.


 (10) Suster S, Moran CA. Pleomorphic large cell lymphomas of the mediastinum. Am J Surg Pathol 1996 ; 20(2):224-232.


 (11) Suster S. Large cell lymphoma of the mediastinum with marked tropism for germinal centers. Cancer 1992 ; 69(12):2910-2916.


 (12) Travis WD, Brambilla E, Muller-Hermelink HK, Harris CC. Pathology and genetics of Tumours of the lung, pleura, thymus and heart. Lyon : IARC Press, 2004.


 (13) de Leval L, Ferry JA, Falini B, Shipp M, Harris NL. Expression of bcl-6 and CD10 in primary mediastinal large B-cell lymphoma : evidence for derivation from germinal center B cells ? Am J Surg Pathol 2001 ; 25(10):1277-1282.


 (14) Went PT, Zimpfer A, Pehrs AC, Sabattini E, Pileri SA, Maurer R et al. High specificity of combined TRAP and DBA.44 expression for hairy cell leukemia. Am J Surg Pathol 2005 ; 29(4):474-478.


 (15) Zinzani PL, Martelli M, Bendandi M, De Renzo A, Zaccaria A, Pavone E et al. Primary mediastinal large B-cell lymphoma with sclerosis : a clinical study of 89 patients treated with MACOP-B chemotherapy and radiation therapy. Haematologica 2001 ; 86(2):187-191.


 


 



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.