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Leucémie lymphoblastique préB


Définition selon la WHO (1) : prolifération de lymphoblastes de taille petite à moyenne, à cytoplasme peu abondant, chromatine dispersée ou modérément condensée, nucléole peu visible. Si atteinte médullaire et du sang périphérique, il s’agit d’une leucémie lymphoblastique aiguë, si atteinte ganglionnaire ou extra ganglionnaire, il s’agit d’un lymphome lymphoblastique (atteinte cutanée, ganglionnaire ou osseuse mais pas médullaire).
A noter la positivité fréquente du CD 10 (85%) à la fois en CMF et immunohistochimie (15). Les tumeurs dérivent de cellules B pré-germinales naïves avec VH non muté
Clinique : Il s'agit de la forme de leucémie la plus fréquente de l'enfant (80 à 85% des cas de leucémies) avec un pic entre 2 et 10 ans, 75% des cas ayant lieu chez des sujets de moins de 6 ans et un deuxième pic chez les sujets âgés. La symptomatologie, qui est soit aiguë soit chronique, est sensiblement identique à celle de la LMA, avec malaise, fièvre, léthargie, anémie, infections, température, hémorragies, avec cependant une fréquence assez nette d'une organomégalie, d'adénopathies, masse médiastinale (formes T), de douleurs osseuses liées à l'infiltration médullaire massive, la leucostase est moins fréquente que dans les LMA, extension au SNC, testicules.
Le pronostic est défavorable chez les adultes et chez les enfants de moins de 1 an.
Nb : alors que la plupart des LLA, donc leucémies, sont de nature B (80%), l’inverse est vrai en ce qui concerne les lymphomes lymphoblastiques qui sont pour 80% de type T.
Cytologie : prolifération constituée de cellules petites à cytoplasme peu abondant à chromatine condensée sans nucléole, parfois les cellules sont plus grandes, à cytoplasme modérément abondant, chromatine dispersée, multiples nucléoles et possibilité de granules azurophiles dans 10% des cas parfois avec t(9 ;22)(q34 ;q11.2)
Histologie : La BOM est hypercellulaire, dans la L1 présence de cellules monomorphes petites à cytoplasme peu abondant mal limité, noyaux convolutés ronds ou ovales, chromatine fine, pas de nucléoles. Dans la L2 aspect plus hétérogène avec noyaux irréguliers et cytoplasme plus abondant, la L3 présente des nucléoles nets et un cytoplasme pouvant contenir des vacuoles. L'aspect est celui des lymphomes lymphoblastiques et de Burkitt.
Atteinte possible de nombreux organes (rate, foie, ganglions, SNC, reins).
Cytochimie  : MPO – et SBB -, PAS +. La TdT est une DNA polymérase, que l'on retrouve essentiellement dans les lymphocytes corticaux thymiques et dans de rares cellules lymphoïdes médullaires.
Plus de 90% des LAL de type T ou précurseur B sont TdT positifs. Ce qui correspond donc globalement à l'immense majorité de LAL hormis la LAL L3. Seuls quelques % de LAL B (LAL L3) sont TdT positifs. La plupart des autres lymphomes, hormis le lymphome lymphoblastique sont TdT négatifs, en particulier la leucémie lymphome T de l'adulte. Seuls 5% des LMA sont TdT + (ceci de façon faible). Il est à noter cependant que dans 30% des cas, les blastes dans les LMC acutisées sont TdT +, la forme chronique étant par définition TdT -.
Il est à noter que la moelle normale pouvant contenir jusqu'à 10% de cellules TdT positives (surtout chez les enfants jeunes), on ne peut pas utiliser cette coloration pour évaluer une pathologie résiduelle après thérapie.
Immunohistochimie  : Positivité des Ac suivants :TdT, HLADR, CD 19, CD 22, CD 79a cytoplasmique, CD 10 et 24 sauf si t(4 ;11)(q21 ;q23) (car CD10 – cIg – et marqueurs myéloïdes), CD 22 et 20 +/-
- si précurseur précoce : CD 19 +, CD 34+, CD 79a cytoplasmique +, CD 22c+
- si forme commune : CD 10+
- si pré B tardif : CD 19 +, CD 20 + chaîne µ cytoplasmique +, pas d'Igs
CD 34 + dans 40 à 75% des cas. On note dans 30% des cas une coexpression d’antigènes myéloïdes CD 13 (14%), CD 33 (16%) qui sont associés à une t(2,24)(p12,q22), expression de CD 68, CD 15, CD 33 en cas d'anomalies de 11q23 /MLL.
Environ 1/4 de ces LAL précurseur B ont des chaînes lourdes intracytoplasmiques, ce quart correspondant à ce que l'on peut appeler des pré B, alors que les précurseurs précoces B n'ont pas d'Ig intracytoplasmique.
Images : #0 ;L1, #2 ; #3 ; #6 ; #4 ; #5, #6, #7, #8, #9, #10Lame virtuelle, avec t(9 ;22)(q34 ;q11) : #0, #1,
 
(1) Jaffe ES, Harris NL, Stein H, Vardiman JW. Pathology and genetics of Tumours of haematopoietic and lymphoid tissues. Lyon : IARC Press, 2001.
(2) Knowles DM. Neoplastic hematopathology. second ed. Philadelphia : Lippincott Williams and Wilkins, 2001.
(3) Brunning RD, McKenna RW. Tumors of the bone marrow. Third series ed. Washington : Armed Forces institute of pathology, 1997.
 
(15) Bavikatty NR, Ross CW, Finn WG, Schnitzer B, Singleton TP. Anti-CD10 immunoperoxidase staining of paraffin-embedded acute leukemias : comparison with flow cytometric immunophenotyping. Hum Pathol 2000 ; 31(9):1051-1054.


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