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LMA M6


Pathology and genetics of Tumours of haematopoietic and lymphoid tissues sur google books

 

LMA M6 (érythroleucémie) (1-5), Arch Pathol Lab Med. 2010 Sep ;134(9):1261-70 : Environ 5% des LMA et 20-30% des leucémies secondaires (rare chez l’enfant).

Clinique  : similaire à celle des autres formes de LMA avec des hémorragies, ecchymoses, pétéchies, épistaxis, hépatomégalie dans 25% des cas et moins de 20% des cas avec une adénopathie et une anémie profonde. Association assez fréquente avec anomalie des chromosomes 5 et 7, cette forme se caractérise par une moelle riche avec plus de 50% d’érythroblastes et plus de 20% de blastes dans la population non érythroïde (blastes agranulaires de type I ou de type II à granulations azurophiles), ce qui fait que la quantité de blastes peut être très largement inférieure à celle rencontrée dans les formes classiques de LMA, possibilité de corps d’Auer. L’AFIP de la troisième série préconise d’accepter aussi des M6, quand il n’existe que 30 à 50% de précurseurs érythroïdes au niveau de la moelle. Il est à noter qu’au niveau de la dysérythropoïèse, les vacuoles cytoplasmiques sont fréquentes, surtout dans les formes précoces, pouvant coalescer pour former des lacunes.

Dans la WHO 2008 (5) : érythroleucémie avec >50% de précurseurs érythroïdes et > 20% de blastes dans la population non érythroïde

Leucémie érythroïde pure >80% de précurseurs érythroïdes sans composant myéloblastique significatif. Cette forme est rare, à tout âge, peut être secondaire à MDS ou MPS.

Possibilité de lymphohistiocytose hémophagocytaire (Br J Haematol 2011 ;153:669, Br J Haematol 2011 ;153:669)

Les érythroblastes montrent les anomalies de la dysmyélopoïèse (mégaloblastes, corps de Jolly, de Pappenheimer, des noyaux bourgeonnants, des ponctuations basophiles, un cytoplasme feuilleté ou vacuolé), les mégacaryocytes sont anormaux. Les myéloblastes sont de type M1 ou M2, signes de dysplasie sur les autres lignées.

Etude de 18 cas de leucémie érythroïde pure (PEL) Mod Pathol. 2011 Mar ;24(3):375-83 : avec 13 LMA sur myélodysplasie, 3 LMA secondaires et 1 LMC en transformation blastique, dans tous les cas caryotype complexe, survie brève (1 à 7 mois, moyenne de 3 mois) + courte que celle des LMA M6 / LMA sur MDS à prédominance érythroïde. La PEL est une prolifération néoplasique érythroïde avec arrêt de maturation, E-cadhérine + contrairement aux autres proliférations érythroïdes.

La LMA M6 est devenue rare, car souvent reclassé comme une autre pathologie, la forme avec peu de blastes et diploïdie est de pronostic relativement bon, alors que la forme avec anomalies cytogénétiques dont del5q, del 7q et anomalies complexes Mod Pathol. 2010 Aug ;23(8):1113-26.

Images  : #0 ; #1 ; #2 ; #3 ; #4 ; #5 ; #6, #7, #8, #9, #10, BOM, hémoglobine A+

Immunohistochimie  : la LMA M 6 est positive dans les myéloblastes pour les anticorps suivants : CD 13, CD 33, CD 11b, HLADR, CD 36, CD 117, MPO, positive ou négative pour le CD 34, CD 15 et surtout une positivité nette pour la glycophorine A / hémoglobine A dans les érythroblastes (sauf formes très immatures) qui ne présentent pas de marqueurs myéloïdes, qui permet le diagnostic différentiel, mais positivité de  : CD36, CD71, CD117(faible), PAS (vacuoles). Il est à noter qu’en cytochimie, les proérythroblastes et érythroblastes basophiles sont PAS + sous forme de globules et granules, les formes plus matures montrant une possibilité de PAS+ de façon diffuse.

LMA M6 variante (leucémie érythroïde pure). les proérythroblastes sont de taille moyenne à grande, à noyaux ronds, cytoplasme très basophile, agranulaire, vacuolé, quand les blastes sont + petits ils ressemblent à une LLA, négativité de MPO, SBB, NASDA +, PAS +, phosphatase acide +. Ces blastes indifférenciés correspondent à des précurseurs érythroblastiques précoces sous forme de grandes cellules à cytoplasme très basophile avec parfois quelques granules azurophiles MPO- ou de petites vacuoles dans la zone du golgi.

Images  : #0 ; #1 ; #2 ; #3 ; #4, fig 2 : PAS ; #4 ; #5, BOM, hémoglobine A+

Immunohistochimie  : Positivité de : glycophorine A, hémoglobine A, CD36, CD71, mdr1 (Mod Path 2000 ;13:407) ; vacuoles PAS+. Négativité de : myéloperoxydase, CD13, CD33, CD34, HLA-DR, CD41, CD61

Génétique  : absence d’anomalies chromosomiques spécifiques

Diagnostic différentiel :

Une anémie pernicieuse sévère avec pancytopénie peut imiter une M6 au myélogramme (nécessité de cytogénétique, CMF, Vit B12 et folates. Le PAS est positif dans les érythroblastes et précurseurs érythroïdes anormaux, négatif dans les précurseurs érythroïdes normaux à tous les stades de maturation.

- Syndrome myélodysplasique, l’argument clé étant la proportion de blastes supérieurs à 20%, dans les M6 typiques, le diagnostic différentiel devenant beaucoup plus subjectif dans le cadre de l’ainsi dénommée myélose érythrémique qui se caractérise par une proportion très élevée d’érythrocytes basophiles ou proérythrocytes supérieure à 90% de la cellularité avec <5% de myéloblastes, une dysérythropoïèse nette avec dans le sang circulant une anémie marquée, normochrome normocytaire ou normochrome macrocytaire avec anisopoïkilocytose avec des précurseurs de globules rouges.

- LMA M2 et M4. Ces 2 formes se caractérisent cependant par une proportion <30% de la lignée rouge avec une dysmyélopoïèse qui prédomine largement sur la lignée blanche.

- Dans le cas d’une myélose érythrémique , où la population est surtout constituée de proérythroblastes et d’érythroblastes basophiles, le diagnostic différentiel est difficile avec les LMA MI, M7, LLA L2 et L3, la M1 se caractérisant par un pourcentage >3% de blastes myéloperoxydase +. Le diagnostic de la M7 nécessite toute une batterie d’anticorps. La LLA L2 se caractérise par une positivité de la TdT, la LLA L3 par un PAS- et une huile rouge + dans les vacuoles alors que celles de la M6 sont PAS+, huile rouge-. Il faut exclure également une anémie mégaloblastique (dysplasie moins marquée, hypersegmentation des précurseurs neutrophiles, réponse à l vitaminothérapie)

Pronostic  : évolution agressive, une série a montré que c’est le groupe avec moins de 30% de myéloblastes et plus de 30% de pronormoblastes qui a l’activité proliférative la plus élevée avec un pronostic significativement plus mauvais (6)

http://www.pathologyoutlines.com/topic/leukemiaM6.html

AML M6

http://www.leucemie-espoir.org/?Leucemie-aigue-myeloide

http://www.hematologyatlas.com/leukemias.htm

http://www.med-ed.virginia.edu/courses/path/innes/wcd/myeloid1.cfm

 

 

 

Reference List

 

 (1) Jaffe ES, Harris NL, Stein H, Vardiman JW. Pathology and genetics of Tumours of haematopoietic and lymphoid tissues. Lyon : IARC Press, 2001.

 (2) Knowles DM. Neoplastic hematopathology. second ed. Philadelphia : Lippincott Williams and Wilkins, 2001.

 (3) Brunning RD, McKenna RW. Tumors of the bone marrow. Third series ed. Washington : Armed Forces institute of pathology, 1997.

 (4) Launder TM, Bray RA, Stempora L, Chenggis ML, Farhi DC. Lymphoid-associated antigen expression by acute myeloid leukemia. Am J Clin Pathol 1996 ; 106(2):185-191.

 (5) Swerdlow SH, Campo E, Harris NL, Jaffe ES, Pileri SA, Stein H et al. WHO Classification of tumours of haematopoietic and lymphoid tissues. 4th ed. Lyon : International Agency for research on cancer (IARC), 2008.

 (6) Mazzella FM, Kowal-Vern A, Shrit MA, Wibowo AL, Rector JT, Cotelingam JD et al. Acute erythroleukemia : evaluation of 48 cases with reference to classification, cell proliferation, cytogenetics, and prognosis. Am J Clin Pathol 1998 ; 110(5):590-598.

 

 



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