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Adénite du SIDA


Pathologies ganglionnaires associées au HIV (1-6)

Hyperplasie folliculaire floride : de structure classique avec des centres germinatifs volumineux qui sont à contours irréguliers et peuvent coalescer d’où le terme de follicule géographique. Le manteau adjacent est irrégulier, parfois interrompu, voire absent.
Une lyse folliculaire : se voit dans une minorité de centres germinatifs dans la moitié de cas avec hyperplasie folliculaire, de petites travées de petits lymphocytes pénétrant les centres germinatifs avec parfois lyse du centre germinatif en plusieurs fragments. Association fréquente à une hyperplasie monocytaire mêlée à des PNN, soit dans les sinusoïdes, soit en situation périfolliculaire.
Hyperplasie polymorphe de la zone interfolliculaire : riche en vaisseaux, avec endothélium haut et population mixte de petits lymphocytes, d’immunoblastes, plasmocytes, histiocytes et parfois PNE. Possibilité de cellules géantes de Whartin -Finkeldey dans 9 à 25% des cas avec hyperplasie folliculaire floride. Plus rarement, on note une hémophagocytose avec une nécrose, des granulomes non caséeux, parfois un aspect d’adénite toxoplasmique.

Aspect mixte d’hyperplasie folliculaire et d’involution folliculaire :
Histologie : les ganglions sont augmentés de volume avec une combinaison d’hyperplasie folliculaire qui occupe moins de 2/3 des ganglions et d’involution folliculaire sous forme de petits centres germinatifs hyalinisés avec un manteau variable tantôt augmenté, tantôt normal, tantôt diminué, l’involution folliculaire occupant moins de 50% du volume ganglionnaire. 

Involution folliculaire : les centres germinatifs sont petits, atrophiques, hyalinisés avec des couches concentriques de cellules dendritiques folliculaires et de rares cellules centrofolliculaires, du fait de la pénétration de vaisseaux hyalinisés on aboutit à un aspect de maladie de Castleman. La zone interfolliculaire est étendue, déplétée en lymphocytes avec des histiocytes et des plasmocytes. Présence de cellules de Whartin -Finkeldey dans 50 à 70% des cas. Hyperplasie vasculaire marquée, possibilité d’histiocytose sinusale. Parfois présence de dépôts accrus de matériel éosinophile ou de fibrose. 
Le risque principal est celui d’un Kaposi cutanéomuqueux ou lymphome dans un délai bref
Le diagnostic différentiel se pose essentiellement avec la forme hyaline vasculaire de maladie de Castleman. Dans la forme atrophique d’HIV, la zone interfolliculaire est plus polymorphe avec peu de cellules CD 4 vs CD 8, le sujet plus âgé, absence d’HIV. L’autre diagnostic différentiel est l’AILD qui est plus riche en immunoblastes.

Déplétion lymphoïde :
Macroscopie : petit ganglion infracentrimétrique.
Histologie : la déplétion lymphoïde est marquée avec disparition des centres germinatifs, fibrose sous -capsulaire et sinusoïdale avec des dépôts hyalins. Population d’histiocytes, plasmocytes et rares immunoblastes, érythrophagocytose fréquente. Lame virtuelle 
L’évolution va dans le sens hyperplasie folliculaire, hyperplasie mixte, involution folliculaire, déplétion lymphoïde.
En clinique : à noter la possibilité de fièvre, de sueur, de malaise, d’amaigrissement et de diarrhée et d’hypergammaglobulinémie.

Lésions lympho -épithéliales bénignes (kystes lympho -épithéliaux) (7-11) : s’observent dans les glandes salivaires, surviennent dans une minorité de patients HIV +, sans rapport avec une maladie de Sjögren (absence d’anticorps antinucléaire SSA et SSB ou de facteur rhumatoïde). Les lésions sont bilatérales, multiples, kystiques et correspondent vraisemblablement à des ganglions intraglandulaires avec inclusions salivaires dont l’hyperplasie s’accompagne de remaniements obstructifs métaplasiques et kystiques. Présence d’EBV (ne se voit pas dans la maladie de Sjögren). 
Macroscopie : lésion de 2 à 5 cm avec de multiples nodules charnus entourés de tissu salivaire, nombreux kystes de 2 mm à 3 cm à contenu plus ou moins gélatineux. 
Histologie : capsule fibreuse incomplète, dans le tissu ganglionnaire on note des canaux plus ou moins dilatés, plus ou moins métaplasiques avec des ïlots épimyoépithéliaux. Les ganglions montrent les signes classiques liés à l’HIV allant de l’hyperplasie folliculaire en involution, voire la déplétion lymphoïde, le tissu glandulaire adjacent est subnormal avec un discret infiltrat lymphoïde interstitiel et péricanalaires. Cette pathologie se voit à tout âge et surtout chez des adultes dans la trentaine au stade précoce ou du SIDA avec CD 4 > 200/ µl, le plus souvent il s’agit d’une manifestation initiale de SIDA. 

Infections opportunistes : elles touchent environ 5% des lymphadénopathies persistantes. Se voient à un stade le plus souvent avancé avec des ganglions involués (involution folliculaire ou déplétion lymphoïde). La mycobactériose est l’étiologie la plus fréquente, la contamination est orale (eau), cette pathologue est fréquente lorsque le compte de CD4 est < 60/mm3. Bien que l’atteinte soit diffuse de tout l’organisme, elle s’observe surtout au niveau des tissus hématopoïétiques (ganglion,rate, foie, plus rarement la moelle osseuse) (12 ;13). 
Histologie : nombreux histiocytes spumeux volumineux ressemblant à des cellules de Gaucher ou Sieracki (Whipple), au Ziehl fagots de mycobactéries, PAS +, Giemsa +, Grocott +

Le SIDA peut s’accompagner d’un syndrome de restauration de l’immunité, dans les premiers mois du HAART avec des réactions inflammatoires locales et systémiques, marquées. Cette pathologie au niveau du SNC peut être associée à une méningite à cryptocoques ou cryptococcomes, toxoplasmose ou leucoencéphalopathie démyélinisante sévère, ainsi qu’à une rétinite à CMV avec uvéite. Au niveau des ganglions, réactions granulomateuses de type sarcoïdosique (mycobactéries, virus) ou hyperplasie réactionnelle (146).
Les médicaments sont toxiques avec des réactions d’hypersensibilité cutanée et le syndrome lipodystrophique. Il s’agit de lipoatrophie ou lipohypertrophie, possibilité de bosse de bison (comme dans le Cushing), gynécomastie, lipomes multiples.n biopsie, le tissu adipeux sous cutané est aminci avec lipogranulomes, et prolifération vasculaire, fibrose collagène et adipocytes de taille variable (146).

http://library.med.utah.edu/WEBPath/TUTORIAL/AIDS/AIDS073.html
 
 
Reference List
 
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 (9) d'Agay MF, de Roquancourt A, Peuchmaur M, Janier M, Brocheriou C. Cystic benign lymphoepithelial lesion of the salivary glands in HIV-positive patients. Report of two cases with immunohistochemical study. Virchows Arch A Pathol Anat Histopathol 1990 ; 417(4):353-356.
 (10) Labouyrie E, Merlio JP, Beylot-Barry M, Delord B, Vergier B, Brossard G et al. Human immunodeficiency virus type 1 replication within cystic lymphoepithelial lesion of the salivary gland. Am J Clin Pathol 1993 ; 100(1):41-46.
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