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GVH (GREFFON CONTRE L’HOTE)


GRAFT VERSUS HOST DISEASE (GVH) (1-6)
La GVH est un syndrome clinique associant une atteinte cutanée, digestive, hépatique et rarement du système lymphoïde ou hématopoïétique, elle se voit le plus fréquemment environ (80%) suite à une allogreffe de moelle osseuse pour traitement d'une leucémie ou d'une anémie aplasique. Elle a été décrite cependant au cours des greffes de moelle syngéniques ou d'autogreffes de moelle (le traitement inducteur peut exposer des auto Ag cryptiques) ainsi que chez les sujets avec immunodépression acquise (qu'elle soit secondaire ou non à un traitement chimio et ou radiothérapique) ou congénitale. La GVH a aussi été décrite dans de rares cas de carcinomes disséminés ou de chirurgie cardiaque sans aucune notion d'immunodépression, ainsi que lors de transfusions massives réalisées chez les nouveaux nés porteurs d'un ictère nucléaire suite à une incompatibilité rhésus ou dans le cadre de transplantations d’organes (7).
La GVH est due à une réaction immunologique des lymphocytes T greffés contre l'organisme ; ceci ne se voit que dans un contexte de dépression immunitaire profonde (hormis les rares cas décrits en l'absence de toute immunosuppression).
Trois conditions sont nécessaires au développement d’une GVH, il faut que le greffon contienne des cellules immunocompétentes, que l’hôte présente, avec le donneur, des différences au niveau des antigènes majeurs (antigènes HLA) ou antigènes mineurs d’histocompatibilité, que l’hôte soit suffisamment immunodéprimé pour être incapable de rejeter les cellules du donneur.
 
Les lésions sont complexes, associant :
- nécrose des cellules épithéliales, notamment dans le foie, la muqueuse intestinale, l'épiderme, l'œsophage, la vessie, les glandes endocrines,
- dépôt de complexes immuns dans les parois vasculaires et les glomérules,
- atrophie du thymus mais une hyperplasie des zones lymphoïdes B dans la rate et les ganglions, avec de nombreux immunoblastes et plasmocytes.
L’hôte possède des allo-antigènes importants non présents sur le greffon. Les lymphocytes T greffés exercent : une action cytotoxiquesur les divers tissus épithéliaux de l'hôte, y compris le thymus (atrophie du thymus et disparition des lymphocytes T), et sans doute aussi sur les cellules mésenchymateuses, notamment celles de la moelle osseuse (déficit des lymphocytes et de la myélopoïèse), un effet mitogène sur les lymphocytes B, aussi bien ceux greffés que ceux de l'hôte, avec développement de clones auto-réactifs. Un effet amplificateur dominant conduit à la maturation plasmocytaire et à la sécrétion d'auto-Ac : dysglobulinémie, anémie et thrombopénie auto-immunes, manifestations lupoïdes.
Des effets amplificateur et suppresseur associésbloquent la maturation des lymphocytes B au stade d'immunoblaste et conduisent à une prolifération lymphoïde : adénomégalies, splénomégalie, pouvant évoluer en lymphome malin.
Ces lésions ne dépendent pas seulement de la réaction des lymphocytes T greffés au contact des Ag d'histocompatibilité de l'hôte. En effet, on n’observe pratiquement jamais de lésions rénale ni cardiaque, pas de lésion vasculaire dans la peau, comme lors du rejet de greffes de ces organes. Les lésions cutanées peuvent apparaître après greffe de moelle isologue et même autologue.
Sécrétion de substances cytotoxiques analogues aux lymphokines, par les macrophages de l'hôte (cellules de Kupffer / Langerhans, macrophages des muqueuses digestives) activés par les lymphocytes T greffés,
Action des cellules NK greffées, avec des lymphocytes au contact des cellules altérées et ces cellules NK réagissent surtout avec les cellules immatures.
 
Les groupes à risque sont :
- transplantation hématopoïétique allogénique : Patients sans prophylaxie de GVHD, patients âgés, Receveurs de cellules souches HLA non identiques, Receveurs de greffe de donneurs allosensibilisés, Receveurs de greffe de donneurs non familiaux
- transplantation d’organe solide (contenant du tissu lymphoïde), Receveurs de greffe de grêle
- Transfusion de produits sanguins non irradiés : nouveau-nés et fœtus, syndromes immunodéficitaires congénitaux, chimioradiothérapie, dons de sang directs avec donneurs partiellement HLA-identiques, HLA-homologues
La seule solution pour éviter une éventuelle GVH est d'avoir recours à des allogreffes déplétées en cellules T ainsi qu'à des transfusions de sang irradié avant toute greffe, en effet cette réaction a été observée suite à des transfusions de sang complet, de concentré globulaire, de concentré plaquettaire ou leucocytaire ainsi que suite à des transfusions de plasma.
Il est à noter que les cas de GVH liés à une transfusion sanguine diffèrent de la GVH classique par l'atteinte médullaire associée puisque la moelle osseuse est alors la cible des lymphocytes T des donneurs au lieu d'être la source de ceux-ci, s'y associe donc une moelle hypocellulaire avec une pancytopénie qui est soit anormalement sévère, soit anormalement prolongée, il faut donc suspecter une TAGVH dans le cas d'un rash ou d'une fièvre survenant une à deux semaines après une transfusion de produits sanguins non irradiés chez un sujet immunodéprimé, en particulier quand il y a une pancytopénie anormalement sévère ou prolongée. Le traitement préventif est l’irradiation à 25 Gy des produits sanguins
Le délai de 100j qui distingue forme aiguë et chronique n'est qu'indicatif, certains patienrs présentent simultanément les 2 types de lésions. La biopsie cutanée n'est ni très sensible ni très spécifique, en cas d'exanthème précoce après infusion de produit cellulaire, une biopsie unique peut ne pas suffire car subtlité des signes histologiques (des produits de contraste ou exposition aux UV peuvent déclencher ou aggraver une GVH).
Le traitement immunosuppresseur après greffe cherche à prévenir une GVH, principale complication de 1a greffe de moelle allogénique. Incidence de GVH aiguë de grade II-IV de 10-30 % si greffes géno-identiques, de 70-90 % si greffes familiales non HLA identiques ou greffes non apparentées.
Prévention de la GVH : traitement de référence = association ciclosporine (CSA perfusion continue à 3 mg/kg/J)-méthotrexate (MTX à l5 mg/m² J1, puis l0 mg/m² à J3, 6 et 1l). Une corticothérapie peut y être associée ou remplacer le méthotrexate.
Lorsque le ma1ade peut s'a1imenter, vers 1a troisième semaine, relais per os selon la tolérance rénale et les dosages sanguins. Le traitement est poursuivi pendant au moins 6 mois puis, en l’absence de GVH, diminué très progressivement jusqu'à l’arrêt total. Les glucocorticoïdes, le SAL (sérum antilymphocytaire) et certains anticorps monoclonaux sont parfois utilisés dont FK 506 (tacrolimus, à la place de la ciclosporine) et rapamycine. Enfin, les gammaglobulines polyvalentes à forte dose sont susceptibles de réduire la fréquence et la sévérité de la GVH aiguë. Le sérum antilymphocytaire , utilisé lors du conditionnement de greffe pour prévenir le rejet, joue également un rôle dans la prévention de la GVHD en raison de sa durée de vie responsable d’une déplétion T in vivo.
Manipulation du greffon avant la greffe : en éliminant les lymphocytes T du greffon, d’abord par Ac monoclonaux anti-T avec lyse par le complément / immunotoxine, actuellement par sélection positive des cellules souches CD34+. Cette technique de déplétion T présente 3 inconvénients : taux de rechutes + élevé car l’abolition de la GVHD s’accompagne d’une abolition de l’effet GVL, augmentation du risque de non-prise ou de rejet, aggravation du déficit immunitaire postgreffe.
Avec ces techniques classiques de prévention de GVH, et selon les séries, 25 à 75 % des patients allogreffés à partir d’un germain HLA identique présentent une GVH aiguë, dont 1/3 meurt des conséquences directes ou indirectes (infection), avec 1 taux de mortalité des GVH de grade III ou IV qui peut atteindre 90 %.
Facteurs de risque : âge élevé du receveur, femmes donneuses (surtout si grossesses antérieures et si le receveur est un homme), greffes lors de poussée de l’hémopathie, conditionnement alourdi, infections post-greffe, disparité HLA,les greffes à partir de sang placentaire s’accompagnent moins fréquemment de GVH que les greffes réalisées à partir de la moelle ou de CSP.
Cliniquement
GVH aiguë : Elle survient dans les 100 premiers j et associe dermite, entérite, hépatite, en général dans les 10 à 40 jours après une greffe de moelle ou une transfusion de produits non irradiés. Cela a cependant été décrit dans des délais nettement plus courts de 6jours voire de 3 jours. Elle survient dans 30 à 70% des greffes allogéniques ayant subi une prophylaxie classique. Le symptôme le plus précoce est un prurit/brûlures localisé ou généralisé, apparaissent ensuite un inconfort et/ou une douleur à la pression des paumes et/ou des plantes (NB à ce stade l'on note déjà les signes histologiques typiques). Après ce stade précoce apparaît un rash érythémateux et maculeux prédominant dans la partie supérieure du tronc, des oreilles, le cou et surtout sur les paumes et les plantes. Il peut être ponctué (atteinte des follicules pilaires) ou diffus de type coup de soleil. Cette éruption se généralise secondairement avec formation possible de bulles avec un signe de Nikolski positif dans ses formes généralisées avec bulles sévères donnant la possibilité de desquamation cutanée comme dans la nécrolyse épidermique toxique ou syndrome de Lyell (<7% des cas). Atteinte aussi des conjonctives, des lèvres, des organes génitaux externes ainsi que des follicules pileux pouvant donner un aspect d'horripilation. Lorsque la GVH est à ce point évoluée, la mortalité devient très élevée. Forme suraiguë avec fièvre, érythrodermie généralisée et desquamation 7-14 j après transplantation.
En cas de guérison, l'on note une desquamation cutanée avec une hyperpigmentation séquellaire marquée, possibilité de sécheresse cutanée et/ou muqueuse, une cicatrice est possible dans le cadre d'une dénudation cutanée avec surinfection bactérienne secondaire.
L'atteinte hépatique se traduit cliniquement par des nausées, des vomissements, des douleurs du quadrant supérieur droit de l'abdomen, une augmentation de la bilirubine et des transaminases hépatiques mais absence d'insuffisance hépatique contrairement à ce que l'on observe dans la maladie veino-occlusive. L'atteinte du tube digestif se traduit elle aussi par des nausées et des vomissements et des douleurs abdominales en crampes avec diarrhée aqueuse.
L’atteinte gastro-intestinale supérieure se manifeste par anorexie, dyspepsie sans diarrhée (surtout chez personnes âgées). La GVH aiguë et son traitement retardent la reconstitution immunitaire et augmentent le risque d’infections opportunistes.
Risque accru de pneumonie infectieuse et non infectieuse avec épanchements stériles, cystite hémorragique, thrombopénie, anémie, un syndrome hémolytique-urémique a été observé après cyclosporine A.
La sévérité de la GVH aiguë a été étable selon le degré de l'atteinte des principaux organes cibles et a permis d'établir un système de grading.
Stades de forme aiguë
 
Stade
peau
Foie (Bilirubine)
TD
+
rash maculopapulaire < 25-50% de surface corporelle
2-3 mg/dL
Diarrhée 500-1000 mL/j ou nausées persistantes
++
rash maculopapulaire sur 25-50% de surface corporelle
3-6 mg/dL
Diarrhée 1000-1500 mL/j
+++
érythrodermie généralisée
6-15 mg/dL
Diarrhée >1500 mL/j
++++
Desquamation et bulles
>15 mg/dL
Douleurs +/- iléus
 
Elle est létale dans 15-40% des cas, la mortalité est liée à la sévérité de la GVH (risque septique). Le risque de forme aiguë de grade 3 ou 4 croît avec l’âge : 20% si < 20 ans, 30% de 45 à 50 ans, 80% si > 50 ans.
Les facteurs de risque de la GVH aiguë sont la non-identité HLA, que le donneur soit apparenté ou non, certaines caractéristiques du donneur (allo-imunisation, sexe féminin quel que soit celui du receveur, âge) et du receveur (âge), la cryopréservation de moelle avant infusion, le sang de cordon ombilical réduit le taux de GVH, les cellules souches périphériques allogéniques accroît le risque de GVH.
Traitement : Le traitement curatif est indiqué pour les GVHD de grade > 1.
Cortisone + poursuite de CSA. Corticothérapie à dose d’attaque de 2 à l0 mg/kg/j poursuivie plusieurs mois à dose lentement régressive. Le taux de réponse est de 40 à 50 % pour les GVH de grade II-IV, dont 25 % de réponse complète. La survie dépend de la bonne qualité du contrôle de la GVH. Lorsque la GVH est cortico-résistante, les traitements font appel soit au SAL, soit à différents anticorps monoclonaux (anti-T, anti-lL2R, anti-TNF, etc.) en cours d’évaluation. Une thérapie triple avec cyclosporine, méthotrexate et prednisone réduit le risque versus cyclosporine + méthotrexate. Une chimiothérapie à haute dose augmente les cytokines circulantes ce qui accroît la possibilité des cellules immunes greffées de reconnaître les Ag de l’hôte et démasque des Ag cryptiques.
GVH chronique : Par définition, GVH l00 jours ou plus post-greffe
Celle-ci survient plusieurs mois ou années après la greffe, secondaire à une GVH aiguë (le risque croît avec la sévérité de celle-ci), de novo dans 20-30% des patients. Elle est de durée plus prolongée que la forme aiguë et peut survenir soit spontanément soit après un ou plusieurs épisodes de GVH aiguë. L'atteinte prédomine surtout au niveau de la peau et du foie, elle peut être extensive. Cette GVH chronique survient dans environ 30-50% des survivants d'allogreffes avec décès dans 5%. Elle peut survenir sur des sites de traumatisme (aux UV, infection (varicelle). L'on distingue deux phases : une phase lichénoïde et une phase sclérodermoïde. La phase lichénoïde précède le plus souvent la deuxième phase sclérodermoïde. Il est cependant possible que ces deux phases surviennent de façon indépendante. Les GVH chroniques sont tout à fait exceptionnelles après transfusion, en cas de greffe autologue ou syngénique.
Manifestations oculaires : brûlures, irritation, photophobie, douleurs par manque de larmes.
Manifestations orales et gastro-intestinales : sécheresse, sensibilité aux aliments acides ou épicés, douleurs. Si atteinte de l’œsophage, dysphagie, odynophagie, amaigrissement insidieux.
Manifestations pulmonaires : BPCO avec wheezing, dyspnée, toux chronique sans réponse aux bronchodilatateurs. Manifestations neuromusculaires : faiblesse, douleurs neuropathiques, crampes
Possibilité de thrombopénie auto-immune et anémie.
Les manifestations sont similaires au LEAD, lichen plan, syndrome de Sjögren, fasciite éosinophile, PCE, cirrhose biliaire primitive. Le délai moyen de diagnostic est de 201 j si HLA-identique de 159 et 133 j, respectivement si HLA-non identique familial et non familial
 
Classification
Clinicopathologie
Limité
1 ou 2 des suivants : atteinte cutanée localisée, dysfonction hépatique par GVH chronique
Extensif
1 des suivants : atteinte cutanée généralisée, atteinte cutanée localisée et/ou dysfonction hépatique par GVH chronique
+ 1 des suivants : hépatite chronique active sur biopsie, nécrose en ponts, cirrhose, atteinte oculaire (Schirmer <5-mm humidification), atteinte glandes salivaires mineures ou de muqueuse orale sur biopsie de lèvre, atteinte de tout oragne cible
 
études de screening de GVH
Organe
Clinique
Screening
Derme
Dyspigmentation, Xérose, Erythème, Sclérodermie, Onychodystrophie, Alopécie
Biopsie cutanée (3-mm du dos et avant-bras
Oral
Lichen plan, Xérostomie
Biopsie de lèvre <
Oculaire
Syndrome sec, kératite
Test de Schirmer
Hépatique
ictère
Phosphatases alcalines, enzymes, bilirubine
Pulmonaire
Pathologie pulmonaire obstructive/restrictive
Spirométrie, gaz du sang
Vagin
Syndrome sec, atrophie
Evaluation gynécologique
Nutritionnel
Déficit calorique et protéique
poids
 
 
Les facteurs de risque sont : le principal facteur de risque pour la GVH chronique est la préexistence d’une GVH aiguë, disparité HLA entre donneur et receveur, la cryopréservation de moelle avant infusion, le sang de cordon ombilical réduit le taux de GVH, les cellules souches périphériques allogéniques accroît le risque de GVH.
Une thérapie triple avec cyclosporine, méthotrexate et prednisone réduit le risque versus cyclosporine + méthotrexate. Une chimiothérapie à haute dose augmente les cytokines circulantes ce qui accroît la possibilité des cellules immunes greffées de reconnaître les Ag de l’hôte et démasque des Ag cryptiques.
Traitement : poursuite / reprise d’une pleine dose de CSA + corticothérapie, à 2 mg/kg/j / l5 jours, puis très lentement diminuée. L’immunosuppression est maintenue pendant 9 mois. L’azathioprine est parfois associée à cette bithérapie, bien que son utilité n’ait pas été clairement démontrée. Certains cas de GVH chronique résistante ont été améliorés par la puvaphotothérapie, le thalidomide ou I’irradiation lymphoïde. Dans l’ensemble, l’administration correcte de l’immunosuppression a transformé le pronostic des GVH chroniques.
Effet GVL (greffon versus leucémie) La GVH aiguë ou chronique diminue le risque de rechute, après greffe, des leucémies aiguës et LMC. La survie n’est significativement augmentée que si la GVH aiguë ou chronique est modérée (risque accru de rechute leucémique après greffe syngénique ou déplétée en lymphocytes T et de l’efficacité des transfusions des leucocytes du donneur dans le traitement des rechutes après greffe des leucémies myéloïdes chroniques).
Choix du donneur La prophylaxie de la GVH repose sur le choix du donneur et sur l’immunosuppression. Le typage HLA se fait classiquement par méthode sérologique couplée à la culture mixte lymphocytaire, mais tend à être remplacé par le typage par biologie moléculaire. Le donneur de moelle peut être un jumeau monozygote (greffe syngénique) ; il n’y aura alors ni GVH ni GVL. Le plus souvent, il est un membre HLA-identique de la fratrie. En 1’absence de donneur géno-identique, est recherché soit un donneur familial partiellement identique soit, plus volontiers, un donneur non apparenté phéno-identique pour le système HLA. Un donneur géno-identique est retrouvé dans 30 % des cas, un donneur non apparenté dans 30 % supplémentaires grâce à la coopération des registres internationaux et de France Greffe de moelle.
HISTOLOGIE
 
ESTOMAC ET INSTESTIN (8)
La GVH qui s'observe essentiellement après greffe de moelle se traduit dans le tractus gastro-intestinal essentiellement par une colite avec une dégénérescence épithéliale au niveau des cryptes.
Dans la forme aiguë diminution des mitoses dans les cryptes, puis nécrose cryptique s'associant à une atrophie, au stade évolué, destruction quasi-complète de l'épithélium et infiltrat de LIE. Les modifications épithéliales évoluent parallèlement à l'infiltrat T
Au stade 1 on note une nécrose de cellules isolées dans les cryptes ; au stade 2, une disparition des cryptes dispersées ; au stade 3, disparition de 2 ou de plusieurs cryptes contiguës avec possibilité d'ulcération ; au stade 4, disparition de lambeaux de muqueuse qui desquament.
Il est à noter qu'un tel aspect peut se voir après radiothérapie ou chimiothérapie (mais dans ce cas les lésions sont diffuses et le plus souvent limitées aux deux premiers stades. De plus ces lésions diminuent nettement après trois semaines. Il est donc impossible de faire un diagnostic différentiel entre GVH aiguë et remaniements postradio-chimiothérapiques dans la période immédiate post-greffe. L'autre diagnostic différentiel important est l'infection par le cytomégalovirus qui peut s'accompagner de nécrose de cellules isolées ; il faut rechercher la présence au niveau des cellules mésenchymateuses ou de cellules épithéliales des inclusions virales nucléaires en oeil de hibou.
Dans le grêle on note une atteinte sensiblement identique qui s'accompagne en plus d'une atrophie villositaire plus ou moins marquée qui peut s'accompagner d'un infiltrat inflammatoire.
Dans la forme chronique : fibrose massive de la paroi et sous muqueuse, musculeuse et parois vasculaires avec infiltrat panpariétal de lymphocytes T CD3 + en majorité CD 8, parfois activés CD 25 + et atrophie villositaire totale.
 
Glandes salivaires
La GVH se traduit par une altération des canaux excréteurs qui sont dilatés avec un revêtement aplati s'accompagnant secondairement d'une atrophie des acini qui se dédifférencient avec fibrose et un infiltrat de cellules mononucléées, absence d'îlots myoépithéliaux comme cela peut se voir dans un Sjögren associé à une GVH chronique classique.
 
Foie
Dans la GVH l'atteinte hépatique se traduit donc par les signes déjà décrits ci-dessus avec une atteinte biologique fréquente. De nombreux diagnostics différentiels sont possibles du point de vue clinique et biologique avec en effet possibilité d'une atteinte due à la radiothérapie et la chimiothérapie ainsi qu'à des infections.
GVH aiguë : Celle-ci se traduit par des lésions des canalicules biliaires normalement non affectés par la radiothérapie ou la chimiothérapie avec une anisocaryose du revêtement épithélial dont les cellules deviennent irrégulières, présentent une vacuolisation et un gonflement cytoplasmique et finissent par desquamer avec localement discrète destruction segmentaire de la paroi. Il s'y associe une infiltration lymphoïde discrète des canalicules biliaires ainsi que de nécrose de rares hépatocytes isolés.
GVH chronique : Celle-ci se traduit par une atteinte plus marquée des ductules avec fibrose plus ou mains extensive, les espaces portes et un infiltrat lymphoïde accentué, un tel aspect fait poser un diagnostic différentiel difficile avec une cirrhose biliaire primitive à sa phase précoce. Celle-ci se caractérise cependant par une diminution nette du nombre des canaux et par une biologie tout à fait différente avec présence d'anticorps antimitochondries (Cf. ci-dessous).
 
Poumons et bronches (9)
Une symptomatologie respiratoire peut s'observer rarement dans la GVH mais elle s'observe aussi de façon fréquente dans les greffes du fait des complications dues à la radiothérapie (TBI) à la chimiothérapie d'induction ou aux infections secondaires.
La GVH se traduit par une altération des parois bronchiolaires présentant des lésions d'intensité trè variable allant d'une lésion très discrète à des territoires de bronchiolite oblitérante (BOOP). On note en effet une infiltration de la paroi des bronchioles par des lymphocytes et des polynucléaires s'accompagnant d'une exocytose dans le revêtement bronchiolaire. la lumière de ces bronchioles peut être diminuée du fait d'un oedème, d'une hyperplasie musculaire des fibroblastes et d'une altération des cellules épithéliales avec possibilité de formations de bouchons de mucus, les cellules épithéliales nécrosées pouvant donner un aspect typique de BOOP.
Le tableau clinique de la GVH chronique est ainsi voisin de certaines pathologies auto-immune (lupus, Sjögren, cirrhose biliaire primitive, lichen plan, sclérodermie). Cependant il n'existe pas d'atteinte rénale contrairement au lupus ni d'atteinte des muscles lisses oesophagiens contrairement à la sclérodermie et au syndrome CREST). Biologiquement on a une hyperéosinophilie fréquente et possibilité d'anticorps anti-tissu avec anticorps anti-noyau, anticorps anti-muscle lisse et anticorps anti-mitochondries.
Traitement : forme aiguë si grade II-IV : on continue la prophylaxie immunosuppressive (cyclosporine, ou tacrolimus ) on ajoute de la méthylprednisolone (MP)en commençant à 2 mg/kg/j en 2 doses. Résolution en moyenne en 30-42 j.
Si échec (progression après 3, stabilité après 7 j ou réponse incomplète après 14 j de MP . globulines anti-thymocytes ou doses accrues de MP (taux de réponse de 40%, Ac anti-CD3 (Muromomab-CD3 (Orthoclone OKT3) mais 24% de PTLD). Ac anti IL2 humanisé (40% de réponses), une PUVAthérapie améliore les lésions cutanées, FK 506
Forme chronique : diagnostic le plus précoce possible. Prednisone à 1 mg/kg 1j/2 (pas des thrombopénie), cyclosporine si GVH de risque élevé (avec thrombopénie), on peut proposer également le thalidomide
En cas d’échec : azathioprine, cyclosporine/prednisone, ou thalidomide. PUVAthérapie, TBI de 1 Gy (irradiation thoraco-abdominale).
Octreotide contre la diarrhée sécrétoire, prophylaxie anti-virale, antifungique, acide rétinoïque pour les syndromes secs,
Complications  : infections tardives, risque de second cancer (peau et muqueuse ORL)
Pronostic : dépend du grade et de réponse au traitement 75% mortalité si absence de réponse versus 20 à 25% si réponse complète. Dans la forme chronique c’est l’extension de la maladie, la survenue progressive, la thrombopénie, et l’incompatibilité HLA qui définissent le pronostic, OS de 42%, 10% si survenue progressive.
Traitement : de la GVH par prévention avec du méthotrexate (MTX) +/- prednisone, globulines antithymocytes, cyclosporine, cyclophosphamide, tacrolimus. Une déplétion en cellules T réduit le risque mais aggrave le risque d’échec de greffe et de récidive de la pathologie hématologique. Le Traitement consiste à adapter l’immunosuppression
Reference List
 
 (1) Snover DC. Acute and chronic graft versus host disease : histopathological evidence for two distinct pathogenetic mechanisms. Hum Pathol 1984 ; 15(3):202-205.
 (2) Janin A, Gluckman E, Shulman HM. [Alloimmunity and autoimmunity. I. Skin aspects]. Ann Pathol 1989 ; 9(3):170-174.
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 (4) Pinquier L, d'Agay MF. Allogeneic bone marrow grafts. In : Breton-Gorius J, Dreyfus B, editors. L'hématologie. Paris : Médecine sciences Flammarion, 1992 : 1361-1399.
 (5) Pinquier L, d'Agay MF. Bone marrow allografts. Rev Fr Lab 1992 ;99-103.
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 (7) Gulbahce HE, Brown CA, Wick M, Segall M, Jessurun J. Graft-vs-host disease after solid organ transplant. Am J Clin Pathol 2003 ; 119(4):568-573.
 (8) Snover DC, Weisdorf SA, Vercellotti GM, Rank B, Hutton S, McGlave P. A histopathologic study of gastric and small intestinal graft-versus-host disease following allogeneic bone marrow transplantation. Hum Pathol 1985 ; 16(4):387-392.
 (9) Urbanski SJ, Kossakowska AE, Curtis J, Chan CK, Hutcheon MA, Hyland RH et al. Idiopathic small airways pathology in patients with graft-versus-host disease following allogeneic bone marrow transplantation. Am J Surg Pathol 1987 ; 11(12):965-971.
 


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