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Mégalérythème


La survenue d uneéruption le plus souvent en contexte fébrile nécessite une analyse clinique précise. Il faut tout d'abord caractériser l'éruption : identification de la lésion élémentaire, groupement lésionnel, type de l'éruption, topographie, modalités d'apparition et (ou) d'extension en sachant que différents aspects peuvent s'associer d'emblée ou en cours d'évolution. Il faut ensuite préciser le contexte : état des vaccinations, notion de contage, d'un voyage récent, d'une prise médicamenteuse, inventaire des signes d'accompagnement. Dans tous les cas, l'examen clinique doit être complet chez un enfant entièrement nu. Les lésions liquidiennes (vésicules, bulles, pustules) peuvent être ponctionnées (cytodiagnostic de Tzanck, bactériologique, mycologique, virologique)
http://www.chups.jussieu.fr/polys/nivA/POLY.Chp.3.1.4.html

Les exanthèmes viraux non spécifiques se traduisent histologiquement par un discret infiltrat lymphocytaire périvasculaire superficiel
Eruptions maculopapuleuses
Le syndrome « TORCH » de Toxoplasmose, Rubéole, CMV, Herpès. Les signes cutanés : éruptions rubéoliformes, scarlatiniformes, maculopapules plus ou moins infiltrées, bleutées, correspondant à une érythropoïèse dermique, purpura, ictère.
Les septicémies néonatales peuvent comporter une éruption maculopapuleuse (tableau clinique d'infection + signes cutanés), morbilliforme, ou comme non spécifique. La listériose présente dans 15 à 20 % des cas une éruption de maculopapuleuse disséminée devenant pustuleuse, avec parfois base purpurique, prédominent sur le dos.

Mégalérythème épidémique (cinquième maladie) Hum Path 200031:488(36)Due au Parvovirus B19, (contamination par voie respiratoire), survenant par petites épidémies à la fin de l'hi­ver et au printemps, après une incu­bation asymptomatique d'une dizaine de jours. Le virus se réplique dans les précurseurs érythropoïétiques. La phase virémique peut se traduire par une poussée fébrile avec frissons, céphalées, myalgies pendant 2 à 3 jours et coïncide avec l'excrétion du virus dans le pharynx. Quand ces symptômes existent, une période de latence d'environ une semaine leur succède puis survient l'éruption qui évolue en 3 phases : érythème maculo-papuleux confluent et légèrement œdémateux des jouesqui semblent souffletées. Cet érythème disparaît en 4 à 5 jours. Il n'y a pas de fièvre ; 1 à 4 jours après l'atteinte faciale, l'éruption atteint les bras, les cuisses, les jambes et s'étend progressivement vers les extrémités et parfois le cou, le thorax, les fesses. Les éléments sont maculeux, légèrement œdémateux avec un aspect marginé annulaire, en carte de géographie. Il peut exister de larges placards au niveau des fesses. Cette phase peut durer 1 à 3 semaines ; l'éruption devient ensuite variable d'un moment à l'autre et peut s'accentuer au soleil, à l'occasion d'un bain chaud, d'un exercice physique, d'une émotion pendant 5 à 8 jours, puis disparaît sans séquelles ni desquamation. Image : #1
Cet érythème résulte d'un conflit immunologique entre les anticorps anti-parvovirus et des anti­gènes cutanés avec dépôts de complexes immuns dans la peau. La phase éruptive de l'infection, concomitante de la guérison virologique, ne correspond pas à la phase de contagiosité maximale qui est précoce. On considère néanmoins l'enfant comme potentiellement contagieux jusqu'à 7 jours après le début de l'éruption.
Il est probable que de nombreux érythèmes, d'allure virale non spécifique, sont liés à une infection à parvovirus B19. L'implication des anticorps anti-parvovirus B19 dans la genèse du mégalèrythème explique pourquoi les manifestations cutanées sont rares, voire absentes chez l'enfant immunodéprimé, qui n'est pas capable de développer une réponse humorale efficace contre le virus.
Arthropathie  : arthropathies/arthrites des mains et poignets, parfois des chevilles et genoux, symé­triques, parfois pseudorhumatoïdes, le plus souvent résolutives en quelques semaines, jamais destructives. L'atteinte articulaire concerne jusqu'à 50 % des patients les plus âgés, certaines séries adultes incriminent le parvovirus B19 dans 15 % des cas d'arthrite aiguë.Atteinte articulaire rare chez l'enfant (5 à 8 % des cas).
Formes atypiques : asymptomatique papulaire, syndrome de Sweet, dermatomyosite myopathique, lupus, purpura palpable des membres <
La maladie en elle-même est bénigne, mais peut être responsable d'une anémie aiguë par érythroblastopénie chez les sujets ayant une anémie hémolytique chronique (drépanocytose, thalassémie, microsphérocytose... ) ou d'une érythroblastopénie chronique chez les sujets immunodéprimés, parfois sans éruption.
Histologie : infiltrat histiocytaire interstitiel avec fragmentation du collagène et vascularite mononucléée, parfois leucocytoclasique ; dermatite d’interface, eczéma, oedème du derme papillaire. Images : #1, #2, #3, #4, #5
Le diagnostic est clinique. il peut être confirmé par la sérologie justifiée en cas de doute si le sujet a été en contact avec une femme enceinte ou un sujet présentant une anémie hémolytique chronique. Il fait discuter les autres causes d'érythème morbilliforme d'origine infectieuse et une mononucléose infectieuse ayant reçu de la pénicilline A.

(35) Gaudelus J. eruptive illnesses of childhood. Rev Prat 2004 ; 54(12):1343-1350.
(36) Germanaud D, Sermet-Gaudelus I. [Parvovirus B19 : importance of diathesis in the clinical expression of a common infection]. Rev Prat 2007 ; 57(10):1049-1055.
 


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