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CARCINOME EMBRYONNAIRE


Tumeurs à cellules germinales (1 ;2 ;28 ;75-87).
L’incidence est relativement élevée, proche de celle des thymomes (16% des tumeurs médiastinales de l’adulte et 19-25% de l’enfant) , le médiastin est le site extragonadique le plus fréquent. Le tératome mature est la forme la plus fréquente, se voit à tout âge, mais prédomine chez l’adolescent ; la quasi totalité des lésions de la femme sont des tératomes, les autres tumeurs germinales ne se développant quasi-exclusivement que chez l’homme (71 ;75 ;81 ;87). Chez l’enfant les tumeurs germinales représentent 4% de toutes les tumeurs germinales après les localisations sacrococcygienne et du SNC, avant 8 ans on n’observe que des tératomes et tumeurs du sinus endodermique.
Le thymus et sa loge peuvent être le siège de tumeurs à cellules germinales bénignes ou malignes. Il s’agit :
-pour les tumeurs bénignes : de tératomes matures et en particulier du kyste dermoïde
-pour les tumeurs malignes : de séminomes, de tératomes immatures et mixtes, de choriocarcinomes, de carcinomes embryonnaires et tumeurs vitellines
Hormis le tératome bénin et le séminome qui sont en général assez bien limités, fréquemment asymptomatiques ou présentant une symptomatologie compressive et irritative (toux, dyspnée et douleurs, syndrome veine cave supérieure), ces tumeurs sont en général mal limitées, infiltrantes et se manifestent par des signes bruyants d’envahissement ainsi que par des signes généraux (fatigue, amaigrissement). Chez les petits enfants possibilité d’insuffisance respiratoire du fait de la taille énorme de la lésion, des réactions inflammatoires peuvent aboutir à des kystes ou de la fièvre, possibilité de puberté précoce dans les tumeurs germinales mixtes et non séminomateuses
Etiologie : A noter l’incidence nettement augmentée d’un facteur 30 à 50 dans les syndromes de Klinefelter qui sont fréquemment associés à un choriocarcinome (surviennent à un âge moyen de 18 ans)(29), ce qui ne se voit pas avec les formes mosaïques de Klinefelter.
Il existe aussi une association nette tumeurs germinale médiastinale non séminomateuses (surtout Yolk sac ou tumeurs germinales mixtes) avec pathologie maligne hématologique (LMA M4-5, lymphome anaplasique, histiocytose maligne, syndrome myélodysplasique, myéloprolifératif ou hémophagocytaire) (76 ;79 ;85 ;86). Cette incidence accrue (de 2 à 6%) n’est pas liée aux traitements (29) et se voit chez des hommes de 9 à 48 ans dont 10 à 20% ont un syndrome de Klinefelter (NB : des LMA et MDS secondaires se voient après étoposide, mais après un délai plus long 25 à 60 mois versus 6 mois pour les formes liés aux tumeurs germinales), des foyers de lymphoblastes se voient dans des tumeurs médiastinales germinales, et présence de i12p dans les cellules néoplasiques germinales et hématologiques. Quelques cas de thrombopénie idiopathique sont associées avec des tumeurs germinales médiastinales nonséminomateuses (nombre normal de mégacaryocytes dans la moelle sans destruction immune plaquettaire et inefficacité de la prednisone et splénectomie).
Du fait du risque de pathologie germinale, il faut demander en cas de masse médiastinale de façon systématique une HCG et un AFP.
Leur aspect microscopique est identique à celui qu’elles prennent dans les gonades.

(Les tumeurs germinales malignes (2 ;28 ;29 ;77 ;78 ;80 ;88 ;89).
Beaucoup plus rares (3 à 10% des tumeurs médiastinales et 1 à 5% des tumeurs germinales), elles correspondent à des séminomes, des tératomes immatures, des carcinomes embryonnaires, des choriocarcinomes et des formes tumorales complexes. Considérés d’abord comme des métastases isolées d’un primitif gonadique inapparent, en fait la majorité est d’origine primitive extragonadique, en l’absence de tout primitif microscopique ou de cicatrice dans les gonades à l’autopsie (29) et vu la rareté de tumeurs testiculaires avec métastases médiastinales isolées (< 1%) et la rareté des récidives gonadiques chez les sujets traités pour un primitif médiastinal (29). Adulte jeune (surtout entre 20 et 35 ans, moyenne de 33 ans si séminome et de 28 ans si non séminomateux), forte prédominance masculine.
Clinique : Hormis le séminome en général assez bien limité, fréquemment asymptomatique ou présentant une symptomatologie compressive et irritative (toux, dyspnée et douleurs), ces tumeurs sont en général mal limitées, infiltrantes et se manifestent par des signes bruyants d’envahissement ainsi que par des signes généraux (fatigue, amaigrissement).
Macroscopie : mis à part le séminome habituellement bien limité, d’aspect homogène à la coupe et de couleur jaune-brun, les autres tumeurs se présentent souvent comme des masses mal limitées et invasives, parfois encéphaloïdes aux tranches de section bigarrées. Elles comportent en effet de nombreux remaniements nécrotico-hémorragiques et des formations pseudokystiques à contenu hématique ou citrin.
Histologie : Dans l’ordre décroissant, séminome pur dans 52% des cas, tératocarcinome (20%), yolk-sac (17%), choriocarcinome (3.4%), carcinome embryonnaire (2.6%), et tumeurs mixtes nonséminomateuses (5.2%) (29). Macroscopie ; Radiologie

le carcinome embryonnaire (28 ;89) : pathologie masculine (H/F > 10, moyenne 27 ans), 12% des tumeurs germinales du médiastin et 1/3 à 2/3 des tumeurs non séminomateuses. NB un nombre important des formes du jeune enfant sont vraisemblablement des formes solides de Yolk sac. Le plus souvent il est associé à un tératome ou une autre tumeur germinale réalisant un tératocarcinome ou tumeur germinale mixte.
Macroscopie : de grande taille avec invasion fréquente des structures adjacentes, remaniements nécrotiques ou hémorragiques fréquents.
Histologie : Dans sa forme pure, il est constitué de cellules indifférenciées et polymorphes se disposant en nappes ou en tubules. Les cellules présentent un cytoplasme clair et vacuolaire, un noyau irrégulier au nucléole proéminent avec chevauchement et à la chromatine finement granuleuse.
Immunohistochimie : CD30 + membranaire et cytoplasmique (80-100%), CK +, EMA -, vimentine -, ACE -, AFP - sauf cellules isolées
Génétique : comme dans les formes gonadiques présence dans 70% d’un i(12p)

Traitement des formes non séminomateuses, il est similaire à celui des formes gonadiques avec chimiothérapie à base de platine (bléomycine, étoposide, et cisplatine), le pronostic est cependant moins bon que celui des formes gonadiques à stade égal, on recourt également au traitement de sauvetage VIP (étoposide ou vinblastine, ifosfamide, et cisplatine) en cas d’évolution non satisfaisante, mais là aussi les résultats sont nettement plus mauvais que dans les formes gonadiques avec peu de survivants à long terme. Les masses résiduelles doivent être excisées en l’absence de régression sur des examens successifs (dans 75 % des cas tératome ou nécrose, mais le tératome peut évoluer pour son propre compte et dégénérer).

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