» Anatomie pathologique générale GENERALITES CANCER

GENERALITES CANCER


Le cancer, un problème majeur de santé publique
Incidence et mortalité : En France, en 25 ans (1980-2005), l’incidence du cancer a augmenté (essor démographique, vieillissement de la population, amélioration du dépistage de certains cancers).Depuis 2004, les cancers sont la cause de décès la plus fréquente (première cause de mortalité chez l'homme (1/3 décès), et la deuxième chez la femme (1/4 décès) après les maladies cardiovasculaires. Pour 2005, 320 000 nouveaux cancers (180 000 / hommes et 140 000 / femmes). Les localisations les plus fréquentes sont la prostate chez l’homme (62 000 cas), le sein chez la femme (50 000 cas) puis, hommes et femmes confondus, le côlon-rectum (37 500 cas) et le poumon (31 000 cas). En 2005 146 000 décès par cancer dont 26 624 du poumon.
Parmi les facteurs environnementaux, l’alimentation joue un rôle essentiel et fait partie des facteurs sur lesquels il estpossible d’agir pour accroître la prévention primaire.

Facteurs augmentant le risque de cancers
Boissons alcoolisées. En France, la consommation d’alcool diminue depuis les années 1960. En 2006, la consommation est de 12,9 litres d’alcool pur par habitant > 15 ans (surtout du vin, 6ème rang mondial) et en Europe (4ème rang européen). La consommation quotidienne de boissons alcoolisées concerne 13,7% des individus de 12 à 75 ans. (20,3% hommes versus 7,3% de femmes, dont 42% des sujets de 65-75 ans), peu de buveurs quotidiens chez les jeunes. L’usage régulier d’alcool (> dix consommations le dernier mois) concerne 18% des garçons et 6% des filles. Les ivresses alcooliques sont en hausse « binge drinking »

L'alcoolest la 2ème cause de mortalité par cancer évitable, après le tabac (150000 cancers en Europe en 2002) et estassocié à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx,larynx, oesophage, côlon-rectum, sein et foie. L’augmentation de risque de cancers ORL est de 168% par verre d’alcool / jour, versus 28 pour l’œsophage et 10% pour le colon et le sein
Mécanismes : production de métabolites mutagènes à partir de l’éthanol (acétaldéhyde (très réactive à l’égard de l’ADN), par l’alcool déshydrogénase (ADH), induit par cytochrome P450 2E1 hépatique avec, production de radicaux oxygène. L’acétaldéhyde est éliminé par l’acétaldéhyde déshydrogénase (ALDH2) qui le transforme en acétate, or la sensibilité aux effets de l’alcool dépend en partie du terrain génétique (polymorphisme génétique pour les enzymes qui transforment l’éthanol en acétaldéhyde, puis l’acétaldéhyde en acétate).
Action directe au contact avec la muqueuse des voies aérodigestives supérieures : comme solvant augmentant la perméabilité de la muqueuse aux cancérogènes tels que le tabac ; la consommation chronique d’alcool induit une déficience en folates, favorable au développement et à la progression du cancer colorectal ; elleaugmenterait les taux d’hormones stéroïdes circulantes et agirait sur les récepteurs hormonaux (cancer du sein) ; elle favorise les pathologies hépatiques (stéatose, hépatite, cirrhose, = facteurs de risque de cancer du foie). La relation est jugée convaincante pour les cancers ORL, de l’oesophage, du côlon-rectum (chez l’homme), et du sein (chez la femme). Elle est jugée probable pour le cancer du foie (après cirrhose)et pour celui du côlon-rectum (chez la femme). En 2007, la fraction des cancers attribuables à la consommation d’alcool en France a été estimée à 10,8% chez l’homme et à 4,5% chez la femme pour l’année 2000 Le risque de cancers augmente de manière linéaire avec la dose d’éthanol (quantité d’alcool apportée et non type de boisson) sans effet de seuil. L’alcool agit par divers mécanismes : génotoxicité de l’acétaldéhyde, solvant des cancérogènes, production de radicaux libres, réactions inflammatoires, changement du métabolisme des folates, modification des concentrations d’hormones sexuelles.

Surpoids et obésité : Actuellement, le surpoids concerne 26 à 32% de la population et l’obésité 8 à 17% des adultes. La prévalence du surpoids est plus élevée chez les hommes que chez les femmes alors que celle de l’obésité est identique pour les 2 sexes. La prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau des revenus, en particulier chez les femmes à revenus modestes.
La plupart des enfants obèses deviennent des adultes obèses. En 2007, la prévalence de la surcharge pondérale est de 14 à 17,5% avec 11 à 14% de surpoids et 3 à 3,5% d’obésité chez les enfants en France (forte progression depuis le début des années 1990.
Surpoids/obésité et risque augmenté de cancers : œsophage (55%), endomètre (52%), rein (31%), côlon-rectum (15%), pancréas (14%), sein (après la ménopause = 8%, diminution avant la ménopause) et vésicule biliaire. L’augmentation de risque par le surpoids et l’obésité est jugée convaincante pour les cancers de l’oesophage, de l’endomètre, du rein, du côlon-rectum, du pancréas et du sein après la ménopause. Elle est jugée probable pour le cancer de la vésicule biliaire. En 2001, il a été considéré qu’en France, environ 3% des cancers chez l’homme et 6% chez la femme étaient attribuables au surpoids et à l’obésité.
Une étude prospective américaine (900 000 adultes, 16 ans de suivi, 57 000 décès par cancers) a montré que les sujets qui ont un IMC > 25 kg/m² ont un risque relatif de mortalité par cancers significativement plus élevé que les sujets qui ont un IMC normal (augmentation de 52% chez les hommes et de62% chez les femmes ayant un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m2).
Viandes rouges et charcuteries : En2006, la moyenne de consommation de viandes rouges chez les adultes en France est de 370 g / semaine (460 g (homme), versus 285 g / femme, pour 270 g / semaine de charcuterie (330 g / hommes et 215 g / femmes). Cette consommation carnée est plus élevée dans les catégories sociales modestes.
Cette consommation carnée est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal (de 29% par portion de 100 g quotidiens de viande rouge et de 21% par portion quotidienne de 50 g de charcuteries. Mécanismes : apports de sels nitrités (charcuteries) ; composés N-nitrosés cancérogènes dans l’estomac et par les bactéries de la flore intestinale ; production de radicaux libres et de cytokines pro-inflammatoires par excès de fer héminique ; production d’amines hétérocycliques liée à la cuisson à forte température.
Elles contribuent au surpoids et à l'obésité.

Sel et aliments salés : moyenne d' apports totaux en sel de 8,5 g / jour(9,9 g (homme) vs 7,1 g (femme)). Entre 1999 et 2007, les apports en sel de la population adulte diminué (réduction des forts consommateurs (>12 g / jour).
En France, le pain (biscottes), charcuteries, plats composés, fromages, soupes et bouillons, pizzas, quiches et pâtisseries salées, sandwiches et viennoiseries représentent > 70% des apports quotidiens. La consommation de sel augmente le risque de cancer de l’estomac. Mécanismes : altérations de la muqueuse gastrique (atrophie et métaplasie intestinale), synergie avec les composés N-nitrosés et l’infection par Helicobacter pylori.
Compléments alimentaires à base de bêta-carotène
Les Français ont des apports alimentaires en bêta-carotène en moyenne de 2,6 mg par jour. Les apports journaliers recommandés en bêta-carotène sont de 2,1 mg. De nombreux fruits et légumes contiennent du bêta-carotène, les besoins nutritionnels peuvent être aisément satisfaits par une alimentation variée et équilibrée.
La relation entre les compléments en bêta-carotène et le risque de cancers a fait l’objet de plusieurs études d’intervention. À fortes doses (20 à 30 mg/j), l’utilisation de compléments en bêta-carotène n’a pas d’effet protecteur sur le risque de divers cancers. Mais chez les sujets exposés à des cancérogènes tels que les fumeurs, la consommation au long cours de compléments en bêta-carotène à des doses non nutritionnelles (20 à 30 mg/j) augmente le risque de cancer du poumon. De plus, la supplémentation en bêta-carotène est associée à un risque plus élevé de mortalité, toutes causes confondues, contrairement à ce qui est observé avec la supplémentation à dose élevée en bêtacarotène, celui-ci a un effet protecteur, à des doses nutritionnelles : la consommation d’aliments contenant du bêtacarotène diminue le risque de cancer de l’oesophage.
Facteurs réduisant le risque de cancers
Activité physique
En France, 63-79% des adultes de 18 à 74 ans pratiquent un sport équivalent à au moins 30 minutes d’activité physique modérée / jour au moins 5 fois par semaine (H/F = 1), 44 à 46% des adultes pratiquent un niveau d’activité physique élevé (prédominance masculine), 39% des enfants de 11 à 14 ans pratiquent 30 minutes / jour.
L’activité physique est associée à une diminution du risque des cancers du côlon (entre 18 et 29%), du sein (après la ménopause) et de l’endomètre. Mécanismes : effets sur les taux circulants de diverses hormones et facteurs de croissance, accélération du transit intestinal, réduisant le temps d’exposition de la muqueuse digestive aux cancérogènes d’origine alimentaire. Concernant les cancers du sein en postménopause et de l’endomètre, l’activité physique exerce 1 rôle protecteur, en diminuant le taux d’oestrogènes et en stimulant l’immunité, elle réduit égalemlent le surpoids qui est un facteur de risque.
La diminution de risque associée à l’activité physique est jugée convaincante pour le cancer du côlon et probable pour le cancer du sein après la ménopause et celui de l’endomètre.
Les individus avaec activité physique modérée ou plus intense ont un risque de mortalité par cancers significativement plus faible que les individus inactifs.
Fruits et légumes : En France, la consommation de fruits et légumes des adultes est en moyenne de 373 g / jour (158 g de fruits et 215 g de légumes). Elle est plus importante chez les femmes et augmente avec l’âge (moindre chez les personnes de faible statut socio-économique et de faibles revenus). Entre 1999 et 2006 augmentation de la consommation de fruits et une stabilité de la consommation de légumes. Leur consommation est associée à une réduction du risque de plusieurs cancers : ORL, oesophage, estomac et poumon (dans le cas des fruits seulement).
Mécanismes : grande diversité de composants potentiellement protecteurs à l’égard du cancer.
Il s’agit en particulier des micronutriments à activité antioxydante (caroténoïdes, vitamine C…) et des microconstituants (glucosinolates, flavonoïdes, molécules soufrées…). Les légumes sont également une source de vitamine B9 (folates, rôle important dans la synthèse et la méthylation de l’ADN). Ils contribuent à la réduction du risque de surpoids et d’obésité. les fruits et légumes ne peuvent pas être remplacés par des compléments alimentaires.
Allaitement  : Le %de mères qui allaitent leur enfant est passé de 53% en 1998 à 63% en 2003 (80% chez les cadres, 50% chez les ouvrières), versus >90% dans les pays nordiques, 75% en Italie et 70% au Royaume-Uni. L’allaitement est associé, chez la mère, à une diminution du risque de cancer du sein, avant et après la ménopause. Mécanismes diminution des hormones sexuelles pendant la période d’aménorrhée, l’exfoliation du tissu mammaire en lactation et la mort cellulaire massive à la fin de l’allaitement par involution contribuent à l’élimination des cellules potentiellement porteuses de lésions de l’ADN.
Le lait et les produits laitiers augmentent-ils le risque de cancers ? chez l’homme et chez la femme, la consommation de lait et de produits laitiers est associée à une diminution de risque de cancer du côlonrectum. Chez l’homme, elle peut contribuer à une augmentation du risque de cancer de la prostate.
Les additifs donnent-ils le cancer ? Non, dans les conditions d’utilisation spécifiées.

http://www.e-cancer.fr/v1/fichiers/public/brochure_pnns_nutrition160209.pdf

www.e-cancer.fr.
http://www.ligue-cancer.asso.fr/article.php3?id_article=6#top


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.