» OREILLE MOYENNE/INTERNE TROUBLES DE VENTILATION

TROUBLES DE VENTILATION


Les troubles de la ventilation
Les troubles de la ventilation sont liés à un défaut de fonctionnement de la trompe d’Eustache. Normalement fermée, celle-ci s’ouvre à chaque déglutition, ce qui permet de rétablir constamment dans l’oreille moyenne une pression égale à la pression extérieure. Une surpression de l’oreille moyenne s’échappe pratiquement toujours par la trompe d’Eustache. En revanche, un vide relatif de l’oreille moyenne peut ne pas être corrigé, car il se produit un mécanisme de clapet qui empêche l’air de franchir la trompe. On peut explorer cette fonction en pratiquant une insufflation de la trompe à l’aide d’une sonde d’Itard, ou encore, avec plus de précision, en utilisant l’impédancemétrie qui montre un pic décalé à gauche.
Le trouble de la ventilation le plus banal est le catarrhe tubaire. La trompe d’Eustache s’obstrue à l’occasion d’une infection rhino-pharyngée (rhume, végétations adénoïdes infectées, etc.). L’air de la caisse se résorbe et un vide relatif s’établit, qui n’est pas compensé, déterminant une surdité unilatérale en cas d’évolution vers l’otite séreuse. Le traitement de la cause et l’insufflation tubaire corrigent ces troubles (Politzer).
L’otite dysbarique s’observe le plus souvent lors de la descente d’avion, par défaut d’égalisation pressionnelle. Un vide relatif a été brusquement créé dans la caisse du tympan. Il en résulte, outre une sensation d’oreille bouchée, une violente douleur ; le tympan est très rouge. L’insufflation tubaire n’est pas toujours une thérapeutique efficace en raison du mécanisme de clapet signalé plus haut. On doit alors envisager soit une mise en caisson de décompression et recompression très lente, soit une paracentèse.
Dans le cas des otites des plongeurs, le mécanisme est identique, mais peut être plus violent et entraîner une rupture de la membrane du tympan.
Poches de rétraction tympanique et Otite fibro-adhésive : formes évolutives de troubles de la perméabilité tubaire. Souvent il existe un long passé d’OSM, expliquant que le tympan, soit devenu atrophique de manière globale ou bien par zones localisées.
Les poches de rétraction peuvent être :
* soit contrôlées (l’otoscopie arrive à en voir la totalité du fond), soit incontrôlées,
* soit autonettoyantes (les squames épidermiques s’éliminent par le CAE) , soit non autonettoyantes,
* soit fixées (à une structure ossiculaire inhabituelle, en général l’articulation uncodo-stapédienne, ou bien la branche descendante de l’enclume, ou bien le bouton de l’étrier en cas de lyse de la branche descendante de l’enclume associée), soit non fixées,
* soit décollables (par une manœuvre de Valsalva), soit non décollables..
Les otites fibro-adhésives se définissent par l’accolement d’une membrane tympanique rétractée à la paroi interne de la caisse, des processus fibro-inflammatoires unissent la face profonde du tympan à la muqueuse de la caisse du tympan.
Ces affections peuvent évoluer vers un choléstéatome (voir plus loin).
La surdité est de type transmissionnel ; quelquefois mixte par atteinte cochléaire associée.
Le traitement est difficile : médical (anti-inflammatoires, aérosols, fluidifiants, soins rhinopharyngés) voire thermal dans le but de reperméabiliser la trompe d’Eustache, ou chirurgical en cas de poche de rétraction fixée, ayant perdu son caractère autonettoyant et/ou contrôlable, de manière à éviter une évolution vers un choléstéatome. Ce traitement fait appel aux aérateurs transtympaniques et/ou à la chirurgie de renforcement de la membrane tympanique par autogreffe cartilagineuse. La chirurgie est en général illusoire en cas d’otite fibro-adhésive.
 
 
Oreille interne
Les troubles liquidiens
L’altération chimique ou pressionnelle des liquides de l’oreille interne se traduit par une expression clinique particulière : la maladie de Ménière (hydrops endolymphatique). Incidence variable de 7.5 10-5 en France à 157 10-5 en Angleterre, associé à HLA B8/DR3. Elle survient chez des sujets d’âge moyen, prédominance féminine, et se caractérise par des crises typiques associant un violent vertige giratoire à des troubles auditifs désignant l’oreille responsable : bourdonnements, sensation de plénitude et surdité. Pendant la crise, il existe un vif nystagmus battant souvent vers l’oreille saine et traduisant le processus destructif à l’œuvre. Entre les crises, il n’y a aucun vertige résiduel, mais l’examen permet de constater du côté atteint une baisse auditive de type de perception pure qui s’aggrave à chaque poussée. Cette surdité de perception est du type endocochléaire, comme le met en évidence l’audiométrie supraliminaire (recrutement). Enfin, l’examen labyrinthique montre une hypo-excitabilité progressive mais harmonieuse. L’électronystagmographie est utile.
La cause de la maladie de Ménière est un trouble liquidien dont la résultante le mieux connue est l’hypertension des liquides labyrinthiques, ou hydrops.
Histologie : atteinte du canal cochléaire et saccule ; puis de tout le système endolymphatique avec dilatation, rupture et collapsus du labyrinthe membraneux, parfois avec fistule ; parfois atrophie et perte des neurones cochléaires
Le traitement de la maladie de Ménière est d’abord médical, pour tenter de stopper les poussées évolutives. En cas d’échec, on a recours à la chirurgie, dont les méthodes varient selon l’état de l’audition : elles peuvent être destructrices (trépanation labyrinthique) ou conservatrices (section du nerf vestibulaire).


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.